Altars of Fab' Death

Mezzrow : Then Came The Killing

Mezzrow : Then Came The KillingBranche de l’écurie londonienne Music For Nations tout comme Under One Flag, Active Records à débuté sa carrière sous le nom d’Axis Records durant la seconde partie des années 80, avant d’opter pour son patronyme définitif à partir de sa cinquième production, puis de disparaitre entre 92/93 sans avoir atteint les trente références. Si son catalogue assez éclectique regroupe quelques valeurs sûres comme Candlemass, Anacrusis, Atheist, Obliveon ou Dyoxen, le label s’est également penché d’assez près sur la scène thrash ou deathmetal suédoise, grâce aux voyages de son manager Dave Constable en ces terres nordiques. On retrouve ainsi des groupes de deathmetal du pays comme Therion ou Merciless (à l’occasion de leur brillant second album respectif), ou d’autre d’obédience thrash comme Hexenhaus, Kazjurol et Mezzrow.

Fondé en 1988 à Nyrkopping, Mezzrow compte parmi ces rares groupes thrashmetal suédois ayant signé à l’époque sur des labels d’envergure, pour citer ses deux camarades logés sous la même enseigne, Agony chez Under one Flag, ou encore Tribulation & Rosicrucian chez Blackmark Productions, à l’heure où la scène extrême suédoise se convertit en masse au deathmetal. Deux démos plus tard, notre quintette comprenant trois Karlsson dans ses rangs (des frères ?) immortalise son premier album en studio durant l’été 1989, pour une parution chez Active Records en début d’année suivante, une sortie qui coïncide notamment avec le premier LP Dance Tarentella de son confrère Kazjurol.

Then Come the Killing renferme un thrashmetal plutôt conventionnel, d’influence Bay-Area assez majoritaire, Testament, Defiance, Atrophy ou Evildead en tête. Si l’originalité n’est pas de mise, Mezzrow tire tout de même son épingle du jeu grâce à des compositions énergiques, un riffing carré & efficace, ainsi qu’un chant altéré relativement agressif, parfois renforcé par ces vocaux en rappel si chers au thrash. Notre groupe prend également un malin plaisir à casser le rythme pour ensuite mieux caler sa batterie sur ses guitares teigneuses, nous réservant ainsi quelques passages idéalement balancés, à l’image du titre éponyme en ouverture, ou des très bons Frozen Soul et The Cross of Torment.

Si le schéma reste souvent identique sur les huit morceaux, nul ne peut nier toutefois leur efficacité respective. A l’image de son break aux guitares acoustiques et leads soignées, Inner Devastation (neuvième plage en bonus sur l’édition CD) montre aussi une formation qui sait habilement exploiter un côté plus mélodique, laissant ainsi présager de bonnes choses dans un futur immédiat. Il en sera hélas autrement, puisque Mezzrow disparait peu de temps après une ultime demo-tape en 1991, comme nombre de ses confrères thrash suédois, qui n’ont pas eu particulièrement le vent en poupe à l’heure de l’avènement du swedish deathmetal sous l’impulsion d’Entombed ou Carnage, j’en passe et des meilleurs.

Fabien.

> - Les chroniques -, Mezzrow — admin @ 11:53

27 juin 2013