Altars of Fab' Death

Method Of Destruction : Gross Misconduct

Method Of Destruction : Gross MisconductPeu après la parution d’U.S.A. for M.O.D., digne successeur de l’incontournable Speak English or Die de S.O.D. enregistré avec ses potes d’Anthrax et Nuclear Assault, Billy Milano doit reconstituer un line-up entier suite au départ de l’ensemble de l’équipe, recrutant notamment Louie Svitek, guitariste du vieux groupe de speedmetal Zoetrope. Le quatuor enfin reconstitué, Billy et ses nouveaux acolytes enregistrent le mini-album Surfin’ M.O.D., un épisode pour le moins singulier et farci de reprises, avant de proposer enfin en tout début d’année 1989 un plat plus traditionnel et consistant à l’occasion de la sortie de Gross Misconduct chez Megaforce, où l’on retrouve en couverture le fameux requin devenu mascotte de la formation.

Musicalement, M.O.D. n’a pas foncièrement changé depuis son premier album, reprenant cette recette explosive entre thrashmetal et hardcore (baptisée crossover depuis la parution du troisième album de D.R.I. du même nom), tout en incorporant plusieurs incartades courtes & fun à la manière des interludes décalés de Nuclear Assault. La bande consolide toutefois la structure de ces morceaux, qui deviennent un tantinet plus longs et donc moins nombreux, à l’image des No Hope, The Ride ou Dark Knight dépassant les quatre à cinq minutes. Encore une fois, Billy Milano évoque des sujets de société comme le port du préservatif (No Glove No Love) ou les ravages de l’alcool au volant (Accident Scene), avec son franc-parler et son humour corrosif habituels.

Depuis le riff d’introduction très entrainant de No Hope, en passant par les refrains de No Glove No Love tout aussi facilement mémorisables et à reprendre en chœur, notre groupe new-yorkais a le chic pour trouver les bonnes idées et rendre son crossover particulièrement accrocheur. M.O.D., c’est aussi et bien sûr cet esprit de déconne sur plusieurs morceaux, pour citer le génial Theme aux riffs funs et refrains tout aussi imparables, le temps d’inviter quelques voix supplémentaires comme entre autres Jon et Marsha Zazula, époux et fondateurs du label Megaforce, à l’origine de l’essor de Metallica, Anthrax, S.O.D., Overkill ou Testament.

D’une qualité et d’un intérêt équivalents à son génial prédécesseur U.S.A. for M.O.D. après la parenthèse désormais fermée de l’insolite mini-LP Surfin’ M.O.D., muni d’une production percutante d’Alex Perialas pour ne rien gâcher, Gross Misconduct s’impose comme une suite réjouissante dans la carrière de Method Of Destruction (son patronyme version longue). La bande à Milano confirme ainsi sa position parmi les formations crossover nord-américaines les plus intéressantes du moment aux côtés du défunt S.O.D., de l’incontournable D.R.I. ou des plus sérieux mais tout aussi indispensables Cro-Mags et Suicidal Tendencies. La licence européenne accordée au label allemand Noise Records permet en outre d’assurer une solide distribution sur notre vieux continent, qui accueille ce second album de façon très positive en cette année 1989.

Fabien.

> - Les chroniques -, M.O.D. — admin @ 13:44

15 février 2012