Altars of Fab' Death

Monstrosity (USA) : Rise to Power

Rise to Power

L’année 2003 marque le retour des incontournables floridiens, quatre ans après le bon Dark Purity. Un nouvel album sous-entend bien sûr un nouveau line up, puisque Monstrosity égale sans problème Malevolent Creation en matière de turnover. Lee Harrison, cerveau du groupe et seul membre d’origine, recrute en effet Sam Molina à la guitare, en support de Tony Norman, ainsi que le redoutable Mike Poggione à la basse.

La formation affichée est une fois encore de haut niveau, dotée à la base d’un couple basse/batterie d’une richesse impressionnante, grâce au talent de Lee Harrison, avec ses doubles et ses blasts puissants & millimétrés, mais aussi grâce à la technique de Mike Poggione, qui aligne des lignes de basse (une six cordes) de grande complexité. Avec en plus le talent de Tony Norman, guitariste live de Morbid Angel, et la voix très gutturale et caractéristique de Jason Avery, Monstrosity montre une solidité exemplaire.

Côté compositions, la paire Harrison / Fernandez (Brutality) de Dark Purity, cède la place au couple Harrison / Norman ; ce dernier est vraiment l’atout de Rise to Power, insufflant beaucoup de fraîcheur dans les morceaux. Le disque débute en effet sur les chapeaux de roue, balançant les terribles Awaiting Armageddon et Wave Of Annihilation, aux roulements écrasants et aux riffs mortels. Puis, vient l’apaisant instrumental The Fall Of Eden, avec son acoustique tout en finesse, apportant à lui seul la coloration de l’album. Par la suite, les derniers titres sont certes un peu moins accrocheurs, mais restent d’une qualité remarquable.

Avec seulement quatre albums entre 13 ans de carrière, Monstrosity est un des éternels seconds couteaux de la scène death US. Néanmoins, chaque album des floridiens est toujours gage de technique et de qualité, mais aussi d’une approche old school très appréciable. A ce titre, Rise to Power tient largement ses promesses, et plaira à coup sûr aux amoureux du bon death US.

Fabien.

> - Les chroniques -, Monstrosity — fabien @ 12:00

29 août 2007

Monstrosity : Imperial Doom

En ces temps reculés, Chris Barnes grognait encore dans Cannibal Corpse et n’était pas encore parti faire du sous-Obituary dans Six Feet Under. Par conséquent Georges « Corpsegrinder » Fischer évoluait dans un autre combo du nom de Monstrosity, accompagné entre autres du guitariste John Rubin (plus tard chez Malevolent Creation) et du talentueux batteur Lee Harrisson.

Ne nous trompons pas, à part le fait de jouer du death metal, il y a peu de similitudes entre la musique de Cannibal Corpse et celle de Monstrosity. Si le côté gore ressort clairement du premier au niveau des textes et de la musique, Monstrosity est beaucoup plus subtil dans ses compositions. Certes eux aussi tabassent sévère, et c’est bien ce que l’on demande en premier à un groupe de death. Cependant le côté technique est assez marqué, sans atteindre toutefois le niveau d’un Athéist ou d’un Cynic. Les musiciens du groupe montrent en effet des capacités au dessus de la moyenne et ce n’était pas si courant en 1992 : Lee Harrisson par exemple est ici beaucoup plus adroit et varié que ne le sera jamais Paul Mazurkiewich.

Attardons nous un peu sur Georges Fischer, devenu désormais le légendaire chanteur de death que l’on connaît : ses grunts, sans atteindre l’ampleur que nous leur connaissons aujourd’hui étaient déjà diablement efficaces et soutenaient à merveille les petites bombes que sont Ceremonial Void, Immense Malignency ou Final Cremation. D’ailleurs dès la première seconde du titre Imperial Doom, l’auditeur habitué à écouter Vile ou Bloodthirst reconnaîtra de suite l’organe (vocal, bande de petits vicieux !) de Corpsegrinder.

L’ensemble de cet Imperial Doom est homogène et de grande qualité, John Rubin et ses acolytes composent du death metal comme personne, tous les morceaux sont calés au millimètre et le résultat est vraiment percutant. Cependant un titre sort du lot : Vicious Mental Thirst sur lequel les floridiens passent en revue toutes leurs possibilités.

Markus Staiger le boss de Nuclear Blast, ne s’était donc pas trompé en signant Monstrosity dans son écurie, et Imperial Doom a permis au groupe d’ouvrir pour des pointures comme Obituary, Deicide ou Pantera (excusez du peu !). On notera toutefois un son de batterie légèrement trop fort dans le mix malgré un enregistrement au Morrisound, tout comme une pochette un peu bateau du pourtant spécialiste Dan Seagrave.

Mais ces détails ne parviennent heureusement pas à gâcher la fête : cette galette, sans être une référence ultime, sortait franchement du lot et avait surpris pas mal de monde. D’ailleurs si vous découvrez Imperial Doom de nos jours, il ne vous semblera pas obsolète à l’écoute comme ce peut être le cas pour d’autres sorties d’époque qui ont plus mal vieilli. Malheureusement avec la pléiade de sorties death de cette période les places au soleil étaient chères et tout le monde n’a pas la fibre marketing de Glen Benton.

Dommage que Monstrosity ait eu jusqu’ici une carrière chaotique parsemée de changements de line-up ; ce groupe mérite mieux que la deuxième division, en témoigne leur dernier skeud en date Spiritual Apocalypse (2007).

BG (www.spirit-of-metal.com)

Monstrosity fait partie des formations de la seconde vague death métal, arrivées alors que les places étaient déjà prises. A sa sortie, les critiques n’avaient d’ailleurs pas été tendres, reprochant au groupe d’être coincé entre des influences Death, Malevolent Creation & Morbid Angel trop marquées. C’est après cette déception du moment, que l’album a commencé à devenir culte au fil du temps. Les traces laissées par les redoutables Vicious Mental Thirst ou Burden Of Evil étaient en fait indélébiles. Imperial Doom a depuis gagné une place méritée parmi les classiques de la scène floridienne. Fabien.

> - Les guests -, Monstrosity — fabien @ 1:00

14 janvier 1992