Altars of Fab' Death

Morpheus Descends : The Horror of the Truth

Morpheus Descends : The Horror of the TruthAutour des piliers Sam Inzerra, Rob Yench et Andy Newton, on retrouve un ami de longue date chez Morpheus Descends en cette année 1997, Tom Stevens, qui squatte désormais le poste de guitariste & growler depuis la mise en sommeil de son groupe Nokturnel, après l’ultime EP Anti-Grunge. Notre quatuor enregistre une ultime mini-session baptisée The Horror of the Truth, autoproduite sous le label Angel Dust Records monté pour l’occasion. Le MCD contient crédits, paroles, photos, ainsi qu’une illustration en totale adéquation avec le deathmetal lourd & occulte de la formation de Middletown (NY).

Si les vocaux de Tom Stevens étaient particulièrement teigneux sur le terrible Nothing but Hatred (Nokturnel), notre homme assure un chant bien plus guttural au sein de Morpheus Descends, assez proche de son prédécesseur Jeff Reimer, et collant parfaitement à ce deathmetal lourd et caverneux, à la croisée d’Incantation, Immolation ou Goreaphobia. Maintenant un niveau de qualité constant au fil de ses réalisations, le groupe lâche un The Horror of the Truth ne dérogeant pas à la règle, un recueil de trois morceaux aux rythmiques solides et au riffing d’enfer, à l’atmosphère sombre et particulièrement épaisse. Ce condensé de 13 minutes sans temps mort ni point faible n’a ainsi que le désavantage de sa courte durée et de sa rareté, mais représente malheureusement le testament du quatuor, qui se sépare peu de temps après le départ de Sam Inzerra. En consolation, on retrouvera toutefois nos protagonistes dans de nombreuses formations du coin, pour citer Incantation, Mausoleum, le retour de Nokturnel, ou encore la participation récente de Sam au sein de Furenus, le groupe de John & Jill McEntee.

Fabien.

14 décembre 2012

Morpheus Descends : Chronicles of the Shadowed Ones

Morpheus Descends : Chronicles of the Shadowed OnesRitual of Infinity, résultat de trois sessions d’enregistrements distinctes s’étalant entre janvier et septembre 1992, a été vendu à la fin de cette même année par JL America comme premier album de Morpheus Descends. L’écurie s’est vite révélée être un rip-off (un mauvais payeur, notamment envers ses artistes) et a connu logiquement une durée de vie éphémère, si bien que les quelques formations qu’elle abritait, comme notre quintet de l’état de New-York ou encore les redoutables Nokturnel et Killing Addiction, se sont tous retrouvés sans label vers 94, lors d’une époque difficile pour le deathmetal, à l’heure où les écuries spécialisées commençaient à devenir frileuses après une période de folie.

Sans soutien, Morpheus Descends retourne quant à lui en studio durant cette période, pour de nouvelles mini-sessions de quatre nouveaux morceaux, qu’il autoproduit et sort en MCD par ses propres moyens, avec un emballage assez basique, sans illustration ni photo, mais contenant toutefois les crédits et toutes les paroles. Avec un line-up inchangé, le quintet livre un deathmetal proche de son debut-album, et notamment de ses dernières sessions qui incluaient les invincibles pistes Immortal Coil et Trephanation. Aux compositions d’une lourdeur considérable (à commencer par le mémorable The Cruciform Hills en ouverture), à l’atmosphère dense et anthracite, Chronicles of the Shadowed Ones représente un mégalithe de 23 minutes de pur deathmetal (sans inclure la 5ème piste, 9 minutes d’un long souffle issu des profondeurs), et peut-être la meilleure session de notre groupe de Middletown. Un MCD relativement dur à trouver aujourd’hui, mais qui en vaut largement la peine, suite logique et passage incontournable pour les amateurs de Ritual of Infinity.

Fabien.

13 décembre 2012

Morpheus Descends : Ritual of Infinity

Morpheus Descends : Ritual of InfinityFormé en 1990, Morpheus est une figure du death metal new yorkais, aux côtés d’Immolation et de Suffocation. Le groupe se fait remarquer dès 1991, lors de la sortie de son EP Adipocere chez le fameux label Seraphic Decay, l’un des spécialistes des sorties de EP deathmetal de l’époque. Peu avant la sortie de son premier album, la formation doit toutefois changer son patronyme, faute au Morpheus suédois, optant alors simplement pour le patronyme Morpheus Descends.

Ritual of Infinity regroupent en fait trois sessions, trois titres étant enregistrés en janvier 92 (ceux de la démo Corpse Under Glass), deux autres en avril, et enfin les quatre derniers en septembre. Le disque est alors distribué à la fin de cette même année par la petite écurie JL America, s’illustrant à la même époque avec les productions des féroces états-uniens de Killing Addiction & Nokturnel (Omega Factor & Nothing but Hatred). Bien qu’effectuée par un artiste surréaliste de renom, Brad Moore, l’illustration de l’album reste d’une qualité relativement douteuse.

Morpheus Descends lâche un deathmetal massif et caverneux, rappelant délicieusement celui de son voisin Incantation. Musicalement, les titres sont remarquablement ficelés, notamment grâce à la présence du redoutable Sam Inzerra derrière les fûts, millimétrant son double pédalage et variant son jeu avec une aisance impressionnante. Sur ces rythmiques très carrées, Yench & Hanson balancent des rafales de riffs lourds et assassins, à l’image des salves des terribles d’Immortal Coil et ou du break mortel de Trephanation, que j’écoute personnellement en boucle depuis la sortie de l’album. Enfin, la voix de Jeff Reimer, gutturale et profonde à souhait, renforce le côté brutal et sans concession de Ritual of Infinity.

Ritual of Infinity reste toutefois inégal, la faute à son enregistrement étalé sur plusieurs sessions, renfermant ainsi des titres qui ne sonnent pas tous exactement de la même façon, la dernière session s’avérant la plus convaincante. De plus, Morpheus Descends débarque un poil trop tard sur le circuit deathmetal, à une période où l’on commence déjà à parler de saturation et de manque d’originalité. Considérant enfin la pochette contestable de Ritual of Infinity et le manque de moyens du label, l’album passe relativement inaperçu à l’époque.

Brutal, canerveux et sans compromis, privilégiant la lourdeur du riffing à toute forme de mélodie, Ritual of Infinity s’impose à tous les deathster fan d’Incantation, Killing Addiction, Rottrevore ou Pyrexia. Avec un enregistrement plus homogène et une meilleure promotion, Morpheus Descends aurait certainement eu les moyens de péter la baraque, en ces années 92/93. On peut toutefois constater combien le disque et ses deux EP suivants traversent impeccablement les époques, et combien le quintette new-yorkais possède désormais un statut culte dans l’underground deathmetal.

Fabien.

14 juillet 2007