Altars of Fab' Death

Murrain : The Famine

Murrain : The FamineFondé dès 1991 en République Tchèque, Dobytci Mor choisit donc un patronyme dans sa langue natale (signifiant la peste), bien que ses morceaux soient chantés en anglais. Le groupe compte parmi ces formations deathmetal d’obédience carcassienne du début des ninetites, tout comme son compatriote Pathologist formé une année auparavant. Ses demo-tape Putrid Survival et Silent Pastures lui permettent de rejoindre son confrère sur la petite structure M.A.B Records, qui vient aussi de signer fraichement les deathsters tchèques de Section Brain. A l’occasion de la sortie de son premier album The Famine en 1993 chez M.A.B Records (MAB003), le groupe opte toutefois pour la traduction anglaise de son patronyme, donc connu dans nos contrées sous le nom plus pratique de Murrain. La pochette de son album renvoie quant à elle clairement du côté du death cadavérique de Pathologist ou de Dead Infection, l’ombre de Carcass n’étant jamais très loin.

Si les nombreux passages tapageurs, le son gras des guitares et leur accordage plus que bas que terre donnent l’image d’une formation goregrind bas du front, notre groupe prend toutefois le temps de structurer ses morceaux et de soigner ses guitares leads, à l’image du bon titre Isolated Interjection of Suppuration, se situant plus distinctement dans les sphères deathmetal. Murrain conserve en revanche un côté relativement sauvage, depuis ses rythmes de batterie assez binaires, son chant guttural monocorde et ses guitares corrosives, autant d’élément qui l’éloignent d’un Pathologist déjà plus raffiné ou d’un Carcass infiniment classieux. Le morceau le plus surprenant reste bien sûr l’éponyme placé judicieusement en plein coeur de l’album, cinq minutes durant lesquelles notre groupe délaisse ses growls au profit d’un chant clair et se pose de bien belle façon, le titre éclairant étonnament l’ensemble sans dépareiller. The Famine, c’est bien sûr un album passé relativement inaperçu, n’apportant pas forcément de l’eau au moulin en cette année 1993 saturée, mais ayant au moins le mérite de lâcher plus de trois quarts d’heures de deathmetal carré et relativement consistant.

Fabien.

> - Les commentaires -, Murrain — admin @ 20:12

29 janvier 2013