Altars of Fab' Death

Napalm Death : The Peel Sessions (Three Sessions)

Napalm Death : The Peel Sessions (Three Sessions)Les fameuses Peels Sessions enregistrées en conditions Live dans les locaux de la BBC ont souvent été de grands moments durant lesquels les groupes se sont lâchés, au point d’en ressortir avec l’un de leur meilleur enregistrement, pour citer les passages mémorables de Doom, Electro Hippies, The Stupids ou Doctor and the Crippens. Ces instants magiques de la scène HC/grind britannique sont bien sûr associés à la venue de deux formations parmi les plus extrêmes de la seconde partie de eighties, Extreme Noise Terror et Napalm Death, emmenées par le batteur Mike ‘Tornado’ Harris, dont la vitesse et la puissance à la double grosse caisse renversait littéralement l’assistance. Napalm Death connait quand à lui trois passages dans les locaux de Radio1, en septembre 87 et mars 88 avec le line-up mythique composé de Harris, Embury, Steer et Dorrian, puis en août 90 autour de Harris (Mick & Mitch), Embury, Greenway et Pintado.

La première session composée de douze morceaux est la plus courte, ne dépassant pas les six minutes, témoignage du cataclysme ayant traversé les locaux de la BBC durant l’enregistrement. On y retrouve Napalm Death complètement survolté, méritant amplement l’appellation ‘The Fastest Band in the World’ que la critique britannique lui attribuait à l’époque, sans compter le chant gras et totalement décharné de Lee Dorrian. Si cette séance fait bien sûr la part belle au premier LP (et renferme fatalement You Suffer, le morceau le plus court de l’histoire), on y trouve aussi en avant-première trois titres du futur album, comme le trucidant Lucid Fairytale.

Très proche de la première, la session suivante reprend très majoritairement des morceaux de Scum, puisque seul World Apart appartient au terrible FETO à paraitre en septembre 88. L’intérêt de cette séance réside par ailleurs dans la huitième piste, regroupant quatre reprises tonitruantes issues du répertoire des états-uniens de Siege et des nippons de SOB, deux influences clairement revendiquées par le line-up de l’époque, les morceaux Walls et Raging In Hell dégageant une puissance renversante dans les mains de Napalm Death, qui ne pouvait rendre meilleur hommage.

La dernière séance, avec le nouveau line-up, comprend logiquement une majorité de compositions de FETO, où l’on retrouve enfin des Unchallenged Hate ou From Enslavement servis par une production incisive, qui manquait sur le second album enregistré aux Birdsong Studios. Si le quintette joue enfin le fabuleux titre éponyme de son premier album, il nous offre aussi en avant-première le morceau phare de son EP Suffer the Children, qui deviendra instantanément un classique.

Reliés par ce même tourbillon dévastateur, quoique les deux premières séances renferment en plus ce sentiment de folie incontrôlable, les Peel Sessions de Napalm Death restent une expérience unique et sacrément intense dans sa carrière. Chaque titre y trouve une seconde vie, d’une part grâce à l’émulation qui règne dans les locaux, l’osmose du moment, l’envie d’être pied au plancher, et d’autre part grâce aux ingé-son ayant idéalement capté la force du quatuor et canalisé cette débauche d’énergie pure. Si l’hyper-vitesse et cette condition en Live donnent parfois une sensation de chaos pas évidente à encaisser sur les deux premières sessions, elles renforcent naturellement l’intensité délivrée par Napalm Death, qui prend ici une nouvelle dimension. Et quel bonheur de retrouver la moitié des morceaux de FETO avec une production enfin digne de leur puissance.

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 19:21

11 avril 2013

Napalm Death : The World Keeps Turning EP

Napalm Death : The World Keeps Turning EPParu au printemps 1992, Utopia Banished est un tournant humain dans la carrière de Napalm Death, qui doit désormais poursuivre sa route sans son impitoyable batteur Mick Harris, occupé par son nouveau groupe Scum, loin des sphères deathgrind. Alors que le groupe boucle 15 titres en février/mars 1992 sous la houlette de Pete Coleman pour son album, 3 morceaux sont également capturés aux fameux Rhythm Studios en compagnie de Paul Johnson, ingénieur ayant précédemment et brillamment travaillé avec Benediction, Cadaver, Vader ou Cerebral Fix. Ce que l’histoire ne précise pas, c’est la date de l’enregistrement, s’étant de toute façon déroulé peu avant ou peu après les sessions d’Utopia Banished.

Quoi qu’il en soit, ces trois morceaux atterrissent sur le maxi-CD The World Keeps Turning EP, paru chez Earache en été 1992 à quelques semaines d’intervalle. Il existe donc deux versions du morceau éponyme de ce maxi, l’autre se trouvant bien sûr sur Utopia Banished. Si l’interprétation ne change pas vraiment, c’est la différence de production qui les partage, la palme revenant à Pete Coleman ayant parfaitement dompté le son du groupe, là où l’affaire à été plus laborieuse du côté de Paul Johnson, ayant difficilement canalisé l’énergie débordante du quintette de Birmingham, en ayant notamment trop compressé le son et ainsi asphyxié l’ensemble. Quant aux deux inédits, si Insanity Excursion se résume à deux minutes d’un Napalm Death en vitesse turbo et en mode grind, A Means to an End reste le principal attrait, débutant sur un tempo en D-Beat fracassant pour enchainer sur une salve vicieuse de riffs au napalm, un bon cru assurément. Pour un total de 8:36 minutes avec une production à l’étouffée, The World Keeps Turning EP n’est pas forcément un maxi-CD indispensable, quoique complément sympathique pour les grinders ayant exploré Utopia Banished sous tous les angles et ne possédant pas une des rééditions qui incluent ce mini-enregistrement.

Fabien.

> - Les commentaires -, Napalm Death — admin @ 20:14

9 avril 2013

Napalm Death : Diatribes

Napalm Death : DiatribesEn monolithe deathgrind aux colorations industrielles soutenues, Fear, Emptiness, Despair marquait un tournant ambitieux dans la carrière de Napalm Death, sans toutefois pleinement convaincre dans sa globalité, la faute à ce bloc parfois trop compact. Pour son sixième album, débarrassé d’une association encombrante entre Earache et la major Columbia sur le territoire états-unien, le quintette britannique retrouve l’ingénieur du son Colin Richardson pour la gravure de son sixième album Diatribes, précédé de quelques semaines de la parution du EP Greed Killing issu des mêmes sessions d’enregistrement.

Si Fear, Emptiness, Despair pouvait rebuter par son côté étouffant, Napalm Death décide cette fois-ci d’aérer sensiblement ses compositions afin de les rendre plus digestes, tout en conservant cette orientation entre deathmetal et accents industriels. Les deux premiers titres Greed Killing et Glimpse into Genocide témoignent justement la volonté du groupe de tendre vers un deathmetal plus percutant, bâtis sur des rythmes entrainants et un riffing plutôt rentre-dedans, sans mitraillage rythmique à la manière d’un World Keeps Turning.

Diatribes prend plus précisément une tournure death/indus à partir du très bon morceau Ripe for the Breaking, quatre minutes durant lesquelles Napalm Death équilibre idéalement passages syncopés, relances puissantes et blast-beats meurtriers, tout en aérant judicieusement le tout. La pilule passe toutefois plus difficilement dès Cursed to Crawl et Cold Forgiveness, où le groupe s’empêtre dans des parties souvent répétitives, parfois dissonantes et relativement déshumanisées, tout en oubliant quelques accélérations ou blast-beats fracassants. Bien que l’on puisse citer au passage le bon My Own Worst Enemy ou le nerveux Dogma aux blasts intraitables sur sa partie centrale, le quintette se bloque ainsi majoritairement sur des rythmes en middle tempo peinant véritablement à décoller à l’image d’un titre comme Take the Strain, se privant du coup d’une violence débridée qui le caractérisait si bien jusqu’à lors.

Album honnête dans la discographie de Napalm Death, assorti de quelques titres très réussis, Diatribes reste un peu trop propre et manque globalement d’intensité, ne renfermant sur la longueur ni le mordant d’Utopia Banished, ni l’oppression de Fear, Emptiness, Despair. Sans passer au travers et en se maintenant encore en bonne forme, la troupe emmenée par Shane Embury reste ainsi le derrière coincé entre deux chaises en cette année 1996, ne sachant pas vraiment encore comment regarder à la fois de l’avant tout en conservant la furie de ses débuts, aux relents grindcore toujours un peu plus minces.

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 23:27

2 mars 2011

Napalm Death : Words from the Exit Wound

Napalm Death : Words from the Exit WoundAlignant les albums avec une régularité de métronome malgré une période de turbulence et de doute, Napalm Death retrouve en ce mois de juin 1998 l’ingénieur du son Colin Richardson aux Chapel Studios, pour la mise en boite de son 8ème album Words from the Exit Wound. Malgré des relations distantes et désormais routinières avec Earache Records, le quintette de Birmingham reste une dernière fois fidèle à son label, dont le patron Dig Pearson, à l’exception d’une relation encore privilégiée avec Morbid Angel, se détourne des formations deathmetal ou grindcore qu’il avait autrefois lancées et ardemment soutenues.

Muni d’une illustration sans saveur et du second logo napalmien tout aussi lisse, Words from the Exit Wound reprend globalement les caractéristiques de son prédécesseur, articulé autour d’un deathmetal aux saveurs grind parfaitement interprété mais maigrement inspiré, loin des déflagrations auxquelles Napalm Death nous avait habitués durant sa première partie de carrière. Le groupe ouvre ainsi les hostilités sur les morceaux The Infiltraitor et Repression Out of Uniform aux rythmes entrainants et aux riffs assez accrocheurs, pour s’essouffler rapidement en alignant des titres bien trop communs pour faire la différence, sautillants sans être renversants.

Désireux d’éviter la banalité de son précédent effort, Napalm Death essaie toutefois de renouer partiellement avec les accents industriels de Fear, Emptiness, Despair et Diatribes, à l’occasion de l’interlude mécanique Trio Degradable, des riffs dissonants en ouverture de Cleanse Impure, ou encore au détour de quelques passages plus syncopés, sans que la recette fonctionne idéalement. Innovant tout aussi timidement, le quintette de Birmingham décroche alors le pompon lors des quelques incartades de Barney au chant clair, comme le refrain en chansonnette de None the Wiser qui ne sied guère au style de la formation. Words from the Exit Wound réserve toutefois de bonnes surprises, à l’image du middle tempo Next of Kin to Chaos durant lequel le groupe retrouve son intensité, ou encore du morceau final Sceptic in Perspective aux rythmes & riffs d’entrée particulièrement incisifs.

D’une inspiration globale assez faible tout comme son prédécesseur, Words from the Exit Wound reste un album de facture honnête mais inégale, montrant une nouvelle fois Napalm Death hésitant, loin de l’esprit typiquement punk/hardcore qui l’animait à ses débuts et de la puissance sans limite de la période post-Mick Harris d’Utopia Banished. Encore en sommeil, le groupe de Birmingham se réveillera toutefois deux petites années plus tard pour un retour fracassant, grâce à une hargne, un esprit revendicatif et un mélange explosif de deathmetal & grindcore enfin retrouvés.

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 18:00

Napalm Death : Inside the Torn Apart

Napalm Death : Inside the Torn ApartAmorcée depuis Fear, Emptiness, Despair et plus évidente sur Diatribes, l’orientation du deathgrind de Napalm Death vers des sonorités plus expérimentales et industrielles, assortie d’un propos moins revendicateur, créé des tensions internes au sein du groupe. Le clash se produit plus particulièrement entre d’un côté Shane Embury & Mitch Harris et de l’autre Mark Greenway, qui regrette quant à lui l’abandon progressif du grindcore originel de la formation et la perte de son esprit punk/hardcore emblématique. Officiellement viré du groupe, le growler reprend toutefois sa place après six longs mois d’incertitude, durée pendant laquelle il participe notamment à l’enregistrement de Damage 381, le nouvel album des deathgrinders d’Extreme Noise Terror.

Désirant gommer rapidement cette période chaotique et incertaine, les infatigables et prolifiques compositeurs Embury, Harris et Pintado ne tardent pas à mettre sur pied le 7ème full lenght de Napalm Death, mis en boite peu de temps après la réintégration de Greenway. Inside the Torn Apart sort ainsi dès juin 1997 chez Earache Records, flanqué d’une illustration sans attrait et du logo alternatif du groupe toujours aussi fadasse.

Comme pour marquer la réconciliation avec son chanteur, Napalm Death revient avec un nouvel album plus conventionnel, laissant de côté les sonorités industrielles et les rythmes syncopés de Diatribes au profit d’un deathgrind délibérément plus simple et direct. Le quintette de Birmingham débute d’ailleurs sur deux morceaux relativement percutants, les entrainants Breed to Breathe et Birth in Regress qui, sans être totalement renversants, montrent nos acolytes en bonne forme apparente. Toutefois, Inside the Torn Apart perd rapidement son mordant dès le troisième titre, enchainant alors des morceaux fades & banals, et défilant ainsi jusqu’à sa fin sans soubresaut ni moment fort particuliers.

Désirant retrouver l’essence de ses débuts, Napalm Death loupe ainsi le coche en cette année 1997 bien creuse, masquant difficilement la période d’incertitude qu’il vient de traverser. En effet, le groupe en manque d’inspiration perd non seulement l’ambition dont il avait fait preuve sur Fear, Emptiness, Despair & Diatribes, sans retrouver parallèlement la hargne et la puissance qu’il dégageait sur Utopia Banished. Routinier sans être franchement médiocre, interprété avec une précision rythmique toujours aussi notoire, Inside the Torn Apart reflète plus durement notre quintette encore en quête d’identité après la défection de son ancien leader Mick Harris, départ décidément long & difficile à digérer.

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 13:26

Napalm Death : Scum

Napalm Death : ScumVers la fin de l’année 1979, dans la cité ouvrière de Birmingham, Nick Bullen forme un groupe hardcore punk contestataire avec Miles Rattlehead. C’est au début 1982, directement influencé par la rapidité et l’agressivité de Discharge, que le duo trouve plus précisément son orientation, mais aussi son patronyme Napalm Death, en référence au film Apocalypse Now. Toutefois, le manque de motivation contraint le groupe à végéter pendant plusieurs années, jusqu’à la rencontre en 1985 avec Justin Broadrick, qui apporte une nouvelle source d’inspiration, muni de ses cassettes de DRI, Siege et Celtic Frost, avec leur vitesse incroyable et leurs sonorités métalliques.

Cette même année, Napalm Death rencontre Mick Harris, dont la rapidité reste inégalable à l’époque. Le groupe se sépare ainsi de Miles, et accélère alors considérablement ses morceaux, grâce à la puissance de feu de leur nouvelle recrue. Le batteur qualifie lui-même son mitraillage sur la caisse claire de blast-beats, initiés quelques années auparavant par Eric Brecht de DRI sur le Dirty Rotten LP, et invente le terme grindcore pour définir l’extrême brutalité de son style.

Connaissant un succès local croissant dû à la multiplicité de ses concerts, Napalm Death rentre alors aux Rich Bitch Studios durant deux journées d’août 86, pour un budget de 120 livres, afin de boucler 12 morceaux d’une durée de 20 minutes, dont les mémorables Scum, Instinct Of Survival, ou encore le redoutable middle tempo Siege Of Power. Peu de temps après l’enregistrement, le trio recrute Jim Witheley à la basse, mais subit le départ de Nick et Justin, marquant leur désintérêt pour la formation. Le quatuor se sépare sur ces faits, et Justin, ayant rejoint les rangs de Head Of David, rétrocède gratuitement les bandes à Dig Pearson, qui n’a toutefois sorti aucun disque à cette époque, se limitant à organiser quelques concerts sous la bannière d’Earache.

Mais, fort d’une détermination sans faille, Mick remonte rapidement Napalm Death avec Jim, et recrute Bill Steer à la guitare, essuyant le refus de Shane Embury, puis Lee Dorrian en tant qu’hurleur attitré. Sans réelle répétition à son actif, le groupe rentre de nouveau aux studios Rich Bitch en mai 1987, alignant en une nuit 16 morceaux, d’une brutalité manifeste, à l’image des déboulonnants MAD ou Dragnet.

Mais entre temps, la situation d’Earache a considérablement évolué, Dig ayant produit un LP de The Accused et un split de Concrete Sox & Heresy, et s’étant parallèlement associé avec le distributeur anglais Rough Trade. Le boss ressort alors les bandes que Justin lui avaient confiées, et les réunit avec ce nouvel enregistrement, commercialisant un LP de 28 titres regroupant les deux sessions. Scum est né, tiré à 2000 exemplaires, avec l’étiquette : “l’album du groupe le plus rapide du monde”.

Vitesse et brutalité restent effectivement les mots d’ordre. Bien que les faces A et B de Scum alignent des compositeurs et interprètes différents, leur césure n’est donc pas si évidente, bénéficiant de cette ligne directrice cohérente, grâce aux rythmes surhumains de Mick Harris, et à la production commune aux studios Rich Bitch.

La face A impose The Kill, Instinct Of Survival, Scum, ou l’incroyable You Suffer de deux secondes, qui résonnent immédiatement comme des classiques, repris dès lors à tous les concerts Napalmiens. Leur côté brut et spontané, associé à un niveau de violence inédit, les hissent effectivement en tant que références incontournables du grindcore, grâce au talent de Mick, désarmant par sa puissance et sa précision. Moins marquante, faute à l’extrême brutalité de ses riffs et à son rythme cataclysmique, la face B enfonce toutefois le clou à coups de Moral Crusade & Deceiver, sur le jeu de Mick encore plus rapide et gagnant parallèlement en précision, les riffs brutaux de Bill, et le guttural effroyable de Lee Dorrian, détachant littéralement la tapisserie des murs.

Grâce au soutien d’Earache, mais aussi de l’infatigable tape-trader Shane Embury, Scum se répand comme une traînée de poudre aux quatre coins de la planète, subjuguant l’underground hardcore et métal par sa vitesse effrénée et son extrême brutalité. Toutefois, vite enregistré et parfois mis en place de manière superficielle, l’album ne constitue pas le meilleur de Napalm Death, maîtrisant par exemple mieux son sujet sur l’incroyable FETO, malheureusement très mal mis en valeur par la faiblesse et la confusion de son enregistrement. Scum balance en revanche cette musique spontanée, d’une violence aussi inédite qu’impitoyable, sous une avalanche de blast-beats et de riffs meurtriers, représentant non seulement la première pierre du grindcore, mais constituant encore toute l’essence du mouvement, brutale, hardcore et revendicatrice, deux décennies après son enregistrement.

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 2:00

14 avril 2008

Napalm Death : Mass Appeal Madness

Napalm Death : Mass Appeal MadnessSuite au terrifiant Harmony Corruption confirmant définitivement Napalm Death en tête du mouvement death grind, le quintette de Birmingham revient avec le redoutable Mass Appeal Madness en juillet 1991, toujours chez son écurie Earache, avec un line up désormais stable, du moins en apparence.

Le EP débute par le redoutable titre éponyme Mass Appeal Madness, rappelant l’aura de Suffer the Children, avec son rythme pogotant contré par un break d’une lourdeur phénoménale. Le puissant Pride Assassin qui lui succède développe également une intensité débordante, avec ses riffs death grind particulièrement mortels. Enfin, Napalm Death clôture par les excellents Unchallenged Hate et Social Steritily, deux brûlots grind de l’infernal From Enslavement to Obliteration, montrant à quel point cet album culte méritait un meilleur enregistrement.

Servi de surcroît par une production tranchante de Daniel Sprigg, les blasts de Mick et les guitares acérées de Jesse & Mitch prennent toute leur ampleur, délivrant un tourbillon de puissance, qui manquait parallèlement dans la production soignée et étouffée de Scott Burns sur Harmony Corruption.

D’une durée inférieure à neuf minutes, Mass Appeal Madness présente pourtant deux inédits essentiels dans la carrière des grinders britanniques. Mais étrangement, ces deux nouveautés n’ont pas été composées par le leader Mick Harris, montrant ainsi ses premiers signes de désintérêts pour Napalm Death. L’impression est malheureusement confirmée au dos du EP, où tous ses compères fixent fermement l’objectif, tandis que le regard fuyant de Mick présage déjà son départ imminent.

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 2:00

27 septembre 2007

Napalm Death : Utopia Banished

Napalm Death : Utopia BanishedSuite au foudroyant EP Mass Appeal Madness de juillet 91, Mick Harris, leader de Napalm Death, décide de quitter le groupe et le monde du metal, pour se consacrer à Scorn, son projet solo. Orphelin, mais fermement décidé à poursuivre la route, le groupe de Birmingham recrute alors le batteur états-unien Danny Herrera, puis rentre aux Windings Studios en février 1992 pour les sessions d’ Utopia Banished, son quatrième full lenght, sortant trois mois plus tard.

Utopia Banished balance des titres death grind nerveux sur une rythmique survoltée, emmenée par les blasts de Danny, la basse saturée de Shane, les riffs acérés du duo Jesse / Mitch, et la voix bourrine de Barney. Depuis le terrassant Dementia Access de Mitch jusqu’à l’entraînant World Keeps Turning de Jesse, en passant par le redoutable Judicial Slime de Shane, Napalm Death montre une ferme intention de tout balayer sur son passage, et de confirmer sa place de leader du grind.

En ajoutant l’énorme production de Colin Richardson, qui dote le couple basse batterie et les guitares d’une épaisseur renversante, Utopia Banished déploie dès lors une violence dévastatrice, mais terriblement contrôlée. Néanmoins, le jeu puissant de Danny et les morceaux en eux-mêmes manquent parallèlement de subtilités, soulignant l’absence cruelle de Mick Harris, dont la finesse derrière les fûts et dans l’art de la composition permettait de transcender le bon en excellent.

Ainsi, ayant l’énorme tâche de succéder à l’intemporel Harmony Corruption, Utopia Banished assène un death grind surpuissant, dénotant l’inébranlable conviction de Napalm Death, malgré le départ de son leader. Toutefois, ne possédant ni la force, ni le caractère du précédent chef d’oeuvre, Utopia montre également un groupe dont la pérennité doit désormais passer par son renouvellement. Cette évolution nécessaire est déjà pressentie à l’écoute de Contemptuous, dernier titre de l’album, dont les accents industriels laissent entrevoir le côté expérimental du futur Fear, Emptiness, Despair, mais ceci est une autre histoire…

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 2:00

25 septembre 2007

Napalm Death : From Enslavement to Obliteration

Napalm Death : From Enslavement to Obliteration

Peu après l’enregistrement de la face B de Scum en 1987, Jim Whiteley quitte Napalm Death. Aussitôt, Mick Harris propose une seconde fois le poste de bassiste à son ami Shane Embury (Unseen Terror), qui accepte enfin l’offre pour de bon, restant d’ailleurs le seul membre de l’époque encore en place à ce jour. En ces temps, la notoriété du groupe de Birmingham suit une courbe exponentielle, scène hardcore et metal confondues. Fort d’une maturité accrue, la bande décide alors d’enfoncer le pied au plancher durant les sessions de From Enslavement to Obliteration aux Birdsong Studios, fermement décidé à surpasser la brutalité de Scum. Le résultat est sans appel, Napalm Death confirme son titre de formation la plus rapide et violente du moment, attirant les regards de la presse spécialisée.

Son label Earache Records ayant senti le coup venir, décide parallèlement de réunir Scum et From Enslavement to Obliteration sur un Split-CD de 54 titres pour 64 minutes, représentant ainsi le premier enregistrement de grindcore à voir le jour en support CD, et impressionnant par le nombre de ses pistes. Napalm Death suscite dès lors un engouement sans précédent, permettant l’essor de toute la scène hardcore-grind britannique et de ses acolytes Bolt Thrower, Carcass ou Extreme Noise Terror.

From Enslavement to Obliteration est un album aux tempi cataclysmiques, entraînées par les rythmes surhumains de Mick Harris, privilégiant largement le blast-beat, à l’exception du titre d’introduction Evolved As One, un morceau lent dominé par les cris dégénérés de Lee Dorrian. Si les rythmes explosifs du batteur et le riffing furieux de Bill Steer s’imposent majoritairement, Napalm Death casse toutefois la cadence infernale à de nombreuses reprises, à l’image des débuts terrassants d’Unchallenged Hate et du titre éponyme, ou encore des breaks laminants de Cock Rock Alienation et Mentally Murdered.

Enfin, pour compléter ce tableau de folie, Lee éructe des grunts à s’en arracher les cordes vocales, sur des paroles contestataires et engagées, décuplant la brutalité des compositions. Malgré une violence déconcertante aux premières écoutes, de surcroît en se situant en cette année 1988, après franchissement de cette avalanche sonore, l’auditeur s’aperçoit pourtant combien la musique de Napalm Death a un sens, et combien elle reste impeccablement contrôlée par ses interprètes, notamment grâce à l’apport immense du batteur.

L’hadicap de From Enslavement to Obliteration réside dans le son assez plat, les guitares manquant de lourdeur et de mordant, et le mixage pêchant par un déséquilibre global. Bien qu’une production plus puissante lui aurait apporté un surcroît d’énergie, comme en témoignent les fracassantes « Peel Sessions » de Napalm Death à l’époque, ce second album du gang de Birmingham reste un pur concentré de grindcore, un étalon particulièrement déboulonnant et incroyablement brutal en cet an 1988, hissant Napalm Death parmi les formations extrêmes les plus influentes, aux côtés de son voisin Carcass ou de ses homonymes deathmetal transatlantiques Death, Morbid Angel et Repulsion.

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 2:00

14 juin 2007

Napalm Death : Enemy of the Music Business

Napalm Death : Enemy of the Music Business

2000 est une année importante pour le deathmetal, puisqu’elle marque le retour de ce style sur le devant de la scène extrême, grâce aux albums décisifs d’Immolation, Morbid Angel, Krisiun, Nile, Behemoth et, en l’occurrence, de Napalm Death. En effet, le groupe britannique, après plusieurs années galères au sein d’Earache et son divorce inévitable avec ce dernier, sort dans un nouvel élan un Enemy of the Music Business déterminant dans sa carrière.

Inside the Torn Apart & Words From the Exit Wound dévoilaient un Napalm Death n’étant plus que l’ombre de lui-même, cherchant une voie qui ne lui correspondait visiblement pas. A l’inverse, Enemy of the Music Business marque le retour du grand Napalm Death, agressif, bourrin et sans concession, dans son grindcore matiné de deathmetal qui le caractérise le mieux. Le retour à l’ancien logo ne tient ainsi pas au hasard, montrant le quintette britannique plus motivé que jamais, fermement décidé à reprendre le trône du grindcore, qu’il perdait progressivement de vue.

Enemy of the Music Business, c’est effectivement 14 titres d’un mélange death / grind fracassant, qui oscillent autour de trois minutes chacun, au riffing entraînant et aux breaks déboitant tout sur leur passage, à l’image des superbes Constitutional Hell & What The Public Doesn’t Want. On sent à chaque instant cette agressivité retrouvée, avec la batterie survoltée de Danny, les guitares tranchantes de Mitch & Jesse, et bien sûr un Barney au meilleur de sa forme, lâchant des growls d’une puissance effroyable.

Le concept d’Enemy of the Music Business correspond également mieux à Napalm Death, qui embrasse ici son esprit contestataire et critique qui l’animait à ses débuts. Le titre de l’album en dit d’ailleurs long sur la bande, qui a définitivement retrouvé l’envie d’en découdre et de frapper un grand coup.

Vous l’aurez compris, le rouleau grindcore de Napalm Death est de nouveau de sortie, le groupe anglais ayant définitivement retrouvé son identité au soulagement de ses plus grands fans, qui s’inquiétaient sévèrement depuis le départ de Mick Harris.

Fabien.

> - Les chroniques -, Napalm Death — admin @ 2:00