Altars of Fab' Death

Nausea : Crime Against Humanity

Fondé en 1987 à Los Angeles sur les cendres de Majesty, autour d’Oscar Garcia & Eric Castro, Nausea suit un parcours intimement lié à celui de Terrorizer, formé quant à lui par les célèbres Jesse Pintado & Pete Sandoval. Sur un death grind d’une teneur identique, ayant en commun Oscar Garcia & Alfred Estrada dans leurs line up respectifs, les deux formations voisines évoluent ainsi en même temps, jusqu’au split de Terrorizer en 1988. Le groupe défunt se réunit pourtant une ultime fois pour l’enregistrement de World Downfall à titre posthume (empruntant d’ailleurs plusieurs titres de Nausea pour l’occasion), mais grâce à une alchimie parfaite, rentre définitivement dans la légende, confinant impitoyablement son confrère dans l’ombre.

Multipliant démos & 45t, à l’image du secouant EP Psychological Conflict, Nausea n’obtient ainsi un contrat discographique qu’en 1991, chez le petit label Wild Rags (qui possède des formations aussi éclectiques que Gammacide, Hellwitch, Hexx ou Blasphemy), se concluant par les sessions et la sortie de Crime Against Humanity cette même année.

Combinant l’esprit contestataire & fougueux du grindcore britannique, à la lourdeur du death métal nord américain, Crime Against Humanity balance des titres directs & teigneux, à l’image des bons Blind & Mind Dead, de l’entrainant System of Discharge, ou encore du vieux Enemy Alliance composé du temps de Majesty. Les rythmes tapageurs d’Eric et la basse ronflante d’Armando soutiennent ainsi les riffs nerveux de Vito & Oscar, et le guttural arraché de ce dernier.

Mais, bénéficiant du même chanteur et d’une approche similaire, Crime Against Humanity souffre inévitablement du comparatif avec le légendaire World Downfall, ne possédant parallèlement ni son excellence rythmique, ni l’incision de ses riffs. En outre, malgré le répertoire conséquent de Nausea, l’album ne dure que 22 petites minutes divisée en huit morceaux, flanqué d’une production manquant malheureusement d’épaisseur et de mordant.

Groupe pionnier du death grind US, d’une influence considérable, Nausea ne parvient pourtant pas à sortir de l’ombre de Terrorizer, faute à la sortie tardive de son premier album, de surcroît mal enregistré et mal distribué, précipitant le split de la formation en 1994. Aux côtés du mythique World Downfall, Crime Against Humanity s’inscrit au delà parmi les albums clés reliant le hardcore grind anglais et le death speed états-unien, possédant une valeur historique certaine, à défaut d’une qualité irréprochable.

Fabien.

> - Les chroniques -, Nausea — fabien @ 5:30

11 mai 2008