Altars of Fab' Death

Necrophagist : Epitaph

Necrophagist : EpitaphOnset of Putrefaction, premier album de Necrophagist entièrement composé et interprété par Muhammed Suicmez, a lancé sur les rails l’une des formations de brutal death européennes parmi les plus prometteuses et les plus douées de sa génération, mariant la brutalité de Nile et la technique d’Atheist avec une habileté déconcertante. Suicmez revient ainsi en 2004 avec un line up au complet, s’entourant de musiciens particulièrement talentueux, et décrochant un contrat inévitable avec la célèbre écurie Relapse. Le quatuor germanique rentre alors en studio pour ses nouvelles sessions d’enregistrement, supervisées en personne par son leader, débouchant sur la sortie d’Epitaph, en août de cette même année.

Dès l’excellent Stabwound, la machine Necrophagist se met en place, imposant la perfection du couple rythmique d’Hannes Grossmann et de Stefan Fimmers, servant les guitares rapides et précises du duo à quatre mains, Christian Muenzner et Muhammed Suicmez, qui enchevêtrent leurs riffs avec une aisance et une dextérité désarmantes. Les vocaux de Suicmez renforcent alors la brutalité de l’opus, grâce à un guttural d’une profondeur et d’une pureté remarquables.

L’immense talent de Necrophagist lui autorise en outre tous les plans possibles et imaginables, surprenant à chaque instant par la richesse des notes de son répertoire. Se dotant cette fois d’un véritable frappeur, en lieu et place de la batterie programmée de son premier album, le groupe dégage désormais un death beaucoup plus chaleureux. Il transcende alors littéralement son art en multipliant les soli de basse et de guitares, se livrant à des duels d’une splendeur éclatante. L’auditeur reste bouche bée devant tant de maîtrise, à l’image des incroyables Stillborn One ou Only Ash Remains, pour ne pas citer tous les titres de l’album.

Rien, non décidément rien, ne vient entacher l’épaisseur et la richesse d’Epitaph, magnifié par l’intelligence de ses paroles, la sobriété de ses interprètes et la clarté de son enregistrement. L’album confirme ainsi l’énorme potentiel de Muhammed Suicmez et la forte identité de Necrophagist, rejoignant Spawn Of Possession et Psycroptic parmi les formations death les plus techniques, et s’imposant sans conteste parmi les maîtres du deathmetal actuel.

Fabien.

> - Les chroniques -, Necrophagist — admin @ 2:00

15 février 2008