Altars of Fab' Death

Necros Christos : Doom of the Occult

Necros Christos : Doom of the OccultQuatre années suivant son immense messe noire Triune Impurity Rites ayant mis de nombreux blackdeathsters sur les genoux, Mors Dalos Ra et ses sbires reviennent pour une nouvelle célébration du Malin baptisée Doom of the Occult, idéalement imagée par l’illustration de la destruction des villes de Sodome et Gomorrhe par John Martin (1832). On retrouve ainsi une construction basée autour de neuf pièces maîtresses d’obédience deathmetal, reparties en cinq chapitres ayant chacun son portail et ses différentes interludes.

Interprétés avec différents instruments traditionnels (flûte, târ, setâr, qanûn, guitares acoustiques et percussions), les portails (Gate) sont les passages entre chaque invocation, renfermant une douceur et des parfums d’orient enivrants (à l’image des superbes Gate II et III qui entourent le titre central Doom of Kali Ma) pour donner une coloration si singulière à l’ensemble. Le climat se veut en revanche beaucoup plus sombre lors des interludes aux claviers (Temple) déposés avant chaque morceau, annonçant l’arrivée du deathmetal lourd et occulte de Necros Christos.

On retrouve ainsi cette batterie lente & puissante s’autorisant tout juste quelques blast-beats au début de Doom of Kali Ma, et ces guitares massives & blessantes, guidant le chant d’outre tombe & solennel de Mors Dalos Ra. Chaque titre renferme en outre l’élément qui le distingue, à l’image du riffing entêtant de Kingly Tomba, des soli saisissants de Sarkum Phagum & Necromantic Nun ou des choeurs dramatiques d’Embalmed Deceased, bien que le culte ne puisse être aussi complet sans les nombreuses plages instrumentales indissociables des morceaux doom/deathmetal.

Particulièrement chargé en symboles, Doom of the Occult doit donc être considéré comme un tout et non comme un simple album de deathmetal qui, découpé ou placé hors de son contexte perd une grande partie de son essence. Imperturbable et inimitable, Necros Christos parvient ainsi à façonner une nouvelle pièce mystique qui envoutera et déstabilisera pour une éternité les deathsters parvenant à s’immerger au coeur de cette procession. Les disciples s’étant déjà prosternés devant la puissance occulte de Triune Impurity Rites risquent toutefois d’avoir le sentiment d’assister à quelques choses près au même rituel diabolique, une force du riff légèrement en retrait au profit de saveurs orientales plus riches et toujours plus exquises.

Fabien.

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26 mars 2011

Necros Christos : Triune Impurity Rites

Necros Christos : Triune Impurity RitesNecros Christos. En évoquant cette entité germanique, Bob Bagchus (batteur historique & actuel d’Asphyx) cite le trio comme un souffle majeur débarqué en deathmetal cette dernière décennie. Pour les connaisseurs, cette formation occulte sévit depuis 2001 depuis Berlin, à l’origine de nombreux split et démos jusqu’à l’année 2007 où elle offre enfin son premier album complet avec l’aide du label Sepulchral Voice. Une messe noire divisée conceptuellement en trois tryptiques, neuf rituels dédiés aux ténèbres et à la damnation éternelle.

Musicalement, Triune Impurity Rites est ciselé autour de neuf pièces majeures à dominante deathmetal, se moquant de toutes les évolutions plastiques actuelles pour un rendu respectueux des racines du genre, privilégiant l’authenticité à toute démonstration qui vide le style de son âme et de sa noirceur la plus essentielle. Les frères spirituels salués par Necros Christos, tel Archgoat, Proclamation ou Grave Miasma en disent d’ailleurs long quant à l’adhésion du trio à une essence profondément occulte.

Guidé par cet esprit sombre et démoniaque, Necros Christos offre un deathmetal middle tempo aux structures & riffs relativement simples mais pourtant si entêtant, bénéficiant d’un enregistrement puissant pour ne rien gâcher. Loin des triggs qui aseptisent souvent les assises rythmiques actuelles, la batterie est blessante & profonde, au service d’un riffing intense & envoutant et du chant guttural & granuleux de Mors Dalos Ra, à la fois solennel, hanté et surgissant d’outre tombe.

Comment résister ainsi insolemment aux guitares lentes et infernales de Va Koram Do Rex Satan et Impure Burials Prevail, ou encore au riffing mémorable de Deathless In Spiritual Evil, tant ils aspirent irrémédiablement écoute après écoute au plus profond de l’enfer, vers ce bûcher éternel. Pour compléter le sacrifice, chaque titre à consonance deathmetal est entouré d’interludes, ces recueillements aux couleurs parfois orientales, riches en guitares acoustiques ou claviers sombres, parsemés d’incantations, ni trop longs ni superflus, mais entretenant ces ambiances maléfiques qui règnent tout au long de l’oeuvre.

A travers cette invocation dénommée Triune Impurity Rites, prosterne-toi et assiste à un rituel diabolique au coeur duquel tu ne ressortiras pas indemne, pauvre deathster. Necros Christos a bâti en cette noire année 2007 une offrande directement dictée par le Malin, un deathmetal pur & occulte qui envoute et déstabilise, une crucifixion inverse qui te damnera jusqu’à la fin de tes jours. Se riant de toutes les étiquettes, cet instant de culte ne se raconte pas techniquement mais se vit intensément, misérable mortel.

Fabien.

> - Les chroniques -, Necros Christos — admin @ 2:00

25 octobre 2010