Altars of Fab' Death

No Return : Psychological Torment

No Return : Psychological Torment

No Return, combo francilien, se forme sur les cendres d’Evil Power en 1989 autour de Philippe Ordon au chant, Alain Clément et Eric Le Baron aux guitares, Laurent Janaux à la basse et Didier Le Baron à la batterie.

Si le style pratiqué au départ lorgne vers le speed metal tendance teuton très en vogue à cette époque, le quintette découvre les joies de la barbarie sonore et s’engage bien vite sur les sentiers du thrash metal façon Bay Area.

Après avoir réalisé une démo intitulée Vision of Decadence, le groupe tape dans les oreilles de Stéphane Girard, boss du label Semetery qui le signe et lui permet dans le courant de l’année 1990 d’entrer aux studios Phoenix en Allemagne sous la houlette de Markus Edelmann, batteur de l’immense Coroner, pour accoucher de son premier méfait intitulé Psychological Torment qui sort en novembre de la même année.

Si le style vigoureux pratiqué par le groupe à l’époque paraît déjà quelque peu daté, l’énorme influence de Testament (Vision of Decadence, Radical Disease, Electro Mania pour ne citer qu’eux) s’efface parfois au profit de relents death palpables comme sur l’excellent titre d’ouverture Reign of the Damned ou sur le vindicatif Degeneration of the Last Decade ; relents tout à fait succulents qui pimentent ici ou là le disque et évitent au groupe d’être taxé de passéiste dès la sortie de son premier album.

Le quintette est en place musicalement, Alain Clément (seul membre rescapé actuellement) et son compère se permettent même quelques petites interventions solos qui montrent leur maîtrise de l’instrument, le standard à cette époque étant plutôt à maltraiter son vibrato Kahler dans tous les sens et à enquiller des solos sans queue ni tête.

L’œuvre prise dans sa globalité (artwork, production « à l’étranger », contenu musical) tient tout à fait la route pour une première production malgré un chant qui s’il est hargneux, efficace et dans le ton de l’album, souffre d’une mise en place parfois hasardeuse et d’un accent franchouillard prononcé (tare principale du metal français chanté en anglais selon moi). On sent tout de même que le maximum a été fait pour que le groupe puisse se tailler une crédibilité sinon internationale, du moins européenne.

Si le style est plus léger que celui pratiqué par ses compatriotes, Massacra, Loudblast et Agressor étant quant à eux dans un état de décomposition musicale plus avancé (entendez par là que le style purement Death Metal est plus prégnant chez ces groupes), ce premier jet permet à No Return de commencer à tracer son petit sillon dans la scène extrême tricolore de cette époque.

jack_owen (www.spirit-of-metal.com).

A l’instar du Neverending Destiny paru également en sept.90, lors d’une rentrée particulièrement chargée en thrash, Psychological Torment avait reçu l’accueil enthousiaste et mérité de la presse et des fans, bénéficiant parallèlement de l’estampille Coroner, ce qui n’était pas rien. Malgré ses quelques défauts qui contribuent aussi à son charme, il se hissait en effet parmi les oeuvres de qualité en thrashmetal, scène extrême qui nous habituait encore peu à un tel niveau dans l’hexagone. Non loin des leaders Loudblast et Massacra, sans oublier l’imparable Agressor, No Return s’imposait comme l’un des meilleurs espoirs du moment. Fabien.

> - Les guests -, No Return — fabien @ 16:42

13 octobre 2010

No Return : Contamination Rises

Contamination Rises

Deuxième album de No Return, Contamination Rises fut enregistré avec le fameux Tom Morris aux Morrisound Studios floridien et impose un style beaucoup plus death metal que son prédécesseur Psychological Torment. Le son est lourd, puissant, la progression musicale est évidente, tant dans la construction parfaite des morceaux que dans la technique pure. L’album déborde de riffs inspirés et les musiciens (quel batteur ce Didier !) parviennent parfaitement à les mettre en valeur par des rythmes variés et des accélerations toujours bien senties. Bref, cet album est complet, équilibré, un éxcelent mélange de thrash et de death.

Certains titres comme Revolt Of The Hanged apportent une légère touche hardcore très bien venue. Philippe Ordon, le chanteur de l’époque, n’évolue d’ailleurs pas dans un registre totalement death et son timbre de voix assez unique, bien que gutural, renforce l’impact des morceaux.

Contamination Rises est une pierre angulaire du metal français et reste beaucoup trop méconnu. C’est simple, tout fan de thrash/death se doit de le posséder ! Thrash World, Memories et surtout le titanesque Sacred Bones  (que No Return reprend toujours sur scène à l’heure actuelle) sont de vraies merveilles, sans oublier le petit instrumental mélancolique de gratte sèche, Sorrow. A l’époque, tout bon album de death proposait un intermède ou un intro de guitare accoustique !

A l’époque on a beaucoup repproché au groupe d’avoir abandonné le thrash de son premier album pour coller à la mode et grimper deux à deux les marches de la célebrité. J’ai beaucoup de mal à y croire car c’est un style que le groupe n’a jamais renié depuis, preuve en est avec leur dernier album. Si vous ne connaissez pas Contamination Rises, ne perdez pas de temps et allez vous le procurer, si vous l’avez déjà et bien faites comme moi, écoutez-le en boucle !

tonio (www.metal-blogs.com/tonio).

Si Contamination Rises reste basé sur un riffing simple simple et efficace, il dégage en revanche une ambiance savamment entretenue, avec ce penchant deathmetal évident cette fois-ci, depuis la lourdeur de la production de Tom Morris jusqu’au le timbre plus guttural de Philippe Ordon. A sa sortie, je me souviens que Contamination Rises avait été comparé à Testimony of the Ancients, cultivant chacun une atmosphère particulière. Sans aller jusque là, je trouve néanmoins ce second album de No Return mémorable, le meilleur du groupe d’Alain à ce jour. Une galette que je ressors régulièrement. Fabien.

> - Les guests -, No Return — fabien @ 10:46

13 janvier 1991