Altars of Fab' Death

Nuclear Assault : Out of Order

Nuclear Assault : Out of OrderNuclear Assault reste l’une des valeurs sûres du thrashmetal nord américain des années 80’s, fort de deux albums et d’un mini-LP qui l’ont élevé au rang d’outsider incontesté en 1988. Handle with Care montrait quant à lui un quatuor qui allait de l’avant en franchissant un pas entre terme de radicalisme et de rapidité à l’aube des nineties, surprenant sur des morceaux intraitables & surpuissants comme New Song ou Critical Mass. Alors que le thrashmetal entre dans une phase de décélération générale, l’heure est venue au printemps 1991 pour notre groupe new-yorkais d’enregistrer son quatrième album pour le compte de Combat/Relativity, sous couverture européenne renouvelée d’Under one Flag, division du label londonien Music for Nations.

Délaissant les rythmes très rapides et les guitares indomptables d’Handle with Care, Nuclear Assault revient avec Out of Order à une formule plus traditionnelle, plus accessible, notamment à travers la voix (faussement) mélodique de John Connelly. L’album débute d’emblée sur deux très bons morceaux, Sign of Blood et Fashion Junkie, n’ayant pas à rougir face aux précédentes compositions, instants où l’on retrouve tous les principaux ingrédients ayant contribué à la gloire de Nuclear Assault durant les eighties, notamment ces riffs percutants, cette basse ronflante et le chant si singulier de Connelly.

Si Too Young to Die, Preaching the Deaf ou Resurrection sont encore de bons titres, le groupe évolue déjà plus en pilotage automatique, parvenant plus difficilement à surprendre alors qu’il avait habitué le thrasher à tant de classiques, pour citer Sin, Justice, Fight to Be Free ou Search and Seizure. L’affaire se dégrade encore d’un cran sur Doctor Butcher et Hypocrisy, où les chants respectifs d’Anthony Bramante et Dan Lilker tiennent difficilement la distance en lieu et place de celui de John Connelly. L’instrumental Save the Planet contenant de bonnes idées devient quant à lui ennuyeux sur sa pleine durée, carrément kitsch lors de son solo au clavier, sans parler de l’imbuvable reprise Ballroom Blizt (Sweet – 1973), ni de son chant assuré par Glenn Evans, tout aussi inapproprié pour du Nuclear Assault.

A l’image de sa pochette peu expressive, on a du mal à voir où Nuclear Assault veut en venir sur un Out of Order fourre-tout, ressemblant plus à un melting-pot musical qu’à une œuvre homogène. Les morceaux inspirés en côtoient d’autres relativement génériques, tandis que certains plus éprouvants font pencher la balance du mauvais côté. Au final, on se retrouve avec un album correct, montrant notre quatuor passant difficilement le cap des nineties, le manque de motivation commençant déjà à se faire sentir, à l’image de Glenn Evans ayant déjà un pied dehors avec son side-projet CIA, tandis que Dan Lilker pointe de plus en plus aux abonnés absents avec son groupe de grind Brutal Truth, qui monopolise une grande partie de son inspiration et de son énergie, les tee-shirts de Napalm Death, Carcass, SOB portés à répétition durant les séances photos depuis Survive étant un signe ne trompant pas quant aux intentions futures de notre furieux bassiste.

Fabien.

> - Les chroniques -, Nuclear Assault — admin @ 1:15

9 avril 2013