Altars of Fab' Death

Obscenity : Where Sinners Bleed

Obscenity roule sa bosse au pays de la bière depuis la fin des années 80 et si je compte bien, le groupe sort là son huitième album. Et oui, déjà ! Et pourtant, beaucoup d’entre vous ont un gros point d’interrogation planté au dessus de la tête quand on vous parle d’Obscenity.

Bien qu’il est enquillé des albums de qualité, le groupe n’a jamais obtenu autant de succès que ses comparses ricains de Cannibal Corpse ou que les groupes de thrash allemands. Ce n’est pas ça qui va démotiver les musiciens, car le carburant du groupe est l’amour immodéré du death métal pur et dur, bourrin et direct.

Les compos sont toutes bâties sur une base identique, c’est à dire en enchevêtrement de rythmes très rapides et de parties lourdes ou mid-tempo, un mélange de death métal old school et de quelques influences plus modernes, notamment dans certains riffs légerment mélodiques, assez peu nombreux il est vrai. Les musiciens possèdent un très bon niveau technique mais n’en font pas l’étalage à chaque instant, beaucoup de riffs sont basiques et rentre-dedans, ce qui met encore mieux en valeur les passages plus recherchés. Tous les morceaux possèdent au moins un bon riff béton caché quelque part et mis souvent en valeur par un rythme de batterie assez lent. Si le morceau titre Where Sinners Bleed ne vous fait pas grimper au murs, vous n’êtes pas fait pour le death métal…

Il est facile de mettre en parallèle Obscenity et Cannibal Corpse car le style de riffs et le chant sont parfois très proches, mais Obscenity se détache néanmoins de ce dernier par une influence thrash bien plus présente, notamment lors du dernier et excellent titre The Bullet That Kills, titre qui atteint tout de même les sept minutes. Un bon point supplémentaire pour le groupe, les solos de grattes, sont souvent courts, sont bien ficelés et mélodiques et tranchent par rapport à la brutalité des compos. C’est pas nouveau, le grand Carcass l’a déjà fait par le passé, mais le mélange est très réussi.

C’est du death métal de très bonne qualité, puissant, inspiré, mais… Mais je ne sais pas, il manque un petit truc, un pt’it quelque chose qui ferait passer cet album de très bon à exquis. Mon impression première est renforcée par les deux derniers morceaux Non-Existence et The Bullet That Kills qui de détachent du reste grâce à des passages plus personnels et plus inspirés. Petite prise de risque qui s’avère fort payante, ces deux titres sont des bombes. En même temps, Obscenity nous garde le meilleur pour la fin, c’est une très bonne façon de conclure l’album !

Cet album ne peut que plaire au amateurs de death métal avec un grand D, d’autant que la prod’ est très puissante, mais je suis sûr que le groupe peut nous pondre un album bien meilleur encore. Si la prochaine livraison des allemands atteint la qualité des deux titres dont je vous ai parlé, préparez vous à un album colossal !

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

J’ai personnellement découvert Obscenity avec cet album, boudant le groupe durant toutes ces années, mais finalement séduit par la pochette de ce dernier album. Sans partager ton enthousiasme avec la même ferveur, je trouve Where Sinners Bleed très conventionnel, mais néanmoins fort sympathique, bien construit, avec ses relents old school appréciables, à l’image des morceaux Mutate To Scourge & Where Sinners Bleed que j’aime particulièrement. Fabien.

> - Les guests -, Obscenity — fabien @ 6:00

12 janvier 2006