Altars of Fab' Death

Obscura (GER-1) : Omnivium

Obscura (GER-1) : OmniviumSteffen Kummerer avait indéniablement créé la surprise en 2009 en recrutant des membres des éminents Pestilence et Necrophagist, pour bâtir collectivement l’immense second album d’Obscura. Oeuvre riche et sensible, Cosmogenesis était à la fois tourné vers l’avant tout en adressant un malicieux clin d’oeil aux ténors de la scène deathmetal technique & progressive des années 90. Deux années plus tard, fort d’un line up, d’un ingénieur du son, d’un illustrateur et d’un label inchangés, le quatuor revient avec l’attendu Omnivium, sans manifester de pression particulière et donnant toujours ce sentiment d’une formation pleine et accomplie.

Le premier morceau Septuagint synthétise idéalement Onmivium, s’ouvrant sur un plan acoustique sensible s’enchainant sur des guitares mélodiques, puis techniques & agressives, accompagnant la voix de Steffen tantôt rageuse ou gutturale. Si l’assise reste foncièrement deathmetal, les idées fusent de toute part durant les sept minutes du morceau, entre lignes de basse complexes et inventives, soli vertueux ou chant clair parcimonieux, Obscura ne se fixe ainsi aucune limite dans la fusion des genres et l’expérimentation des sons, mais parvient toujours à conserver un fil conducteur qui charme et maintient toute l’attention.

Obscura montre ainsi toute l’étendue de son talent et sa richesse créative sur Vortex Omnivium au passage central d’une technicité désarmante, sans compter le rapide & agressif Euclidean Elements ou encore le tout aussi délectable instrumental A Transcendental Seranade, moment où s’exprime si bien la basse fretless de Paul Jeroen. Le groupe parvient en outre à affirmer plus nettement son identité déjà remarquable, laissant désormais plus loin l’ombre de Necrophagist qui planait encore sur son précédent album.

Tout aussi riche que son prédécesseur, débordant de la volonté manifeste du groupe de hisser les choses toujours plus haut sans se répéter, Onmivium manque toutefois de moments aussi éclatants que son inestimable ainé, à l’image d’un titre comme Incarnated qui transportait tellement loin. L’objectif reste en outre partiellement atteint sur le morceau Ocean Gateways, basé sur des rythmes lourds, un guttural grave et un riffing tout aussi plombé non sans rappeler l’invincible Morbid Angel, mais parvenant laborieusement à décoller et dégager une pleine puissance.

Magnifiquement mis en image par Orion Landau qui fixe cette fois-ci le décor dans des fonds sous-marins, Omnivium est une oeuvre de caractère, qui ne décevra pas les deathsters déjà conquis par la magnificence de Cosmogenesis. Le quatuor bluffe ainsi une nouvelle fois par la richesse de ses influences, sa qualité d’écriture et la justesse de son interprétation, bien qu’il parvienne toutefois plus difficilement à recréer les instants si enivrants de son précédent effort. Il façonne néanmoins un album aux lectures si multiples, qu’elles appellent sans cesse à de nouvelles écoutes pour un plaisir toujours aussi fort.

Fabien.

> - Les chroniques -, Obscura — admin @ 23:56

7 avril 2011

Obscura (GER-1) : Cosmogenesis

Obscura (GER-1) : CosmogenesisFondé à Munich en 2002 par le guitariste chanteur Steffen Kummerer, le groupe de death progressif Obscura accroît sensiblement sa notoriété après la sortie de son premier album sur le petit label Vots Records, lorsqu’il décroche une tournée au côté du dieu Suffocation en 2006. Durant les deux années suivantes, le line up se stabilise suite à l’intégration du bassiste JP Thesseling et du batteur Hannes Grossmann, ayant respectivement officié au sein de Pestilence & Necrophagist sur les albums Spheres & Epitaph. La formation se complète enfin avec l’arrivée de Christian Muezner, acolyte de Grosmann sur l’intemporel Epitaph.

Le quatuor de prestige trouve rapidement place au sein de l’écurie Relapse Records, débouchant sur l’enregistrement de Cosmogenesis aux Woodshed Studios, sous l’oeil bienveillant de l’ingénieur du son V.Santura, puis sur sa parution en février 2009. Particulièrement attendu, le nouveau line up d’Obscura suscite toutefois quelques interrogations, risquant le confinement derrière Necrophagist, tout comme son confrère Deadborn, qui peine encore à s’affranchir de la forte influence du fameux groupe de Muhammed Suicmez.

Mais, au-delà des jeux appliqués de Grosmann & Muezner, rappellant bien sûr leur travail sur l’album Epitaph, notamment sur Anticosmic Overload & Desolate Spheres, Obscura possède le talent et la virtuosité lui permettant de s’exprimer de manière personnelle. Sur un couple basse batterie frisant l’excellence, magnifié par le jeu en fretless de JP Thesseling, d’une richesse et d’un feeling renversants, la paire de guitaristes croise riffs architecturaux et soli éclatants avec une aisance remarquable, montrant parallèlement énormément de plaisir à jouer, depuis l’imparable Choir of Spirit jusqu’au somptueux Centric Flow.

En outre, les vocaux tantôt gutturaux et agressifs Kummerer, parfois ponctués de quelques voix synthétiques, cèdent régulièrement la place à de longues plages instrumentales, acoustiques ou électriques, sur lesquels Obscura laisse libre cours à son imagination, transcendant alors les limites mêmes du death metal, à l’image des ambiances planantes de Noospheres, des écarts jazzy du mémorable Orbital Elements, ou encore du final particulièrement poignant d’Incarnated.

Nouvelle sensation au sein l’écurie Relapse Records, après Origin & Abysmal Dawn qui marquèrent les esprits en 2008 avec leurs indétrônables Antithesis et Programmed to Consume, Obscura se hisse à son tour parmi les valeurs sûres de la scène death metal actuelle, grâce à un Cosmogenesis d’une technique, d’une sobriété, et d’une richesse imparables. Proches des sphères de Necrophagist, Pestilence ou Cynic, délivrant un death riche & sensible, le groupe de Steffen Kummerer crée ainsi l’osmose de ce début d’année 2009, entre finesse, pureté et brutalité.

Fabien.

> - Les chroniques -, Obscura — admin @ 2:00

12 mars 2009