Altars of Fab' Death

Odious Mortem : Cryptic Implosion

Odious Mortem : Cryptic ImplosionEn ce mois d’avril 2007, Odious Mortem revient avec un deathmetal complètement revisité. Fort d’un véritable growleur, le groupe californien conserve toute sa brutalité, mais délaisse en revanche son death caverneux, au profit d’un style plus aéré, d’une technique désormais renversante. Il conclut dès lors un précieux contrat avec l’écurie Willotip Records, débouchant sur l’enregistrement de Cryptic Implosion aux Castle Ultimate Studios, sous la houlette de Zack Ohren.

D’emblée, le couple rythmique de KC Howard et Joel Horner impressionne par sa vitesse, ses contretemps, et sa précision, servant les riffs très techniques de Dan Eggers, qui exploite au maximum les possibilités de sa guitare, débordant sur une série de soli parfaitement maîtrisés, à l’image des très bons Fragmenced Oblivion & Vile Progeny. Le chant d’Anthony Trapani complète alors le tableau, avec son guttural profond et compréhensible, certes un brin monocorde, sur des paroles intelligentes abordant divers sujets de société.

Mais, malgré la clarté de son enregistrement, son déballage technique, ses riffs atypiques et ses blasts millimétrés, bluffant l’auditeur averti, Cryptic Implosion manque parallèlement d’atmosphères, oubliant au passage quelques brèches plus subtiles ou acoustiques bien senties, à l’instar de l’excellente outro d’Eternal Paradox, qui lui aurait certainement permis d’enrichir ses compositions et d’apporter plus de relief à l’ensemble.

Sous l’influence des récents efforts de Necrophagist ou Spawn Of Possession, Odious Mortem propose ainsi un death d’une approche très moderne, se hissant parmi les formations death brutales et techniques sur lesquelles le deathster peut désormais se fier. Manquant toutefois de quelques pointes plus subtiles, Cryptic Implosion constitue une des bonnes surprises de l’année 2007, dévoilant une formation au potentiel impressionnant, et confirmant parallèlement la bonne santé de la scène californienne .

Fabien.

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18 mars 2008

Odious Mortem : Devouring the Prophecy

Odious Mortem : Devouring the ProphecyFondé autour de Dan Eggers, David Siskin & KC Howard, Odious Mortem rejoint le club des formations brutal death californiennes en 1998, aux côtés des intraitables Disgorge & Deeds Of Flesh. Après sa démo Gestation of Worms, le groupe décide de produire lui-même son premier album, s’embarquant ainsi en mars 2004 aux Legion Studios de Matt Sotelo (Decrepit Birth). L’enregistrement convainc alors Erik & Jacoby, qui commercialisent l’odieux Devouring the Prophecy en mars de l’année suivante, assorti d’une illustration de Jon Zig particulièrement malsaine.

Aussi extrême qu’un Consume The Forsaken (Disgorge US), Devouring the Prophecy broie un death brutal sans concession, frappant par son hermétisme sans limite. D’emblée, Odious Mortem plante en effet un décor puant, avec Debacle By Cephalopod, dominé par les blasts infernaux d’Howard, les riffs torturés & suffocants du tandem Eggers / Siskin, sur lesquels se greffent le guttural caverneux d’Eggers. La suite relève exactement du même acabit, le groupe ne relâchant ses rythmiques tapageuses qu’à de rares occasions, tout en conservant son double pédalage écrasant, à l’image du terrible Caverns Of Reason.

Linéaire au possible, Devouring the Prophecy ne dure en plus que 23 petites minutes, laissant un goût fâcheux d’inachevé, sur une succession de titres d’une parfaite ressemblance. Au delà, Odious Mortem possède un grain vraiment personnel, délivrant un death surprenant par sa technique, sur des riffs de guitares, qui sans être vraiment atypiques, sont en revanche plutôt uniques.

Ne relevant plus d’une simple auto production que d’un véritable album, Devouring the Prophecy rebute ainsi par son côté underground et étouffant, mais trouve en revanche largement son public parmi les brutes musicales, fans du death sans compromis de Disgorge (US) & Devourment, ou du dieu Incantation. En outre, Odious Mortem possède déjà un potentiel certain, n’ayant besoin que d’un simple déclic pour canaliser sa débauche d’énergie, chose faite dès l’incroyable Cryptic Implosion, où le groupe trouve véritablement sa voie.

Fabien.

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14 mars 2008