Altars of Fab' Death

Onslaught : Power From Hell

Onslaught : Power From HellBien qu’incroyablement actif et précurseur dans tous les domaines de metal, le Royaume Uni ne s’est en revanche pas forcément illustré sur la scène thrashmetal, exception faite de l’hybride Venom, ou encore de Cerebral Fix, Acid Reign, Re-Animator, DAM ou Xentrix, et bien évidemment d’Onslaught, Sabbat et Sacrilege. Le groupe de Bristol se forme quant à lui dès 1983 autour de Steve Grice & Nige Rockett, multipliant alors les démos jusqu’à l’obtention d’un contrat discographique avec le petit label COR Records, qui l’envoie aux VM Studios sous la houlette de Des Parton pour les sessions de terrible Power from Hell, semblant sortir tout droit des enfers en cette année 1985.

S’ouvrant sur l’intro Damnation où s’exprime le malin en personne, Power From Hell enchaîne sur les rythmiques entraînantes de Steve Grice, soutenant les guitares lourdes & les soli furieux de Nige Rockett, ainsi que la voix râpeuse de Paul Mahoney. Le style thrash de la formation est alors immédiatement identifiable, se rapprochant sérieusement du death thrash satanique de Seven Churches (Possessed), mais développant parallèlement quelques relents punk propres à la scène britannique, à l’instar des nerveux Thermonuclear Devastation & Steel Meets Steel.

Depuis les ambiances sombres de Skullcrucher et de Devil’s Legion, jusqu’aux redoutables Death Metal & Angels Of Death, aux titres sans équivoque, Onslaught définie ainsi un style thrash à l’aura underground, expliquant l’histoire du mouvement mieux que n’importe quel album, se rangeant ainsi sans conteste aux côtés des premiers missiles déterminants de Kreator ou Sodom (Endless Pain, In The Sign Of Evil), certes perfectibles et parfois même approximatifs, mais d’une fougue et d’une essence particulièrement pure dans leur forme.

Dans la droite lignée de Morbid Tales et Seven Churches (Possessed, Celtic Frost) le thrash métal de Power From Hell s’avère ainsi terriblement percutant, portant déjà le style aux frontières du death métal, encore floues à cette période. Sa rage mêlée à son concept satanique en font un album remarquable, préfigurant le succès de l’inattaquable The Force sorti l’année suivante.

Fabien.

> - Les chroniques -, Onslaught — admin @ 2:00

15 janvier 2008