Altars of Fab' Death

Paralysis (USA) : Patrons of the Dark

Paralysis (USA) : Patrons of the DarkDepuis l’essor du deathmetal dès la fin des années 80’s, période durant laquelle les labels Earache et Roadrunner restent les principaux moteurs, suivis de peu par Nuclearblast et Centuy Media, de nombreuses écuries ont alors rapidement emboité le pas au début des nineties, signant de jeunes formations à la qualité plus ou moins variable qui, à quelques exceptions près, n’ont guère dépassé le simple statut d’outsider. On pourrait par exemple citer les labels Deaf Records (la division de Peaceville), Drowned Productions ou JL America, et bien d’autres encore.

Grind Core International fait justement partie de ces écuries de second plan, ayant toutefois lancé sur orbite les gangs Broken Hope et Cianide de Chicago, deux protagonistes underground d’une influence indéniable, sans être non plus décisive. Viennent ensuite une flopée de groupes du label n’ayant qu’un album à leur actif, bons sans être transcendants et ayant connu un relatif anonymat, hier comme aujourd’hui. Nous retiendrons notamment les nord américains de Victims of Internal Decay, Afterlife, Morgue et Paralysis.

Nous arrivons donc à Paralysis, groupe fondé autour d’Edgardo DaCosta (RIP) en Louisiane dès 1989, ayant subi de plein fouet l’influence des ténors et précurseurs du style, principalement nord américains. Une démo et une promo-tape enregistrées en 1990 et 1991 suffisent ainsi à attirer l’attention de Grind Core Int., qui lui propose l’enregistrement de son premier album Patrons of the Dark au Studio 53 en juillet 1992, pour une parution en fin d’année.

Difficile de créer ainsi la surprise en cette fin d’année 92, tant d’albums cultes ayant déjà été inscrits au panthéon du deathmetal depuis ses récents débuts. Paralysis cumule ainsi les ingrédients du style sans grande distinction, depuis les rythmes d’Alex Johnson chargés en double pédale jusqu’au riffing lourd & monolithique d’Edgardo DaCosta, en passant par le guttural très caverneux de Ben Falgoust.

Paralysis parvient toutefois à ficeler un premier album accrocheur, aux rythmes d’une lourdeur parfois écrasante s’opposant à des passages tapageurs d’une sauvagerie manifeste. Le titre Torso fracasse ainsi à coups de riffs gras et incisifs, soutenus par une basse idéalement mise en valeur dans le mixage, tandis que le palm muting serré du titre éponyme fait son petit effet et que les quelques notes discrètes de claviers au coeur de Mausoleum donnent davantage de densité à ce bon morceau. L’intro The Curse of Immortality et l’outro Descent Into The Pale Hour aux guitares acoustiques confèrent enfin davantage de corps et une dimension supplémentaire à l’ensemble de l’oeuvre.

A l’image de nombreuses formations ayant émergé durant la première partie des années 90, Paralysis ne révolutionne en rien le style, se contentant d’appliquer scolairement la recette des ténors, sans personnalité ni talent particuliers. Sans compter les moyens limités de son label Grind Core Int., la sanction est alors immédiate, les ventes de son unique album restant anecdotiques à l’époque. Au delà de ce manque de folie et d’originalité, Patrons of the Dark est un album répondant honorablement aux standards du style durant ses premières années, représentant parallèlement un attrait supplémentaire pour les deathsters nostalgiques d’un genre désormais baptisé old school, composé et exécuté dans les parfaites règles de l’art.

Fabien.

> - Les chroniques -, Paralysis — admin @ 2:00

30 novembre 2010