Altars of Fab' Death

Pestilence : Resurrection Macabre

Resurrection Macabre

O combien excitant pour tous les vieux de la vieille qui comme moi découvrirent le groupe avec Malleus Maleficarum, le retour de Pestilence pouvait inquiéter… Entre les déclarations de Patrick Mameli, véritable poumon et principal compositeur du groupe, nous annonçant que ce serait “l’album le plus technique et le plus brutal de Pestilence“, et l’album de C-187 sorti il y a 2 ans, sur lequel Mameli et Tony Choy se faisaient la main et qui ne m’avait pas franchement convaincu, ça fleurait un peu le coup tordu du come-back en carton. Autant dire que cet album suscite une attente immense de la part des vieux fans sevrés depuis 15 ans maintenant, et en même temps une certaine méfiance quand à leur évolution “brutale” et “technique”, la scène ayant connu dans ces deux domaines une mutation pour le moins radicale depuis la retraite des Hollandais en 93.

Autant le dire tout de suite, en matière de technique et de brutalité, Pestilence ne nous bouscule pas si on se réfère aux niveaux auxquels il nous avait habitués. A tous les points de vue, on se situe entre Consuming Impulse et Testimony of the Ancients, disons pour le premier au niveau compos et le deuxième au niveau son.

Une qualité à double tranchant, si j’ose dire ; on est rassuré par la qualité indiscutable des morceaux, c’est certain, Pestilence a conservé le sens du riff qui tue, même si on aimerait parfois un son un peu plus épais, un peu moins propre, comme sur le morceau titre où un peu de lourdeur supplémentaire serait la bienvenue. Ceci dit, sur ce morceau comme sur de nombreux autres, comme Devouring Frienzy ou Horror Detox, le groupe conserve sa capacité à construire des arrangements hyper bien ficelés, le riff principal de Y2H en est le modèle. On retrouve la capacité à broder autour d’un riff assez simple des petites merveilles de compo, qui firent en leur temps le bonheur de morceaux tels que Echoes of Death ou Defy thy Master sur l’album Consuming Impulse. Bref du bon death metal, bien balancé et efficace, et onze titres homogènes, qui même si ils sont en retrait par rapport au niveau de brutalité ambiant en cette année 2009, n’en donnent pas moins l’envie de secouer furieusement la tête.

Le revers de la médaille, et j’entends déjà les critiques que ne manqueront pas de faire les nombreux vieux fans du groupe vis à vis de cet album, c’est précisément cette efficacité. Ce confort diront sans doute certains, qui attendaient plutôt la suite de Spheres, il est sûr que cette option pouvait s’avérer autrement plus délicate pour un groupe en recomposition. Personnellement, l’album sus-cité m’a toujours assez barbé, et pour ma part j’en reste au stade de la satisfaction de voir un bon travail d’artisan, bien construit et bien exécuté.

Il est certain que l’on pouvait attendre un peu plus de prise de risques de la part d’un groupe de la trempe de Pestilence, qui fut en son époque l’un des plus novateurs de la scène death. Et puis le but était sans doute une reprise de contact avec le public, comme les trois reprises qui terminent l’album pourraient vouloir le dire. Certains crieront au geste commercial, pour ma part la façon qu’a eu le groupe d’impliquer les fans par le vote des morceaux favoris sur leur site, je trouve ça plutôt sympa et bon enfant. C’est vrai qu’il y a des imperfections sur cet album, des attentes qui ne sont pas vraiment comblées…Ceci dit, si il y a une chose avec laquelle le groupe n’a pas transigé, c’est bien la qualité des compos, ce qui est quand même l’essentiel.

Uberallescalifonia (www.spirit-of-metal.com).

Mal parti sur ma platine lors des premières écoutes, faute à ce sentiment fâcheux d’entendre un mixage moyen entre les mythiques Consuming Impulse & Testimony of the Ancients, je dois bien avouer que les riffs d’Horror Detox, Synthetic Grosteque, Resurrection Macabre ou In Sickness and Death se sont définitivement gravés en moi. Ce nouvel album de Pestilence possède un riffing agressif et ô combien accrocheur au fil des écoutes. Resurrection Macabre se hisse sans conteste en haut de la pile des CD du cru 2009 que j’écoute le plus, aux côté de l’indestructible Mortal Repulsion de Goreaphobia. Trop fort ! Fabien.

> - Les guests -, Pestilence — fabien @ 17:52

11 janvier 2009