Possessed : The Eyes Of Horror
Peu de temps après l’enregistrement de Beyond The Gates, Larry Lalonde décide de suivre des cours de guitares avec Joe Satriani en personne, qui est convaincu du talent de son nouvel élève. De son côté, Possessed délaisse ses accents death et sataniques, s’orientant progressivement vers un thrash toujours agressif et accrocheur, mais définitivement plus soigné. Le groupe californien rentre alors en studio sous la houlette de Joe Satriani, ressortant avec cinq titres carrés, formant l’excellent Mini LP The Eyes Of Horror, commercialisé par Combat Records fin 1987.
Dès le premier titre Confessions, sans son côté diabolique, Possessed démontre qu’il n’a pourtant en rien perdu de l’identité qui le caractérise. Le morceau est en effet percutant et terriblement rugueux, grâce au vocaux râpeux de Jeff Becerra, mais montre parallèlement Possessed maîtrisant désormais parfaitement son thrash métal, éclairé par les soli prodigieux de Larry Lalonde.
La suite de The Eyes Of Horror ne faiblit pas une seconde , depuis les entrainants My Belief et Swing Of The Axe, pour se clore sur le superbe Storming In My Mind, avec son solo d’intro déconcertant, suivi de ses riffs et de son break terrassants. Joe Satriani apporte ainsi toute son expérience, dotant l’ensemble d’une clarté irréprochable, et conservant adroitement le côté thrash des compositions, où les guitares de Lalonde et Torrao s’expriment enfin à leur juste valeur.
Moins démoniaque que Seven Churches et Beyond The Gates, The Eyes Of Horror présente en revanche toute la maturité et le talent de Possessed, qui parvient brillamment à évoluer, tout en conservant la fougue de ses débuts. Malheureusement, les tensions internes l’emportent sur le talent du groupe, qui souffre rapidement du départ de Mike Sus et de Larry Lalonde, annonçant le split inévitable de cette formation incontournable.
Fabien.

Possessed se forme entre 1982 & 1983 à San Francisco, autour des amis de collège Jeff Beccera, Mike Torrao & Mike Sus, sous l’influence directe de Venom & Slayer. Le groupe balance toutefois un thrash d’une violence incroyable, tout en renvoyant une image ouvertement satanique. Ainsi, désireux de jouer la musique la plus heavy et la plus rapide de la planète, et usant de vocaux rocailleux encore inédits, les californiens inventent et associent le terme death metal, qui n’évoque ni les mots speed, thrash et black, déjà présents à cette époque. La démo Death Metal de 1984 et son titre éponyme empruntent d’ailleurs ce qualificatif, influençant les jeunes formations underground US de l’époque, comme Mantas ou Executionner (Death, Obituary), qui délaissent alors leur style calé entre Venom et Motörhead, pour un trip définitivement plus radical et plus violent.