Altars of Fab' Death

Possessed : Seven Churches

Possessed : Seven ChurchesPossessed se forme entre 1982 & 1983 à San Francisco, autour des amis de collège Jeff Beccera, Mike Torrao & Mike Sus, sous l’influence directe de Venom & Slayer. Le groupe balance toutefois un thrash d’une violence incroyable, tout en renvoyant une image ouvertement satanique. Ainsi, désireux de jouer la musique la plus heavy et la plus rapide de la planète, et usant de vocaux rocailleux encore inédits, les californiens inventent et associent le terme deathmetal, qui n’évoque ni les mots speed, thrash et black, déjà présents à cette époque. La démo Death Metal de 1984 et son titre éponyme empruntent d’ailleurs ce qualificatif, influençant les jeunes formations underground US de l’époque, comme Mantas ou Executionner (Death, Obituary), qui délaissent alors leur style calé entre Venom et Motörhead, pour un trip définitivement plus radical et plus violent.

Peu après le remplacement de Brian Montana par l’excellent Larry Lalonde, Possessed décroche un contrat avec le jeune label Combat Records, débouchant sur l’enregistrement de Seven Churches avec Randy Burns aux Prairie Sun Studios (au milieu d’un élevage de poulets !), et sur sa sortie en octobre 1985. Poussant le concept satanique de Venom ou Slayer dans des retranchements encore inconnus, et assénant un thrash d’une rapidité et d’une brutalité manifeste, l’album fait ainsi immédiatement l’effet d’une bombe dans le milieu.

Les rythmiques de Sus sont simples mais aussi terriblement efficaces, supportant les rafales de riffs tranchants du tandem Torrao / Lalonde, et les vociférations haineuses & éraillées de Becerra. Depuis l’intro & les riffs diaboliques de l’intemporel The Exorcist, jusqu’aux breaks meurtriers de Burning In Hell & Satan Curse, en passant par les rythmiques infernales d’Evil Warriors & du titre éponyme, Seven Churches frappe juste, subjuguant les jeunes thrashers de l’époque.

Ouvertement sombre, d’une violence thrash et d’une vitesse rythmique inédites, Seven Churches bouscule ainsi, à l’instar du Morbid Tales des suisses de Celtic Frost, tous les codes établis jusqu’à lors sur les scènes extrême du moment. En cette année 1985, Possessed pousse en effet son thrash vers les portes d’un nouveau genre, qu’il qualifie lui-même de deathmetal, contribuant ainsi fortement à sa définition, aux côtés de ses homonynes Death, Master, Insanity ou Genocide (Repulsion). Considéré par certains comme l’oeuvre pionnière du death US, d’une influence considérable, Seven Churches figure ainsi parmi les passerelles incontournables entre les deux styles, dégageant une fougue et un tourbillon de haine toujours aussi impressionnants, plus de deux décennies après sa sortie.

Fabien.

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21 avril 2008

Possessed : Beyond the Gates

Possessed : Beyond the GatesSuite au diabolique Seven Churches, album clé hissant le thrash aux portes du deathmetal, et affichant une image ouvertement satanique, Possessed revient avec Beyond the Gates, son second effort, officiellement sorti chez Combat Records, le jour d’Halloween du 31 octobre 1986.

En un an, le thrash death des californiens s’étoffe considérablement, évoluant depuis les structures simples des débuts, vers des riffs et des constructions plus alambiqués, à l’image de l’excellent Phantasm, débutant par des riffs lourds, avant d’enchainer sur une folie thrash parfaitement maîtrisée, pour se clore sur un acoustique judicieux. A l’instar du précédent méfait, Beyond the Gates dégage une atmosphère démoniaque toute particulière, depuis son illustration d’Ed Repka dévoilant les portes de l’enfer, jusqu’aux paroles délibérément sataniques d’Heretic ou Seance, vociférées par le redoutable Jeff Beccera.

Malheureusement, la production de Carl Kennedy n’est pas à la hauteur, étouffant l’ensemble au lieu de lui donner la puissance nécessaire. La batterie de Mike Sus et les guitares de Lalonde / Torrao parviennent ainsi difficilement à s’exprimer et à retranscrire pleinement la violence des compositions.

Dans l’exacte lignée de Seven Chuches, Beyond the Gates est plus technique, mais hélas en demi teinte, faute à sa production perfectible. Son essence satanique est en revanche bel et bien présente, ne manquant dès lors que d’un détonateur pour s’enflammer littéralement. Possessed décroche heureusement cette folie dévastatrice lors de sa tournée mémorable avec Dark Angel aux states, et Voivod / Deathrow sur le vieux continent, où ses titres Beast Of The Apocalypse et March To Die retrouvent ainsi toute leur intensité.

Fabien.

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26 novembre 2007

Possessed : The Eyes of Horror

Possessed : The Eyes of HorrorPeu de temps après l’enregistrement de Beyond the Gates, Larry Lalonde décide de suivre des cours de guitares avec Joe Satriani en personne, qui est convaincu du talent de son nouvel élève. De son côté, Possessed délaisse ses accents death et sataniques, s’orientant progressivement vers un thrash toujours agressif et accrocheur, mais définitivement plus soigné. Le groupe californien rentre alors en studio sous la houlette de Joe Satriani, ressortant avec cinq titres carrés, formant l’excellent Mini LP The Eyes of Horror, commercialisé par Combat Records fin 1987.

Dès le premier titre Confessions, sans son côté diabolique, Possessed démontre qu’il n’a pourtant en rien perdu de l’identité qui le caractérise. Le morceau est en effet percutant et terriblement rugueux, grâce au vocaux râpeux de Jeff Becerra, mais montre parallèlement Possessed maîtrisant désormais parfaitement son thrash métal, éclairé par les soli prodigieux de Larry Lalonde.

La suite de The Eyes of Horror ne faiblit pas une seconde , depuis les entrainants My Belief et Swing Of The Axe, pour se clore sur le superbe Storming In My Mind, avec son solo d’intro déconcertant, suivi de ses riffs et de son break terrassants. Joe Satriani apporte ainsi toute son expérience, dotant l’ensemble d’une clarté irréprochable, et conservant adroitement de côté thrash des compositions, où les guitares de Lalonde et Torrao s’expriment enfin à leur juste valeur.

Moins démoniaque que Seven Churches et Beyond the Gates, The Eyes of Horror présente en revanche toute la maturité et le talent de Possessed, qui parvient brillamment à évoluer, tout en conservant la fougue de ses débuts. Malheureusement, les tensions internes l’emportent sur le talent de Possessed, qui souffre rapidement du départ de Mike Sus et de Larry Lalonde, annonçant le split inévitable de cette formation incontournable.

Fabien.

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