Altars of Fab' Death

Resurrection (USA) : Mistaken for Dead

Resurrection (USA) : Mistaken for DeadTrois ans après son unique album Embalmed Existence, bon album de death metal floridien, mais stéréotypé pour l’époque et malheureusement noyé dans la masse des sorties de l’année 1993, Resurrection jette l’éponge et splitte définitivement en 1996. Mais en 2005, à l’instar de ses voisins de Brutality & Killing Addiction, Resurrection refait surface, rejoignant finalement Sinister, Malevolent Creation & Deadborn au sein de l’écurie allemande Massacre Records.

L’équipe reste soudée autour du guitariste compositeur John Astl et du growleur Paul Degoyler, mais perd l’appui précieux de l’impitoyable Alex Marquez, qui réalisait de véritables prouesses derrières les fûts sur Embalmed Existence. Toutefois, le duo recrute judicieusement Gus Rios, connu pour son martelage au sein de Malevolent Creation, ainsi que Jerry Mortellaro à la seconde guitare, transfuge du célèbre Diabolic. Fort d’un line up solide et expérimenté, Resurrection rejoint ainsi Jim Morris au Morrisound Studios début 2008, débouchant sur la sortie de Mistaken for Dead en juin, muni d’une couverture de Dan SeaGrave, illustrateur incontournable sur la scène death metal des nineties.

A l’image du choix des studios d’enregistrement et de la pochette de son album, Resurrection distille un death thrash ancré dans la grande tradition floridienne des années 90, privilégiant des structures middle tempo & entrainantes, servant de base à des rafales de riffs carrés et accrocheurs, loin de la technique et de la vitesse démentes et des nouveaux maîtres Origin, Hate Eternal & Brain Drill. L’ensemble est assez nerveux, Astl & Mortellaro ayant le sens du riff catchy et efficace, mais aussi suffisamment technique pour ne pas rendre la galette rapidement ennuyeuse. Le duo bénéficie en outre d’une assise rythmique béton, grâce au jeu précis & puissant de Gus Rios.

En quinze années, Resurrection a également brillamment conservé son identité, grâce au jeu caractéristique de John Astl, mais aussi au guttural particulier de Paul Degoyler, qui éructe des vocaux arrachés reconnaissables dès la première écoute. Ceci donne ainsi des morceaux agressifs & racés, à l’image des bons Coward & Buried Alive, ou encore du redoutable Perils of Burden.

Sans subir le préjudice d’une longue séparation, Resurrection revient ainsi dans une forme étonnante et un moral en béton, livrant un Mistaken for Dead aussi authentique qu’efficace, soutenu par la production puissante de Jim Morris. L’ensemble possède en revanche une teinte old school fortement marquée, qui rend le produit quelque peu daté, à l’image du dernier Doomsday-X de Malevolent Creation, séduisant donc en premier lieu les death thrashers nostalgiques des nineties, mais laissant peut-être la nouvelle frange du public extrême sur sa faim.

Fabien.

> - Les chroniques -, Resurrection — admin @ 2:00

10 septembre 2008

Resurrection (USA) : Embalmed Existence

Resurrection (USA) : Embalmed Existence

Resurrection se forme en Floride en 1990, et pratique un death metal typiquement US, comme il convient dans cette belle région. Après seulement deux démos, le groupe signe en 1992 chez Nuclear Blast Records, qui présente alors la formation à la fin de cette même année, à travers sa fameuse compilation Death Is Just The Beginning Vol.II, aux côtés de Gorefest, Brutality et Hypocrisy, les toutes nouvelles recrues du label.

Embalmed Existence sort en avril 1993 et dévoile une formation relativement solide, surtout au niveau rythmique, puisqu’elle compte dans ses rangs l’excellent Alex Marquez (Malevolent Creation, Solstice, Demolition Hammer), dont la précision & la puissance dans ses roulements et variations, mais aussi la complexité de son jeu, le hissent parmi les meilleurs batteurs du moment. Le couple de guitaristes John Astl & Charlie Haynes assène par dessus des riffs de guitares très carrés et déchirants, à l’image des terribles Rage Within et Pure Be Damned.

Malheureusement, Embalmed Existence cumule de nombreux stéréotypes de l’époque, présentant un groupe death US de Floride qui enregistre au Morrisound studios avec Scott Burns, dévoilant une pochette dessinée à la chaîne par l’incontournable Dan Seagrave, et atterrissant de plus sur l’inévitable écurie Nuclear Blast. En outre, la plupart de ses titres, certes percutants et relativement massifs, à l’image des bons Disembodied & Rage Within, manquent d’éléments réellement marquants, capables de les faire ressortir du lot. Le terrible morceau Pure Be Damned remplit quant à lui largement cette mission, avec son break fracassant suivi d’une montée en puissance parfaitement maitrîsée, écrasant la reprise poussive et dispensable de Kiss (War Machine), qui clôture l’album.

Ainsi, sortant en pleine saturation du marché death metal, à l’époque où Nuclear Blast produit du death metal à la pelle, Embalmed Existence passe relativement inaperçu. Pourtant, sans révolutionner le genre, ses titres entraînants, d’une technique plus qu’honorable, s’écoutent avec beaucoup de plaisir. Resurrection se conseille ainsi aux fans de death metal US de la première heure, qui apprécient la qualité des Brutality et Monstrosity, mais ne recherchent pas l’originalité à tout prix, ou encore la perle rare du death metal.

Fabien.

> - Les chroniques -, Resurrection — fabien @ 2:30

23 juillet 2007