Altars of Fab' Death

Rigor Mortis (USA) : Rigor Mortis

Rigor Mortis (USA) : Rigor MortisRigor Mortis se forme à Dallas en 1983 et stabilise rapidement son line-up autour de Mike Scaccia, Harden Harrison, Casey Orr et Bruce Corbitt. Le quatuor met ainsi sur pied sa première démo en 1986 et décroche étonnamment un contrat avec la major Capitol Records, qui distribue notamment Megadeth et Exodus, tous deux sous licence Combat Records. Le gang du Texas se dirige alors aux Crystal Clear Sound Studios pour graver cinq années d’effort et de dévotion au thrashmetal, se concrétisant par la sortie de son album éponyme en octobre 1988, dans les mêmes temps que les invincibles Leprosy, Blood Fire Death ou Serpent Temptation de Death, Bathory et Incubus.

Le disque débute sur le dyptique Welcome to Your Funeral / Demons qui donne de suite le ton, propulsé par le couple basse batterie puissant et entrainant de Orr / Harrison, supportant la machine à riffs implaccable de Mike Scaccia et les vocaux rageurs de Bruce Corbitt. L’album donne ainsi l’impression d’un enregistrement live, non seulement grâce à son énergie, mais aussi durant les soli fougueux de Scaccia, moments où la guitare rythmique décroche pour laisser l’assise aux seuls bons soins du marteleur de fûts et du maniaque à la quatre cordes.

Secouant déjà par un bon départ, Rigor Mortis ne connait pas la pitié et assène un Bodily Dismemberment d’anthologie, au riffing génial et au jeu de Scaccia si particulier, donnant à lui seul une juste définition du mot thrashmetal, dans ce que le terme renferme de plus agressif. Les paroles crues du morceau, contant la nuit tragique d’une victime livrée à son bourreau ne font pas non plus dans la dentelle, illustrant idéalement le thrash fougueux de Rigor Mortis. Depuis Die in Pain au parfum Evil Has No Boundaries (Slayer) jusqu’au teigneux Re-Animator, en passant par le mémorable Vampire, Rigor Mortis maintient en outre une bonne intensité sans livrer la moindre concession, ne relâchant la pression qu’à de rares instants, pour citer le passage central de Slow Death plus en lourdeur, mais tout aussi rageur.

Sans atteindre la puissance sans limite de Dark Angel sur Darkness Descends, Rigor Mortis impose un premier album maîtrisé et d’une violence thrashmetal indéniable. Sans cette étincelle qui transforme le bon en excellence, le groupe texan apprendra également rapidement à ses dépends qu’il vaut mieux bénéficier d’une place de choix chez une écurie indépendante comme Combat Records abritant Death, Possessed ou Dark Angel, que d’être flanqué en bas de catalogue d’une major, n’offrant finalement aucun intérêt pour des formations crues et extrêmes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Rigor Mortis — admin @ 2:00

13 octobre 2010