Altars of Fab' Death

Ripping Corpse : Dreaming With The Dead

Ripping Corpse : Dreaming With The DeadFormé en 1987 dans le New Jersey autour de Shaune Kelley et du célèbre Erik Rutan, Ripping Corpse est une figure de l’underground US. Le groupe s’illustre notamment avec sa démo Splattered Remains de 1989, éditée en EP en même temps qu’Immortality’s End d’Exmortis, dans la série culte des Underground Record’s Demos du label CCG.

A l’image des tee-shirt de Ripping Corpse fièrement portés par Patrick Mameli ou Doug Cerrito sur les incontournables Testimony Of The Ancients et Effigy Of The Forgotten, le groupe attire l’attention de la communauté métallique, et décroche dès lors un contrat avec Maze / Under One Flag, se concluant par la sortie de Dreaming With The Dead en novembre 1991.

Mais, alors que le métalleux s’attend à une nouvelle déflagration sonore en provenance des Etats-Unis, il entend un album beaucoup moins brutal que prévu, à l’image de sa pochette et de son logo gentillets. Dreaming With The Dead balance en effet une musique à l’esprit death thrash indéniable, mais sur une dominante middle tempo et des vocaux écorchés, loin du martelage rythmique et des growls gutturaux de l’époque.

Néanmoins, bien que Ripping Corpse n’exprime pas une brutalité pure à la Suffocation, son death thrash n’en demeure pas moins nerveux. Les compositions de Shaune Kelley, brillamment mises en valeur par une rythmique carrée et par les riffs tranchants du couple mythique Kelley / Rutan, possèdent en effet une force et une rugosité certaines, comme en témoignent les très bons Sweetness et Glorious Depravity. En ajoutant enfin les vocaux teigneux du charismatique Scott Ruth, Dreaming With The Dead contient au final beaucoup d’agressivité et de caractère.

Seul et unique album de Ripping Corpse, comprenant notamment les deux guitaristes actuels d’Hate Eternal, Dreaming With The Dead est un concentré de death thrash technique et racé des plus convaincants. Malheureusement, lorgnant du côté thrash à la Serpent Temptation (Incubus), l’album ne rivalise pas avec la puissance de feu des Into The Grave ou Dawn Of Possession, qui subjuguent la scène extrême par leur brutalité sombre, en cette terrible année 1991.

Fabien.

> - Les chroniques -, Ripping Corpse — admin @ 2:00

28 septembre 2007