Altars of Fab' Death

SOB : Gate of Doom

SOB : Gate of DoomFrère spirituel de Napalm Death au pays du soleil levant, SOB entame tout comme son confrère britannique un virage progressif vers le deathmetal après la folie hardcore/grind du virulent Don’t Be Swindle et le grindcore fracassant du tout aussi culte What’s the Truth ?.

Le quatuor nippon revient effectivement en 1993 en allongeant notoirement la durée de ses morceaux, accroissant la lourdeur et la précision de ses guitares avec un mixage confié aux mains expertes de Colin Richardson dont le talent n’est plus à prouver, et remettant enfin l’illustration de son album Gate of Doom aux bons soins du maître Ed Repka, qui leur dessine une superbe pochette à l’ambiance de mort certaine, bref autant d’éléments rapprochant sensiblement le groupe du giron deathmetal.

L’introduction massive du morceau Delusions of Terror, les breaks tout en lourdeur des géniaux Trapped in Cancer et Human Error, ou encore le chant majoritairement guttural de Tottsuan Suzuki confirment ainsi cette direction vers une assise deathmetal assez évidente.

SOB n’a toutefois pas rangé sa furie hardcore/grind légendaire au placard, se lâchant régulièrement dans des passages plus directs, à l’image d’un fougueux Mind Empty of Hapiness ou d’un Downfall Civilization tout aussi spontané, d’un Ultimate End of Earth aux accélérations fracassantes, ou s’emballant dans des rythmiques d’une violence débridée, soutenues par le chant de Tottsuan se muant en des cris démentiels.

Sans perdre son identité et gardant son côté contestataire, SOB lâche ainsi l’album le plus lourd et le plus death de sa carrière, tout en conservant cet art du riffing simple & percutant, sans compter cette folie latente qui le caractérise à merveille. Un peu moins furieux que ses deux inestimables prédécesseurs, Gate of Doom regorge en tous cas d’instants à s’en dévisser la tête, tel un parfait compromis en blast-beats explosifs et passages rentre-dedans aux riffs tout aussi meurtriers. Le dernier album d’une trilogie incontournable pour tous les amateurs de Siege et Napalm Death.

Fabien.

> - Les chroniques -, S.O.B. — admin @ 0:32

9 mars 2011

SOB : What’s The Truth?

Pionnier du grindcore (et inventeur du terme) au Royaume-Uni, Napalm Death s’est rapidement rapproché de son homonyme nippon SOB, avant même la sortie de From Enslavement to Obliteration. Ses reprises Raging in Hell et Conform or Die, le split-LP commun en 1989, sa tournée au Japon organisée par Lee Dorrian (leader de ND) avec les gars de SOB, sont autant d’éléments ayant lié les deux groupes à la fin des années 80. Si Napalm Death revendique (entre autre) l’influence de SOB sur son déboulonnant F.E.T.O., il en va réciproquement sur ce What’s The Truth? des nippons, brillant successeur du premier album Don’t Be Swindle.

En cette année 1990, l’hardcore punk virulent de SOB prend effectivement une tournure encore plus extrême sur What’s The Truth?, imposant le double pédalage et les blast-beats de Yasue, la lourdeur métallique de la basse et des guitares de Kawataka & Toshimi, et les vocaux tantôt gras ou hystériques de Tottsuan.

D’une durée inférieure à 20 minutes, What’s The Truth? ne laisse aucune place au superflu et démarre ainsi sur les chapeaux de roue, par un Over the Line s’ouvrant sur un palm muting entrainant, qui annonce un rythme fracassant et un riffing tout aussi efficace. Le savant dosage entre passages furieux et D-beat typiquement hardcore fait ainsi mouche à chaque coup, permettant au groupe de lâcher riffs et accélérations qui arrivent brusquement en pleine tête, à l’image d’un Never survolté ou d’un Repeat at Lenght de furie.

Et que dire de la folie grindcore de Senseless Fantasy et Unseen Terror, de l’accélération de Middlesome Heart aussi redoutable que celle de Cock-Rock Alienation sur le F.E.T.O. de Napalm Death, ou encore du trop fort Obsessed with Wickedness rappelant vicieusement le titre éponyme du même album des anglais. SOB parvient ainsi à lâcher 10 titres singuliers et captivants, donnant cette impression d’énergie et d’enthousiasme débordants.

A l’image de Filthy Christians, Extreme Noise Terror ou Napalm Death durant cette fin des eighties, le gang Sabotage Organized Barbarian rappelle ainsi la véritable définition du mot grindcore. Celle d’un hardcore punk extrême qui sévissait à une époque où la maîtrise musicale n’était qu’une préoccupation secondaire derrière la vitesse et l’urgence, agrémentées d’une rage et d’une colère saines. Furieux, brutal, revendicateur, metal et déjanté, grind tout simplement, What’s The Truth? reste l’un des albums les plus fracassants du style, le plus grind du quatuor d’Osaka. Culte.

Fabien.

> - Les chroniques -, S.O.B. — admin @ 2:00

18 février 2010