Altars of Fab' Death

Sepsism : Purulent Decomposition

Si l’histoire retient particulièrement Deeds Of Flesh parmi les pionniers du brutaldeath californien, elle ne doit pas oublier le groupe Sepsism, formé en 1990, peu après son confrère new-yorkais Suffocation, et tout de même trois années avant son voisin ouest américain. Mais, alors que la bande d’Erik Lindmark et Jaboby Kingston signe son premier contrat discographique dès 1995 avec Dave Rotten (Repulse Records), à l’occasion du MCD Gradually Melted, Sepsism ne dépasse quant à lui pas le stade des démos durant cette moitié des nineties.

Il faut en effet attendre 1998, soit huit années après sa création, pour que Sepsism immortalise enfin son deathmetal sur album. Le groupe emmené par son growler Fernando Avila signe à son tour avec l’écurie espagnole Repulse, désormais en rythme de croisière depuis les parutions des premiers disques de Deeds Of Flesh, Imprecation, Deranged ou encore Adramelech.

Enregistré aux Moon Productions Studios durant quatre journées d’avril 98, le poétique Purulent Decomposition ne sort toutefois qu’en janvier de l’année suivante, muni d’une pochette de l’incontournable Joe Petagno, à qui l’on doit notamment quelques belles pochettes pour Avulsed, Angelcorpse ou Incantation. Loin de ses thématiques mystiques ou apocalyptiques habituelles, l’illustrateur signe cette fois un dessin d’une putridité sans équivoque, se calant sur les doux sujets de mort, de meurtres et d’horreur, si chers au trio californien.

Particulièrement brutal dans ses propos, à l’image de titres évocateurs tels Internal Fermentation ou Brutally Butchered, Sepsism l’est aussi dans l’art d’envoyer un deathmetal sans concession. Riche en blast-beats et en double pédale, le jeu de Phil Hernandez est sans pitié, supportant les riffs agressifs de Leon Morrison et le timbre guttural barbare de Fernando.

Le brutaldeath du trio n’est ni technique ni particulièrement original, encore moins démonstratif, mais reste avant tout un bon modèle d’efficacité, à l’image du riffing sauvage de Punctured Internal Organs ou du break fracassant de Murdering At Random. En outre, alors que les formations brutaldeath ont parfois une fâcheuse tendance à se ressembler, Sepsism possède quant à lui une identité marquée, reconnaissable dès les premiers accords de Leon et l’arrivée des grunts de Fernando.

Sans renverser des montagnes, ni se hisser comme un sommet de raffinement dans le genre, Purulent Decomposition n’en demeure pas moins un album brutaldeath redoutable, d’une barbarie fort bien retranscrite. Le plus gros handicap de Sepsism reste son arrivée tardive sur le marché, soutenant alors difficilement la comparaison face aux rouleaux compresseurs Krisiun ou Hate Eternal, qui dévastent tout sur leur passage en ces années 98/99, à coups d’Apocalyptic Revelations ou Conquering the Throne d’une force et d’une intensité peu communes.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sepsism — fabien @ 23:20

22 mars 2010