Altars of Fab' Death

Sepultura : Under Siege (Regnum Irae)

Sepultura : Under Siege (Regnum Irae)Père du deathmetal dès Bestial Devastation / Morbid Visions en 85/86, aux côtés de Death, Master, Possessed, Morbid Angel ou Repulsion, Sepultura a littéralement explosé en 1989 lors de sa signature chez Roadrunner et de la sortie de l’intemporel Beneath the Remains, acclamé à sa sortie et érigé en mètre-étalon pour les années à venir. Début 1991, la pression est forte et le successeur Arise est déjà enregistré, prêt à être commercialisé au tout début du printemps. La parution de l’album en Europe est précédée de quelques semaines par un petit avant-goût, le EP Under Siege (Regnum Irae), également issu des mêmes sessions d’enregistrement, tandis que les Etats-Unis auront droit au même moment à l’exclusivité d’un autre morceau, le tout aussi bon Dead Embryonic Cells. Les thrashers les plus perspicaces auront quant à eux remarqué que la pochette est un simple agrandissement de l’illustration intégrale de Michael Whelan présente sur Arise.

Comme son nom l’indique, le EP contient le morceau Under Siege qui sera présent sur l’album Arise a venir dans quelques petites semaines, moment de qualité nous montrant Sepultura ayant évolué vers un thrashmetal aux racines deathmetal moins évidentes, dégageant davantage de groove que par le passé. L’intérêt de cet EP réside plus particulièrement dans ses deux autres titres, inédits pour l’époque avant la vague des rééditions les incluant en tant que bonus tracks. Le premier, Orgasmatron, est une reprise fidèle et énergique du fameux titre de Motorhead sur son album de 1986, morceau que notre quatuor brésilien s’est parfaitement accaparé et qui fit d’ailleurs un malheur sur scène lors de la tournée mondiale Beneath the Remains / Arise organisée dès 1991. Le deuxième est un remake de Troops of Doom déjà présent sur le premier album Morbid Visions, seconde version où le groupe délaisse le ton blasphématoire initial au profit de rythmes plus percutants et d’un riffing tout aussi énergique & imparable, morceau ayant également fait tomber plus d’un thrasher sur cette même tournée d’anthologie. Contrairement à certaines idées reçues, la seconde mouture de Troops of Doom n’a donc pas été enregistré à l’occasion des sessions de Schizophrenia en 1987, mais a été capturée plus tard et intégrée ensuite sur la réédition de Roadrunner parue à l’automne 1991.

Fabien.

> - Les commentaires -, Sepultura — admin @ 23:38

9 avril 2013

Sepultura : Schizophrenia

Sepultura : SchizophreniaSuite au satanique Morbid Visions, certes approximatif mais précurseur de la scène deathmetal, au même titre qu’AbomiNations of Desolation ou Seven Churches (Morbid Angel, Possessed), Sepultura retourne en studios fin 87 avec un tout autre visage. Le groupe remplace Jairo Guedz par le talentueux Andreas Kisser, et affine sa musique en un death thrash particulièrement subtil, d’un professionnalisme sans commune mesure avec l’inexpérience des débuts. Le quatuor brésilien sort ainsi de ses sessions d’enregistrement avec un Schizophrenia d’une qualité technique indéniable.

Soutenu par le jeu complexe d’Igor Cavalera et de Paulo Jr, Schizophrenia possède une assise carrée, sur laquelle se greffent brillamment les lignes techniques d’Andreas Kisser, ainsi que les rythmiques tranchantes et la voix éraillée de Max Cavalera. Sepultura dévoile ainsi de grandes capacités, à l’image des redoutables To The Wall ou Screams Behind, à la fois emplis de sagesse et terriblement percutants. Max écrit de surcroît des paroles réfléchies et personnelles, loin des propos sataniques et immatures des débuts, apportant un cachet supplémentaire aux compositions.

De plus, Schizophrenia dégage une atmosphère fine et très sombre, renforcée par l’interlude acoustique The Abyss, plus feutré, et par l’excellent instrumental Inquisition Symphony, où Sepultura démontre une nouvelle fois tout son savoir-faire. L’album bénéficie de surcroît d’une production mordante et profonde, dotant l’ensemble d’une épaisseur exemplaire, et ce malgré les faibles moyens du label Cogumelo.

Schizophrenia, aux accents death thrash délicieux, représente ainsi un pas de géant dans la carrière de Sepultura. Sa qualité et ses ambiances remarquables l’inscrivent parmi les grands albums du genre, laissant dès lors présager le succès imminent du groupe, grâce au chef d’œuvre, à l’intemporel Beneath the Remains.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sepultura — admin @ 2:00

21 septembre 2007

Sepultura : Beneath the Remains

Sepultura : Beneath the RemainsSuite au brillant Schizophrenia, Sepultura est bien décidé à enfoncer le clou. Max Cavalera décide dès lors d’effectuer le voyage à ses frais aux USA, pour présenter les nouveaux titres du groupe aux différents labels, débouchant par un deal avec Roadrunner. Dans la foulée, Monte Conner, boss de l’écurie en question, envoie Scott Burns, son jeune ingénieur du son, à Rio De Janeiro pour l’enregistrement du nouvel album, dans des conditions par ailleurs difficiles faute à un budget plutôt étriqué. Mais la magie étant particulièrement présente à cette époque, il en ressort une des plus belles pièces du thrash death jamais réalisée.

Roadrunner, impressionné par la qualité des titres, décide alors de mettre de gros moyens pour assurer la promotion et la distribution de l’album, dégotant notamment une superbe illustration de Michael Whelan (Nightmare in Red) en guise de couverture. Le succès est immédiat, Beneath the Remains est aussitôt proclamé, à raison, comme le Reign In Blood du thrash death.

D’entrée, Beneath the Remains enchante par sa superbe intro acoustique, s’enchaînant sur des titres d’une agressivité et d’un raffinement exemplaires. Les morceaux sont très techniques, basés sur une assise complexe d’Igor Cavelera, emplie de variations et de contre temps, et servant de moteur aux riffs tranchants de Max Cavalera et au jeu fouillé d’Andreas Kisser. Enfin Max, avec une voix particulièrement rocailleuse, délivre un propos mature et intelligent, apportant un cachet supplémentaire aux compositions.

Chaque titre possède de surcroît l’élément qui le distingue et le met en valeur, depuis l’introduction enchanteresse du titre éponyme jusqu’au riffing entraînant de Primitive Future, en passant par l’acoustique au coeur d’Inner Self, la partie de basse judicieuse de Stonger Than Hate, le solo poignant de Mass Hypnosis ou encore les accélérations assassines de Sarcastic Existence. Enfin, Scott Burns dote l’ensemble d’une clarté et d’une profondeur admirable, en respectant l’essence même des compositions.

Distillant une atmosphère délicieusement sombre, Beneath the Remains est un album d’un caractère et d’une richesse incomparables. Son savant mélange entre beauté et agressivité en fait le chef d’oeuvre de la période la plus death de Sepultura, et l’inscrit d’une manière générale parmi les meilleures réalisations thrash death de tous les temps. Il suffira de ce joyau aux côtés des terribles Slowly We Rot & Consulming Impulse (Obituary, Pestilence) pour hisser directement le label Roadrunner parmi les locomotives du genre, dès cette année 1989.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sepultura — admin @ 2:00

5 avril 2007