Altars of Fab' Death

Severe Torture : Slaughtered

Severe Torture : Slaughtered

Depuis le très bon Fall of the Despised sorti chez Earache Records, Severe Torture avait notoirement et judicieusement aéré son style, apportant une dose finesse dans ce monde de brutes avec beaucoup de talent. Toutefois, après un Sworn Vengeance tenant plus difficilement ses promesses, le groupe emmené par Dennis Schreurs tenait à embrasser de nouveau la barbarie de ses débuts.

Ceci est chose faite sur son cinquième effort doucement baptisé Slaughtered, à commencer par sa pochette grasse et sans grande équivoque. Le quinquet néerlandais revient ainsi en ce mois de juin chez le label estimé Season-Of-Mist, quittant le navire Earache qui, hormis Blood Red Throne, perd successivement ses derniers groupes deathmetal.

Il suffit des bons morceaux Unholy Misconception et Defective Fornication pour comprendre combien Severe Torture retrouve le sens de la brutalité qui l’animait au départ. Loin de blast-beats ininterrompus, le jeu de Seth impressionne par sa puissance, sa précision et ses accélérations dementielles, offrant une réelle dynamique aux compositions. Les guitares de Thijs et Marvin se font également à la fois plus lourdes et plus agressives, sans compter le guttural gras de Dennis, arme imparable de la formation.

N’allez toutefois pas croire à une brutalité systématique dans les morceaux, Slaughtered mariant habillement la barbarie des débuts à toute la finesse dont Fall of the Despised débordait. Ce mélange judicieux, allié à un sens du riffing particulièrement catchy, offre ainsi beaucoup de saveur à chacune des compositions, à l’image des finaux tout en subtilité des excellents Grave Condition et Feeding on Cadavers, du délectable interlude To Relieve the Mortal Flesh, ou encore du solo éclatant au coeur du titre éponyme.

A la fois terriblement brutal, varié et particulièrement soigné dans sa mise en place, synthèse réussie de la carrière du combo, Slaughtered devrait réconcilier les anciens deathsters ayant lâché le groupe un peu trop hâtivement. En cette bonne année 2010, Severe Torture parvient ainsi à concilier la brutalité la plus crue aux mélodies les plus fines, confirmant sa place parmi les formations bataves de premier choix. Une bien belle surprise.

Fabien.

> - Les chroniques -, Severe Torture — fabien @ 2:00

25 août 2010

Severe Torture : Sworn Vengeance

Severe Torture : Sworn Vengeance

Après 10 ans de bons et loyaux services, Severe Torture revient agresser les tympans du deathster en ce mois de novembre 2007, avec Sworn Vengeance, son quatrième album. Fort d’un line up inchangé et d’un contrat béton reconduit avec la prestigieuse écurie Earache, le gang hollandais reprend plus ou moins la recette deathmetal soignée de Fall of the Despised, tout en optant pour une approche plus directe.

Sworn Vengeance s’ouvre en effet sur Dismal Perception et Serenity Torn Asunder, dominés par les blast-beats et les roulements de Marvin, au jeu incroyablement fouillé et complexe. Puis, Fight Something et Repeat Offender ralentissent le tempo, sur lequel les guitares de Thijs et Seth s’expriment à coups de riffs et de soli alambiqués, rappelant notoirement l’ombre de Blood Red Throne et de son dernier Come Death.

Mais, Severe Torture ne serait rien sans la présence de son chanteur attitré, le terrifiant Dennis et ses growls définitivement gras, toutefois moins terrifiants qu’à ses débuts sur ce nouvel opus. Parallèlement, Sworn Vengeance constraste avec une finesse assez caractéristique, à l’image du très inspiré Countless Villains ou de l’outro Submerged In Grief, qui dégagent une atmosphère plus singulière et démontrent toute la maîtrise de la formation.

Servi par une production claire et relativement incisive de Hans Pieter aux Studios Excess (Sinister, Krisiun, Gorefest), Sworn Vengeance remplit ainsi honnêtement son contrat, lâchant un deathmetal solide et racé, mais moins gras et plus direct que par le passé. Au-delà des qualités intrinsèques de son nouvel album, Severe Torture ne révolutionne pas non plus son style, mais confirme néanmoins sa bonne santé et celle du deathmetal européen, bien que plus de titres de la teneur de Countless Villains et une ambiance plus grasse aient été les bienvenus.

Fabien.

> - Les chroniques -, Severe Torture — admin @ 2:00

27 novembre 2007

Severe Torture : Fall of the Despised

Severe Torture : Fall of the Despised

Pourtant leader incontesté du deathmetal et du grindcore dès la fin des années 80’s, grâce à la révélation de Napalm Death, Carcass, Morbid Angel, Bolt Thrower ou Entombed, le label emblématique Earache Records se désintéresse progressivement de ce style extrême au milieu des nineties, perdant peu à peu tous ses groupes de la première heure, à l’exception de Morbid Angel. Depuis quelques années, l’écurie britannique se réconcilie toutefois avec cette scène abandonnée pour un temps, signant tour à tour Hate Eternal, Decapitated, Anata, Deicide, Blood Red Throne et Severe Torture, certains sous la coupe de la division Wicked World dirigée par Dan Tobin, le bras droit de Dig Pearson.

Transfuge du label Hammerheart Records tout comme Blood Red Throne, Severe Torture est connu quant à lui pour son brutaldeath particulièrement gras, passerelle idéale entre le deathmetal façon Cannibal Corpse et une approche du style plus moderne. A l’image de l’illustration bien plus subtile que les dessins effroyables de ses précédents efforts, le quatuor néerlandais décide alors de ralentir sensiblement la cadence pour son troisième album, doucement baptisé Fall of the Despised. Bien que la tonalité reste foncièrement brutale, le groupe aère en effet davantage ses compositions, qui gagnent de fait judicieusement en dynamisme.

Si son schéma peut paraître assez classique au premier abord, Fall of the Despised regorge aussi de ces petits plus et de discretes mélodies, qui apportent une coloration à chaque morceau, pour citer le riff d’intro direct & entêtant du génial Consuming The Dying, la fin tout en finesse du tout aussi mémorable End Of Christ, ou encore l’instrumental éponyme qui clôture l’œuvre sur une note acoustique fort bienvenue.

Outre son riffing rapidement reconnaissable, Severe Torture possède deux atouts imparables se nommant Seth Van De Loo et Dennis Schreurs, respectivement batteur et growler de la formation batave. Le premier livre comme à son habitude une prestation désarmante derrières les fûts et offre une structure en béton armé, tandis que le second renverse tout autant avec son chant gras unique, apte à décoller n’importe quelle tapisserie des murs. Ainsi, non seulement le quatuor devient plus percutant en abaissant globalement le tempo, mais il conserve aussi ses caractéristiques principales qui lui confèrent toute sa personnalité.

Idéalement mis en boite aux fameux studios Excess d’Andy Classen (ayant produit Gorefest ou Krisiun), dotant les guitares d’un son massif et équilibrant impeccablement le tout, Fall of the Despised allie brutalité et finesse à la perfection. Sans représenter un tournant radical (loin de là), le disque se pose comme l’album marquant dans la discographie de Severe Torture, qui franchit ici un nouveau palier et semble s’assurer un avenir prometteur au sein d’Earache Records. Une réussite.

 Fabien.

> - Les chroniques -, Severe Torture — admin @ 2:00

13 juin 2007