Altars of Fab' Death

Severed Savior : Servile Insurrection

Severed Savior : Servile InsurrectionIl aura fallu attendre cinq longues années entre Brutality Is Law et son successeur Servile Insurrection, sorti en ce mois de novembre chez la brillante écurie Willowtip (Gorod, Illogicist). Seul rescapés depuis le premier album, le duo basse batterie Fitzpatrick / Fullerton recrute durant ce laps de temps le growler Anthony Trapani (qui officie parallèlement au sein d’Odious Mortem), ainsi que Mike Gilbert aux six cordes. La recrue du guitariste s’avère un véritable coup de poker, ce dernier signant non seulement l’intégralité de la musique, mais s’occupant encore de l’enregistrement de toutes les parties de guitares, le reste des instruments étant capturé par l’ingénieur du son Zack Ohren (Odious Mortem) aux Castle Ultimate Studios.

Indéniablement influencé par le death subtil & technique de Visceral Bleeding & Decrepit Birth, avec un léger parfum de Blood Red Throne, Severed Savior signe un album tout en finesse, malgré sa violence intrinsèque. Sur la basse affolante de Fitzpatrick et les rythmiques carrées de Fullerton, bombardant à coups de roulements & blasts-beats puissants, Gilbert impressionne par sa technique & sa dextérité, superposant adroitement ses riffs et lâchant quelques salves particulièrement meurtrières, tout en possédant un jeu diversifié et aéré, évitant ainsi de plomber les compositions, à l’image de l’excellent Inverted & Inserted et de ses accélérations écrasantes, ou de Rewards of Cruelty et de son solo exquis.

La force de Servile Insurrection réside également dans ses multiples envolées techniques, mais aussi dans ses écarts jazzy délectables, que Spawn of Possession & Decrepit Birth n’auraient pas reniés sur leurs précieux Noctambulant & Diminishing Between Worlds, s’intégrant parfaitement à l’ensemble, tout en offrant un contraste saisissant avec sa brutalité death métallique. Depuis le sweeping désarmant de Question, jusqu’aux touches acoustiques de l’ultime titre éponyme, en passant par le subtil interlude Intervallo Del Tradimento, l’ensemble possède un équilibre & une coloration plus qu’appréciables.

Le seul bémol de Severed Savior se situe peut-être dans le timbre guttural d’Anthony Trapani, certes suffisamment profond pour accroître le niveau de brutalité de quelques crans, mais restant toutefois un brin monocorde, pêchant de fait par un certain manque d’entrain. Enfin, les rares lecteurs attentionnés pourront faire l’impasse sur les textes, l’intérêt de Servile Insurrection résidant avant tout dans sa richesse musicale.

Bénéficiant d’un enregistrement clair et incisif, mais également d’une superbe illustration du maître Par Olofsson, (Carnophage, Banishment), Servile Insurrection est un régal de finesse et de brutalité durant ses 34 minutes, riche en breaks et en rebondissements, surpassant ainsi largement son prédécesseur, notamment en terme de complexité. Severed Savior se hisse ni plus ni moins parmi les formations de brutal death californiennes les plus intéressantes du moment, aux côtés d’Odious Mortem, Brain Drill, Deeds of Flesh ou Decrepit Birth, confirmant parallèlement l’excellence du style en cette terrible année 2008.

Fabien.

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11 décembre 2008

Severed Savior : Brutality Is Law

Severed Savior : Brutality Is LawSevered Savior se forme autour de Murray Fitzpatrick, Troy Fullerton et Dusty Boisjolie en 1999, dans l’état de Californie, région de l’ouest américain qui ne cesse d’accumuler les formations de brutal death, depuis l’essor de Disgorge (US) ou de Deeds Of Flesh. Suite à son EP Forced to Bleed aux accents Suffocation indéniables, le groupe rejoint l’écurie Unique Leader, mais perd tragiquement son second guitariste Rob Lumbre, victime d’un accident de la route, peu de temps avant l’enregistrement du premier album. Secoué, le groupe rentre toutefois aux Digisound Studios pour les sessions de Brutality Is Law, commercialisé en mars 2003.

Muni d’une couverture de Jon Zig et d’un titre et sans équivoque, Brutality Is Law balance un death brutal caractéristique, dominé par les blast-beats et le double pédalage de Troy, les riffs lourds & techniques de Jared Deaver, et le guttural effrayant de Dusty, à l’image des bons Buried Again ou Buried By The Beast. Severed Savior frappe ainsi avec une brutalité manifeste, ne calmant alors le jeu que lors de la douce outro Death Is Just The Beginning, dédiée au regretté Rob Lumbre.

La production de M.Acevedo est parallèlement réussie, dotant l’ensemble d’un son épais et d’un mixage clair, laissant notamment ressortir les claquements de basse de Murray. Mais malgré ses contre temps judicieux, ses riffs complexes et ses breaks vicieux, Brutality Is Law reste hélas très conventionnel, lâchant un death manquant encore d’identité, s’ajoutant ainsi aux nombreuses réalisations du style.

Sans se hisser parmi les références du brutal death, Brutality Is Law installe toutefois Severed Savior en bonne place, lui permettant de partir rapidement en tournée avec ses homonymes Gorgasm, Pyaemia & Spawn Of Possession. Ces trois groupes résument parfaitement la teneur du death de la formation, se conseillant en priorité aux fans de la marque Unique Leader.

Fabien.

> - Les chroniques -, Severed Savior — admin @ 2:00

12 avril 2008