Altars of Fab' Death

Slaughter (CAN) : Strappado

Slaughter (CAN) : Strappado

Pionnier du death thrash canadien, Slaughter se forme en 1984 à Toronto, autour de Dave Hewson, Terry Sadler et Ron Sumners. Le trio enregistre plusieurs démos, jusqu’au tout début de l’année 1986, intégrant alors un second guitariste en la personne de Chuck Schuldiner (Death), bien décidé à quitter sa Floride natale pour trouver les bons musiciens. L’association ne dure hélas que quelques répétitions, Chuck retournant aux Etats-Unis juste avant l’entrée du groupe au Future Sound Studio en février, sous la houlette de Ted Kent, pour l’enregistrement de Strappado, son premier album.

Slaughter ressort ainsi avec 31 minutes de death thrash, découpées en treize morceaux, dont seulement neuf sont pressés sur l’édition LP de Fringe Records. Il faut attendre 1991 pour la première version CD chez la petite structure Headache, n’incluant toujours et désespérément pas les quatre titres sauvagement écartés. Nuclear Blast se réveille alors en 2001, et propose enfin l’enregistrement dans son intégralité, lui offrant en plus un re-mastering (élargissement du spectre sonore), qui lui apporte plus de profondeur, sans dénaturer la pureté de son essence.

D’entrée, Strappado surprend par la vitesse des rythmiques de Ron, imposant son double pédalage meurtrier sur The Curse & Tortured Souls, et ses blast-beats sur le redoutable One Foot In The Grave et l’éponyme Strappado. Dave envoie alors des rafales de riffs percutants & des soli furieux, soutenant sa voix particulièrement teigneuse.

Puis, lorsque Slaughter décide de ralentir le tempo, à l’image de Nocturnal Hell, FOD ou Tales Of The Macabre, les guitares deviennent terriblement lourdes, trahissant l’influence de l’incontournable Morbid Tales de Celtic Frost. Dave adopte parallèlement un chant beaucoup plus guttural dans ces moments là, lâchant une série de « ouh » comme pour relancer la machine, à l’instar de ceux utilisés par Tom G.Fischer (Celtic Frost).

Dégageant également des relents punk destroy propres à la scène canadienne, lui conférant ce côté spontané & désinvolte, Slaughter balance ainsi un thrash aussi nerveux, que brutal & écrasant. Grâce à son Strappado essentiel, le trio hisse ainsi le thrash aux frontières du death métal, encore mal définies en cette année 1986, rejoignant Repulsion, Death, Sepultura, Morbid Angel, Possessed, Master, Infernal Masjesty & Insanity, parmi les initiateurs de ce style si terrassant. Indispensable !

Fabien.

> - Les chroniques -, Slaughter — fabien @ 1:15

8 février 2008