Altars of Fab' Death

Sorcery (SWE) : Bloodchilling Tales

Sorcery (SWE) : Bloodchilling TalesSorcery se forme à Gävle en Suède en 1986, autour de Magnus Carlsson & Paul Johansson. Comme nombre des ses homonymes scandinaves, le groupe durcit considérablement sa musique à la fin des eighties, sous l’influence de Nicke Andersson & Nihilist, rejoignant alors les rangs des précurseurs deathmetal du pays, tel Carnage, Grave ou Tiamat. Fort de trois démos sorties entre 1988 & 1990, et de l’EP Rivers of the Dead paru chez l’écurie française Thrash Records (Carbonized, Fatal), la formation décroche un contrat avec la petite structure suédoise Underground Records, qui signera quelques mois plus tard son compatriote Centinex pour son premier album Subconscious Lobotomy.

Sorcery rejoint inévitablement les Sunlight Studios de Stockholm, déjà réputés pour la capture des albums Sumerian Cry, Left Hand Path, Dark Recollections, Of Darkness & Yeah (Tiamat, Entombed, Carnage, Therion, Xysma). Mis en boite fin décembre 1990, le bien nommé Bloodchilling Tales représente ainsi le sixième full lenght confiés aux mains expertes de l’ingénieur du son Tomas Skogsberg, ne bénéficiant toutefois que d’un pressage à un millier d’exemplaires vinyles.

A l’image des formations deathmetal nordiques des premiers instants, Sorcery lâche des morceaux au riffing simple et terriblement percutant, à l’accordage en Si emblématique. Les rythmes deux temps efficaces de Paul Johansson, les guitares de Fredrik Nygren & Magnus Karlsson au grain made in Sunlight si tranchant, le timbre vocal d’Ola Malmstrôm au guttural proche de Lars Goran Petrov (Entombed), permettent le largage de titres particulièrement meurtriers, tels Legacy of Blood, The Rites of Sacrifice, ou encore l’impitoyable Dragons of the Burning Twilight.

Bloodchilling Tales ne parvient toutefois pas à égaler la profondeur des albums fondateurs & cultes du style, ni à maintenir une même intensité après l’excellence de ses trois premiers morceaux, à l’exception d’un mortel Immortality Given ou encore d’un Ascent to the Ashes aux coups de tocsin judicieux. Le plus gros préjudice de l’album reste sa sortie dans un relatif anonymat, faute aux faibles moyens de son label, bien trop limités face à la puissance des écuries Earache, Roadrunner, Century Media ou Nuclearblast, qui règnent quasiment sans partage durant cette année 1991.

Sans promotion suffisante, uniquement disponible en vinyle, s’inscrivant surcroit dans la spirale deathmetal suédoise initiée par Left Hand Path & Dark Recollections, Bloodchilling Tales passe pratiquement inaperçu à sa sortie. Traversant plusieurs années dans l’ombre des leaders, Sorcery se sépare dès lors quelques années plus tard, malgré un départ pourtant percutant. En 2006, grâce à la volonté du label allemand No Colour Records, cet album emblématique retrouve enfin une seconde vie, renversant à coup sûr les deathsters sous le charme du “swedish deathmetal” des premières heures.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sorcery — admin @ 2:00

19 octobre 2009