Altars of Fab' Death

Testament : The Legacy

Testament : The LegacyFondé en 1983 en Californie, Legacy compte parmi les acteurs essentiels du thrashmetal de la côte ouest états-unienne (la fameuse Bay Area), emboitant tout juste le pas aux incontournables Slayer, Metallica et Exodus. La formation compte rapidement Alex Scholnick & Eric Peterson aux guitares, Greg Christian & Louis Clemente au couple basse batterie, puis Steve Souza au micro. En 1986, alors que le groupe recrute Chuck Billy en replacement son chanteur parti chez Exodus, il change dans la foulée son patronyme en Testament, faute à un copyright déjà déposé.

Bénéficiant déjà d’une forte notoriété, le quinquet signe d’entrée avec le couple Zazula, patron de l’écurie Megaforce, qui compte dans ses rangs les thrashers d’Overkill, Anthrax ou Stormtroopers Of Death. Testament rejoint ainsi Alex Perialas, ingénieur du son sur les célèbres Taking Over, Spreading the Disease & Speak English or Die des trois formations new-yorkaises précitées, ressortant en cette année 1987 avec son premier album The Legacy, clin d’oeil à ses premières années sous son ancien patronyme.

The Legacy attaque d’emblée avec des tueries telles Over the Wall, The Haunting & Burnt Offerings, qui s’imposent directement parmi les classiques de la formation nord américaine. L’assise précise de Greg et Louis offre une base solide aux guitares d’Alex et Eric, ayant chacun l’art du riffing mémorable et percutant. Les deux guitaristes se complètent à merveille, entre d’un côté la rigueur rythmique d’Eric et de l’autre le jeu aérien d’Alex et ses soli éclatants.

De l’incision riffesque des explosifs First Strike Is Deadly et Do or Die, jusqu’aux soli démentiels d’Alex sur Over the Wall et Raging Waters, en passant par les mélodies imparables d’Alone in the Dark et Apocalyptic City, The Legacy possède ainsi un équilibre remarquable, tout en dégageant une grande fraicheur. Enfin, l’arme Fatale de Testament se nomme Chuck Billy, le chanteur possédant un timbre de voix unique et un coffre incroyable, qui éclairent et boostent impeccablement chaque composition.

Malgré sa production quelque peu confuse, toutefois largement compensée par la fougue et le talent de ses interprètes, The Legacy est ainsi un parfait dosage entre une agressivité thrash toute particulière et des mélodies accrocheuses. L’album s’impose dès lors directement parmi les étalons de l’école thrash Bay Area des années 80’s, influençant des tonnes de formations, comme D.A.M., Defiance ou Xentrix, pour ne citer que trois groupes parmi les plus proches musicalement.

Jouissant d’une identité fortement marquée grâce à la complémentarité de la paire Scholnick / Peterson et au charisme de son frontman Chuck Billy, Testament se dresse ainsi aux côtés d’Exodus & Suicidal Tendencies parmi les outsiders les plus sérieux du “Big Four” désigné au milieu des années 80, le fameux quadriumvirat SlayerMetallicaMegadethAnthrax.

Fabien.

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21 novembre 2009

Testament : The Formation of Damnation

Si tout se jouait au mérite, Testament serait assurément sacré roi du thrash metal actuel. S’accrochant avec vigueur tout au long des années 90, pour finir en apothéose avec l’incroyable The Gathering, Chuck Billy et Eric Petterson peuvent se targuer non seulement d’être le seul des monstres sacrés américains à avoir braver la tempête de la sorte, mais également d’avoir déclenché le signal du renouveau du thrash dans ses plus beaux atours dès 1999. Les années ont passé, et désormais, même les vieux collègues historiques de la Bay Area (Exodus, Death Angel) sont réapparus au sommet de leur forme. Le successeur de The Gathering étant annoncé depuis bien (trop ?) longtemps, un strapontin au premier rang avait été toutefois soigneusement réservé pour Testament. On connaît la suite, les péripéties qui ont amené à ces presque dix ans stériles passés, puis enfin, The Formation of Damnation naquit.

Habitué des line-up mouvants sur les derniers albums, le duo s’est attaché cette fois-ci à reconstituer le noyau historique autour d’Alex Skolnick à la guitare et de Greg Christian à la basse. A la batterie, on trouve Paul Bostaph, l’un des trois plus fameux mercenaires batteurs de Californie avec Gene Hoglan et Dave Lombardo.

Premières impressions après tant d’attente fébrile ?

Pour commencer par le début, on dira que le disque met un certain temps à prendre sa vitesse de croisière. Après une jolie intro qui annonce le riff-thème principal de More Than Meets The Eye, on entre dans le vif du sujet. Chuck Billy a toujours ce timbre si appréciable, le tout ronronne gentiment sur un tempo plutôt moyen, mais sorti de la redondance volontariste de son riff, le morceau laisse une impression mitigée. Cela ne s’arrange pas vraiment avec The Evil Has Landed, toujours calé sur du mid-tempo. Bien carré, bien fini, soigné dans ses transitions, le heavy-thrash catchy de Testament se déguste facilement mais manque un poil d’allant. Bien loin d’apparaître comme une évolution logique de l’album précédent, ce début de disque paraît inspiré d’un héritage plus lointain. Sauf que le titre suivant, Formation Of Damnation, remet -enfin- les pendules à l’heure. On retrouve le chant plus guttural de Chuck, venant s’appuyer sur une compo bien plus virulente. Bostaph semble enfin se lâcher, et le premier headbanging est de la partie. Rien non plus de révolutionnaire, notamment dans la partie centrale du morceau où le matraquage plus lent ne fait pas dans l’original. Sauf que l’accélération finale vient juste à point pour conclure quand même un bon moment de plaisir. Gros morceau que ce titre.

La montée d’adrénaline se fait salement doucher par le morceau suivant, sans doute le plus insipide du disque. Là encore, pas de faute de goût particulière, mais ce thrash déjà entendu, assez poussif et au refrain pas accrocheur pour deux sous n’a pas le supplément d’âme que l’on espère, malgré de jolis soli et une rythmique volontaire. Testament semble enfin trouver sa vitesse de croisière à partir de The Persecuted Won’t Forget, plus varié et incisif, que ce soit au niveau des guitares, du chant ou du tempo. Henchman, malgré sa rythmique « tagada-tagada » un peu éculée, recèle une belle énergie qui se révèle à mi-morceau. Même Killing Season, plus mou du genou, passe relativement bien grâce à des lignes guitaristiques pertinentes, donnant un côté rock n’roll très agréable. Après un Afterlife très quelconque et un poil soporifique, le très catchy F.E.A.R vient à point pour relancer la machine. Pas d’envolées supersoniques ici, mais son petit riff sautillant bien épaulé par de bonnes parties de double du père Bostaph, alternant avec un refrain bien accrocheur, donne un joli relief au morceau. Le tout se finit par un morceau assez mélancolique et finalement plutôt sombre, Leave Me Forever, qui tranche assez nettement avec l’esprit global du disque.

Vous aurez compris à mes nombreux bémols que The Formation of Damnation ne m’a pas procuré les mêmes frissons que le dernier Exodus, par exemple. Etais-je trop naïf en croyant que Testament allait nous refaire le coup de The Gathering ? Toujours est-il que Chuck Billy et sa bande sont rentrés dans le rang. Il s’agit premier rang, tout de même, et le fameux strapontin leur revient malgré tout. L’album est de qualité, proposant un thrash plutôt mid-tempo bien ficelé, accrocheur, à la production irréprochable (tout de même), qui ravira les fans du genre. Mais personnellement j’y vois une légère régression par rapport à The Gathering, The Formation of Damnation apparaissant moins moderne et peut-être plus poussif, allant chercher des inspirations dans la vieille discographie du groupe (et c’est une réussite à ce niveau),alors que son prédécesseur semblait définitivement tourné vers l’avenir. Et sans réel grief envers Testament, je ne peux qu’exprimer une pointe de déception et d’amertume toute personnelle, qui reste quand même anecdotique à l’heure du bilan.

Eulmatt (www.spirit-of-metal.com).

Sans égaler la puissance et l’avant garde de Gathering, Formation est un bon album de Testament, retour aux amours thrash des premiers albums, avec un son impressionnant, grâce à l’incroyable ingénieur Andy Sneap. Rien à redire quant à la précision du couple rythmique de Bostaph & Christian, ni sur les incroyables vocaux de Billy, insufflant beaucoup de punch et de relief à l’ensemble. Et quel bonheur de réentendre les duels de soli endiablés entre Scholnick & Peterson ! Un bon album pour ma part, même si je préfère nettement certains titres à d’autres, à l’image des superbes More Than Meets & The Evil, survolant le lot. 15/20 me paraît la note la plus juste. Fabien.

> - Les guests -, Testament — fabien @ 5:15

7 décembre 2008

Testament : Practice What You Preach

Testament : Practice What You PreachSuite à son ascension fulgurante dès The Legacy, le hissant aux portes des Big Four, et fort d’un line up inchangé, Testament se dirige aux Fantasy Studio sous la coupe d’Alex Perialas, pour les sessions de son troisième album. Practice What You Preach sort ainsi en fin d’été 1989, pour le compte de l’écurie Megaforce, muni d’une illustration remarquable.

Composé principalement par Eric Peterson et Alex Scholnick, Practice What You Preach poursuit l’orientation de The New Order, distillant un thrash métal nerveux aux colorations heavy délicieuses, sur la voix unique et inimitable de Chuck Billy, qui renforce toute l’âme du groupe californien.

Bénéficiant d’une rythmique solide, grâce à la précision de frappe de Louie Clemente et à la richesse des lignes de basses de Greg Christian, le duo Peterson / Scholnick lâche des riffs percutants et des soli vertueux, sans être toutefois trop démonstratifs, soutenant la voix imposante de Chuck Billy, à la fois mélodique et terriblement puissante.

Depuis le thrash rapide de Nightmare jusqu’aux accents heavy de Time Is Coming, sans oublier le superbe instrumental Confusion Fusion, ou encore la douceur The Ballad qui devient alors furie, Testament visite tous les styles avec une aisance incroyable. L’opposition entre le jeu et les influences thrash de Peterson et l’approche heavy de Scholnick offre ainsi un contraste et une originalité saisissantes.

Or malgré les atouts étonnants de Practice What You Preach, Testament partage les fans, comme Anthrax et son State Of Euphoria, entre ses détracteurs considérant sa fougue des débuts envolée et son manque d’inspiration flagrant, et ses admirateurs subjugués par le caractère et la force de son thrash / heavy. En fin de compte et à juste titre, Practice connaît un succès retentissant, confirmant Testament au rang des leaders de la scène thrash Bay Area californienne, lui permettant ainsi de décrocher une tournée mondiale culte l’année suivante, le Clash Of The Titan, aux côtés de Slayer, Megadeth & Suicidal Tendencies.

Fabien.

> - Les chroniques -, Testament — admin @ 2:00

22 novembre 2007

Testament : The Gathering

Testament : The GatheringDepuis sa création en 1983 sous le nom de Legacy, Testament n’a cessé d’évoluer, passant allégrement d’une période thrash nerveuse à une ère aux colorations beaucoup plus heavy. Puis en 1997, Demonic annonçait le “Nouveau Testament“, plus corrosif et technique que jamais, qui poussait cette fois son thrash métal originel aux portes du death metal. Ainsi, en ce mois de juin 1999, la formation californienne revient avec The Gathering, sa huitième réalisation, délivrant une parfaite synthèse de toutes ses influences passées et actuelles.

Une fois encore, Eric Petterson et Chuck Billy alignent un line up impressionnant, associant brillamment Steve DiGiorgio (Sadus) et Dave Lombardo (Slayer) au couple rythmique, et s’épaulant de James Murphy (Disincarnate) à la seconde guitare. Dès lors, grâce à l’addition du jeu de batterie puissant & millimétré de Lombardo, des lignes de basse riches & techniques de DiGiorgio, et des riffs agressifs & précis de Petterson / Murphy, The Gathering dégage d’une puissance de feu incomparable, bénéficiant de surcroît d’une production superbement massive et cristalline.

Ainsi, renouant brillamment avec son passé, mais possédant parallèlement un son et une approche très modernes, Testament réincarne la pure essence du thrash. Depuis DNR et ses touches rétros délicieuses, jusqu’à Fall Of Sipledome et ses soli vertueux, en passant par Down Of Life et son rythme headbanguesque, Legions Of The Dead et sa brutalité écrasante, Eye Of Wrath et ses ambiances envoûtantes, chaque titre possède ainsi son identité propre, et forme un tout d’un relief et d’une cohérence exemplaires.

La voix de Chuck Billy est bien sûr phénoménale, mais aussi incroyablement variée, alternant un chant thrash remarquable à des growls gutturaux décollant la tapisserie des murs, à l’image de l’excellent True Believer, qui démontre toute l’étendue de son panel et son talent.

Ainsi, grâce aux compositions inspirées d’Eric Peterson, divinement mises en valeur par un line up prestigieux, Testament revient sur le devant de la scène avec un nouvel album explosif, d’une maîtrise et d’un professionnalisme incomparables. Véritable passerelle entre la fougue thrash / heavy des débuts et la brutalité pure de Demonic, bénéficiant en plus d’un son énorme, The Gathering s’inscrit sans conteste parmi les albums thrash les plus redoutables des dix dernières années précédant sa parution.

Fabien.

> - Les chroniques -, Testament — admin @ 2:00

31 octobre 2007