Altars of Fab' Death

Thanatos (NL) : Justified Genocide

Thanatos (NL) : Justified GenocidePionnier du deathmetal en hollande, Thanatos n’a en revanche jamais bénéficié du statut culte de son homonyme Pestilence, ni même d’une notoriété équivalente à ses collègues Gorefest, Asphyx & Sinister. Mal distribué, son second album Realm of Ecstasy possédait pourtant de sérieux atouts pour convaincre. Particulièrement lent pour sortir un nouvel album (la séparation entre 1992 et 1999 n’accélérant pas les choses), le groupe emmené par Stephan Gebédi n’en est ainsi qu’à son cinquième full lenght en 25 ans de carrière.

Changeant de label au gré des albums, Thanatos signe cette fois-ci avec la petite structure néerlandaise Deity Down Records qui, malgré une dévotion sans faille, possède des moyens promotionnels limités. L’écurie finance toutefois un enregistrement aux fameux studios Excess (Asphyx, Krisiun, Sinister) sous la coupe d’Andy Classen, tandis que le mixage et le mastering sont remis dans les mains expertes du non moins célèbre Dan Swanö, ancien leader d’Edge of Sanity et ingénieur du son talentueux.

Articulé autour d’un line up stable, comptant notamment Stephan Gebédi & Paul Baayens aux guitares, tous deux membres de la nouvelle sensation old school Hail Of Bullets, Thanatos ressort ainsi des studios néerlandais avec un Justified Genocide flambant neuf, superbement mis en image par Marco de Brvin, bassiste au sein de la formation.

D’entrée de jeu, They Feed on Fear ouvre l’album sur des rythmiques très agressives, à la coloration deaththrash fortement marquée, renforcée par la voix de Stephan à la limite de l’éraillement. A l’instar du dernier missile de Seance, Thanatos assume ainsi un côté thrash prononcé, symbole fort le ramenant à ses premières années. Destruction.Chaos.Creation fixe quant à lui une atmosphère plus profonde, lâchant un passage acoustique fort bien senti, pour s’enchainer sur la batterie lourde de Yuri Rinkel et le chant désormais guttural de Stephan, avant de retrouver une rapidité et une incision thrash toute particulières au fil de son avancée.

Justified Genocide jongle ainsi habilement entre une lourdeur deathmetal et une agressivité thrash durant ses huit titres inédits, marqués par les soli puissants de Paul Baayens, qui manie fort bien sa six cordes dans ces moment là, à l’image de ses leads sur The Devil’s Triangle. Dans l’unique but de se faire plaisir, Thanatos reprend au passage le fameux Dawn of Eternity de Massacre, s’appropriant fort bien ce morceau culte. Enfin, quoique plus dispensable, son EP de 2006 clôture l’album en guise de bonus, offrant une nouvelle version d’And Jesus Wept (initialement présente sur son second disque) ainsi qu’une reprise du fameux Burning of Sodom de Dark Angel.

Plus technique qu’Angelic Encounters et plus percutant qu’Undead. Unholy. Divine., Justified Genocide montre ainsi la passion et le plaisir inaltérables de Thanatos après 25 années d’existence, s’imposant comme l’album le plus furieux de la formation hollandaise depuis Realm of Ecstasy, tout en possédant cette touche délicieusement thrashisante d’Emerging from the Netherworlds. Ancré entre la fin des eighties et le début des nineties, le cinquième effort de Thanatos s’adresse ainsi en premier lieu et sans prétention aux deathsters nostalgiques de la première époque du deathmetal, à l’image des derniers albums de ses homonymes Seance & Pestilence.

Fabien.

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19 juin 2009

Thanatos (NL) : Realm Of Ecstasy

Thanatos (NL) : Realm Of Ecstasy

Deux ans après Emerging From The Neitherworld, au death thrash perfectible mais déjà accrocheur, et fort d’un line up inchangé, Thanatos retourne aux RA.SH Studios sous la houlette d’Uli Posselt, pour le compte de son label Shark Records. Realm Of Ecstasy sort ainsi en avril 1992, présentant un deathmetal gagnant considérablement en puissance, grâce à l’expérience du groupe et de son ingénieur du son.

La batterie de Remo est désormais parfaitement en place, assénant des rythmiques carrées permettant aux guitares du duo Gebédi / De Brouwer de frapper avec un maximum de précision. Stephan Gebédi a également travaillé sa voix d’arrache pied, et possède maintenant un guttural profond, s’eloignant de ses vocaux arrachés du début. Les compositions de Realm Of Ecstasy gagnent parallèlement en équilibre et efficacité, comportant une multitude d’éléments rendant l’écoute captivante, depuis l’intro écrasante de Terminal Breath jusqu’au tempo rapide et dévastateur de Reincarnation, en passant par les breaks et soli des excellents Tied Up, In Praise of Lust et Human Combustion.

A l’instar de sa progression entre Final Holocaust et Enjoy The Violence (Massacra), Uli posselt dote l’album d’un enregistrement de bien meilleure qualité. La profondeur de la batterie ajoutée au son massif et tranchant des guitares, le tout mixé avec beaucoup de clarté, permet à Realm Of Ecstasy de dégager une puissance et une épaisseur formidables, qui manquaient encore sur le premier effort.

Sans toutefois rencontrer le succès de Cross the Styx ou Consuming Impulse (Sinister, Pestilence), Realm Of Ecstasy demeure parmi les réalisations les plus intéressantes de la scène deathmetal hollandaise des débuts. Thanatos réussit en effet en cette année 1992 à combiner puissance, finesse et précision, les qualificatifs qui correspondent le mieux à l’essence même du deathmetal.

Fabien.

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9 octobre 2007

Thanatos (NL) : Emerging From The Netherworlds

Thanatos (NL) : Emerging From The Netherworlds

Formé en 1984 autour de Stephan Gébédi, journaliste chez Metal Hammer, Thanatos débute en tant que formation thrash avant d’être entraîné dans la spirale deathmetal, s’inscrivant ainsi parmi les pionniers du genre en Hollande, aux côtés de Pestilence. Après plusieurs démos s’étalant entre 1984 et 1989, le groupe décroche un contrat avec l’écurie Shark Records, qui possède déjà Massacra et Sepultura (sous licence Cogumelo) dans son catalogue. Thanatos rentre alors en novembre 1989 aux Studios RA.SH appartenant à son label, débouchant sur la sortie du bien nommé Emerging from the Netherworlds en février de l’année suivante.

A l’image du Sensorial Treatment de Loudblast, Emerging from the Netherworlds possède une coloration thrash marquée, bien que Thanatos se sente incontestablement plus proche des strates deathmetal. Même si le groupe ne possède pas encore sa pleine puissance rythmique, le jeu de batterie rapide et cassant de Remo permet néanmoins aux guitares de Stephan et Erwin d’asséner des riffs percutants, soutenant la voix arrachée de Stephan.

A l’instar de Massacra sur Final Holocaust, Thanatos bénéficie d’un enregistrement d’Uli Pösselt d’une qualité honnête, mais manquant parallèlement de lourdeur au niveau de la batterie et d’épaisseur dans les guitares, lui conférant ainsi ses accents thrashisants. Malgré tout, le son d’une grande clarté apporte le mordant et la puissance nécessaires à l’ensemble. Emerging from the Netherworlds lâche de surcroît des compositions variées, depuis les riffs incisifs de Bodily Dismemberment & Meaning Of Life, jusqu’aux solos soignés de Dawn Of The Dead & The Day Before, en passant par les lignes acoustiques de basse du bon Dolor Satanae.

Manquant certes d’un brin de professionnalisme, Emerging from the Netherworlds reste un album death thrash particulièrement accrocheur. Il impose ainsi Thanatos sur la scène deathmetal néerlandaise, et confirme en 1990, après le redoutable Consuming Impulse de Pestilence, toute la détermination de la Hollande au sein de ce mouvement extrême grandissant.

Fabien.

> - Les chroniques -, Thanatos — fabien @ 0:30

8 octobre 2007