Altars of Fab' Death

Thy Serpent : Lords of Twilight

Thy Serpent : Lords of TwilightSi Forests of Witchery renferme six longs morceaux, dix ont pourtant été enregistrés en juin 1996 durant les sessions d’enregistrement aux Tico-Tico Studios d’Ahti Kortelainenen, lieux ayant notamment accueilli de fameuses formations finnoises comme Demigod, Belial, Mythos ou Impaled Nazarene. A l’exception de l’instrumental Ode to the Witches Part III aux claviers capturé dans les mêmes temps, ces morceaux mis de côté ont été composés durant les premières années de Thy Serpent, et se trouvent donc dans leur première mouture sur les démo-tape Frozen Memory et Into Everlasting Fire de 1994 et 1995. Notre leader Sami Tenetz n’a en effet conservé pour son premier album que son répertoire le plus récent, ayant déjà pour projet de réunir ses plus vieux titres sur un second disque à part entière.

Planifié à l’avance, le second album baptisé Lords of Twilight sort donc chez Spinefarm Records dès mai 1997, dans un temps relativement proche de son prédécesseur, puisque seuls huit mois séparent leur parution respective. Bénéficiant des mêmes sessions d’enregistrement, les morceaux mis provisoirement sous le coude sonnent ainsi exactement à la manière de Forests of Witchery, et reflètent une même inspiration. L’entrainant The Forest of Blakulla, l’envoutant In Blackened Dreams et le tout aussi poignant Unknown sont autant de titres fort bien ficelés, sur lesquels Sami Tenetz démontre déjà un vrai savoir-faire, alliant rage, mélancolie et sensibilité avec un talent remarquable. Autour du guitariste, on retrouve bien sûr les mêmes interprètes, les solides Agathon, Luopio et Azhemin (batterie, basse, claviers), qui œuvrent parallèlement dans d’autres formations finlandaises reconnues telles que Soulgrind ou Gloomy Grim.

Malheureusement, là où Lords of Twilight aurait pu constituer un fabuleux mini-album, qui n’aurait honnêtement rien eu à envier à la force de Forests of Witchery ni à ses ambiances sombres et mélancoliques, Thy Serpent tombe rapidement à court de carburant en exhumant que peu de morceaux de ses premières années. Le groupe complète laborieusement le tout avec la version d’origine d’In Blackened Dreams (tirée de la démo-tape Frozen Memory) et quatre interludes aux claviers capturés en janvier 1997 (s’ajoutant à l’instrumental Ode to the Witches Part III), certes finement interprétés mais bien trop nombreux là où l’on attend vainement d’autres pièces metal plus consistantes.

Ne proposant que trois titres metal inédits composés durant les jeunes années de Thy Serpent, Lords of Twilight reste donc un album d’une facture assez légère, que les moult interludes aux claviers parviennent difficilement à gonfler, là où le bon & planant Ode to the Witches Part III, placé en outro comme la brume descendant des montagnes, aurait suffi. Les fans de Forests of Witchery ne pourront toutefois pas être déçus à l’écoute des quatre morceaux issus des sessions de 1996, dégageant une atmosphère sombre, froide et enivrante si typique du groupe de Sami Tenetz, l’un des meilleurs représentants du dark/blackmetal finlandais des années 90’s. Sans rechercher la technique, nos musiciens font preuve d’un sacré talent de composition & d’interprétation, alliant finesse d’écriture, efficacité rythmique & riffesque avec beaucoup de majesté.

Fabien.

> - Les chroniques -, Thy Serpent — admin @ 19:23

3 février 2012

Thy Serpent : Forests of Witchery

Thy Serpent : Forests of WitcheryThy Serpent est fondé en Finlande en 1992, sous forme de one-man band dirigé par Sami Tenetz, qui enregistre respectivement les démos Frozen Memory & Into Everlasting Fire, avant de rejoindre l’écurie Spinefarm en 95/96. Le leader s’associe alors avec le bassiste / chanteur Lupio, puis Agathon & Azhemin, tous deux connus pour leur investissement au sein de Gloomy Grim & Soulgrind. Le line-up complet rejoint le célèbre Ahti Kortelainen (Demigod, Impaled Nazarene) en juin 96 aux Tico Tico Studios, pour l’enregistrement du premier album Forests of Witchery, sortant à la fin de la même année.

L’excellent titre Flowers of Witchery introduit divinement le dark black de la formation, sur les rythmes middle tempo & apaisants d’Agathon, ou s’expriment les guitares saturées ou acoustiques de Sami, supportées par les nappes de claviers discrètes d’Ahzemin et la voix éraillée de Luopio. Entre douceur, rage et mélancolie, le morceau rappelle ainsi la saveur du First Spell de ses homonymes Gehenna. Puis, plus court et plus énergique, Of Darkness and Light impose ses tempi entrainants et accrocheurs, mais reste empreint de cette même coloration dark, véritable fil conducteur de l’album.

Plus longs & progressifs, les trois titres suivants alternent brillamment parties rageuses & mélodiques, durant lesquelles le quatuor varie judicieusement ses atmosphères, grâce à l’emploi maitrisé de ses claviers ou de ses guitares acoustiques. Thy Serpent parvient ainsi à conserver impeccablement l’intensité des morceaux, malgré leur relative longueur, à l’image des 9:40 de Unknown Plains ou des 11:26 du superbe Veil Of Melancholy, qui défilent avec étonnante fluidité. Au final, seul le dernier titre Wine Of Tears, complainte de huit minutes aux claviers, s’avère passablement ennuyeux.

Chargé en ambiances mélancoliques et riche en émotion, Forests of Witchery impose ainsi un dark black majestueux, admirablement mis en valeur par la production soignée & équilibrée d’Ahti Kortelainen. Thy Serpent livre ainsi un album d’une profondeur remarquable en cette année 1996, à l’image du précieux Aspera Hiems Symfonia d’Arcturus, sorti quelques mois auparavant.

Fabien.

> - Les chroniques -, Thy Serpent — admin @ 2:00

31 août 2008