Altars of Fab' Death

Toxic Shock : Between Good and Evil

Toxic Shock : Between Good and EvilSuite au faible succès de Welcome Home…Near Dark paru en 1990 chez Nuclearblast, Toxic Shock tente désormais l’aventure chez un nouveau label allemand fraichement monté, le jeune Massacre Records encore debout de nos jours. La bande d’Eislingen se dirige alors en studio en juin 1992 pour les sessions de son troisième album, comptant dans ses rangs un nouveau chanteur en la personne de Kai Weber, tandis que l’ancien frontman Uwe Diessenbachen glisse simplement au poste de bassiste. Ce changement n’est pas innocent, puisque le chant plus altéré (sans parler foncièrement de growl) de Kai s’inscrit dans la nouvelle orientation du groupe des frères Kreissig, séduit par un style deathmetal en pleine explosion et délaissant son thrashmetal originel avec lequel il avait timidement percé, un repositionnement traduit par la pochette plus ‘death’ de Between Good and Evil.

Guitares plus lourdes, chant plus abrasif, ambiances de mort plus insistantes sont ainsi les principales caractéristiques du changement opéré par Toxic Shock, bien que les réminiscences thrashmetal du passé soient encore fortement présentes, notamment dans le jeu de guitare de Manuel Kreissig. On se retrouve ainsi avec un Between Good and Evil calé entre death et thrashmetal, montrant une volonté de rapprochement vers le premier style et une incapacité à se détacher du second, quoique que ceci soit avant tout un constat et pas forcément un reproche. Mais une fois encore, malgré un très bon morceau éponyme bien amené et idéalement ficelé, notre groupe allemand reste solide mais tout aussi générique que par le passé, sans trouver les riffs qui percutent ni afficher une vraie singularité. En trois albums tous différents, Toxic Shock n’a donc pas réussi à trouver une véritable identité, restant dans la masse des groupes aujourd’hui séparés, n’ayant pas marqué la scène extrême tout en ayant maintenu un niveau de qualité tout à fait honorable.

Fabien.

> - Les commentaires -, Toxic Shock — admin @ 13:24

16 mai 2013

Toxic Shock : Welcome Home…Near Dark

Toxic Shock : Welcome Home...Near DarkL’année 1990 est synonyme du décollage du label allemand Nuclearblast mené par Markus Staiger qui, après un redoutable Purity Dilution de Defecation plus que remarqué une année auparavant, édite plusieurs albums qui se vendent jusqu’à 30 000 exemplaires, à savoir les premiers jets de Benediction, Pungent Stench, Master et Atrocity, ainsi que le second effort d’Incubus, cinq disques associés à un mouvement deathmetal en pleine explosion. Si cette même année d’autres groupes du label comme Disharmonic Orchestra ou Righteous Pigs sont également remarqués, les thrashers allemands de Toxic Shock passent quant à eux plutôt inaperçus malgré l’édition en vinyle et CD de leur album Welcome Home…Near Dark. Notons également que le disque est le fruit d’une seconde collaboration entre le trio d’Eislingen et Markus Staiger, notre manager ayant déjà produit le debut-album Change from Reality sur son label éphémère Metalblast, qui devait initialement être le pendant metal de Nuclearblast.

Si Change from Reality lorgnait assez du côté de Kreator, notamment à travers le chant d’Uwe Diessenbacher proche de celui de Mille Petrozza, Toxic Shock corrige le tir ici-même et s’éloigne plus distinctement de la trame thrashmetal teutonne typique des années 80’s comme celle d’Assassin ou de Violent Force. La voix d’Uwe devient plus bourrue, tandis que le thrash agressif du trio adopte une légère teinte crossover des US, un petiit feeling hardcore et un groove qui était absents sur le précédent album, hormis sur la reprise United Forces tirée du répertoire de SOD. Malgré de bonnes idées et de la rage, ainsi qu’une mise en place sans reproche et une interprétation solide, ce second effort des frères Kreissig donne dans un thrashmetal encore conventionnel, ne possédant pas d’atouts particuliers pour s’extraire de la masse, d’autant dans un style qui connait au départ des années 90’s une certaine désaffection du public, au profit d’un deathmetal en pleine ascension. Intrinsèquement, Welcome Home…Near Dark reste un disque de bonne tenue, un moment de choix pour les thrashers les plus endurcis.

Fabien.

> - Les commentaires -, Toxic Shock — admin @ 20:09

15 mai 2013

Toxic Shock : Change from Reality

Toxic Shock : Change from RealityPassionné par la musique dès son plus jeune âge, Markus Staiger porte un intérêt croissant pour la scène hardcore-punk nord-américaine, grand fan d’Agnostic Front devant l’Eternel. Auteur d’un fanzine lui permettant de multiplier les contacts, il s’envole en 1987 aux Etats-Unis avec la ferme intention de rencontrer un maximum de groupes. De retour à Donzdorf, il crée son label Nuclearblast, le groupe de hardcore ‘Blast’ dont il est grand amateur ayant grandement influencé le choix de son patronyme. Il édite cette même année trois vinyles LP, la compilation Senseless Death rassemblant plusieurs groupes HC-Punk US, le premier LP de Condemned, ainsi que celui des gars d’Impulse Manslaughter de Chicago, qui connait un certain succès.

Une année auparavant, le groupe de thrashmetal Toxic Shock se forme quant à lui en 1986 à Eislingen, son nom étant directement lié à un morceau du redoutable second album d’Agnostic Front, Cause for Alarm, le plus metal de la première partie de carrière du groupe hardcore US. Connaissant Marcus, le quintette signe un deal d’un album, faisant suite à ses deux demo-tape. Modestement financé par notre Manager, l’enregistrement de Change from Reality s’étend durant quelques journées de mai 1988 aux Masterplan Studios. En revanche, comme Nuclearblast est encore totalement dédié au HC-Punk à cette période, notre manager décide de presser le vinyle sous le nom de label Metalblast, celui-ci voyant donc le jour sous la référence MB001, la seule issue sous cette appellation très éphémère.

En 1989, Nuclearblast ayant grandi entre-temps et ayant déjà gravé ses deux premiers CD (Logical End d’Impulse Manslaughter et le terrible Purity Dilution de Defecation), Marcus réédite quelques exemplaires en LP/CD de Change from Reality, en optant étrangement pour une parution le nom de label Mind Control, division tout aussi éphémère qui ne dépassera pas les six réalisations, Toxic Shock n’endossant donc la bannière Nuclearblast qu’à l’occasion de son second album Welcome Home à paraître en 1990.

Change from Reality, c’est du pur thrasmetal allemand majoritairement influencé par Kreator (le chant hargneux de Uwe Diessenbachen ressemblant ici-même beaucoup à celui de Mille Petrozza), où l’on retrouve cette fibre teutonne proche de Violent Force, Deathrow ou Necronomicon. Outre son chanteur, Toxic Shock est aussi une histoire de famille, incluant les frères Kreissig (batterie, guitare), ainsi que les frangins Atwater (guitare, basse), ces derniers n’effectuant toutefois qu’un aller-retour entre les deux premiers albums, sans n’avoir participé à aucun des deux enregistrements.

Ce debut-album est articulé autour de huit compositions durant lesquels les frères Kreissig bâtissent un thrashmetal solide, chaque morceau avoisinant les six minutes, intervalles riches en rythmes rapides, riffs sauvages, breaks & relances, soli débridés, à l’image de la piste Forbidden Lust qui tient toutes ses promesses. A l’instar du bon Assault from Tomorrow de Violent Force d’une qualité intrinsèque tout aussi notoire, Change from Reality arrive toutefois un peu tard sur la scène allemande, rentrant donc dans la case des disques génériques suivant le mouvement, et non dans celle des albums cultes et précurseurs. Ne boudons toutefois pas notre plaisir devant la fougue, l’agressivité et la bonne articulation de morceaux comme Burning Down ou State of Madness, quoique cette teinte ‘kreatorienne’ revienne régulièrement à l’esprit.

Acteur d’une scène thrashmetal teutonne intense et prolifique durant les années 80’s, et témoin des premières années d’efforts décisifs de Marcus Staiger, Toxic Shock ne livre certes pas un classique du genre mais un Change from Reality qui plaira à coup sûr aux thrashers nostalgiques de cet axe géographique et temporel. La bonne reprise United Forces du groupe culte de crossover SOD, revisitée à la sauce germanique et clôturant l’album, vaut également un petit détour.

Fabien.

> - Les chroniques -, Toxic Shock — admin @ 17:17

14 mai 2013