Altars of Fab' Death

Unanimated : In the Light of Darkness

Unanimated : In the Light of DarknessFormé autour du guitariste Johan Bohlin en 1988, précurseur de la scène deathblack mélodique suédoise aux côtés de Dissection, Sacramentum ou Edge of Sanity, Unanimated disparaît brusquement en 1996, non sans avoir laissé deux albums marquants sortis chez la défunte écurie No Fashion Records (Fester, Merciless), spécialiste de la scène mélodique scandinave de l’époque. Onze année après sa séparation, le groupe se reforme autour de son leader, retrouvant ses coéquipiers de l’époque, Richard Cabeza (Ex-Dismember) à la basse, Peter Stjärnvind (Ex-Merciless, Ex-Entombed) à la batterie, et Micke Jansson au chant.

Fort d’un contrat avec l’incontournable écurie Regain Records (Behemoth, Vader, Marduk, Necrophobic), qui réédite au passage ses deux premiers albums longtemps introuvables, Unanimated rejoint le très célèbre Tore Stjerna aux Necromorbus Studios (Watain, Merrimack) pour les sessions de son troisième album. In the Light of Darkness sort ainsi en avril de l’année suivante, dans le même temps que le redoutable Death to All de son homonyme Necrophobic.

Après quatorze années de silence entre deux albums, le deathster pouvait donc avoir quelques craintes légitimes quant aux retour d’Unanimated. Les premiers accords de l’excellente intro Stench of Death suffisent toutefois à dissiper son appréhension, l’impression de puissance et de noirceur, largement mise en valeur par l’enregistrement impeccable de Tore Stjerna, emporte directement l’auditeur, parallèlement sous le charme des mélodies uniques de Johan Bohlin.

La succession irrésistible de riffs sur Retribution in Blood, au ton à la fois rageur et mélodique, soutenant les vocaux deathblack de Micke Jansson, confirment ainsi le retour réussi d’Unanimated. Le groupe parvient en effet brillamment à conserver l’aura death mélodique bénie des nineties, tout en évitant non seulement l’aspect vieille école propre à de nombreuses formations de retour aujourd’hui (Seance, Pestilence), mais aussi un côté moderne aseptisé. Imparable, The Endless Beyond charme par ses harmonies mélancoliques et son riff principal aussi subtil qu’entêtant, sur un rythme middle tempo, avant de laisser place à un Diabolic Voices très agressif, d’une forte coloration black, proche du meilleur de Watain, dominé par les rythmiques rapides et roulements tapageurs de Peter Stjärnvind.

In the Light of Darkness défile ainsi d’une traite, juxtaposant une furie deathblack et un ton mélancolique de tout instant, pour se clore sur un Death to Life et l’outro Strategia Luciferi en tout point mémorables. De nombreuses guitares lead s’ajoutent enfin sur chaque composition, exécutées par Johan Bohlin himself, ou encore par quelques invités de renom, tels Sebastian Ramstedt, Set Teitan & Erik Wahlin (Necrophobic, Watain, Merciless), complétant le tableau à la perfection.

Si depuis le milieu des années 90, des albums comme Skydancer, Storm of the Light’s Bane & Far Away From the Sun semblaient appartenir à une époque désormais révolue, Unanimated ressuscite la flamme de ces perles du death mélodique suédois de façon exemplaire. Agressif, mélodique & organique, In the Light of Darkness est une réalisation puissante et équilibrée, représentant un nouvel étalon dans un style deathblack mélodique pur, que l’on croyait pourtant oublié.

Fabien.

> - Les chroniques -, Unanimated — admin @ 2:00

18 juin 2009