Altars of Fab' Death

Visceral Bleeding : Absorbing the Disarray

Visceral Bleeding : Absorbing the DisarrayFort d’un Transcend Into Ferocity remarqué, Visceral Bleeding retourne en juin 2006 aux Flatpig Studios, fidèle à Robert Ahrling, pour les sessions d’Absorbing the Disarray, son troisième full lenght. Le guitariste et compositeur Peter Persson aligne cette fois un line up largement remanié durant l’enregistrement, ne conservant que son redoutable batteur Tobias Persson. L’album sort ainsi respectivement sur le territoire européen et outre atlantique, couvert par Neurotic & Willotip Records.

Absorbing the Disarray, démarre très fort, à coups de Disgust The Vile et Despise Defined, confirmant le maintien d’une brutalité et d’une rapidité à toute épreuve, sur les rythmiques de Tobias Persson assassinant par leur puissance & leur précision, et servant parfaitement les riffs techniques & enchevêtrés du couple Bermheden / Persson. La durée du disque s’étire cette fois sur quarante minutes conséquentes, permettant au groupe de livrer des compositions plus abouties, cassant la judicieusement la linéarité inhérente du style, par une foule de contre temps, de riffs syncopés, de breaks vicieux et de soli alambiqués, tout en conservant un rythme déconcertant par sa vitesse effrénée, à l’image des brillants Perpetual Torment et Awakened By Blood.

L’apport de Martin Pedersen au chant permet en outre à Visceral Bleeding de se détacher d’une trop forte ressemblance avec Spawn Of Possession, flagrante à l’époque du précédent album, où Dennis Rondüm balançait ses vocalises au sein des deux formations. Les accents de ses confrères suédois restent néanmoins perceptibles, s’ajoutant désormais à ceux de Cannibal Corpse, notamment au niveau du flot guttural articulé de Martin, aux teintes Georges Fisher indéniables.

Possédant une maîtrise et une dextérité formidables, Visceral Bleeding lâche des titres toujours aussi rapides & complexes, mais désormais plus épais, gagnant ainsi en profondeur, et confirmant sérieusement sa place sur la scène brutal death technique internationale. Toutefois, malgré ses rythmiques caractéristiques, lui conférant une marque de fabrique certaine, le quintette suédois peine encore à s’affranchir pleinement de ses influences, une libération qui lui permettrait pourtant d’exploser véritablement et de s’imposer parmi les leaders incontestés du style.

Fabien.

9 avril 2008

Visceral Bleeding : Transcend Into Ferocity

Visceral Bleeding : Transcend Into FerocityVisceral Bleeding se forme en 1999 à Malmö, autour de son compositeur principal Peter Persson, délivrant un death brutal & technique proche de la scène US, à l’instar d’Anata ou Aeon, loin des accents mélodiques pompeux de la plupart de ses compatriotes. Après son premier album Remnants of Deprivation sorti en 2002, le groupe signe alors un précieux contrat avec l’écurie Neurotic Records, débouchant sur les sessions de Transcend Into Ferocity aux Flatpig Studios de Robert Ahrling (Origin Blood), et sur sa commercialisation en mai 2004.

D’emblée, l’album frappe par la rapidité et la précision du couple rythmique de Tobbe & Calle, soutenant les riffs atypiques & alambiqués de Peter & Marcus, aux jeux d’une dextérité stupéfiante, malgré l’incroyable vitesse d’exécution. La ressemblance entre Visceral Bleeding & Spawn Of Possession est en ce point marquante, accentuée par le guttural de Dennis Röndum, vocaliste au sein des deux formations, à ce moment.

Depuis l’intraitable Merely Parts jusqu’au terrible When Pain Came, Transcend Into Ferocity martèle ainsi à une vitesse hallucinante, ne calmant le jeu qu’à de très rares occasions, le temps d’un court break à l’image de Trephine The Malformed, pour repartir encore de plus belle. Balançant des titres se détachant difficilement les uns des autres, l’album donne ainsi l’impression d’un 33 tours défilant en vitesse 45, ne durant fatalement que 28 petites minutes, tant ses partitions sont accélérées.

Dans la lignée du death brutal et complexe de Necrophagist, Psycroptic ou Spawn Of Possession, le quintette suédois impressionne ainsi par sa maîtrise et sa vitesse désarmante. Parfaitement mis en valeur par sa production claire et puissante, Transcend Into Ferocity reste un vrai régal pour les brutes musicales, préférant un déballage technique à toute forme de mélodie ou d’atmosphère particulières. En cette année 2004, Visceral Bleeding se place en effet dans le peloton des formations brutal death les plus intéressantes, au potentiel formidable, devant toutefois paufiner ses ambiances et s’affranchir de ses influences encore évidentes, afin d’acquérir une véritable personnalité.

Fabien.

20 mars 2008