Altars of Fab' Death

Vital Remains : Forever Underground

Après deux albums de death-metal efficaces et tournés vers l’occultisme (surtout sur Into Cold Darkness), Vital Remains a quitté son label d’origine Peaceville pour rejoindre le label français Osmose Productions. C’est donc en trio : Tony Lazaro guitare, Joe Lewis basse/chant et Dave Suzuki (aussi véloce à la batterie que les deux roues japonaises sur la route) batterie, que Vital Remains a composé ce Forever Underground (1997), qui ma foi porte assez bien son nom.

On constatera d’abord un visuel très soigné avec une pochette très réussie. Du côté de la musique, ce Vital Remains « nouveau » évolue toujours dans le death metal, on le comprend dès le début du premier titre Forever Underground. Cependant ici l’approximation n’est pas de mise et sur tous les morceaux on trouve quelques influences heavy dans des titres comme Divine In Fire ou Battleground, même si le son lui, est purement death-metal.

Le son est justement un des gros points forts de l’opus : enregistré à Rhode Island par Rudy D’Agostino, qui a fait un gros boulot. Ainsi tout sonne très net, carré et puissant, le son de la caisse claire en particulier met parfaitement en valeur les parties grind de Dave Suzuki. La grande particularité de Forever Underground est de ne contenir que 5 titres et 1 instrumentale, mais ne vous trompez pas, nous n’avons pas à faire ici à un mini-CD car chaque titre à une durée de 8 à 9 minutes. Vital Remains avait déjà expérimenté un ou deux longs titres assez réussis sur Into Cold Darkness, ceci est devenu la marque qui les distingue depuis cet album.

Composer des morceaux aussi longs peut s’avérer un exercice risqué, surtout dans le death-metal mais Vital Remains y parvient ici sans provoquer l’ennui car les titres sont suffisamment variés pour ne pas lasser l’auditeur. On trouve bien ça et la, 1 ou 2 refrains redondants mais rien qui ne puisse gâcher l’écoute de ce CD. De plus Vital Remains parvient à insuffler un peu d’originalité à leur death metal avec quelques fines touches de clavier et des soli à la guitare classique sonnant fort bien. Un titre sort franchement du lot ici, I Am God, qui symbolise le meilleur de Vital Remains : parties rageuses, solo mélodique, mid-tempo entraînant et toujours ce blasting puissant de Dave Suzuki mis en valeur par la production.

Forever Underground aura été un album marquant du renouveau death-metal de la fin des années 90. Glen Benton ne faisait pas encore partie de Vital Remains mais procurez-vous cette galette et vous vous apercevrez qu’ils se débrouillaient déjà très bien sans lui.

BG?(www.spirit.of.metal.com)

A l’instar de Dave Suzuki, j’ai une préférence pour Let Us Pray et l’excellent Into Cold Darkness, bien que j’apprécie toujours le Vital Remains d’aujourd’hui, en particulier sur le puissant Icons Of Evil.
Forever Underground est celui qui, avec Dechristianize, bénéficie de la production la plus faible, flanqué d’un son manquant d’épaisseur et d’une caisse claire horriblement creuse. Dommage, ceci diminue l’impact des compositions, à mon humble avis. Fabien.

> - Les guests -, Vital Remains — fabien @ 2:00

18 septembre 2008

Vital Remains : Into Cold Darkness

Vital Remains : Into Cold DarknessDeux ans et demi après Let Us Pray, Tony Lazaro et sa bande reviennent en mars 1995 avec leur seconde offrande, le redoutable Into Cold Darkness. Peu de changements en perspective, puisque le groupe demeure chez Deaf / Peaceville et présente un line up stable, avec notamment Joe Lewis à la basse et Jeff Gruslin au chant.

Même si le style lourd et profond de Let Us Pray reste de mise, Vital Remains rompt avec son habitude d’éterniser ses morceaux, en proposant un nouvel album étonnamment court, aux titres dès lors plus digestes et plus percutants. Into Cold Darkness balance en effet 8 titres sur 41 minutes, dont le terrible Dethroned Emperor de Celtic Frost, admirablement repris.

Conservant la recette de passages tapageurs s’opposant à des parties d’une grande lourdeur, tout en possédant des titres plus expéditifs, Into Cold Darkness gagne ainsi en relief et en intensité, à l’image des excellents Immortal Crusade et Under The Moon’s Fog, délivrant une puissance impressionnante, notamment lors des breaks et des solos particulièrement pesants. De plus, parallèlement aux guitares épaisses de Tony Lazaro et aux growls très purs de Jeff Gruslin, Into Cold Darnkess distille quelques nappes de claviers ou hurlements de loups, qui assombrissent brillamment son atmosphère, renforcée par le concept ultra satanique développé par le groupe.

Evitant judicieusement son habitude de trop en faire, Vital Remains propose dès lors des morceaux plus directs et plus accrocheurs, qui conservent toutefois leurs ambiances particulièrement profondes et pesantes. Into Cold Darkness, dégage de surcroît une authenticité et une pureté en tout point exemplaires, permettant au groupe de consolider sa base de fans irréductibles et dévoués.

Fabien.

> - Les chroniques -, Vital Remains — admin @ 2:00

18 septembre 2007

Vital Remains : Let Us Pray

Vital Remains : Let Us PrayFormé en 1989 aux US dans l’état de Rhode Island, autour de Tony Lazaro, Vital Remains produit plusieurs démos durant ses trois premières années, dont le fameux EP The Black Mass sorti chez la défunte écurie hexagonale Thrash Records. Le groupe signe finalement un contrat avec Hammy, boss du label anglais Deaf / Peaceville, se concluant par l’enregistrement de son premier album, le redoutable Let Us Pray, sortant en août 1992.

Let Us Pray distille un deathmetal lourd sur un rythme majoritairement middle tempo, développant toutefois suffisamment de parties tapageuses pour lui apporter un surcroît d’intensité. De plus, certains morceaux contiennent quelques nappes de claviers utilisées avec parcimonie, à l’image de War In Paradise & Malevolent Invocation, créant une atmosphère très sombre, renforcée par la voix de Jeff Gruslin, éructant des propos blasphématoires sur un guttural très pur et très profond.

Par ailleurs, Vital Remains place judicieusement plusieurs interludes, comme devant les terrifiants Pure Unholiness & Ceremony, apportant un côté rituel particulièrement réussi. Mais, d’une durée de 56 minutes pour 9 titres, Let Us Pray en fait parfois trop, possédant de surcroît ce rythme assez lent et monotone, aux riffs empreints également d’une certaine linéarité.

Malgré ses quelques longueurs, Let Us Pray est un album puissant et racé, à l’identité très forte et aux ambiances sataniques & incantatoires inconstestables. Bien qu’arrivé plus tardivement que Morbid Angel ou Deicide sur le marché, Vital Remains, d’une intégrité exemplaire, parvient dès lors à se forger rapidement un nom, bénéficiant parfois même du statut de groupe culte au sein la scène deathmetal underground.

Fabien.

> - Les chroniques -, Vital Remains — admin @ 2:00

12 septembre 2007