Altars of Fab' Death

Vomitory : Carnage Euphoria

Absorbing the Disarray

Vomitory est sans doute le moins connu des “grands anciens” du Death suédois. Moins populaire que Entombed, moins culte que Grave ou Unleashed, il n’a pas de Left Hand Path, de Into The Grave ou de Where No Life Dwells à son actif, pas plus de leader charismatique tel que Johnny Hedlund ou Nicke Andersson. De plus, ces petits gars pratiquent un Death Metal des plus classiquement suédois. Rien donc pour se faire remarquer…

Toutefois, si vous êtes un fan invétéré du Death Metal des grand-mères, Vomitory est le groupe ultime à inviter pour votre boum d’anniversaire. Aussitôt installés derrière la sono, une bière à la main, les 4 de Karlstadt vous gratifieront de leur spécialité : le juke-box Death Metal.

De Ripe Cadavers, qu’on croirait sorti d’un vieux Unleashed, à The Ravenous Dead et son riff plus Bolt Thrower que nature, bonjour la nostalgie les enfants, voilà du beau, voilà du bon, voilà le groupe le plus caméléon de la scène Death Metal. Et que dire de ce Deadlock ? Ca ne vous rappelle pas furieusement un morceau de Deicide ? Cherchez bien…

Voilà donc l’un des groupes les moins originaux du Death Metal suédois, et ce n’est pas peu dire. Ceci dit on peut passer à la musique elle-même, qui ne manque pas de qualités. Il y a là tout ce qu’il faut pour égayer votre soirée d’anniversaire, car si les Vomitory ne sont pas les gars les plus créatifs de la soirée, il sont venus avec quelques packs de bières du meilleur aloi. Commençons sur les chapeaux de roue avec le puissant The Carnage Rages on et son riff central (vers les 1:00) tout droit sorti de Mercenary de Bolt Thrower. D’emblée, le son est gros, très gros, et, merveille des merveilles, on entend la basse ! Le groupe en profite pour nous glisser un petit riff slayerien (3:30) en final. Les Vomitory ne sont sûrement pas les meilleurs techniciens du quartier, mais quand il s’agit d’emballer la machine, ils connaissent leur affaire. A peine a-t-on commencé de se servir un deuxième apéro que déboule le plus mid-tempo Serpents et sa pléiade de riffs de recyclage, se risquant même à des accents Thrash et à quelques mélodies sur la deuxième moitié. Suit A Lesson in Virulence, une version multivitaminée de vieux morceaux de Death (le groupe), et là on se dit : est-ce que ce sont eux qui nous l’administrent ou eux qui la prennent, la leçon ?

Passent ainsi les 39 minutes de cet album pas désagréable à entendre, et finalement parfait pour égayer les soirées entre vieux fans de Death Metal old school : chaque morceau développe une ambiance, un tempo différents, et évoque à presque chaque fois un groupe mythique de l’histoire du Death Metal des origines. Le top pour que chacun y aille de sa remarque, de son anecdote concernant tel ou tel groupe ; un coup à finir en engueulade, cet engin-là, à enfiler les boissons qui correspondent le mieux à leur musique : la bière et le rouge qui tache. Certes l’effet juke-box est beaucoup moins saisissant que sur l’album précédent Terrorize Brutalize Sodomize, où chaque titre tenait presque du pastiche, de Obituary à Bolt Thrower en passant par Asphyx ou Napalm Death, album qui était également d’une qualité assez largement supérieure à celui-ci, malgré de bons moments tels que The Ravenous Dead. Certes la voix est puissante et bien en place, le son clair et équilibré, et juste crade comme j’aime, mais ça ne suffit pas à faire prendre la sauce. Tant qu’à faire je préfère sur ce coup-là leur petit frère de Torture Division qui a sorti une poignée de démos l’année dernière.

Et voilà comment vous redonner envie d’écouter du bon vieux Death des familles ; ça m’avait déjà fait ça avec leur précédent, cet album m’a permis de ressortir des perles telles que Fourth Crusade ou Scream Bloody Gore. Je me demande si je ne vais pas reprendre une petite bière, moi, tiens…

Uberallescalifornia (www.spirit-of-metal.com).

Bien que la coloration de ton texte colle parfaitement à ma vision du groupe et de son nouvel album, je trouve ton jugement et ta note finale un brin sévère. Même si Carnage Euphoria reste moins marquant que son terrible prédécesseur, il reste entrainant et réussi, bénéficiant d’une production très puissante sans être lisse pour autant. Enfin, bien que l’originalité n’y soit pas, le groupe jouit en revanche d’une vraie identité, se remarquant dès les premiers accords. Vomitory me rappelle Fleshcrawl sur ce point. Toutefois, je trouve que là où le groupe allemand s’essouffle depuis quelques années, Vomitory s’inscrit quant à lui mieux sur la durée. Fabien.

> - Les guests -, Vomitory — fabien @ 18:10

5 janvier 2009