Altars of Fab' Death

Winds (NOR) : Prominence and Demise

Prominence and Demise

Fort d’un noyau dur inchangé depuis ses débuts, Winds revient en ce mois de septembre 2007 avec son troisième album complet, pour le compte du label The End Records. Muni de superbes peintures de Travis Smith (Opeth, Amorphis), Prominence and Demise annonce ainsi toute la finesse et la volupté du métal atmosphérique de la formation emenée par Andy Winter.

Pourtant, malgré la présence de nombreux passages dégageant encore cette douceur et cette sérénité propre au groupe norvégien, à l’image du superbe Fall And Rise et de ses acoustiques renversants, le ton de Prominence and Demise est résolument plus métal, surtout au niveau de ses rythmiques. Jan Axel (Hellhammer) impose souvent un jeu très lourd, chargé en double pédalage et en roulements, à commencer par les formidables Grand Design & Paradise Died.

D’une durée de 55 minutes, Prominence and Demise est également plus alambiqué que ses prédécesseurs, mélangeant brillamment les ambiances douces et agressives. Bénéficiant d’un couple basse batterie sans faille, Carl August lance ainsi ses lignes de guitares incroyablement complexes et ses soli architecturaux, dont lui seul possède le secret. Sur cette assise rythmique technique, se greffent alors les vocaux suaves de Lars Eric et les partitions de piano d’Andy, emplies de mélodies sombres et élaborées.

Enfin, grâce à l’apport d’un quatuor à cordes (deux violons, un alto et un violoncelle), ainsi que de voix soprano, alto et tenor, respectivement d’Agnete Kirkevaag, Lars Nedland et Dan Swanö (Madder Mortem, Age Of Silence, Edge Of Sanity), le tout utilisé avec parcimonie et remarquablement mixé, Prominence and Demise distille un parfum néoclassique enivrant, et cache une multitude de trésors, ne se dévoilant qu’au fil d’innombrables heures d’écoutes.

Restant dans des sphères intimistes et mélancoliques, Prominence and Demise est en revanche plus dur et encore plus riche que ses prédécesseurs, montrant le besoin incessant d’innovation et de progression du quatuor norvégien, qui ne se fixe aucune limite, tant le talent de ses compositeurs et interprètes est immense. Winds figure sans conteste parmi les formations progressives les plus intéressantes et les plus constructives du métal, aux côtés d’Opeth ou Arcturus (RIP), bien que, ne pouvant s’empêcher de trop en faire, oublie parfois de se recentrer sur l’essentiel, et recréer ainsi les instants de pure magie d’Of Entity And Mind, son premier MCD.

Fabien.

> - Les chroniques -, Winds — fabien @ 8:15

10 novembre 2009

Winds (NOR) : Reflections of the I

Winds (NOR) : Reflections of the IImmortalisé entre 1999 et 2000 et paru l’année suivante, le mini album Of Entity and Mind avait directement propulsé Winds en haut des plus hautes marches de la scène dark progressive norvégienne, aux côtés de son homonyme Arcturus, grâce à une richesse musicale, une puissance émotionnelle et une somptuosité extraordinaires.

Evoluant désormais sous forme de quatuor, l’ancien sextet mené par le pianiste compositeur Andy Winter réinvestit les studios Toproom en mars 2001, sous la houlette de Borge Finstad, pour les sessions de Reflections of the I. Son premier full lenght sort ainsi en mai de l’année suivante chez le remarquable label italien Avantgarde Music, déjà à l’origine de la parution du mini-LP. Autour du pianiste, pilier de la formation, on retrouve ainsi l’imparable batteur Jan Axel Von Blomberg (Mayhem, Arcturus), le guitariste Carl August Tidermann (Ex-Arcturus), ainsi que le chanteur Lars Eric Si (Khold) se chargeant cette fois des lignes de basse.

Inspiré par de nombreux maîtres en musique classique, adressant d’ailleurs un hommage au compositeur russe Sergueï Rachmaninoff sur le court instrumental Predominance, Andy Winter bâtit l’ossature de ses morceaux autour de lignes de piano mélancoliques et majestueuses, à la manière de Sverd Johnsson au sein d’Arcturus. La batterie et les guitares de Jan Axel et Carl August apportent enfin la dimension métallique à l’ouvrage, livrant des jeux d’une finesse et d’un talent rares, à l’image des nombreux contretemps du batteur ou des soli éclatants du guitariste sur les mémorables Realization, Passion Quest ou Reason’s Desire.

Andy Winter s’entoure parallèlement d’un quatuor à cordes (violons, alto, violoncelle), qui apporte une dimension supplémentaire aux morceaux, donnant parallèlement à l’ensemble ses ambiances feutrées si particulières. Les passages métalliques intenses cèdent ainsi régulièrement la place à des moments d’accalmie envoutants, notamment sur les interludes Transition et Premonition, conférant toute la nuance et la profondeur de Reflections of the I.

Malgré tout, Winds ne parvient pas à récréer pleinement la magie de son fantastique mini-LP Of Entity and Mind, osmose entre pureté et mélancolie. Le chant suave de Lars Eric, couplé aux vocaux narratifs de Drajevolitch, ne contiennent cette fois pas la même intensité, semblant parfois même en décalage avec les parties instrumentales des interprètes.

Diffusant des atmosphères plus éthérées que l’invincible The Sham Mirrors d’Arcturus paru dans le même laps de temps, Reflections of the I confirme indéniablement la position de Winds parmi les leaders de la scène metal atmosphérique norvégienne, en cette année 2002. D’une intensité émotionnelle certes moindre en regard de son prédécesseur, l’album charme par sa douceur et sa légèreté, ses ambiances intimes et ses touches néoclassique délicieuses, montrant une fois encore toute le talent de son leader et la virtuosité de ses musiciens.

Fabien.

> - Les chroniques -, Winds — admin @ 2:00

Winds (NOR) : Of Entity And Mind

Of Entity And Mind

Winds se forme à Oslo en 1998 sous l’impulsion d’Andy Winter, son principal compositeur. Le pianiste parvient à réunir un line-up exceptionnel comprenant notamment le guitariste Carl August Tideman qui officiait sur le somptueux Aspera Hiems Symfonia d’Arcturus en 1996, ou encore le batteur Jan Axel Von Blomberg reconnu pour ses prestations fabuleuses au sein d’Arcturus & Mayhem. Ayant déjà abrité de nombreux talents tels que Katatonia ou Diabolical Masquerade, l’écurie italienne Avantgarde Music propose alors un contrat discographique au groupe, se concluant par l’enregistrement et la sortie du mini album Of Entity And Mind au printemps 2001.

A l’image des compositions de Steinar Johnsen au sein d’Arcturus, Of Entity And Mind est avant tout pensé au piano par Andy Winter, et conserve ainsi une structure bâtie autour de cet instrument. Le groupe délivre un metal progressif d’une couleur dark et d’inspiration néoclassique évidente. D’une richesse d’écriture déjà désarmante à la base, chaque morceau du mini-album voit alors son intensité transcendée grâce au talent d’interprétation de ses différents musiciens, pour citer les rythmes subtils et millimétrés de Jan Axel (loin de ses parties cataclysmiques dans Mayhem), les lignes guitares fines d’Helge K.Haugen, les leads architecturales et saisissantes de Carl August ou encore les parties de piano majestueuses d’Andy.

Débutant par le superbe morceau instrumental Inception Perspective, sur la basse fretless de Paul S (autre atout de Winds) et la voix narrative de Drajevolitch (en guest), Of Entity And Mind installe de suite une ambiance feutrée et envoûtante. L’introduction s’enchaîne sur le superbe titre In All Reflections, une pierre angulaire de la formation norvégienne où se mêlent adroitement piano, guitares acoustiques, soli poignants, chant suave, dans une harmonie incroyable.

Grâce à ce même génie créatif et cette osmose entre ses interprètes, paraissant inébranlables, Bloodstained And Sworn et Mirrored In Time renferment cette intensité constante, chargés d’une mélancolie qui décuple les sensations. Et que dire du morceau final, le magnifique An Eternity Of Dreams et sa fin tout en douceur, moment de plénitude qui clôture idéalement l’oeuvre, comme un regard en paix se fermant progressivement.

Instant d’une richesse, d’une créativité et d’une puissance émotionnelle éclatantes, Of Entity And Mind propulse ainsi Winds au rang des maîtres de la scène metal progressive norvégienne du moment, aux côtés d’Arcturus ou encore de l’éphémère Ved Buens Ende. Cette œuvre mélancolique, intime et de grande classe, reste à ce jour la réalisation la plus magistrale de Winds, qui parvient à toucher la magie du bout des doigts en cette année 2001.

Fabien.

> - Les chroniques -, Winds — fabien @ 2:15

15 novembre 2007