Altars of Fab' Death

Yyrkoon : Unhealthy Opera

Yyrkoon : Unhealthy OperaFort d’un contrat en béton chez Osmose Productions, Yyrkoon s’impose en 2004 avec son explosif Occult Medicine, au virage deaththrash décisif, se hissant parmi les valeurs sûres du deathmetal hexagonal. Traversant plusieurs pays européens en compagnie d’Impaled Nazarene dès l’année suivante, le groupe entreprend l’écriture de ses nouveaux morceaux de manière directe et instinctive, retournant alors aux Hansen Studios pour les sessions de son quatrième effort, Unhealthy Opera, commercialisé en début d’année 2006 par son label dévoué.

Unhealthy Opera marque le retour de Laurent Harrouart, ayant la lourde tâche de succéder au batteur de session Dirk Verbeuren, qui réalisa des prouesses techniques et une véritable démonstration de puissance sur Occult Medicine. Moins complexe, le jeu de Laurent est en revanche tout aussi rapide, mais se veut également fluide et instinctif, apportant une grande cohésion aux nouvelles compositions d’Yyrkoon.

Bénéficiant d’un enregistrement clair et massif de Jacob Hansen, Unhealthy Opera donne dès le départ la même impression de lourdeur que son impitoyable prédécesseur, à l’image de l’intensité dégagée sur Something Breathes et le redoutable titre éponyme. L’album dévoile en revanche une finesse supplémentaire au fil de son avancée, apportant au final un relief indéniable à l’ensemble. Chaque titre se détache ainsi naturellement, depuis le refrain mémorable d’Avatar Ceremony, le superbe solo d’Andy Larocque (King Diamond) sur Horror from the Sea, l’incision thrash d’Of Madness, jusqu’au riffing assassin d’Injecting Dementia, le tout sublimé par l’excellence des soli de Geoffrey et Stéphane, et le timbre guttural profond de ce dernier.

Victorien apporte parallèlement deux interludes acoustiques, dont le superbe Temple of Infinity, collant parfaitement au contexte d’Unhealthy Opera, tout en lui apportant une atmosphère feutrée judicieuse. Pour ne rien gâcher, les textes abordent des thèmes complexes, sur une reflexion intelligente basée sur le mythe de Chtulhu, trahissant une nouvelle fois la passion de Stéphane Souteyrand pour l’écrivain HP Lovecraft.

D’une qualité et d’une intensité équivalentes à son prédécesseur, Unhealthy Opera est un album également complémentaire, moins brut de décoffrage, au relief accru et aux ambiances plus subtiles. Soutenu par la critique et par un public désormais croissant, Yyrkoon s’embarque alors pour une série de concerts européens en compagnie de Nile et Psycroptic, mais perd contre toute attente sa motivation vers la fin 2006, mettant dès lors sa carrière en suspend en février de l’année suivante. Espérons un retour tout aussi fracassant de la part d’une formation parmi les plus originales et puissantes de la scène deathmetal hexagonale actuelle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Yyrkoon — admin @ 2:00

15 octobre 2009