Altars of Fab’ Death

Resurrection : Mistaken for Dead

Trois ans après son unique album Embalmed Existence, bon album de death metal floridien, mais stéréotypé pour l’époque et malheureusement noyé dans la masse des sorties de l’année 1993, Resurrection jette l’éponge et splitte définitivement en 1996. Mais en 2005, à l’instar de ses voisins de Brutality & Killing Addiction, Resurrection refait surface, rejoignant finalement Sinister, Malevolent Creation & Deadborn au sein de l’écurie allemande Massacre Records.

L’équipe reste soudée autour du guitariste compositeur John Astl et du growleur Paul Degoyler, mais perd l’appui précieux de l’impitoyable Alex Marquez, qui réalisait de véritables prouesses derrières les fûts sur Embalmed Existence. Toutefois, le duo recrute judicieusement Gus Rios, connu pour son martelage au sein de Malevolent Creation, ainsi que Jerry Mortellaro à la seconde guitare, transfuge du célèbre Diabolic. Fort d’un line up solide et expérimenté, Resurrection rejoint ainsi Jim Morris au Morrisound Studios début 2008, débouchant sur la sortie de Mistaken for Dead en juin, muni d’une couverture de Dan SeaGrave, illustrateur incontournable sur la scène death metal des nineties.

A l’image du choix des studios d’enregistrement et de la pochette de son album, Resurrection distille un death thrash ancré dans la grande tradition floridienne des années 90, privilégiant des structures middle tempo & entrainantes, servant de base à des rafales de riffs carrés et accrocheurs, loin de la technique et de la vitesse démentes et des nouveaux maîtres Origin, Hate Eternal & Brain Drill. L’ensemble est assez nerveux, Astl & Mortellaro ayant le sens du riff catchy et efficace, mais aussi suffisamment technique pour ne pas rendre la galette rapidement ennuyeuse. Le duo bénéficie en outre d’une assise rythmique béton, grâce au jeu précis & puissant de Gus Rios.

En quinze années, Resurrection a également brillamment conservé son identité, grâce au jeu caractéristique de John Astl, mais aussi au guttural particulier de Paul Degoyler, qui éructe des vocaux arrachés reconnaissables dès la première écoute. Ceci donne ainsi des morceaux agressifs & racés, à l’image des bons Coward & Buried Alive, ou encore du redoutable Perils of Burden.

Sans subir le préjudice d’une longue séparation, Resurrection revient ainsi dans une forme étonnante et un moral en béton, livrant un Mistaken for Dead aussi authentique qu’efficace, soutenu par la production puissante de Jim Morris. L’ensemble possède en revanche une teinte old school fortement marquée, qui rend le produit quelque peu daté, à l’image du dernier Doomsday-X de Malevolent Creation, séduisant donc en premier lieu les death thrashers nostalgiques des nineties, mais laissant peut-être la nouvelle frange du public extrême sur sa faim.

Fabien.

> - Les chroniques -, Resurrection — fabien @ 8:00 am

January 1, 2008

Unleashed : Hammer Batallion

Haaaa, enfin ! Le voici le nouvel album d’Unleashed, et c’est peu dire que je l’attendais de pied ferme celui là, vue la claque que j’ai pris avec leur précédente réalisation, Midvinterblot. Je n’avais qu’une peur, c’est que le groupe perde de sa fougue et nous serve un album en demi teinte, comme ça lui est déjà arrivé par le passé.

Il faut dire qu’Unleashed, tout comme Grave, a de la bouteille, alors les musiciens ont ils choppé de l’arthrite dans les articulations ? Ont-ils eu envie de ralentir la cadence et de nous parler d’autre chose que de glorieuses épopées viking ? Que dalle ! Unleashed reste Unleashed, et cet album est une merveille qui se place encore un cran au dessus de Midvinterblot, car plus compact et plus homogène. Le groupe n’a jamais été si teigneux, si agressif, et ne lésine d’ailleurs pas sur les blasts. Mais il ne mise pas tout sur la vitesse car les ambiances sont glaciales, parfois même proche du black métal, et les compos, assez courtes, sont gorgées de riffs assassins et de rythmiques massives parfois lentes et vicieuses (This Day Belongs To Me, Carved In Stone).

D’après moi, Unleashed n’a jamais réussi a être aussi percutant qu’aujourd’hui, pas mal pour un groupe qui traîne ses clous depuis environ 25 ans ! Que se soit à travers le style de riffs ou les vocaux uniques de Jonnhy Hedlund, Unleashed est reconnaissable entre mille et s’offre tout simplement une seconde jeunesse tellement les compos d’Hammer Battalion sont bonnes. Vous pensez peut-être que je m’emballe un peu vite, mais attendez un peu de poser une oreille sur ce disque, on en recausera après…

Oubliées les rythmiques parfois simplistes du passé, oublié le passage à vide de la fin des années 90, les compos sont tranchantes, entraînantes, les arrangements fouillés, et la production massive achève de donner à cet album une personnalité écrasante. Comme d’habitude avec la bande à Jonnhy, les rythmes sont variés, alternant entre parties très speed ou lourdes, et mid tempo foudroyants.

Mais surtout, Unleashed construit ses morceaux de façon à les rendre les plus percutants possible, c’est à dire qu’il ne fait pas étalage de sa technique mais concentre ses efforts sur des constructions assez basiques (bien que plus fouillées que par le passé), ce qui rend chaque compo immédiatement accrocheuse. Impossible par ailleurs de ne pas placer un mot sur les très brillants soli qui ponctuent chaque morceau ! Inspirés, fortement heavy et créatifs, chacun d’eux est un pur moment de délice pour les tympans.

Vraiment, je ne suis pas déçu par ce nouvel album, et je vous invite fortement à en faire l’acquisition. Treize titres, treize torpilles, « Hammer Battailon » est une œuvre majeure de la discographie de Unleashed, qui, loin de renier son style, s’impose comme un chef de file du death métal. Rien que ça ? Ben ouais… 

Tonio (www.metal-blogs/tonio) .

Fini les titres niaiseux à la “Death Metal Victory”, Hammer Battalion attaque sévèrement, c’est un fait. Les compositions de Fredrik & Johnny sont plus recherchées et plus sombres que par le passé (le culte Where no Life Dwells étant hors catégorie), ce surcroît de technique & d’intensité rendant de nouveau le groupe intéressant, à mon humble avis. Les soli de Fredrik sont également d’une fluidité étonnante, sans être démonstratifs, et les riffs sacrément renversants, particulièrement sur les refrains où l’intensité monte judicieusement d’un cran. Personnellement, sans monter jusqu’à un dithyrambique 18/20, je n’espérais plus un album de cette qualité et de cette ambiance de la part d’Unleashed. Fabien.

> - Les guests -, Unleashed — fabien @ 7:15 am

Kataplexia : Supreme Authority

Formé en 2003, Kataplexia est basé en Finlande, bien que le trio composant la formation soit originaire d’Amérique du sud. Enregistré en ces terres scandinaves en début d’année 2008, Supreme Authority représente déjà la troisième réalisation du groupe, qui évolue toujours au sein de l’écurie espagnole Xtreem Music (Kronos, Hour of Penance) dirigée par le célèbre Dave Rotten. Le label gratifie cette fois l’album d’une superbe illustration de Georges Prasinis, déjà remarqué pour ses pochettes de Spawn of Possession ou d’Inveracity.

Plus long, plus consistant, et bien mieux enregistré que son prédécesseur Catastrophic Scenes, Supreme Authority envoie un brutal death très proche du dieu Suffocation. Les compositions du duo Artiga / Moreira sont en effet structurées autour de rythmiques complexes & assommantes, exécutées par le batteur de session Timo Häkinnen & le bassiste Mikael Da Costa, à grands renforts de double pédale et des blast-beats, sur lesquelles viennent se greffer les plans enchevêtrés à deux guitares de Davi Moreira, à l’image des bons Unpredictable Spiritualism & Endless Suffering.

Supreme Authority renvoie ainsi une image proche de l’eternel Effigy of the Forgotten des dieux new-yorkais, ou encore du récent & inspiré Extermination of Millions des grecques d’Inveracity. Kataplexia balance en revanche quelques accélérations renversantes, sur un accordage très bas, durant lesquelles le guttural de Rodrigo se mue en des « grouinements » qui conférent quelques touches slam death fort appréciables. En outre, le groupe ponctue judicieusement ses morceaux de breaks écrasants (Anonymous Identities), de riffs dissonants & de soli accrocheurs (Circle of Sickness), permettant d’apporter une dynamique accrue à l’ensemble.

Parfaitement ficelé et bénéficiant d’une production compacte, Supreme Authority surprend ainsi par ses subtilités et la qualité de sa mise en place, présageant de nombreuses écoutes méticuleuses pour l’inconditionnel de death brutal & alambiqué. En revanche, Kataplexia ne possède pas d’identité particulière, s’ajoutant dès lors aux nombreuses formations évoluant dans le style, sans possibilité d’émergence et d’accès parmi les ténors de la scène brutal death actuelle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Kataplexia — fabien @ 6:45 am

Prostitute Disfigurement : Descendants Of Depravity

Descendants Of DepravityPour son quatrième album, Prostitute Disfigurement rejoint les excellents studios Excess en avril 2007, avec un tout autre visage, enterrant définitivement son death métal suffocant à l’extrême et ses vocaux incompréhensibles. La violence très crue et parfois insoutenable de ses précédents méfaits laisse parallèlement place à une brutalité toujours présente, mais beaucoup plus subtile et suggérée. Muni d’une superbe illustration du maître Par Olofsson, Descendants Of Depravity sort en mai 2008 chez la brillante écurie Neurotic Records (Visceral Bleeding, Psycroptic), une longue année après son enregistrement.

A l’instar des derniers missiles d’Odious Mortem & Decrepit Birth, le gang hollandais aère considérablement ses structures, utilisant désormais la brutalité de ses blast beats avec plus de parcimonie, lui permettant d’accroître l’impact et le relief de ses morceaux, et de les rendre dès lors beaucoup plus digestes et percutants. Niels délaisse parallèlement ses diarrhées vomitives habituelles, pour délivrer maintenant un chant guttural pur & articulé, le superposant parfois à des vocaux rageurs, qui booste l’ensemble de manière fort judicieuse.

Sur le jeu de batterie complexe de Michiel, dosant son double pédalage et ses blast beats avec une aisance désarmante, Roel & Benny déballent des riffs techniques et entrainants, possédant des jeux complémentaires, souvent en décalage d’un demi ton, qui nuancent et enrichissent ainsi considérablement les morceaux. Depuis les riffs affutés de Killing For Company, jusqu’au middle tempo écrasant du redoutable Life Depraved, en passant par les soli endiablés de Carnal Rapture et les breaks vicieux de Sworn To Degeneracy, P.Disfigurement frappe juste, avec une violence manifeste et une finesse étonnante.

Parfaitement calibré par la production d’Andy Classen (Krisiun, Sinister), brutal et fin à la fois, Descendants Of Depravity surprend à chaque instant par son équilibre et la richesse de ses compositions, donnant l’une des plus grosses baffes de ce premier semestre 2008. En s’éloignant du style hermétique de Devourment, P.Disfigurement rejoint ainsi brillamment les sphères subtiles & techniques de Spawn Of Possession, s’imposant parmi les chefs de file du brutal death technique européen, l’un des genres les plus prolifiques et les plus intéressants du moment.

Fabien.

Merciless Death : Realm of Terror

Merciless Death (USA) : Realm of TerrorEn ce mois de mai 2008, fidèle à son label Heavy Artillery, Merciless Death revient battre les tympans des thrashers, déjà sous le joug d’Evil In The Night, son premier et précédent assaut. Les frères Torres et Dan Holder abandonnent cette fois les zombies d’Edouard Repka, pour une illustration tout aussi travaillée d’un autre maître, Andreas Marshall, mettant en scène un prêtre aspiré par les forces obscures.

Realm of Terror déboulonne d’entrée avec The Abyss, une intro percutante lançant parfaitement le thrash intraitable de Merciless Death. L’album bénéficie en outre d’un enregistrement puissant & équilibré, qui apporte un son incisif aux guitares, tout en respectant la rugosité propre à la formation californienne. Ainsi, la force de son thrash ajoutée à la qualité de la production forment un cocktail détonnant, où se succèdent rythmiques entrainantes, guitares assassines, breaks tranchants et chant teigneux, tel l’impitoyable The Gate et ses rafales de riffs renversants.

Conservant un thrash particulièrement hargneux, Merciless Death digère également mieux ses influences et soigne parallèlement ses ambiances, à l’image de l’interlude Fall To The Pentagram, lui permettant d’épaissir judicieusement son style. Possédant la vitesse de Strappado (Slaughter), embrassant l’aura sombre de None Shall Defy, Urm The Mad & Seven Churches (Infernal Majesty, Protector, Possessed), dégageant des accents Slayeriens délicieux sur les soli emballés de Dan Holder, Realm of Terror synthétise ainsi l’esprit thrash ‘evil’ des années 80 avec une justesse remarquable.

Aussi rugueux & percutant que son prédécesseur, aux colorations rétro tout aussi exquises, Realm of Terror balance 28 minutes de thrash dense & authentique, risquant d’emballer le rythme cardiaque de nombreux thrashers, béats devant son atmosphère endiablée et l’efficacité de ses riffs. S’imprégnant parfaitement de l’essence du thrash des eighties, tout en affirmant sa pleine personnalité, Merciless Death devient désormais aussi précis et meurtrier qu’une balle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless Death — admin @ 6:15 am

Abysmal Dawn : Programmed to Consume

Fort d’un premier album d’une étonnante maturité, Abysmal Dawn décroche directement un contrat avec le puissant label Relapse Records. Sans modifier l’alchimie de From Ashes, Le groupe californien emmené par Charles Elliot retourne ainsi aux studios Shiva Industries, pour les sessions du successeur Programmed to Consume, débouchant sur sa sortie en mai 2008, muni d’une nouvelle illustration du maître Par Olofsson.

Comme l’indique la réitération de l’ingénieur du son et du dessinateur, Programmed to Consume se situe dans l’exacte lignée de son prédécesseur. Les nouveaux titres d’Abysmal Dawn sont toujours aussi techniques, équilibrées & nuancées, bénéficiant de rythmiques bétons et d’un riffing d’une précision exemplaire. En outre, les jeux de guitares de Charles Elliot et Jamie Boulanger, souvent en décalage d’un ton, se complètent à la perfection, permettant de nuancer et d’enrichir considérablement les compositions.

Programmed to Consume s’entend cette fois sur une durée allongée à 37 minutes, permettant à Abysmal Dawn de varier davantage son style, tout en le peaufinant dans les moindres détails, depuis la puissance des riffs de Compulsory Resurrection & Cease to Comprehend, la beauté des soli de Modern Art, l’envoutement acoustique de l’interlude Aeon Aomegas, jusqu’aux atmosphères blackisantes de Path of Fire. Par ailleurs, le chant guttural pur de Charles Elliot complète admirablement le tableau, alliant une rage à une incroyable profondeur, n’ayant d’égal que les growls d’Akerfeldt au sein de Bloodbath. Les paroles se situent en outre dans un registre spirituel intelligent & posé, renforçant la sobriété du concept d’Abysmal Dawn.

Parfaitement enregistré, Programmed to Consume dégage ainsi un death metal d’une puissance et d’un équilibre étonnants, tout en développant des atmosphères d’une grande richesse. En revanche, manquant peut-être d’un brin de folie, et se situant dans la même veine que son prédécesseur, l’album ne surprend pas, confirmant certes le tout talent & le potentiel d’Abysmal Dawn, le plaçant dans les valeurs sûres du death US, sans toutefois l’exposer en premier plan.

Fabien.

> - Les chroniques -, Abysmal Dawn — fabien @ 6:00 am

Hail Of Bullets : …Of Frost And War

?Of Frost And WarNé fin 2006 autour de Martin Van Drunen, Stephan Gebédi & Ed Warby, officiant respectivement au sein d’Asphyx, Thanatos & Gorefest, Hail Of Bullets est la réunion de principaux acteurs des débuts de la scène death métal hollandaise, nostalgiques de cette époque particulièrement riche en souvenirs et en créativité. Une seule démo enregistrée en 2007 suffit à attirer l’attention du label Metal Blade, débouchant sur les sessions de …Of Frost And War aux excellents studios Excess & Unisound, puis sur sa sortie en mai 2008.

Album concept articulé autour des batailles sanglantes sur le front de l’est durant la seconde guerre mondiale, …Of Frost And War renvoie une imagerie très guerrière, rappelant immédiatement les sujets si chers à Bolt Thrower. Cette comparaison s’applique également à sa musique, véritable concentré de death métal de la première époque, possédant la lourdeur rythmique du combo britannique, mais aussi les riffs tranchants d’Asphyx et le groove de Gorefest (grâce au jeu très fluide d’Ed Warby), à l’image du redoutable titre Ordered Eastward, distillant parallèlement des pointes mélodiques dignes d’Edge Of Sanity, tels Carpathian Mountains & Berlin, qui clôturent l’album sur une pointe mélancolique & émotionnelle fort judicieuse.

Le point fort d’Hail Of Bullets réside bien sûr dans l’intégration de Martin Van Drunen, qui délivre son guttural arraché inimitable, invitant tous les vieux death métalleux à lâcher une larme de nostalgie lors des premières écoutes. En outre, la puissance de la production d’Hans Pieter et la clarté du mixage de Dan Swanö ne gâchent en rien l’ancrage de …Of Frost And War dans un death old school fortement marqué, restituant fidèlement le son de l’époque et le grain si particulier de ses guitares.

Loin de tout déballage technique, Hail Of Bullets valorise avant tout l’efficacité de ses rythmiques, la puissance de ses riffs et l’épaisseur de ses ambiances. Plusieurs structures ont toutefois tendance à se ressembler, se démarquant difficilement les unes des autres, faute à des riffs simples & directs souvent similaires. Ainsi, malgré ses alternances judicieuses entre passages lourds et rythmiques entrainantes, …Of Frost And War instaure parfois un sentiment de lassitude, qui se dissipe toutefois rapidement à l’écoute de pépites telles que The Lake Ladoga ou Red Wolves, ou encore dès l’approche de ses derniers morceaux, surprenant par leur intensité et la richesse de leurs atmosphères.

Sans prétention technique, …Of Frost And War délivre un death old school authentique, loin de nombreuses productions aseptisées du moment, restaurant ainsi minutieusement les codes du death métal des premières heures, comblant dès lors les nostalgiques de cette période atemporelle. Sans toutefois bénéficier d’une identité proprement marquée, Hail Of Bullets synthétise en effet l’essence des ténors du death européen des années 80/90, tels Bolt Thrower, Asphyx, Grave, Gorefest & Edge Of Sanity, avec une justesse et une sobriété remarquables.

Fabien.

> - Les chroniques -, Hail of Bullets — admin @ 5:45 am

Testament : The Formation of Damnation

Si tout se jouait au mérite, Testament serait assurément sacré roi du thrash metal actuel. S’accrochant avec vigueur tout au long des années 90, pour finir en apothéose avec l’incroyable The Gathering, Chuck Billy et Eric Petterson peuvent se targuer non seulement d’être le seul des monstres sacrés américains à avoir braver la tempête de la sorte, mais également d’avoir déclenché le signal du renouveau du thrash dans ses plus beaux atours dès 1999. Les années ont passé, et désormais, même les vieux collègues historiques de la Bay Area (Exodus, Death Angel) sont réapparus au sommet de leur forme. Le successeur de The Gathering étant annoncé depuis bien (trop ?) longtemps, un strapontin au premier rang avait été toutefois soigneusement réservé pour Testament. On connaît la suite, les péripéties qui ont amené à ces presque dix ans stériles passés, puis enfin, The Formation of Damnation naquit.

Habitué des line-up mouvants sur les derniers albums, le duo s’est attaché cette fois-ci à reconstituer le noyau historique autour d’Alex Skolnick à la guitare et de Greg Christian à la basse. A la batterie, on trouve Paul Bostaph, l’un des trois plus fameux mercenaires batteurs de Californie avec Gene Hoglan et Dave Lombardo.

Premières impressions après tant d’attente fébrile ?

Pour commencer par le début, on dira que le disque met un certain temps à prendre sa vitesse de croisière. Après une jolie intro qui annonce le riff-thème principal de More Than Meets The Eye, on entre dans le vif du sujet. Chuck Billy a toujours ce timbre si appréciable, le tout ronronne gentiment sur un tempo plutôt moyen, mais sorti de la redondance volontariste de son riff, le morceau laisse une impression mitigée. Cela ne s’arrange pas vraiment avec The Evil Has Landed, toujours calé sur du mid-tempo. Bien carré, bien fini, soigné dans ses transitions, le heavy-thrash catchy de Testament se déguste facilement mais manque un poil d’allant. Bien loin d’apparaître comme une évolution logique de l’album précédent, ce début de disque paraît inspiré d’un héritage plus lointain. Sauf que le titre suivant, Formation Of Damnation, remet -enfin- les pendules à l’heure. On retrouve le chant plus guttural de Chuck, venant s’appuyer sur une compo bien plus virulente. Bostaph semble enfin se lâcher, et le premier headbanging est de la partie. Rien non plus de révolutionnaire, notamment dans la partie centrale du morceau où le matraquage plus lent ne fait pas dans l’original. Sauf que l’accélération finale vient juste à point pour conclure quand même un bon moment de plaisir. Gros morceau que ce titre.

La montée d’adrénaline se fait salement doucher par le morceau suivant, sans doute le plus insipide du disque. Là encore, pas de faute de goût particulière, mais ce thrash déjà entendu, assez poussif et au refrain pas accrocheur pour deux sous n’a pas le supplément d’âme que l’on espère, malgré de jolis soli et une rythmique volontaire. Testament semble enfin trouver sa vitesse de croisière à partir de The Persecuted Won’t Forget, plus varié et incisif, que ce soit au niveau des guitares, du chant ou du tempo. Henchman, malgré sa rythmique « tagada-tagada » un peu éculée, recèle une belle énergie qui se révèle à mi-morceau. Même Killing Season, plus mou du genou, passe relativement bien grâce à des lignes guitaristiques pertinentes, donnant un côté rock n’roll très agréable. Après un Afterlife très quelconque et un poil soporifique, le très catchy F.E.A.R vient à point pour relancer la machine. Pas d’envolées supersoniques ici, mais son petit riff sautillant bien épaulé par de bonnes parties de double du père Bostaph, alternant avec un refrain bien accrocheur, donne un joli relief au morceau. Le tout se finit par un morceau assez mélancolique et finalement plutôt sombre, Leave Me Forever, qui tranche assez nettement avec l’esprit global du disque.

Vous aurez compris à mes nombreux bémols que The Formation of Damnation ne m’a pas procuré les mêmes frissons que le dernier Exodus, par exemple. Etais-je trop naïf en croyant que Testament allait nous refaire le coup de The Gathering ? Toujours est-il que Chuck Billy et sa bande sont rentrés dans le rang. Il s’agit premier rang, tout de même, et le fameux strapontin leur revient malgré tout. L’album est de qualité, proposant un thrash plutôt mid-tempo bien ficelé, accrocheur, à la production irréprochable (tout de même), qui ravira les fans du genre. Mais personnellement j’y vois une légère régression par rapport à The Gathering, The Formation of Damnation apparaissant moins moderne et peut-être plus poussif, allant chercher des inspirations dans la vieille discographie du groupe (et c’est une réussite à ce niveau),alors que son prédécesseur semblait définitivement tourné vers l’avenir. Et sans réel grief envers Testament, je ne peux qu’exprimer une pointe de déception et d’amertume toute personnelle, qui reste quand même anecdotique à l’heure du bilan.

Eulmatt (www.spirit-of-metal.com).

Sans égaler la puissance et l’avant garde de Gathering, Formation est un bon album de Testament, retour aux amours thrash des premiers albums, avec un son impressionnant, grâce à l’incroyable ingénieur Andy Sneap. Rien à redire quant à la précision du couple rythmique de Bostaph & Christian, ni sur les incroyables vocaux de Billy, insufflant beaucoup de punch et de relief à l’ensemble. Et quel bonheur de réentendre les duels de soli endiablés entre Scholnick & Peterson ! Un bon album pour ma part, même si je préfère nettement certains titres à d’autres, à l’image des superbes More Than Meets & The Evil, survolant le lot. 15/20 me paraît la note la plus juste. Fabien.

> - Les guests -, Testament — fabien @ 5:15 am

Deicide : Till Death Do Us Part

L’année 2006 marquait le retour du grand Deicide avec The Stench Of Redemption, parvenant brillamment à se renouveler, après une série d’albums qui matraquaient sans grande inspiration. Le gang Benton confirme ainsi la direction prise depuis son précédent effort, balançant un Till Death Do Us Part surprenant encore par la richesse de ses structures et de ses arrangements, tout en accroissant ostensiblement son niveau de brutalité. Le groupe arbore par ailleurs un côté beaucoup plus sombre, parfaitement retranscrit dans le choix de deux superbes peintures d’Hans Baldung (Renaissance - XVIè) pour illustrer l’album, conférant une ambiance mystique où la pureté se confronte au pêché et à la damnation.

Till Death Do Us Part fixe d’emblée l’épaisseur de ses atmosphères, dès Beginning Of The End, son intro dominée par les rythmes lourds de Steve Asheim et les riffs torturés du tandem Santola / Owen, accordés très bas. L’instrumental s’enchaine sur l’excellent titre éponyme, aux tempi tout d’abord pesants, cédant rapidement la place à un débordement rythmique hargneux, où Steve impose son jeu fouillé et ses blast beats carrés, soutenant les salves de riffs brutaux des deux guitaristes. Glen Benton enfonce alors le clou avec son guttural d’une profondeur incroyable, superposant parfois son chant caverneux avec des vocaux criards, en livrant son flot habituel de paroles haineuses et blasphématoires.

Ficelé de main de maître par Steve Asheim, Till Death Do Us Part bénéficie ainsi d’un équilibre remarquable, opposant ses passages lourds à une violence rythmique diablement maîtrisée, à l’image des redoutables Hate Of All Hatreds & Severed Ties. En outre, les jeux complémentaires de Ralph Santola & Jack Owen nuancent et enrichissent considérablement les compositions, sans s’égarer toutefois dans des constructions à tiroir. Les soli de Ralph s’intègrent enfin impeccablement à l’ensemble, perdant le côté parfois trop heavy développé sur The Stench Of Redemption, se mêlant ainsi adroitement aux lead de Jack, mais aussi de Steve, qui dépose étonnamment plusieurs lignes de guitares.

Divinement mis en valeur par la production claire & profonde de Jim Morris, se posant en véritable pied de nez face aux détracteurs qui juraient l’obsolescence des Morrisound Studios, Till Death Do Us Part impose durant 42 minutes un manifeste de pureté death et de brutalité sombre, à l’iconicité anti chrétienne fortement marquée. Deicide confirme ainsi son excellence depuis le départ des frères Hofmann, reconquérant sa place de ténor parmi les pionniers du death métal nord américain, aux côtés de Morbid Angel & d’Immolation.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deicide — fabien @ 5:00 am

Arsis : We Are The Nightmare

Et voici le troisième album des redoutables américains de Arsis. Le groupe compte de plus en plus de fans dévoués à sa cause, il faut dire que son death métal hyper technique est impressionnant de maîtrise et que question dextérité, les musiciens n’ont de leçons à recevoir de personne…

Avec ses deux réalisations précédentes, Arsis a montré de quoi il était capable, plus question pour le groupe de prouver quoi que ce soit. Deux options s’ouvrent alors à lui, continuer sur la lancée d’un death qui frôle la démonstration ou revoir sa façon de composer pour proposer quelque chose d’un peu plus risqué et ambitieux. Point de grosse évolution, Arsis cimente son style avec un troisième album ébouriffant et au final assez peu surprenant, les fans y trouveront leur compte. Pas de réelle évolution, mais pas d’immobilisme non plus, car la composition est extrêmement habile et les soli mélodiques toujours aussi savoureux. Toutefois, même si les riffs et les breaks sont toujours aussi barrés, Arsis met quelque peu de l’eau dans son vin en proposant des compos plus sages qui ne foncent plus tête baissée comme par le passé. Ce petit côté adouci, côté renforcé par une production très claire, décevra peut-être ceux qui avaient été séduit par l’aspect “chien fou” des deux opus précédents (le premier surtout), mais l’ensemble reste de haute volée.

Nous voici donc en présence d’un album qui pilonne dans tous les sens (quel batteur !), à la fois bourrin et mélodique, et relevé parfois de touches heavy bien sympas. Les amateurs de technique et de soli décoiffants seront à la fête, d’autant que l’inspiration est bien présente, chaque titre fourmillant en effet d’idées originales. Et pourtant, au niveau des sensations que dégagent cet album, j’ai été un poil déçu, il manque un ingrédient final qui aurait élevé cette réalisation à un niveau supérieur. Curieusement, même s’il est agressif, cet album ne dégage pas d’atmosphère particulièrement prenante, je n’ai été réellement transporté qu’à de trop rares moments. Arsis ne possède pas l’aura malsaine et suffocante du récent Antithesis de Origin par exemple, et c’est bien dommage car ce We Are The Nightmare aurait été bien meilleur encore. Mais bon, faut pas non plus cracher dans la soupe, de très bons passages font régulièrement mouche, notamment lors des trois derniers titres, les meilleurs à mon goût (Failure’s Conquest est un vrai morceau de bravoure).

We Are The Nightmare  a de quoi vous mettre à genoux et se décortique écoutes après écoutes, preuve que le death technique a encore de beaux jours devant lui. Mettez la main à votre porte-monnaie, vous ne gaspillerez pas vos thunes, et ce même si je pense que le meilleur de Arsis est encore à venir. Vivement le prochain !

Alors que le death à tendance mélodique paraît de plus en plus fade et aseptisé au fil des années, Arsis parvient à sortir des missiles authentiques et particulièrement inspirés. Ce groupe US réussit le pari incroyable de marier le métal brutalico-classieux de Necrophagist, avec la fibre mélodique & agressive des premiers Dark Tranquillty, époque culte The Gallery. Arsis possède de surcroît une personnalité fortement marquée, et une technique absolument renversante. Son album We Are The Nigthmare porte d’ailleurs bien son titre : un vrai cauchemar pour les musiciens, et guitaristes en particulier ! Fabien.

> - Les guests -, Arsis — fabien @ 4:15 am