Altars of Fab’ Death

z Grindcore

En attendant les chroniques plus nombreuses de mes albums de grindcore, je vous propose simplement un de mes messages postés sur le forum www.spirit-of-metal.com. Bonne lecture !

Le grindcore est un mouvement que j’affectionne depuis 20 ans, autant que le thrash et le death. C’est dire. Le terme vient des lèvres de Mick Harris himself, alors batteur au sein du terrible Napalm Death, qui appelait ses blast beats des parties grind, imposant alors le terme grindcore pour définir la musique de sa formation (rappelons que le Death Metal n’était pas encore un style à part entière à cette époque).
 
Dans sa forme initiale, le grindcore est donc une simple évolution de la scène hardcore punk britannique, gardant sa fougue et son côté contestataire, mais en mêlant des vocaux gras ou gutturaux, des guitares possédant la lourdeur du métal, et des rythmes de batterie souvent effrénés. A l’origine du mouvement hardcore grind, Napalm Death, Extreme Noise Terror, Doom, Intense Degree et Electro Hippies, restent à mon sens les meilleurs représentants.
 
Mais parallèlement, les parties blastées continuent d’être surnommées des parties grind, d’où l’appellation inévitable death / grind, représentant textuellement du death metal avec des parties de batteries grind, pourtant issu de formations de pur death dans l’approche, d’où toute l’ambiguïté.
 
Mais le quiproquo ne s’arrête pas là, puisque les formations fleuretant véritablement de près avec les deux styles sont également surnommée death / grind. En effet, à la vue de ses nombreux points communs avec le death métal (vocaux gutturaux, son lourd et maîtrise de la double pédale), le grind fusionne rapidement & inévitablement avec le death, entrainant la formation de groupes passerelles comme les incontournables Defecation et Terrorizer, et un peu plus tard l’essentiel Brutal Truth. Des groupes plus récents, incorporant quelques éléments hardcore et développant un esprit contestataire, comme Dying Fetus ou Misery Index, peuvent également être associés au mouvement.
 
Mais ce n’est pas tout, puisque la scène US peut se permettre également de revendiquer dès 1984 /1986 l’étiquette Grind, avec d’un côté le Drop Dead de Siege, hardcore déjanté d’une brutalité inédite pour l’époque, ayant directement influencé la scène hardcore grind anglaise des eighties (comme Napalm Death), et de l’autre côté, le terrible Slaughter Of The Innocents (Horrified) de Repulsion, death métal pur jus pour certains, mais possédant ce côté destroy & balançant une rafale de parties grind parmi les plus meurtrières jamais entendues. Aujourd’hui encore, des missiles comme Freakery ou World End Carnage de Cretin et Jigsore Terror pérennisent le côté cradingue de Repulsion, avec leur approche crade et terriblement désinvolte, même si le côté death reste prédominant.
 
Pour couronner le tout, Carcass sophistique aussi le mouvement en 1988/89, en rompant quasiment avec les origines hardcore, en proposant un grind-gore, que l’on pourrait qualifier de « mélodiquement moins structuré que le death ». Symphonies Of Sickness représentant bien sûr l’œuvre ultime de son époque grind gore. Dans la voie unique de Carcass, General Surgery, The county Medical Examiners et Regurgitate proposent encore aujourd’hui des réalisations remarquables… et terriblement crades.
 
Sophistication ? Oui ! Cephalic Carnage figure ainsi parmi les chefs de file du grindcore actuel, synthétisant cette scène à la perfection. Sur un concept et des paroles intelligentes, son grind est terriblement brutal mais aussi incroyablement diversifié, le groupe US ne se fixant délibérément aucune limite, mais proposant pourtant des albums d’une cohérence exemplaire.
 
En parallèle du grindcore, la scène crustcore est également très importante, bien qu’encore plus méconnue. Ici, la lourdeur du métal et les vocaux gras restent de mise, mais l’influence punk, de Discharge par exemple, est encore plus évidente. Depuis ses initiateurs, les britanniques de Doom et d’Extreme Noise Terror, beaucoup de formations ont brillamment emboité le pas, à l’image des anglais de Disgust, des américains de Disrupt, ou encore des suédois de Disfear. Un mouvement aussi désinvolte que rafraîchissant et percutant.
 
Comment ne pas penser également à la scène grind suédoise, initiée en 1990 par Filthy Christians, et brillamment reprise par les redoutables Nasum, Regurgitate, Coldworker et Gadget, parmi les groupes les plus brutaux et les plus subtils évoluant à ce jour (excepté Nasum (RIP Miescko)).
 
Bref, le grindcore est une scène incroyablement prolifique, subtile et diversifiée, ne méritant certainement pas le dénigrement et l’ignorance qu’elle affonte depuis maintenant 20 années.

Et voici quelques oeuvres grind / crust associée (une par groupe).
Certains disques sont beaucoup plus death ou carrément hardcore punk, mais faites comme si.

1982 DISCHARGE - Hear nothing (hardcore punk furieux à la base du thrash & du HC/grind)
1984 SIEGE - Drop Dead
1986 REPULSION - horrified
1987 NAPALM DEATH - scum
1987 ELECTRO HIPPIES - The only good punk
1987 UNSEEN TERROR - human error
1988 DOOM - war crimes
1989 CARCASS - symphonies of sickness
1989 DEFECATION - purity dilution
1989 EXTREME NOISE TERROR - a holocaust in your head
1989 TERRORIZER - world downfall
1990 FILTHY CHRISTIANS - mean
1991 NAUSEA - crime against humanity
1993 DISGUST - brutality of war
1993 BRUJERIA - Matando gueros
1994 BRUTAL TRUTH - need to control
1994 DISRUPT - unrest
1997 DISFEAR - everyday slaughter
1998 NASUM - Inhale exhale
1999 LOCK UP -pleasures pave sewers
2000 DYING FETUS - Destroy the opposition
2001 PHOBIA - Serenity through pain
2004 JIGSORE TERROR – world end carnage
2005 ROTTEN SOUND - exit
2005 CEPHALIC CARNAGE - anomalies
2006 BLOCKHEADS - shapes of misery
2006 COLDWORKER - the contaminated void
2006 CRETIN - freakery
2006 MISERY INDEX - Discordia
2006 GADGET - the funeral march (le plus brutal)
2006 GENERAL SURGERY - left hand pathology
2006 REGURGITATE - Sickening bliss
2007 THE COUNTY MEDICAL EXAMINERS - Olidous operettas
2008 VENOMOUS CONCEPT - Poisoned Apple

Grind now, work later.
Fabien.

> Uncategorized — fabien @ 8:06 am

September 22, 2008

No Comments »

No comments yet.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URI

Leave a comment