Close Your Eyes : Empty Hands and Heavy Hearts

Close Your Eyes : Empty Hands and Heavy HeartsDemandez à un Metalleux un tant soit peu honnête…si si, ça existe ? de vous dire quel est le genre qui a le vent en poupe en ce moment, il vous dira, le Metalcore.

Mais le Metalcore, c’est un peu court…Le Metalcore est bien autre chose que la poubelle dans laquelle jette le Death Metal tout ce qu’il lui ressemble, mais ne juge pas digne de porter son étiquette, et dont quelques-uns réchappent sous celles du Deathcore et la encore plus vague du HardCore.

Le Metalcore et un genre à part entière, c’est une base qui mélange à différentes doses, le Death Metal et le Punk HardCore avec le chant hurlé Punk ou le growl Death et quelques chants clairs. Et qui maintenant depuis quelques années, dans une espèce de seconde vague, mélange tout les style de Death, qu’il soit Death Metal, Brutal Death, Melodic Death, à tous les Punk HardCore, le Old School, le Post ou le Modern…jusqu’à, et c’est là que le bat blesse, l’EmoCore (également appelé Post-Hardcore).

Auxquels viennent s’adjoindre des éléments extérieurs, comme le Heavy, le Rap, la Pop et de plus en plus de Hard Rock. Un genre, donc très varié, du très violent au très … émotif. Mais avec une constante, cette impression de mur de son dense et clair.

Avec Close Your Eyes, c’est à la seconde vague que nous nous intéressons, dans sa branche émotive.

Close Your Eyes ce jeune groupe Texan formé en 2005 à l’université sort son second album, «Empty Hands and Heavy Hearts» chez Victory Record avec qui ils ont signé en 2009, le Label spécialisé Core où il côtoie l’excellent A Day To Remember, God Forbid ou les Secret Lives Of The Freemasons.

Penchons-nous un peu sur cette galette de Metalcore, de HardCore tendance Emocore, de Post-HardCore… de Gay Metal ou de toute autre dénomination pouvant l’éloigner le plus possible de ce que certains estiment pouvoir considérer Metal ou non.

[mode : midinette on] Ho la la…. Close Your Eyes… J’a-do-re c’est trop beau, les chœurs, y m’font presque pleurer, et le chanteur, il chante trop bien, même que parfois quand il crie, j’ai l’impression qu’il à plus d’espoir, mais parfois, la musique elle est tellement belle, que tu vois la petite lumière au bout du tunnel…ah mon beau journal…je déprime, et c’est bon ??? et maman qui fait des haricots vert ….[/mode : midinette Off].

Et c’est vrai, «Empty Hands and Heavy Hearts», ne tournons pas autour du pot, est un album superbe. La musique, riche et variée servie par une production impeccable.

On a beau destiner cette musique aux ados urbains, dépressifs, boutonneux et suicidaires. Ça en est pas moins, de la musique, du Metal, de surcroit, et que là en l’occurrence, ce ne sont pas des manchots , un riffing foudroyant parfois plombé qui vous vrille les neurones, un couple basse/batterie au diapason, carré, sec, faisant groover «Erie» mêlant Death Melo et Folk Alternatif speedé (me faisant vaguement penser à Noir Désir), parfait exemple de ce que donne Close Your Eyes, riffs chirurgicaux, des mélodies fines et accrocheuses, une voix claire Pop sans défaut, un chant crié et hurlé, varié, d’une grande maitrise, emmené par une section rythmique au cordeau.

Une musique facile d’accès (comme si c’était un gros mot), qui vise droit où elle doit aller, le cœur.

Oui, c’est vrai … et j’adore ça, ce cri désespéré, et ces chœurs lacrymogène, quand c’est fait comme sur «Wolves», ça me retourne comme une jouvencelle, ce qui ne l’empêche pas d’être une tuerie ciselée de breaks dévastateurs destinés à la scène et au headbang. «Empty Hands and Heavy Hearts» c’est 45mn d’émotions, de colère, de rage, de désespoir.

Sans haine Close Your Eyes est un groupe White Metal, et ne mange pas de ce pain-là. Ni mièvrerie, pas de ballades mielleuses sur cet album, ça blast virulent, et quand c’est pas rapide, c’est lourd et sombre, tout en étant toujours entrainant, une musique qui déborde de son cadre HardCore/Metalcore.

Assurément Metal, Close Your Eyes à l’étoffe d’un groupe Pop, attention pas dans le sens variété actuelle, celle des grands, pas celle qui parle à tout le monde, mais à chacun. Dépressif ou non, fan de Sludge de Punk de Folk Rock de Death Melo de Hard de Thrash de Pop ou de Heavy chacun devrait ne serait-ce que poser une oreille furtive sur cet opus. Successions break, breakdown, break … up, battle des guitares, groove entrainant ou oppressant. Musicalement, c’est très travaillé et bien écrit, pas d’ennuis et de facilité, et l’interprétation aussi bien musicale que le chant, sont d’une grande qualité, une superbe production soulignant les clairs obscurs des compos, dense et aérée, donnant à la musique déjà énergique le punch qui lui donne de la hauteur, à la fois, pas de déchets, une réussite.

Close Your Eyes, comme beaucoup de groupe Metalcore, est un groupe de White Metal, et il faut bien admettre que le Metalcore, surtout celui à tendance Emo, colle parfaitement à l’imagerie et la philosophie chrétienne, les mauvaises langues y verront le côté victimaire de celui qui prend une beigne en tendant l’autre joue. J’y entends plutôt souligner, l’impression de lumière intérieure que dégage cette musique alors qu’elle est aussi, sombre et semblant sans espoir.

Lumière intérieure qui irradie de titres comme le splendide «Valleys» ou du, j’ose le mot, Génial «Paper Thin» succession speedée de breaks, deux tubes potentiels si un petit malin avait l’idée de les passer sur les ondes.

Voilà. J’ai découvert Close Your Eyes et son second album «Empty Hands and Heavy Hearts» il y a une semaine, et je suis littéralement tombé sous son charme tout en contraste d’optimisme désespéré.

Un album éblouissant de qualité et de beauté. Dans ce genre présumé formaté que serait le Metalcore, Close Your Eyes nous surprend à chaque titre, bien sûr, on attend les riffs mélancoliques et tranchants, les breakdowns abrupts, les ruptures et ponts et le chant triste typiques, mais ici, tout à ce petit supplément d’Âme, c’est … je sais pas, chaque note, chaque accord, le chant, les chœurs me transpercent comme rarement, ce n’est peut-être que du ressenti, sur une musique qui au final fait ce pour quoi elle est faite … émouvoir et faire pleurnicher la midinette. Et bien soit … je suis une midinette, ou alors «Empty Hands and Heavy Hearts» est bien plus que ça.

Un album, qui, bien que le pensant définitivement établi, vient chambouler mon Top 5 2011. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer, la lumière finie par arriver. Et souvent d’en haut, comme le suggère le joli dessein en “ligne claire” de la pochette.

fabkiss

Vendredi ~ décembre 12, 2011 by admin

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Black Country Communion : 2

Black Country Communion : 2Cela fait des années que l’on enterre le Hard Rock, mais, le kick que vous assène «The Outsider» dans la tête dès sa 1ère seconde, vous prouve une fois de plus que ce genre historique bouge encore, et est prêt à en découdre pour encore un moment. La vague des Super Groupes est née au début des années 80 avec le groupe de Hard Prog Asia, et n’a cessé d’enfler depuis, pour être de nos jours un passage quasi obligé dans la carrière de tout musicien ayant atteint une certaine stature, soit sous la forme de groupe permanent, soit sous celle plus éphémère de «side project» collectif. La nature de Black Country Communion (même si il en est à son second Opus, finement intitulé «2»), est encore, malgré tout, floue tant les trublions qui le composent, sont d’un naturel volubile et multidirectionnel. En effet, c’est sous le leadership d’un musicien ayant l’un des CV les plus impressionnants du Hard Rock que BCC se forme fin 2009. Ce musicien prolixe n’étant autre que l’inoxydable Glenn Hughes, qui après avoir croisé sur la scène du King of the Blues à L.A. Joe Bonamassa, Ex enfant prodige de la six cordes jusqu’ici cantonné dans le Blues et le Jazz Rock et les conseils avisés du producteur Kevin Shirley décide de monter un groupe. Pour compléter ce nouveau Super Groupe sont embauchés, aux baguettes Jason Bonham ((Virginia Wolf, Damnocracy, Slash) autre enfant du Rock prodige, fils de son père, batteur cogneur de Led Zeppelin) qui connaissait déjà Joe Bonamassa, pour avoir participé à l’un de ses albums, et aux claviers, Derek Sherinian (Ex Dream Theater et autre musicien au CV fourni). Et pour chaperonner ce tout petit monde, Kevin Shirley, producteur de Dream Theater… !? De Joe Bonamassa ?!… !? Ou de Led Zepp (DVD)!?!… ?!?…………fuuuté va…..et aussi, Rush, ce qui explique des choses.

9 mois après un premier album qu’il me reste à découvrir, (surtout après avoir dégusté avec appétit celui-ci) BCC revient dans les bacs, secouer le landerneau du Hard Rock. Sans réinventer le système métrique, ou découvrir d’univers parallèle, sans être vraiment révolutionnaire, ni vraiment novateur, Glenn Hughes, BCC et son «2» n’en sont pas moins épatants. Glenn Hugues tout d’abord, ce type au fil des ans, m’épate de plus en plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le bassiste, est soit invisible, soit extravagant, et quand il possède un joli brun de voix, comme Lemmy Kilmister, il est souvent le leader de son groupe, comme Paul McCartney (The Beatles), Phil Lynott (Thin Lizzy), Sting (Police), Geddy Lee (Rush) Eddie Spaggeti (Supersuckers (à découvrir absolument)), Peter Steele (Type O Negative), Gene Simmons (Kiss), Les Claypool (Primus), Bootsy Collins… Glenn, appartient à cette famille des Bassistes extravertis, Flashy et Funky il fait groover le Prog, le Heavy et la Fusion depuis plus de 40ans. Chanteur au timbre vraiment particulier, qui bien qu’ayant un peu perdu en coffre, n’en reste pas moins une voix puissante, chaude et étendue. Ce type, n’est toujours pas reconnu à sa juste valeur…c’est un monstre de Feeling, de Swing et de Groove.Avec Black Country Communion, il a su s’entourer de musiciens pointus pour nous pondre un album bien simple…

…aux premiers abords.

Simple…même brutal et primaire, quand commence «The Outsider» un coup de pompe qui vous donne de l’élan pour une course effrénée de 4mn et quart qui n’en finit pas de prendre de l’ampleur en s’étoffant de solos de guitare et l’orgue, inflation de Guitares et de Claviers, qui quand il commence à fumer grave, nous rappelle Deep Purple et Jon Lord en transe, transe atteignant son paroxysme après le dernier Break. Voilà ce que nous offre le «2» de BCC, un Hard Heavy, Groovy et Punchy d’une grande efficacité et des Soli superbes aux claviers et à la Six Cordes, un basse qui vous travaille l’estomac, une batterie qui vous martèle puissamment les rythmes pour qu’ils vous rentrent bien dans la caboche le tout couronné pas l’incroyable voix de Glenn…Bluffant, tout simplement bluffant. Pas d’esbroufes, de chichis ou de démonstrations, des musicos aguerris qui tapent un bœuf tout en Feeling. Je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement improbable entre les Red Hot et AC-DC pendant la première minute de «Man in the Middle» espèce de Marche Hard Fusion implacable, dans laquelle viennent s’incruster de beaux claviers orientaux et un solo de guitare impeccable. D’entrée, deux grosses pièces, qui ne seront pas les seules de ce «2», à vrai dire, il n’y a qu’un titre que je trouve…moyen «I Can See Your Spirit», avec son gros riff un peu balourd à la Black Sabbath, mais sa seconde moitié, est à tomber. Il est clair que pour ses musiciens, BCC est une récréation, studieuse certes, mais le plaisir prime, mais vu que chacun dans sa partie est un cador, un banal Slow Bluesy comme «Little Secret» rappelant franchement Led Zepp et Santana, rivalise de charme et d’émotion avec ses inspirateurs, d’ailleurs, 2 joue vraiment cette carte de l’inspiration, ce qui donne cet air récréatif, Glenn veut chanter comme Bon Scott >>«Man in the Middle», Jason Bonham aime Phil Collins, Hugues lui pond «Crossfire» et il frappe comme un sourd.

Joe Bonamassa, lui, je comprends pas…c’est un tueur…un solo de 3 secondes…t’es mort. L’école du Blues, pour les solos, y a quand même pas mieux. Derek Sherinian, lui, c’est le plus cossard, ça le change, mais quand il s’agit de faire le malin, il est là v’la t’y pas qu’ce salopiot, il a bidouillé le Thème de violons Oriental à Kashmir des Led Zepp pour le recoller sur «Save Me», pour te faire décoller mieux qu’un pétard (à souligner particulièrement la qualité des sons des claviers, sur ce titre, c’est hallucinant). Save Me, encore une grosse pièce, sur un album qui ne comprend pratiquement que ça. Non, je ne dis pas que cet album est génial, mais c’est sur qu’il a du génie, dans son groupe et ses membres. Et surtout, ne pas oublier le cinquième homme, Kevin Shirley aux manettes, qui a concocté un son aux petits oignons, très américain, si ça veut encore dire quelque chose, clair, rond, satiné, dans le respect de l’instrument et assez typique des années 70/80, entre Prog et Hard FM, cadre dans lequel s’installe confortablement le 2 de BCC, même si BCC ratisse plus large. Seuls ceux qui ne réclament qu’une débauche de décibels en furie risquent de rester sur leur faim. Bien que je défie quiconque de ne pas ne serais-ce qu’esquisser un Headbang lancinant sur «Man in the Middle» ou «Smokestack Woman» qui lui aussi a un p’tit goût d’AC-DC. Petit goût que l’on retrouve aussi dans le p’tit riff de «Faithless» titre le plus beau de l’album, partant un peu dans tous les sens et surtout un petit passage à la Rush et son solo qui vide aimablement son chargeur. Pour ma part, je retiens particulièrement «An Ordinary Son» tranquille Southern Rock, mais qui prend de plus en plus d’ampleur tout au long de ses 8mn, structure que j’affectionne. Un album à la croisée des chemins de ce qu’a été le Rock et le Hard Rock des années 70/80 et de ce qu’il est aujourd’hui. Que je conseille au pur Metalleux qui voudrait s’intéresser au Hard Heavy et ses déclinaisons. Un album qui n’as de simple que l’apparence, mais qui est assurément riche, chamarré et flamboyant. Classieux dans son interprétation et sa production, débordant du Feeling que génère ce Super Groupe de grande classe, qui comme il se doit, batifole avec le Prog Chic.

fabkiss

Mardi ~ novembre 11, 2011 by admin

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Metallica : Lulu

Metallica : LuluAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!

Excusez moi mais AAAAAAAAAAAAAhhhhhhhhh !!!!!

Je pousse un cri…..STOP…on arrête là les conneries. Je comprends que les fans de Metallica soient déçus… surtout les plus jeunes. Mais Stop !!

Lulu, n’est pas un album de Metallica, ni de Lou Reed, c’est l’aboutissement de la rencontre, sur la scène du Rock and Roll Hall of Fame pour le 25ème anniversaire de ce musée de Cleveland, qualifié de Panthéon du Rock, entre le célèbre groupe de Metal Metallica… et Lou Reed (Video).

Et Lou Reed ce n’est pas n’importe quoi et même de la part du Metalleux le plus obtus, il ne mérite surement pas le genre d’accueil qui lui a été réservé ici… et malheureusement, partout dans le monde par les fans de Metallica (pas mal de fans portant déjà la barbiche, leurs compagnes portent-elles une burka métallique ???)… surtout les plus jeunes.

Lou Reed, c’est l’Artiste Underground le plus connu du monde, son aura inonde depuis plus de 45 ans la planète Rock et tous ses satellites, issus de la contre culture des 60s, Chantre s’il en est du «Sex & Drug & Rock ‘n’ Roll», il a tout vu, tout fait, tout connu, il était là, témoin , acteur, initiateur, protagoniste de toutes les naissances, dérives, abus, chutes, essors, morts, de tous les courants qui font la musique, la mode, l’image, la culture de notre époque moderne, y compris le Metal.

Indissociable de New York et de son mouvement artistique Underground de la 1ère moitié des 70s où se croisaient son groupe The Velvet Underground, les RamOnes, Blondie, Andy Warhol (le manager, l’ami, le mécène… la muse ?), Kiss, Talking Heads, The New York Dolls, ami de Brian Eno, très intime de David Bowie ou Iggy Pop, avec ceux-là et d’autres, il sera à l’initiative du Punk, de l’Art Rock ainsi que du Choc Rock et du Glam, du Noise, de l’Electro ou de la Folk militante. Auteur, Compositeur, Interprète, Guitariste, acteur, poète.

Un album, une étoile au firmament des cieux de l’Olympe du Rock «Berlin»(1973), et un titre éternel «Walk on the Wild Side» (1972)… un titre que si tu l’aime pas akeu t’es pas Humain !

Ce jeune homme de 69 ans, décide à l’automne, non pas de sa vie mais simplement de l’année 2011, de sortir avec Metallica un album sur lequel les deux entités, qui se sont découverts des atomes crochus quelque mois plus tôt, ont travaillé de concert à sa conception, son élaboration et à son écriture.

Quelle est donc l’essence du Rock, si ce n’est de Choquer, que d’au moins… surprendre.

Surprendre avec un projet nommé Lulu, simplement Lulu, qui ne nomme ni un titre ni un artiste simplement Lulu. Un projet artistique… plus que ça, un concept…Une Expérience.

Lulu est un double album de Metal intellectuel, cérébral, alors forcément, ça surprend le Head Bangger, mais c’est assurément un album de Metal…inclassable, comme Lou Reed.

Et il faut bien le dire aussi, le fan, il y a 2 choses qu’il n’aime pas, c’est être surpris et l’inclassable.

Lou Reed est un habitué de cet exercice, mais pour Metallica, à chaque fois qu’ils s’y sont essayés l’ouverture d’esprit et la tolérance dont pourtant se réclame le Metalleux, n’était pas au rendez-vous.

Mais laissons ici le fan obtus de Metallica, essayons de faire abstraction de Metallica en tant que Metallica en gardant le groupe Metal en tant que groupe Metal et intéressons nous à Lulu.

Lulu est un double étrangement évident, tout en étant décousu et complexe d’accès.

Avant-gardiste, expérimental, post quelque chose, bruitiste, minimaliste, Garage brut, Hard Rock overdosé, Heavy Metal halluciné, tout ça et plus.

Sur Lulu, pose sa voix un Lou Reed qui est, il faut bien le dire, au timbre méconnaissable, mais aux phrasés et intonations reconnaissables entre mille. Malgré l’âge et une vie dissolue.

Droit d’ainesse, respect de l’Homme ou de l’âge, il est clair que le groupe s’est mis au service du «chanteur», tout en laissant libre cours à son allant pour la musique Metal et des divagations plus métaphysiques.

Chanteur, un terme qui ne correspond pas vraiment à Lou Reed qui pratique plutôt un talk over entre déclamations et flow rythmé, qui est sa marque, lui faisant ici bel et bien, recevoir les galons de Leader, pour ce double album qu’il faut tout de suite séparer en deux parties distinctes, parce que pour certains, le second CD….Bon. Hein, on veut bien être ouvert et tout et tout. Mais… y a des limites HEIN !! Quand même…

Sur le premier disque, musicalement, ça flotte entre le lent (voir abstrait) de «Cheap on Me» et le Garage Speedé de «Mistress Dread», chaque titre de ce Lulu «1», ayant son rythme et plus que son genre ou style, son univers étrange, décalé, atmosphérique, hypnotique. S’écoutant d’une traite, il vous emmène par moments, si vous en êtes captif, loin, très loin.

Comme avec l’envoûtant «Cheap on Me» happening de 11′26″ de montée lente mais inexorable d’une mélopée étrange et vaporeuse (Lou au Continuum, étrange instrument, rampe de LED tactiles) vers un Hard cru, puissant et dépressif, le «chant» Bluesy se muant en prêche mystique soutenue par le chœur d’un James Hetfield rageur. Une des grosses pièces de Lulu «1», le touchant titre d’ouverture «Brandenburg Gate», après une longue intro, est lui plus traditionnellement dans le style Rock de Lou Reed, comme le joli «Iced HOney» . si on devait rapprocher Lulu «1» d’un genre Metal «spécifique», il est évident que le stOner/Sludge s’impose avec de l’Ambient minimaliste… du DrOne aussi, dans lequel, le groupe développe une expressivité … arrêtons 2 secondes l’emphase et les phrases.

Merde, Metallica est sacrément bon sur cet album… déconcertant certes, mais bon, simplement bon, Ah! ça non, ce n’est pas du Thrash… ni du Doom… pppfff !!, mais Lulu est poignant, prenant, Hypnothique… mais avant tout, bon. Qu’importe le style ou genre. Ils vont là où ils n’ont jamais été, et dans le cadre de cet album, c’est courageux et réussi. Metallica est méconnaissable sur Lulu et ne s’adresse pas à leurs fans, qui ne veulent de Metallica que du Thrash. Laissons le « c’est d’la merde » primaire aux primaires.

Plus qu’aux cervicales, c’est à ce qu’il y a entre les oreilles que Lulu s’adresse, et accessoirement, aux tripes. Si «One» t’arrache le cœur, cet album est pour toi… normalement. Et sur ce 1er CD, non, pour moi, rien à jeter que du bon.

Le second volet pour le Metalleux se révélera… un peu plus ardu à appréhender et très Ambiant… et très minimaliste. Un concept poétique loin de toute linéarité, nihiliste, moral, réac, anar, déclaration d’amour et de haine au monde, à la vie, délires mystiques d’un vieux Rebel lucide, d’un poète sans espoir. Habillé d’une musique parfois aride, improvisations éthérées d’une guitare à l’état de gaz, de violons étranges vaporeux, sonorités bizarres sur de longs titres en ambiances enfumées des délires du shaman. D’où explosent sporadiquement le plomb et le souffre sur le chaotique «Frustration» vous menant proche de la transe. «Dragon», lui, vous faisant entrevoir votre côté obscur et ses névroses.

Lou Reed et Metallica sont comme souvent, là où on ne les attend pas, Metallica, au plus profond d’eux-mêmes, tant ils ont relevé ce défi avec panache et à propos, ils sont crédibles et gageons que cette expérience leur apporte beaucoup.

Dire que Lulu est mauvais serait aussi malhonnête que de dire qu’il est génial.

C’est un bon album mêlant dans un bon équilibre la personnalité de Lou Reed et celle de Metallica, agréable à écouter, ouvert vers d’autres horizons que le «pur» Metal.

Et pour finir, un album surement moins décalé pour un Lou Reed magique, envoûtant et poignant, qu’il l’est pour Metallica.

Le pire, c’est que j’ai fait cette chro en y allant à reculons, simplement pour laver l’affront que le métal faisait à Lou Reed. Mais très vite, je suis tombé réellement amoureux de cet album atypique et sincère.

Notons aussi un Art Work qui bien que n’ayant rien à voir, me rappelle celui du 1er album du Velvet signé Andy Warhol par sa simplicité et l’impact visuel d’une banane Pop Art ou de la beauté de cette illustration d’un mannequin des années vingt démembré et mélancolique au regard captivant et sans espoir, barrée d’un Lulu en lettres de sang.

Bien que n’étant un fan invertébré ni de Lou Reed, ni de Metallica, ne possédant jusqu’alors que 3 albums de Metallica et aucun de Lou Reed, malgré tout,

Lou Reed est plus profondément enraciné dans ma culture inconsciente (plus Rock, intégrant le Metal) marquée de la présence tout au long de la vie, par une icône polymorphe comme Lou, que par un groupe plus spécifiquement Metal comme Metallica.

J’explique donc ma note de 16, en mettant dans la balance sa qualité en tant qu’album «Metal» et sa place supposée dans la discographie de Metallica, groupe de Metal (early Thrash Metal) et l’importance que peut avoir Lulu, dans la discographie et la carrière, de l’éternel activiste avant-gardiste qu’est Lou Reed, même si pour les plus obtus ou les plus jeunes, il peut paraître franchement as been, il n’en est pas moins une référence et un monument indéboulonnable. (Dans «ma collection de CD» il mériterait largement un bon gros 18)

Lulu trouvera son public, et dans quelques années, il sera devenu culte dans le monde du Rock.

fabkiss

Dimanche ~ novembre 11, 2011 by admin

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Glorior Belli : The Great Southern Darkness

Glorior Belli : The Great Southern DarknessBien avant les oreilles; quand on découvre un album, surtout si l’on ne connaît pas le groupe, même pas de nom, c’est souvent l’œil qui est sollicité. Et ce superbe Art Work ne pouvait que me séduire, il est surement l’un des plus beaux que je n’ai vu depuis longtemps. Et une fois n’est pas coutume, le contenant est la parfaite illustration du contenu. Un black Metal fortement teinté de Stoner/Sludge (bien que les 2 termes soient à première vue assez antagonistes), ou plutôt, comme dans les pays Anglo Saxon on désigne le Death Black sous le nom de «Blackened Death» on pourrait parler ici de «Blackened Stoner» (Stoner Noirci).

Un mélange des genres qui ne peut, en théorie, que me plaire et qui dans les fait le fera bien au-delà des espoirs suscités.

C’est en entrant cet album dans «Ma collection de CD» sur SoM, que je découvre que Glorior Belli est un groupe Français et Parisien formé en 2002 et qu’il en est déjà à son cinquième album, et en furetant un peu plus sur la toile, que ce côté Stoner semble apparaître sur le précédent.

Côté qui est ici dominant. Le Black Metal se réduisant surtout aux thèmes abordés et un peu dans le chant, qui reste pour les oreilles fragiles dans le très acceptable.

Sans verser dans l’exploit sportif (on aurait du mal à parler ici de Metal Extrême), «The Great Southern Darkness» se révèle un album dense, lourd et profond, flottant entre un Southern flirtant avec un Heavy presque Doom plombé (mais pas excessivement lent) et quelques expérimentations psychédéliques … Blackened, sans être toutefois révolutionnaires, mais bien excitantes.

Quelques riffs de la guitare rythmique sont certes bien teintés noir, mais sans plus. Quitte à choquer, l’ensemble est assez bluesy, mais bien metallisé quand même, dans la veine de ce que propose par exemple Unearthly Trance, Black Label Society ou Down (les références BM, me manquent).

Alors bien sûr, je dis dans la veine, je ne parle pas de copié-collé, mais passer de l’un à l’autre ne déconcerterait pas l’auditeur. Auditeur qui est quand même prévenu de façon assez explicite par le titre de l’album «The Great Southern Darkness» de ce à quoi il doit s’attendre à entendre, mais qui réclame quand même une certaine ouverture, surtout de la part du public Black de la frange la plus «Raw» (quoique, pas forcément si pris dans le sens «Old School» et ses relents de Heavy Metal), qui malgré tout aura plus de mal à s’y retrouver, et ce à tout niveau il faut bien le dire. N’ayant à se mettre sous la dent que le chant et la guitare rythmique … et encore, pas toujours et quelques Blast de batterie ici ou là.

Glorior Bellim, nous livre un album tout simplement éblouissant, qui ne renie en rien ses racines Black Metal, pour meilleure preuve, le titre d’ouverture, «Dark Gnosis» sombre et putride à souhait, mais qui, déjà affiche aussi clairement cet attrait pour des guitares «Bluesy» et un groove Rock and Rollien, un premier titre qui vous entraine malgré vous dans cet univers embrumé de fumées narcotiques et d’angoisses névrotiques, d’une limpidité et d’une cohérence assez rare, loin d’être monolithique, «The Great Southern Darkness» est un album massif et compact, émaillé et allégé par moult solos aériens et de fort bonne facture à l’image du très acidulé solo du disjoncté «Negative Incarnate». «They Call Me Black Devil» lui, est franchement «Black», mais dans le sens «Négritude» tellement le riff de la guitare rythmique fleure bon les rives du Mississippi et la guitare carrée de Bo Dedley. Plus clairement Black dans le sens Black Metal, l’instrumental soutenu par une Basse groovante des Enfers «Per Nox Regna», qui bien que Doomesque, sent bon les forêts noires et profondes d’épicéa du Grand Nord. Le titre éponyme étant quand à lui l’un des plus Stoner de la galette (avec le dépressif et planant titre final «Horns in My Pathway»), avec un chant clair rappelant clairement BLS, surement le meilleur titre de ce CD étonnant de maitrise et de qualité et qui apparemment, une fois n’est pas coutume pour un groupe Français, semble susciter un intérêt à l’échelle internationale.

Au final, seul «Chaos Manifested» devrait combler le public BeuMeuh… et encore, bien qu’étant le plus rapide et auditivement proche des canons BM, et bien que dévastateur, il est quand même assez loin de la vague apocalyptique que pourrait attendre la faction dure du genre.

Sans oublier une prod qui, comme les enzymes gloutons de Coluche, réussit le miracle de rendre la crasse propre, qui sans être cristalline ne transforme pas ce brouhaha Stoner en cacophonie plus traditionnellement Black.

Un excellent album, au genre indéfini, mais qui sait attirer et surtout garder l’attention.

D’un accès facile, et c’est surement ça qui rebutera le plus le public Black. Mais d’un attrait indéniable pour ceux qui affectionnent le Stoner, le Blues et le Doom Mid-Tempo.

Fabkiss

Samedi ~ novembre 11, 2011 by admin

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ICS Vortex : Storm Seeker

ICS Vortex : Storm SeekerJe n’ai vu Dimmu Borgir sur scène qu’une seule fois, et je peux bien l’avouer, très vite je n’ai eu d’yeux et d’oreilles que pour le bassiste; Vortex, subjugué que j’étais par son charisme, son jeu et surtout sa voix claire, pure et cristalline.

Quand en 2009, son éviction du plus connu des groupes de Black Metal Symphonique est annoncée:

1 : Je n’en suis pas surpris (trop de fortes personnalités au sein d’un groupe peuvent nuire à l’ego du leader en titre)

2 : je me jure de m’intéresser au projet solo du géant Viking, si projet il devait y avoir.

Et 2ans plus tard le bonhomme nous livre une première moisson de titres, avec son premier album en nom propre, et je tiens ma promesse, avec un appétit avivé par son chant fantasmagorique sur l’excellentissime et très Prog planant bien que sombre «Sideshow Symphonies» d’Arcturus que je découvre 5ans après sa sortie.

Voyons si le grand blond, après avoir semé le vent, récolte bien la tempête recherchée dans le titre de sa galette «Storm Seeker».

Autant le dire tout de suite, ICS Vortex sur ce 1er album Solo ne fait pas dans le Black Metal, qu’il soit sympho ou d’avant-garde, et d’entrée, l’excellent «The Blackmobole» malgré son 1er tiers franchement BM, semble prendre une direction diamétralement opposée, celle d’un Stoner Sludge gras, puissant, varié et inventif aux accents profondément prog et même quelques digressions Folk ou Pop.

A vrai dire, mieux vaut faire abstraction du Vortex de DB ou d’Arcturus et ouvrir très large sa tolérance pour ne pas tomber dans le sacrosaint débat sur l’intégrité.

Combien de musiciens se retrouvent dans des groupes dans lesquels ils ne se reconnaissent pas. Qui vous dit que le batteur d’Annie Cordy n’est pas un monstre du gravity blast au sein d’un obscur groupe de Brutal Death?

Vortex s’offre un 1er album solo, et il en profite pour retrouver sa propre intégrité, ses inspirations qui partent un peu, il est vrai, dans tous les sens, il en profite surtout pour lâcher les brides et donner libre cours à son talent et ce, sans concession, quitte à perturber la base de ses fans BM, qui risque de mal digérer la galette. Donc, rien que pour ça, on peut déjà parler d’un certain courage. Celui de ne pas tomber dans un BM facile et sûrement attendu par plus d’un.

Il aurait été facile aussi, de sortir un album bourré de guests, mais non, Vortex choisit l’option du presque One Man Band, à lui le chant (Chœurs compris) bien sur, les guitares (son 1er job), la basse et les clavier, pour la batterie, il fait appel à son compère Asgeir Mickelson de Borknagar, bon il y a quand même deux invités, dont un assez cocasse, vu qu’il s’agit de Cyrus de Susperia et également nouveau bassiste de Dimmu Borgir pour les Soli de 3 titres (1,2 et 7), et sur 3 autres titres (3 ,6 et 9) de l’organiste (Hammond) session man Arne Martinussen ayant déjà travaillé dans le Metal avec le groupe de Doom Gothic Portugais Ava Inferi.

Une équipe réduite pour un album musicalement très dense, que Vortex lui-même définit comme «un hommage à la chute et l’élévation de mon espèce. Une génération de marginaux, nés de hippies et soulevés par Satan». Définition qui correspond également à merveille au Sludge et sa vision rugueuse, grasse et brute du Heavy Metal disons «Old School».

Des riffs rythmique gras, chaleureux et simples en avant, une basse vrombissante sans extravagance pour un groove entre Prog et Folk soutenu par une batterie qui, bien que très présente, reste équilibrée et organique, et bien sûr cette voix à la fois fragile et puissante, un chant clair lui aussi entre Prog et Folk qui donne une impression d’irréel, pouvant rappeler à certains égards celle de Serj Tankian (SOAD) et ses délires. Et quelques groupes Pop, Prog ou Folk des 60s 70s, comme les Beach Boys , Yes ou les vieux Floyd ainsi bien sûr que les chants traditionnels nordiques.

Le seul vrai défaut de ce CD est une production un peu brouillonne, mais qui à la limite fait ressortir encore plus le chant à fleur de peau de Vortex. Et qui n’empêche pas un album, agréable à écouter du début à la fin, un album qui n’est ni génial ni transcendentalement novateur et technique, mais très inspiré, frais et fin.

Un 1er album solo sans fausse note ni mauvais goût pour ma part, riche, dense et varié. Qui me touche au plus profond, correspondant parfaitement à ce que j’attends de la musique et à ce que j’attendais de ICS Vortex: de l’émotion, de l’émotion, et surtout, de l’émotion.

En fait, ça me rappelle des tas de trucs dont la liste serait trop longue, et ne serait pas forcément comprise.

Un Album sans mauvais titre, mais dont quelques-uns, ressortent particulièrement du lot, en premier lieu, le superbe «Odin’s Tree» (si je dis qu’il me fait penser à l’album «Le Fol» d’Audrey Horne je ne suis pas sûr d’être compris XD), le très beau et Folkisant «Skoaf» qui atteint des sommets en matière de frissons, l’étonnant «Windward», peut être le plus représentatif de l’album et de son mélange Pop, Prog, Metal ou, pour finir aussi bien l’album que cette Chro, l’alternatif Sludge planant «Oil In Water». Mais je le répète, sur ce «Storm Seeker», c’est comme dans le cochon, du museau à la queue, tout est bon.

Avec ce 1er album solo, Vortex prend son envol. Et nous fait décoller.

Donc, affaire à suivre.

fabkiss

Mercredi ~ octobre 10, 2011 by admin

Posted in Album, Black Metal, Progressive, Stoner | 2 Comments

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