Metallica : Lulu

Metallica : LuluAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!

Excusez moi mais AAAAAAAAAAAAAhhhhhhhhh !!!!!

Je pousse un cri…..STOP…on arrête là les conneries. Je comprends que les fans de Metallica soient déçus… surtout les plus jeunes. Mais Stop !!

Lulu, n’est pas un album de Metallica, ni de Lou Reed, c’est l’aboutissement de la rencontre, sur la scène du Rock and Roll Hall of Fame pour le 25ème anniversaire de ce musée de Cleveland, qualifié de Panthéon du Rock, entre le célèbre groupe de Metal Metallica… et Lou Reed (Video).

Et Lou Reed ce n’est pas n’importe quoi et même de la part du Metalleux le plus obtus, il ne mérite surement pas le genre d’accueil qui lui a été réservé ici… et malheureusement, partout dans le monde par les fans de Metallica (pas mal de fans portant déjà la barbiche, leurs compagnes portent-elles une burka métallique ???)… surtout les plus jeunes.

Lou Reed, c’est l’Artiste Underground le plus connu du monde, son aura inonde depuis plus de 45 ans la planète Rock et tous ses satellites, issus de la contre culture des 60s, Chantre s’il en est du «Sex & Drug & Rock ‘n’ Roll», il a tout vu, tout fait, tout connu, il était là, témoin , acteur, initiateur, protagoniste de toutes les naissances, dérives, abus, chutes, essors, morts, de tous les courants qui font la musique, la mode, l’image, la culture de notre époque moderne, y compris le Metal.

Indissociable de New York et de son mouvement artistique Underground de la 1ère moitié des 70s où se croisaient son groupe The Velvet Underground, les RamOnes, Blondie, Andy Warhol (le manager, l’ami, le mécène… la muse ?), Kiss, Talking Heads, The New York Dolls, ami de Brian Eno, très intime de David Bowie ou Iggy Pop, avec ceux-là et d’autres, il sera à l’initiative du Punk, de l’Art Rock ainsi que du Choc Rock et du Glam, du Noise, de l’Electro ou de la Folk militante. Auteur, Compositeur, Interprète, Guitariste, acteur, poète.

Un album, une étoile au firmament des cieux de l’Olympe du Rock «Berlin»(1973), et un titre éternel «Walk on the Wild Side» (1972)… un titre que si tu l’aime pas akeu t’es pas Humain !

Ce jeune homme de 69 ans, décide à l’automne, non pas de sa vie mais simplement de l’année 2011, de sortir avec Metallica un album sur lequel les deux entités, qui se sont découverts des atomes crochus quelque mois plus tôt, ont travaillé de concert à sa conception, son élaboration et à son écriture.

Quelle est donc l’essence du Rock, si ce n’est de Choquer, que d’au moins… surprendre.

Surprendre avec un projet nommé Lulu, simplement Lulu, qui ne nomme ni un titre ni un artiste simplement Lulu. Un projet artistique… plus que ça, un concept…Une Expérience.

Lulu est un double album de Metal intellectuel, cérébral, alors forcément, ça surprend le Head Bangger, mais c’est assurément un album de Metal…inclassable, comme Lou Reed.

Et il faut bien le dire aussi, le fan, il y a 2 choses qu’il n’aime pas, c’est être surpris et l’inclassable.

Lou Reed est un habitué de cet exercice, mais pour Metallica, à chaque fois qu’ils s’y sont essayés l’ouverture d’esprit et la tolérance dont pourtant se réclame le Metalleux, n’était pas au rendez-vous.

Mais laissons ici le fan obtus de Metallica, essayons de faire abstraction de Metallica en tant que Metallica en gardant le groupe Metal en tant que groupe Metal et intéressons nous à Lulu.

Lulu est un double étrangement évident, tout en étant décousu et complexe d’accès.

Avant-gardiste, expérimental, post quelque chose, bruitiste, minimaliste, Garage brut, Hard Rock overdosé, Heavy Metal halluciné, tout ça et plus.

Sur Lulu, pose sa voix un Lou Reed qui est, il faut bien le dire, au timbre méconnaissable, mais aux phrasés et intonations reconnaissables entre mille. Malgré l’âge et une vie dissolue.

Droit d’ainesse, respect de l’Homme ou de l’âge, il est clair que le groupe s’est mis au service du «chanteur», tout en laissant libre cours à son allant pour la musique Metal et des divagations plus métaphysiques.

Chanteur, un terme qui ne correspond pas vraiment à Lou Reed qui pratique plutôt un talk over entre déclamations et flow rythmé, qui est sa marque, lui faisant ici bel et bien, recevoir les galons de Leader, pour ce double album qu’il faut tout de suite séparer en deux parties distinctes, parce que pour certains, le second CD….Bon. Hein, on veut bien être ouvert et tout et tout. Mais… y a des limites HEIN !! Quand même…

Sur le premier disque, musicalement, ça flotte entre le lent (voir abstrait) de «Cheap on Me» et le Garage Speedé de «Mistress Dread», chaque titre de ce Lulu «1», ayant son rythme et plus que son genre ou style, son univers étrange, décalé, atmosphérique, hypnotique. S’écoutant d’une traite, il vous emmène par moments, si vous en êtes captif, loin, très loin.

Comme avec l’envoûtant «Cheap on Me» happening de 11′26″ de montée lente mais inexorable d’une mélopée étrange et vaporeuse (Lou au Continuum, étrange instrument, rampe de LED tactiles) vers un Hard cru, puissant et dépressif, le «chant» Bluesy se muant en prêche mystique soutenue par le chœur d’un James Hetfield rageur. Une des grosses pièces de Lulu «1», le touchant titre d’ouverture «Brandenburg Gate», après une longue intro, est lui plus traditionnellement dans le style Rock de Lou Reed, comme le joli «Iced HOney» . si on devait rapprocher Lulu «1» d’un genre Metal «spécifique», il est évident que le stOner/Sludge s’impose avec de l’Ambient minimaliste… du DrOne aussi, dans lequel, le groupe développe une expressivité … arrêtons 2 secondes l’emphase et les phrases.

Merde, Metallica est sacrément bon sur cet album… déconcertant certes, mais bon, simplement bon, Ah! ça non, ce n’est pas du Thrash… ni du Doom… pppfff !!, mais Lulu est poignant, prenant, Hypnothique… mais avant tout, bon. Qu’importe le style ou genre. Ils vont là où ils n’ont jamais été, et dans le cadre de cet album, c’est courageux et réussi. Metallica est méconnaissable sur Lulu et ne s’adresse pas à leurs fans, qui ne veulent de Metallica que du Thrash. Laissons le « c’est d’la merde » primaire aux primaires.

Plus qu’aux cervicales, c’est à ce qu’il y a entre les oreilles que Lulu s’adresse, et accessoirement, aux tripes. Si «One» t’arrache le cœur, cet album est pour toi… normalement. Et sur ce 1er CD, non, pour moi, rien à jeter que du bon.

Le second volet pour le Metalleux se révélera… un peu plus ardu à appréhender et très Ambiant… et très minimaliste. Un concept poétique loin de toute linéarité, nihiliste, moral, réac, anar, déclaration d’amour et de haine au monde, à la vie, délires mystiques d’un vieux Rebel lucide, d’un poète sans espoir. Habillé d’une musique parfois aride, improvisations éthérées d’une guitare à l’état de gaz, de violons étranges vaporeux, sonorités bizarres sur de longs titres en ambiances enfumées des délires du shaman. D’où explosent sporadiquement le plomb et le souffre sur le chaotique «Frustration» vous menant proche de la transe. «Dragon», lui, vous faisant entrevoir votre côté obscur et ses névroses.

Lou Reed et Metallica sont comme souvent, là où on ne les attend pas, Metallica, au plus profond d’eux-mêmes, tant ils ont relevé ce défi avec panache et à propos, ils sont crédibles et gageons que cette expérience leur apporte beaucoup.

Dire que Lulu est mauvais serait aussi malhonnête que de dire qu’il est génial.

C’est un bon album mêlant dans un bon équilibre la personnalité de Lou Reed et celle de Metallica, agréable à écouter, ouvert vers d’autres horizons que le «pur» Metal.

Et pour finir, un album surement moins décalé pour un Lou Reed magique, envoûtant et poignant, qu’il l’est pour Metallica.

Le pire, c’est que j’ai fait cette chro en y allant à reculons, simplement pour laver l’affront que le métal faisait à Lou Reed. Mais très vite, je suis tombé réellement amoureux de cet album atypique et sincère.

Notons aussi un Art Work qui bien que n’ayant rien à voir, me rappelle celui du 1er album du Velvet signé Andy Warhol par sa simplicité et l’impact visuel d’une banane Pop Art ou de la beauté de cette illustration d’un mannequin des années vingt démembré et mélancolique au regard captivant et sans espoir, barrée d’un Lulu en lettres de sang.

Bien que n’étant un fan invertébré ni de Lou Reed, ni de Metallica, ne possédant jusqu’alors que 3 albums de Metallica et aucun de Lou Reed, malgré tout,

Lou Reed est plus profondément enraciné dans ma culture inconsciente (plus Rock, intégrant le Metal) marquée de la présence tout au long de la vie, par une icône polymorphe comme Lou, que par un groupe plus spécifiquement Metal comme Metallica.

J’explique donc ma note de 16, en mettant dans la balance sa qualité en tant qu’album «Metal» et sa place supposée dans la discographie de Metallica, groupe de Metal (early Thrash Metal) et l’importance que peut avoir Lulu, dans la discographie et la carrière, de l’éternel activiste avant-gardiste qu’est Lou Reed, même si pour les plus obtus ou les plus jeunes, il peut paraître franchement as been, il n’en est pas moins une référence et un monument indéboulonnable. (Dans «ma collection de CD» il mériterait largement un bon gros 18)

Lulu trouvera son public, et dans quelques années, il sera devenu culte dans le monde du Rock.

fabkiss

Dimanche ~ novembre 11, 2011 by admin

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