Black Country Communion : 2

Black Country Communion : 2Cela fait des années que l’on enterre le Hard Rock, mais, le kick que vous assène «The Outsider» dans la tête dès sa 1ère seconde, vous prouve une fois de plus que ce genre historique bouge encore, et est prêt à en découdre pour encore un moment. La vague des Super Groupes est née au début des années 80 avec le groupe de Hard Prog Asia, et n’a cessé d’enfler depuis, pour être de nos jours un passage quasi obligé dans la carrière de tout musicien ayant atteint une certaine stature, soit sous la forme de groupe permanent, soit sous celle plus éphémère de «side project» collectif. La nature de Black Country Communion (même si il en est à son second Opus, finement intitulé «2»), est encore, malgré tout, floue tant les trublions qui le composent, sont d’un naturel volubile et multidirectionnel. En effet, c’est sous le leadership d’un musicien ayant l’un des CV les plus impressionnants du Hard Rock que BCC se forme fin 2009. Ce musicien prolixe n’étant autre que l’inoxydable Glenn Hughes, qui après avoir croisé sur la scène du King of the Blues à L.A. Joe Bonamassa, Ex enfant prodige de la six cordes jusqu’ici cantonné dans le Blues et le Jazz Rock et les conseils avisés du producteur Kevin Shirley décide de monter un groupe. Pour compléter ce nouveau Super Groupe sont embauchés, aux baguettes Jason Bonham ((Virginia Wolf, Damnocracy, Slash) autre enfant du Rock prodige, fils de son père, batteur cogneur de Led Zeppelin) qui connaissait déjà Joe Bonamassa, pour avoir participé à l’un de ses albums, et aux claviers, Derek Sherinian (Ex Dream Theater et autre musicien au CV fourni). Et pour chaperonner ce tout petit monde, Kevin Shirley, producteur de Dream Theater… !? De Joe Bonamassa ?!… !? Ou de Led Zepp (DVD)!?!… ?!?…………fuuuté va…..et aussi, Rush, ce qui explique des choses.

9 mois après un premier album qu’il me reste à découvrir, (surtout après avoir dégusté avec appétit celui-ci) BCC revient dans les bacs, secouer le landerneau du Hard Rock. Sans réinventer le système métrique, ou découvrir d’univers parallèle, sans être vraiment révolutionnaire, ni vraiment novateur, Glenn Hughes, BCC et son «2» n’en sont pas moins épatants. Glenn Hugues tout d’abord, ce type au fil des ans, m’épate de plus en plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le bassiste, est soit invisible, soit extravagant, et quand il possède un joli brun de voix, comme Lemmy Kilmister, il est souvent le leader de son groupe, comme Paul McCartney (The Beatles), Phil Lynott (Thin Lizzy), Sting (Police), Geddy Lee (Rush) Eddie Spaggeti (Supersuckers (à découvrir absolument)), Peter Steele (Type O Negative), Gene Simmons (Kiss), Les Claypool (Primus), Bootsy Collins… Glenn, appartient à cette famille des Bassistes extravertis, Flashy et Funky il fait groover le Prog, le Heavy et la Fusion depuis plus de 40ans. Chanteur au timbre vraiment particulier, qui bien qu’ayant un peu perdu en coffre, n’en reste pas moins une voix puissante, chaude et étendue. Ce type, n’est toujours pas reconnu à sa juste valeur…c’est un monstre de Feeling, de Swing et de Groove.Avec Black Country Communion, il a su s’entourer de musiciens pointus pour nous pondre un album bien simple…

…aux premiers abords.

Simple…même brutal et primaire, quand commence «The Outsider» un coup de pompe qui vous donne de l’élan pour une course effrénée de 4mn et quart qui n’en finit pas de prendre de l’ampleur en s’étoffant de solos de guitare et l’orgue, inflation de Guitares et de Claviers, qui quand il commence à fumer grave, nous rappelle Deep Purple et Jon Lord en transe, transe atteignant son paroxysme après le dernier Break. Voilà ce que nous offre le «2» de BCC, un Hard Heavy, Groovy et Punchy d’une grande efficacité et des Soli superbes aux claviers et à la Six Cordes, un basse qui vous travaille l’estomac, une batterie qui vous martèle puissamment les rythmes pour qu’ils vous rentrent bien dans la caboche le tout couronné pas l’incroyable voix de Glenn…Bluffant, tout simplement bluffant. Pas d’esbroufes, de chichis ou de démonstrations, des musicos aguerris qui tapent un bœuf tout en Feeling. Je ne peux m’empêcher de faire un rapprochement improbable entre les Red Hot et AC-DC pendant la première minute de «Man in the Middle» espèce de Marche Hard Fusion implacable, dans laquelle viennent s’incruster de beaux claviers orientaux et un solo de guitare impeccable. D’entrée, deux grosses pièces, qui ne seront pas les seules de ce «2», à vrai dire, il n’y a qu’un titre que je trouve…moyen «I Can See Your Spirit», avec son gros riff un peu balourd à la Black Sabbath, mais sa seconde moitié, est à tomber. Il est clair que pour ses musiciens, BCC est une récréation, studieuse certes, mais le plaisir prime, mais vu que chacun dans sa partie est un cador, un banal Slow Bluesy comme «Little Secret» rappelant franchement Led Zepp et Santana, rivalise de charme et d’émotion avec ses inspirateurs, d’ailleurs, 2 joue vraiment cette carte de l’inspiration, ce qui donne cet air récréatif, Glenn veut chanter comme Bon Scott >>«Man in the Middle», Jason Bonham aime Phil Collins, Hugues lui pond «Crossfire» et il frappe comme un sourd.

Joe Bonamassa, lui, je comprends pas…c’est un tueur…un solo de 3 secondes…t’es mort. L’école du Blues, pour les solos, y a quand même pas mieux. Derek Sherinian, lui, c’est le plus cossard, ça le change, mais quand il s’agit de faire le malin, il est là v’la t’y pas qu’ce salopiot, il a bidouillé le Thème de violons Oriental à Kashmir des Led Zepp pour le recoller sur «Save Me», pour te faire décoller mieux qu’un pétard (à souligner particulièrement la qualité des sons des claviers, sur ce titre, c’est hallucinant). Save Me, encore une grosse pièce, sur un album qui ne comprend pratiquement que ça. Non, je ne dis pas que cet album est génial, mais c’est sur qu’il a du génie, dans son groupe et ses membres. Et surtout, ne pas oublier le cinquième homme, Kevin Shirley aux manettes, qui a concocté un son aux petits oignons, très américain, si ça veut encore dire quelque chose, clair, rond, satiné, dans le respect de l’instrument et assez typique des années 70/80, entre Prog et Hard FM, cadre dans lequel s’installe confortablement le 2 de BCC, même si BCC ratisse plus large. Seuls ceux qui ne réclament qu’une débauche de décibels en furie risquent de rester sur leur faim. Bien que je défie quiconque de ne pas ne serais-ce qu’esquisser un Headbang lancinant sur «Man in the Middle» ou «Smokestack Woman» qui lui aussi a un p’tit goût d’AC-DC. Petit goût que l’on retrouve aussi dans le p’tit riff de «Faithless» titre le plus beau de l’album, partant un peu dans tous les sens et surtout un petit passage à la Rush et son solo qui vide aimablement son chargeur. Pour ma part, je retiens particulièrement «An Ordinary Son» tranquille Southern Rock, mais qui prend de plus en plus d’ampleur tout au long de ses 8mn, structure que j’affectionne. Un album à la croisée des chemins de ce qu’a été le Rock et le Hard Rock des années 70/80 et de ce qu’il est aujourd’hui. Que je conseille au pur Metalleux qui voudrait s’intéresser au Hard Heavy et ses déclinaisons. Un album qui n’as de simple que l’apparence, mais qui est assurément riche, chamarré et flamboyant. Classieux dans son interprétation et sa production, débordant du Feeling que génère ce Super Groupe de grande classe, qui comme il se doit, batifole avec le Prog Chic.

fabkiss

Mardi ~ novembre 11, 2011 by admin

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