Metallica : Lulu

Metallica : LuluAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!

Excusez moi mais AAAAAAAAAAAAAhhhhhhhhh !!!!!

Je pousse un cri…..STOP…on arrête là les conneries. Je comprends que les fans de Metallica soient déçus… surtout les plus jeunes. Mais Stop !!

Lulu, n’est pas un album de Metallica, ni de Lou Reed, c’est l’aboutissement de la rencontre, sur la scène du Rock and Roll Hall of Fame pour le 25ème anniversaire de ce musée de Cleveland, qualifié de Panthéon du Rock, entre le célèbre groupe de Metal Metallica… et Lou Reed (Video).

Et Lou Reed ce n’est pas n’importe quoi et même de la part du Metalleux le plus obtus, il ne mérite surement pas le genre d’accueil qui lui a été réservé ici… et malheureusement, partout dans le monde par les fans de Metallica (pas mal de fans portant déjà la barbiche, leurs compagnes portent-elles une burka métallique ???)… surtout les plus jeunes.

Lou Reed, c’est l’Artiste Underground le plus connu du monde, son aura inonde depuis plus de 45 ans la planète Rock et tous ses satellites, issus de la contre culture des 60s, Chantre s’il en est du «Sex & Drug & Rock ‘n’ Roll», il a tout vu, tout fait, tout connu, il était là, témoin , acteur, initiateur, protagoniste de toutes les naissances, dérives, abus, chutes, essors, morts, de tous les courants qui font la musique, la mode, l’image, la culture de notre époque moderne, y compris le Metal.

Indissociable de New York et de son mouvement artistique Underground de la 1ère moitié des 70s où se croisaient son groupe The Velvet Underground, les RamOnes, Blondie, Andy Warhol (le manager, l’ami, le mécène… la muse ?), Kiss, Talking Heads, The New York Dolls, ami de Brian Eno, très intime de David Bowie ou Iggy Pop, avec ceux-là et d’autres, il sera à l’initiative du Punk, de l’Art Rock ainsi que du Choc Rock et du Glam, du Noise, de l’Electro ou de la Folk militante. Auteur, Compositeur, Interprète, Guitariste, acteur, poète.

Un album, une étoile au firmament des cieux de l’Olympe du Rock «Berlin»(1973), et un titre éternel «Walk on the Wild Side» (1972)… un titre que si tu l’aime pas akeu t’es pas Humain !

Ce jeune homme de 69 ans, décide à l’automne, non pas de sa vie mais simplement de l’année 2011, de sortir avec Metallica un album sur lequel les deux entités, qui se sont découverts des atomes crochus quelque mois plus tôt, ont travaillé de concert à sa conception, son élaboration et à son écriture.

Quelle est donc l’essence du Rock, si ce n’est de Choquer, que d’au moins… surprendre.

Surprendre avec un projet nommé Lulu, simplement Lulu, qui ne nomme ni un titre ni un artiste simplement Lulu. Un projet artistique… plus que ça, un concept…Une Expérience.

Lulu est un double album de Metal intellectuel, cérébral, alors forcément, ça surprend le Head Bangger, mais c’est assurément un album de Metal…inclassable, comme Lou Reed.

Et il faut bien le dire aussi, le fan, il y a 2 choses qu’il n’aime pas, c’est être surpris et l’inclassable.

Lou Reed est un habitué de cet exercice, mais pour Metallica, à chaque fois qu’ils s’y sont essayés l’ouverture d’esprit et la tolérance dont pourtant se réclame le Metalleux, n’était pas au rendez-vous.

Mais laissons ici le fan obtus de Metallica, essayons de faire abstraction de Metallica en tant que Metallica en gardant le groupe Metal en tant que groupe Metal et intéressons nous à Lulu.

Lulu est un double étrangement évident, tout en étant décousu et complexe d’accès.

Avant-gardiste, expérimental, post quelque chose, bruitiste, minimaliste, Garage brut, Hard Rock overdosé, Heavy Metal halluciné, tout ça et plus.

Sur Lulu, pose sa voix un Lou Reed qui est, il faut bien le dire, au timbre méconnaissable, mais aux phrasés et intonations reconnaissables entre mille. Malgré l’âge et une vie dissolue.

Droit d’ainesse, respect de l’Homme ou de l’âge, il est clair que le groupe s’est mis au service du «chanteur», tout en laissant libre cours à son allant pour la musique Metal et des divagations plus métaphysiques.

Chanteur, un terme qui ne correspond pas vraiment à Lou Reed qui pratique plutôt un talk over entre déclamations et flow rythmé, qui est sa marque, lui faisant ici bel et bien, recevoir les galons de Leader, pour ce double album qu’il faut tout de suite séparer en deux parties distinctes, parce que pour certains, le second CD….Bon. Hein, on veut bien être ouvert et tout et tout. Mais… y a des limites HEIN !! Quand même…

Sur le premier disque, musicalement, ça flotte entre le lent (voir abstrait) de «Cheap on Me» et le Garage Speedé de «Mistress Dread», chaque titre de ce Lulu «1», ayant son rythme et plus que son genre ou style, son univers étrange, décalé, atmosphérique, hypnotique. S’écoutant d’une traite, il vous emmène par moments, si vous en êtes captif, loin, très loin.

Comme avec l’envoûtant «Cheap on Me» happening de 11′26″ de montée lente mais inexorable d’une mélopée étrange et vaporeuse (Lou au Continuum, étrange instrument, rampe de LED tactiles) vers un Hard cru, puissant et dépressif, le «chant» Bluesy se muant en prêche mystique soutenue par le chœur d’un James Hetfield rageur. Une des grosses pièces de Lulu «1», le touchant titre d’ouverture «Brandenburg Gate», après une longue intro, est lui plus traditionnellement dans le style Rock de Lou Reed, comme le joli «Iced HOney» . si on devait rapprocher Lulu «1» d’un genre Metal «spécifique», il est évident que le stOner/Sludge s’impose avec de l’Ambient minimaliste… du DrOne aussi, dans lequel, le groupe développe une expressivité … arrêtons 2 secondes l’emphase et les phrases.

Merde, Metallica est sacrément bon sur cet album… déconcertant certes, mais bon, simplement bon, Ah! ça non, ce n’est pas du Thrash… ni du Doom… pppfff !!, mais Lulu est poignant, prenant, Hypnothique… mais avant tout, bon. Qu’importe le style ou genre. Ils vont là où ils n’ont jamais été, et dans le cadre de cet album, c’est courageux et réussi. Metallica est méconnaissable sur Lulu et ne s’adresse pas à leurs fans, qui ne veulent de Metallica que du Thrash. Laissons le « c’est d’la merde » primaire aux primaires.

Plus qu’aux cervicales, c’est à ce qu’il y a entre les oreilles que Lulu s’adresse, et accessoirement, aux tripes. Si «One» t’arrache le cœur, cet album est pour toi… normalement. Et sur ce 1er CD, non, pour moi, rien à jeter que du bon.

Le second volet pour le Metalleux se révélera… un peu plus ardu à appréhender et très Ambiant… et très minimaliste. Un concept poétique loin de toute linéarité, nihiliste, moral, réac, anar, déclaration d’amour et de haine au monde, à la vie, délires mystiques d’un vieux Rebel lucide, d’un poète sans espoir. Habillé d’une musique parfois aride, improvisations éthérées d’une guitare à l’état de gaz, de violons étranges vaporeux, sonorités bizarres sur de longs titres en ambiances enfumées des délires du shaman. D’où explosent sporadiquement le plomb et le souffre sur le chaotique «Frustration» vous menant proche de la transe. «Dragon», lui, vous faisant entrevoir votre côté obscur et ses névroses.

Lou Reed et Metallica sont comme souvent, là où on ne les attend pas, Metallica, au plus profond d’eux-mêmes, tant ils ont relevé ce défi avec panache et à propos, ils sont crédibles et gageons que cette expérience leur apporte beaucoup.

Dire que Lulu est mauvais serait aussi malhonnête que de dire qu’il est génial.

C’est un bon album mêlant dans un bon équilibre la personnalité de Lou Reed et celle de Metallica, agréable à écouter, ouvert vers d’autres horizons que le «pur» Metal.

Et pour finir, un album surement moins décalé pour un Lou Reed magique, envoûtant et poignant, qu’il l’est pour Metallica.

Le pire, c’est que j’ai fait cette chro en y allant à reculons, simplement pour laver l’affront que le métal faisait à Lou Reed. Mais très vite, je suis tombé réellement amoureux de cet album atypique et sincère.

Notons aussi un Art Work qui bien que n’ayant rien à voir, me rappelle celui du 1er album du Velvet signé Andy Warhol par sa simplicité et l’impact visuel d’une banane Pop Art ou de la beauté de cette illustration d’un mannequin des années vingt démembré et mélancolique au regard captivant et sans espoir, barrée d’un Lulu en lettres de sang.

Bien que n’étant un fan invertébré ni de Lou Reed, ni de Metallica, ne possédant jusqu’alors que 3 albums de Metallica et aucun de Lou Reed, malgré tout,

Lou Reed est plus profondément enraciné dans ma culture inconsciente (plus Rock, intégrant le Metal) marquée de la présence tout au long de la vie, par une icône polymorphe comme Lou, que par un groupe plus spécifiquement Metal comme Metallica.

J’explique donc ma note de 16, en mettant dans la balance sa qualité en tant qu’album «Metal» et sa place supposée dans la discographie de Metallica, groupe de Metal (early Thrash Metal) et l’importance que peut avoir Lulu, dans la discographie et la carrière, de l’éternel activiste avant-gardiste qu’est Lou Reed, même si pour les plus obtus ou les plus jeunes, il peut paraître franchement as been, il n’en est pas moins une référence et un monument indéboulonnable. (Dans «ma collection de CD» il mériterait largement un bon gros 18)

Lulu trouvera son public, et dans quelques années, il sera devenu culte dans le monde du Rock.

fabkiss

Dimanche ~ novembre 11, 2011 by admin

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Glorior Belli : The Great Southern Darkness

Glorior Belli : The Great Southern DarknessBien avant les oreilles; quand on découvre un album, surtout si l’on ne connaît pas le groupe, même pas de nom, c’est souvent l’œil qui est sollicité. Et ce superbe Art Work ne pouvait que me séduire, il est surement l’un des plus beaux que je n’ai vu depuis longtemps. Et une fois n’est pas coutume, le contenant est la parfaite illustration du contenu. Un black Metal fortement teinté de Stoner/Sludge (bien que les 2 termes soient à première vue assez antagonistes), ou plutôt, comme dans les pays Anglo Saxon on désigne le Death Black sous le nom de «Blackened Death» on pourrait parler ici de «Blackened Stoner» (Stoner Noirci).

Un mélange des genres qui ne peut, en théorie, que me plaire et qui dans les fait le fera bien au-delà des espoirs suscités.

C’est en entrant cet album dans «Ma collection de CD» sur SoM, que je découvre que Glorior Belli est un groupe Français et Parisien formé en 2002 et qu’il en est déjà à son cinquième album, et en furetant un peu plus sur la toile, que ce côté Stoner semble apparaître sur le précédent.

Côté qui est ici dominant. Le Black Metal se réduisant surtout aux thèmes abordés et un peu dans le chant, qui reste pour les oreilles fragiles dans le très acceptable.

Sans verser dans l’exploit sportif (on aurait du mal à parler ici de Metal Extrême), «The Great Southern Darkness» se révèle un album dense, lourd et profond, flottant entre un Southern flirtant avec un Heavy presque Doom plombé (mais pas excessivement lent) et quelques expérimentations psychédéliques … Blackened, sans être toutefois révolutionnaires, mais bien excitantes.

Quelques riffs de la guitare rythmique sont certes bien teintés noir, mais sans plus. Quitte à choquer, l’ensemble est assez bluesy, mais bien metallisé quand même, dans la veine de ce que propose par exemple Unearthly Trance, Black Label Society ou Down (les références BM, me manquent).

Alors bien sûr, je dis dans la veine, je ne parle pas de copié-collé, mais passer de l’un à l’autre ne déconcerterait pas l’auditeur. Auditeur qui est quand même prévenu de façon assez explicite par le titre de l’album «The Great Southern Darkness» de ce à quoi il doit s’attendre à entendre, mais qui réclame quand même une certaine ouverture, surtout de la part du public Black de la frange la plus «Raw» (quoique, pas forcément si pris dans le sens «Old School» et ses relents de Heavy Metal), qui malgré tout aura plus de mal à s’y retrouver, et ce à tout niveau il faut bien le dire. N’ayant à se mettre sous la dent que le chant et la guitare rythmique … et encore, pas toujours et quelques Blast de batterie ici ou là.

Glorior Bellim, nous livre un album tout simplement éblouissant, qui ne renie en rien ses racines Black Metal, pour meilleure preuve, le titre d’ouverture, «Dark Gnosis» sombre et putride à souhait, mais qui, déjà affiche aussi clairement cet attrait pour des guitares «Bluesy» et un groove Rock and Rollien, un premier titre qui vous entraine malgré vous dans cet univers embrumé de fumées narcotiques et d’angoisses névrotiques, d’une limpidité et d’une cohérence assez rare, loin d’être monolithique, «The Great Southern Darkness» est un album massif et compact, émaillé et allégé par moult solos aériens et de fort bonne facture à l’image du très acidulé solo du disjoncté «Negative Incarnate». «They Call Me Black Devil» lui, est franchement «Black», mais dans le sens «Négritude» tellement le riff de la guitare rythmique fleure bon les rives du Mississippi et la guitare carrée de Bo Dedley. Plus clairement Black dans le sens Black Metal, l’instrumental soutenu par une Basse groovante des Enfers «Per Nox Regna», qui bien que Doomesque, sent bon les forêts noires et profondes d’épicéa du Grand Nord. Le titre éponyme étant quand à lui l’un des plus Stoner de la galette (avec le dépressif et planant titre final «Horns in My Pathway»), avec un chant clair rappelant clairement BLS, surement le meilleur titre de ce CD étonnant de maitrise et de qualité et qui apparemment, une fois n’est pas coutume pour un groupe Français, semble susciter un intérêt à l’échelle internationale.

Au final, seul «Chaos Manifested» devrait combler le public BeuMeuh… et encore, bien qu’étant le plus rapide et auditivement proche des canons BM, et bien que dévastateur, il est quand même assez loin de la vague apocalyptique que pourrait attendre la faction dure du genre.

Sans oublier une prod qui, comme les enzymes gloutons de Coluche, réussit le miracle de rendre la crasse propre, qui sans être cristalline ne transforme pas ce brouhaha Stoner en cacophonie plus traditionnellement Black.

Un excellent album, au genre indéfini, mais qui sait attirer et surtout garder l’attention.

D’un accès facile, et c’est surement ça qui rebutera le plus le public Black. Mais d’un attrait indéniable pour ceux qui affectionnent le Stoner, le Blues et le Doom Mid-Tempo.

Fabkiss

Samedi ~ novembre 11, 2011 by admin

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ICS Vortex : Storm Seeker

ICS Vortex : Storm SeekerJe n’ai vu Dimmu Borgir sur scène qu’une seule fois, et je peux bien l’avouer, très vite je n’ai eu d’yeux et d’oreilles que pour le bassiste; Vortex, subjugué que j’étais par son charisme, son jeu et surtout sa voix claire, pure et cristalline.

Quand en 2009, son éviction du plus connu des groupes de Black Metal Symphonique est annoncée:

1 : Je n’en suis pas surpris (trop de fortes personnalités au sein d’un groupe peuvent nuire à l’ego du leader en titre)

2 : je me jure de m’intéresser au projet solo du géant Viking, si projet il devait y avoir.

Et 2ans plus tard le bonhomme nous livre une première moisson de titres, avec son premier album en nom propre, et je tiens ma promesse, avec un appétit avivé par son chant fantasmagorique sur l’excellentissime et très Prog planant bien que sombre «Sideshow Symphonies» d’Arcturus que je découvre 5ans après sa sortie.

Voyons si le grand blond, après avoir semé le vent, récolte bien la tempête recherchée dans le titre de sa galette «Storm Seeker».

Autant le dire tout de suite, ICS Vortex sur ce 1er album Solo ne fait pas dans le Black Metal, qu’il soit sympho ou d’avant-garde, et d’entrée, l’excellent «The Blackmobole» malgré son 1er tiers franchement BM, semble prendre une direction diamétralement opposée, celle d’un Stoner Sludge gras, puissant, varié et inventif aux accents profondément prog et même quelques digressions Folk ou Pop.

A vrai dire, mieux vaut faire abstraction du Vortex de DB ou d’Arcturus et ouvrir très large sa tolérance pour ne pas tomber dans le sacrosaint débat sur l’intégrité.

Combien de musiciens se retrouvent dans des groupes dans lesquels ils ne se reconnaissent pas. Qui vous dit que le batteur d’Annie Cordy n’est pas un monstre du gravity blast au sein d’un obscur groupe de Brutal Death?

Vortex s’offre un 1er album solo, et il en profite pour retrouver sa propre intégrité, ses inspirations qui partent un peu, il est vrai, dans tous les sens, il en profite surtout pour lâcher les brides et donner libre cours à son talent et ce, sans concession, quitte à perturber la base de ses fans BM, qui risque de mal digérer la galette. Donc, rien que pour ça, on peut déjà parler d’un certain courage. Celui de ne pas tomber dans un BM facile et sûrement attendu par plus d’un.

Il aurait été facile aussi, de sortir un album bourré de guests, mais non, Vortex choisit l’option du presque One Man Band, à lui le chant (Chœurs compris) bien sur, les guitares (son 1er job), la basse et les clavier, pour la batterie, il fait appel à son compère Asgeir Mickelson de Borknagar, bon il y a quand même deux invités, dont un assez cocasse, vu qu’il s’agit de Cyrus de Susperia et également nouveau bassiste de Dimmu Borgir pour les Soli de 3 titres (1,2 et 7), et sur 3 autres titres (3 ,6 et 9) de l’organiste (Hammond) session man Arne Martinussen ayant déjà travaillé dans le Metal avec le groupe de Doom Gothic Portugais Ava Inferi.

Une équipe réduite pour un album musicalement très dense, que Vortex lui-même définit comme «un hommage à la chute et l’élévation de mon espèce. Une génération de marginaux, nés de hippies et soulevés par Satan». Définition qui correspond également à merveille au Sludge et sa vision rugueuse, grasse et brute du Heavy Metal disons «Old School».

Des riffs rythmique gras, chaleureux et simples en avant, une basse vrombissante sans extravagance pour un groove entre Prog et Folk soutenu par une batterie qui, bien que très présente, reste équilibrée et organique, et bien sûr cette voix à la fois fragile et puissante, un chant clair lui aussi entre Prog et Folk qui donne une impression d’irréel, pouvant rappeler à certains égards celle de Serj Tankian (SOAD) et ses délires. Et quelques groupes Pop, Prog ou Folk des 60s 70s, comme les Beach Boys , Yes ou les vieux Floyd ainsi bien sûr que les chants traditionnels nordiques.

Le seul vrai défaut de ce CD est une production un peu brouillonne, mais qui à la limite fait ressortir encore plus le chant à fleur de peau de Vortex. Et qui n’empêche pas un album, agréable à écouter du début à la fin, un album qui n’est ni génial ni transcendentalement novateur et technique, mais très inspiré, frais et fin.

Un 1er album solo sans fausse note ni mauvais goût pour ma part, riche, dense et varié. Qui me touche au plus profond, correspondant parfaitement à ce que j’attends de la musique et à ce que j’attendais de ICS Vortex: de l’émotion, de l’émotion, et surtout, de l’émotion.

En fait, ça me rappelle des tas de trucs dont la liste serait trop longue, et ne serait pas forcément comprise.

Un Album sans mauvais titre, mais dont quelques-uns, ressortent particulièrement du lot, en premier lieu, le superbe «Odin’s Tree» (si je dis qu’il me fait penser à l’album «Le Fol» d’Audrey Horne je ne suis pas sûr d’être compris XD), le très beau et Folkisant «Skoaf» qui atteint des sommets en matière de frissons, l’étonnant «Windward», peut être le plus représentatif de l’album et de son mélange Pop, Prog, Metal ou, pour finir aussi bien l’album que cette Chro, l’alternatif Sludge planant «Oil In Water». Mais je le répète, sur ce «Storm Seeker», c’est comme dans le cochon, du museau à la queue, tout est bon.

Avec ce 1er album solo, Vortex prend son envol. Et nous fait décoller.

Donc, affaire à suivre.

fabkiss

Mercredi ~ octobre 10, 2011 by admin

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BO : Sin-Atra – a Metal Tribute to Frank Sinatra

BO : Sin-Atra - a Metal Tribute to Frank SinatraBob Kulick, après s’être attaqué aux Beatles, Cher, Kiss, Iron Maiden, Queen, Alice Cooper ou Aerosmith (entre autres), et son compère Brett Chassen, se réunissent à nouveau pour produire encore une fois un Tribute. Un Tribute Album pour une personnalité hors normes et tellement charismatique, que la simple idée de le faire semble être un blasphème. Bob Kulick et Brett Chassen ont cette fois, jeté leur dévolu sur “The Sultan of Swoon”, «The Godfather»… «The Voice» en personne, j’ai nommé, Frank Sinatra, le roi des crooners, l’idole d’au moins trois générations de femmes transies par la voix souvent imitée mais jamais égalée. Jusqu’à maintenant, la démarche avait plutôt été inverse, Pat Boone (In a Metal Mood : No More Mr. Nice Guy en 1997), Paul Anka (Rock Swings en 2005), William Shatner, oui, le Capitaine Kirk de Star Trek (ponctuellement dans le passé et surtout sur Searching for Major Tom qui sortira en octobre 2011) ou RicHard Cheese (toute sa discographie), reprenant façon Swing des standards du Metal et du Rock.

Mais adapter au Metal d’autres styles, peut être assez ardu et casse gueule, la pire preuve étant les atroces Werk 80 I et II d’Atrocity. D’abord, bien s’entourer et former un groupe qui saura s’adapter aux univers de chaque chanteurs (oui, pour affronter «The Voice» sur 12 titres, mieux vaut 12 chanteurs différents). Une espèce de Big Band Metallic : Bruce Kulick (qui a travaillé avec Kiss, Meat Loaf, Lou Red, Doro, Paul Stanley… et ses propres groupes, Balance et Skull) à la guitare, Brett Chassen (Tim Ripper Owens, Bret Michaels, Velvet Chain, Carlos Santana, Stanley Clark…) aux baguettes, Richie Kotzen (Mr. Big, Forty Deuce, Poison, Gene Simmons…) second guitariste, Billy Sheehan (Mr. Big, David Lee Roth, Niacin, Steve Vai…) évidemment à la basse et Doug Katsaros (Balance, Michael Bolton, Cher, Paul Stanley…) aux claviers (façon section de cuivres), c’est également lui qui s’est occupé des réorchestrations. Des types aux CV convaincants. Des requins de studio, habitués à s’adapter et à faire ce que l’on attend d’eux, dans les genres les plus variés. Le but du jeu n’étant pas d’imiter l’inimitable, mais d’adapter le style de chaque chanteur sélectionné avec le répertoire «imposé». Sans trop molester ni l’un, ni l’autre. En y mettant aussi une bonne dose d’humour et de second degré, dont ne manquait pas «Franky» et pour faire passer l’absence de son phrasé mythique.

Autant le dire tout de suite, malgré l’ampleur de la tache et du mythe, «Sin-Atra – a Metal Tribute to Frank Sinatra», est une réussite, bien sûr, tout le monde ne s’en sort pas avec le même éclat, mais il n’y a pas de réelle déception, tout juste quelques faiblesses dues surement à l’âge, car il faut bien l’avouer, ce sont les vieux briscards du Metal qui s’en sortent le mieux au niveau du chant, les réorchestrations, étant toutes tout simplement surprenantes. Dans l’ordre de qualité pour les vieux, Glenn Hughes (Solo, Black Country Communion, Trapeze, Deep Purple…) tout simplement bluffant dans sa version entre Hard et Fusion de I’ve Got You Under My Skin du génial Cole Porter, certes la plus «académique» dans la forme (pas autant que le superbe duo U2-Sinatra de 1993), mais où son timbre particulier fait mouche et où son attaque sèche des syllabes, rappelle un peu celle si particulière de Frank Sinatra, qui le faisait souvent comparer à celle des cuivres d’un orchestre de Swing. Dee Snider (Twisted Sister) lui, revisitant façon Heavy Metal plombé It Was a Very Good Year, avec l’intégration très osée du riff mythique de Kashmir (Led Zeppelin), transformant cette chansonnette sur l’évolution du couple au travers des ans en constat de la torture du vivre à deux. C’est Robin Zander (Cheap Trick) que nous retrouvons sur mon titre préféré du grand Frank Sinatra Fly Me to the Moon dans une version speedée, festive et virevoltante, pétaradante comme la navette Challenger. Mais, les plus jeunes s’en dépatouillent aussi très bien. Bon, à mon goût, seul Devin Townsend et son New York New York semble un peu avoir du mal, sur-interprétant ce grand classique de la musique Américaine revisité Metal Prog, mais, en même temps, il y insuffle sa propre personnalité, après tout. Le Cover est loin d’être mauvais, mais il demande du temps avant d’être totalement accepté.

Il fallait oser en 2011 faire un album Metal avec le répertoire de Frank Sinatra, et c’est le principal atout de cet album, l’audace. Il en a fallu de l’audace pour reprendre à la Van Halen The Lady Is a Tramp (repris également magnifiquement sur son dernier album par un autre Crooner monument, Tony Bennett, en duo avec Lady Gaga) réinterprété avec fougue par un Eric Martin (Mr. Big) décoiffant. Dire que Frank Sinatra avait déclaré, après avoir entendu un p’tit gars de Memphis qui débutait, que le Rock and Roll était la pire chose qu’il avait eu le malheur d’entendre. Qu’aurait-il dit après son jugement définitif sur Elvis Presley (vu que c’est de lui qu’il s’agissait) et toute sa suite depuis plus de 50 ans, après avoir entendu son titre le plus connu au monde Stanger in the Night revu et corrigé par le chanteur d’Anthrax, Joey Belladonna et quelques Metalleux hirsutes. Joey Belladonna, que j’aurais d’ailleurs plutôt vu sur la reprise Thrashy de Love and Marriage, vu que Anthrax y avait fait une apparition dans la série du même nom (Marié 2 enfants) à leur début. C’est Elias Soriano de Nonpopint qui le fait et de très belle manière. Tout comme Geoff Tate (Queensrÿche) sur Summerwind, même le That’s Life bien que génialement repris par un David Lee Roth en pleine forme sur son 1er album Solo (Eat ‘Em and Smile 1986) et ne souffrant aucune comparaison, se révèle fort sympathique, magnifiquement interprété par un Jani Lane (Warrant), malgré tout, très influencé par le Big Dave, qui aurait eu toute sa place sur ce Tribute Album. Autre grand absent, qui avait été contacté et qui avait promis de participer, Ronnie James Dio, qui devait reprendre le My Way (du sautillant Claude François (Comme d’Habitude)) et qui a entre temps décidé de rejoindre Frank et Cloclo au firmament… où ils étaient déjà.

Un vraiment magnifique Tribute à l’une des plus grandes stars de la chanson internationale, superbement servi par un groupe éphémère de grande qualité, et des voix, qui ne rivalisent pas avec «The Voice» mais lui rendent hommage de la plus belle des manières…en chanson.

Merci les gars…merci Franky.

fabkiss

Mardi ~ octobre 10, 2011 by admin

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Alice Cooper : Welcome 2 My Nightmare

Alice Cooper : Welcome 2 My Nightmare Que se racontent deux fous quand ils se rencontrent…des histoires de fous.

Que se racontent deux vieux quand ils se rencontrent… des histoires de vieux.

Que se racontent deux Rockers quand ils se rencontrent… des histoires de Rockers.

Et quand deux vieux fous de Rockers se rencontrent… ils se parlent de leurs jeunes temps, leurs succès et leurs projets.

J’imagine assez bien la scène, deux sexagénaires confortablement installés sur un canapé moelleux, les pieds douillettement enfoncés dans une moquette épaisse, un verre du meilleur scotch à la main, papotant souvenirs, la discussion dérivant vers les projets de chacun, les deux en ayant un qui implique l’autre, mais pas le même. Alice, a bien envie de faire une suite avec Bob Erzin aux manettes à son dernier album “Along Came a Spider…” il manque toujours une patte à son «Spider». Mais Bob, lui, en cette année 2010, verrait bien pour fêter les 35ans du plus gros succès d’Alice Cooper, une suite à “Welcome to My Nightmare“, album qu’il avait lui-même produit, comme maints albums d’Alice. La discussion a dû être longue et animée, mais c’est Bob Erzin qui arrache le morceau.

Parlez en à Ace Frehley, c’est bien connu, Bob Erzin est l’un des producteurs les plus persuasifs et intrusifs qui existe. Mais, force est de constater que même si parfois, il peut faire mal à l’égo de certains membres des groupes avec lesquels il travaille, le résultat est souvent à la hauteur des quelques vexations endurées. Spider attendra bien encore un peu… mais surement pas 35ans.

Et pour l’occasion, pourquoi pas ne pas marquer un grand coup… la reformation du Alice Cooper Group de la grande époque (qui, entre parenthèses, venait de splitter juste avant l’enregistrement de “Welcome to My Nightmare“).

C’est donc avec allégresse que les deux vieux compères se sont attelés à la tache. Commencent par co écrire la majorité des titres (12 sur 14) aidé dans la tache par quelques requins de studio, anciens et nouveaux acolytes. Des titres à la façon Old School, variés et ouverts, flottant entre le Rock, le Hard et le Heavy à l’Américaine.

Y ajoutant un son et des influences actuelles.

Donnant un résultat, pas forcément dans l’attente des fans actuels.

Qui ne déroutera pas forcément les anciens.

Mais en tout cas, et à quelques égards, surprenant.

Dès les premières mesures de l’intro de “I Am Made of You”, nous retrouvons le thème de “Steven”, le héro de “Welcome to My Nightmare” (coécrit avec Desmond Child coauteur du mythique “Poison” et de… “I Was Made for Lovin’ You” de Kiss… Entre autres) petite ritournelle au piano, digne du rappel de l’épisode précédent en générique de début d’un film d’angoisse, qui nous prépare au découpage très cinématographique de cet album, chaque titre étant une atmosphère musicale pour chaque scène de ce nouveau cauchemar.

“I Am Made of You” poursuit sur un rythme lent et mélancolique, la voix vocoder d’Alice cooper accentuant cette atmosphère, un beau morceau profond orné d’un superbe solo de guitare lumineux et salvateur. Un des rares titres “sérieux” de “Welcome 2 My Nightmare” plutôt axé second degré, pour un cauchemar plus Scary Movie que Scream.

Comme le Rock and Rollant “Caffeine” ou le désopilant “Disco Bloodbath Boogie Fever” espèce de mix entre le “Genius of Love” de Tom Tom Club (pour la mélodie), le Eminem moqueur des débuts (pour la voix) et les Leningrad Cow Boy (pour les Chœurs style armée rouge avec 0.5 gramme de sang dans la Vodka), le metalleux proche de la crise d’apoplexie devra attendre l’accélération du dernier break pour reprendre des couleurs avec un solo de John 5 qui le remettra d’aplomb.

Pour la suite de cet album qui pourrait bien se révéler un véritable cauchemar auditif pour les plus réfractaires au style très varié de cet opus qui pour d’autres, dont je suis, est un régal.

Variété qui passe par le Rock Hillbilly et assez ébouriffant de “A Runaway Train”, le Jazz New Orléans de “Last Man on Earth“, le Hard Rock teinté de Prog de l’excellent “The Congregation”, ou le Punky façon Ramones de “Ghouls Gone Wild”, la berceuse schizophrène “The Nightmare Returns” ou la très Kisséenne balade “Something to Remember Me by” sur laquelle la voix d’Alice Cooper ressemble furieusement à celle de Peter Criss, ce n’est d’ailleurs pas la seule référence qui me rappelle Kiss, mais il n’y a là, rien de particulièrement étrange, Kiss et Alice Cooper étant de la même école, et Bob Ezrin étant un autre point commun entre les deux dinosaures du Heavy Rock made in USA.

En effet, le fan des 2 (dont je suis…) ne pourra que trouver une certaine ressemblance entre “All for the Glory” (Sonic Boom) au niveau du phrasé du refrain et “What Baby Wants”, le titre qui suscitera surement le plus de controverses, et finira d’achever le pauvre metalleux cité plus haut. Duo de chant et d’écriture surprenant entre Alice Cooper et une égérie de l’Electro Pop Dance moderne, Kesha qui pourrait entrainer des envies d’éradication du genre humain à n’importe quel Black Metalleux un peu fragile. Alice a eu le coup de cœur pour cette jolie blondinette sur la scène des Grammy Award où il lui a proposé la botte, et dont est né ce titre Electro Dance qui devrait faire un carton sur la bande FM US.

Un titre surprenant, que je trouve très bon et qui fait bien la synthèse de ce “Welcome 2 My Nightmare“, une production impeccable d’une qualité sonore irréprochable, et des titres pleins d’audace, quitte à déconcerter la frange dure de l’auditoire d’Alice Cooper, même si après plus de 40ans de carrière on peut s’attendre à tout (et même n’importe quoi) de la part du psychotique Vincent Furnier.

Autre réminiscence Kisséenne (à mes oreilles) les “Yeah Yeah” (“Say Yeah” “Sonic Boom”) et un petit air de “Radioactive” (“Gene Simmons” Solo Kiss) sur le très Rolling Stonien et magnifique “I Gotta Get Outta Here”.

L’album se finit sur un instrumental, “The Underture” faisant la part belle bien sur au Group, générique de fin, qui reprend comme souvent maintenant au cinéma, quelques extraits des meilleures scènes, un montage intelligent des nouveaux titres et du titre éponyme du premier épisode.

Un album qui, pour ma part, est une vraie surprise et un plaisir que je ne boude surtout pas.

Bien sûr, il est en rupture avec les dernières productions d’Alice Cooper. Il serait plutôt un hommage à l’époque lointaine de ses débuts et à la reformation provisoire du Alice Cooper Group. Un album classieux, drôle, ouvert et varié, à la production exemplaire.

Qui plaira surement plus aux vieux Hardos (dont je suis) qu’aux Metalleux friands de Headbanging.

Plus rare en musique qu’au cinéma, les suites, si elles ne sont que des suites non prévues au départ (comme les Star Wars) sont bien souvent décevantes. Ceux qui s’attendaient à une vraie suite au “Welcome to My Nightmare” de 1975 resterons surement sur leur faim.

“Welcome 2 My Nightmare” serait plutôt à prendre comme un album de retrouvailles et de souvenirs remémorés vu avec les yeux d’aujourd’hui ? Comme le souligne la pochette, qui n’a pas la classe de celle de 1975, mais reprend les mêmes codes mais réactualisés 2011, plus Trash, plus kitch, et plus second degré.

fabkiss

Dimanche ~ octobre 10, 2011 by admin

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