BO : Sin-Atra – a Metal Tribute to Frank Sinatra

BO : Sin-Atra - a Metal Tribute to Frank SinatraBob Kulick, après s’être attaqué aux Beatles, Cher, Kiss, Iron Maiden, Queen, Alice Cooper ou Aerosmith (entre autres), et son compère Brett Chassen, se réunissent à nouveau pour produire encore une fois un Tribute. Un Tribute Album pour une personnalité hors normes et tellement charismatique, que la simple idée de le faire semble être un blasphème. Bob Kulick et Brett Chassen ont cette fois, jeté leur dévolu sur “The Sultan of Swoon”, «The Godfather»… «The Voice» en personne, j’ai nommé, Frank Sinatra, le roi des crooners, l’idole d’au moins trois générations de femmes transies par la voix souvent imitée mais jamais égalée. Jusqu’à maintenant, la démarche avait plutôt été inverse, Pat Boone (In a Metal Mood : No More Mr. Nice Guy en 1997), Paul Anka (Rock Swings en 2005), William Shatner, oui, le Capitaine Kirk de Star Trek (ponctuellement dans le passé et surtout sur Searching for Major Tom qui sortira en octobre 2011) ou RicHard Cheese (toute sa discographie), reprenant façon Swing des standards du Metal et du Rock.

Mais adapter au Metal d’autres styles, peut être assez ardu et casse gueule, la pire preuve étant les atroces Werk 80 I et II d’Atrocity. D’abord, bien s’entourer et former un groupe qui saura s’adapter aux univers de chaque chanteurs (oui, pour affronter «The Voice» sur 12 titres, mieux vaut 12 chanteurs différents). Une espèce de Big Band Metallic : Bruce Kulick (qui a travaillé avec Kiss, Meat Loaf, Lou Red, Doro, Paul Stanley… et ses propres groupes, Balance et Skull) à la guitare, Brett Chassen (Tim Ripper Owens, Bret Michaels, Velvet Chain, Carlos Santana, Stanley Clark…) aux baguettes, Richie Kotzen (Mr. Big, Forty Deuce, Poison, Gene Simmons…) second guitariste, Billy Sheehan (Mr. Big, David Lee Roth, Niacin, Steve Vai…) évidemment à la basse et Doug Katsaros (Balance, Michael Bolton, Cher, Paul Stanley…) aux claviers (façon section de cuivres), c’est également lui qui s’est occupé des réorchestrations. Des types aux CV convaincants. Des requins de studio, habitués à s’adapter et à faire ce que l’on attend d’eux, dans les genres les plus variés. Le but du jeu n’étant pas d’imiter l’inimitable, mais d’adapter le style de chaque chanteur sélectionné avec le répertoire «imposé». Sans trop molester ni l’un, ni l’autre. En y mettant aussi une bonne dose d’humour et de second degré, dont ne manquait pas «Franky» et pour faire passer l’absence de son phrasé mythique.

Autant le dire tout de suite, malgré l’ampleur de la tache et du mythe, «Sin-Atra – a Metal Tribute to Frank Sinatra», est une réussite, bien sûr, tout le monde ne s’en sort pas avec le même éclat, mais il n’y a pas de réelle déception, tout juste quelques faiblesses dues surement à l’âge, car il faut bien l’avouer, ce sont les vieux briscards du Metal qui s’en sortent le mieux au niveau du chant, les réorchestrations, étant toutes tout simplement surprenantes. Dans l’ordre de qualité pour les vieux, Glenn Hughes (Solo, Black Country Communion, Trapeze, Deep Purple…) tout simplement bluffant dans sa version entre Hard et Fusion de I’ve Got You Under My Skin du génial Cole Porter, certes la plus «académique» dans la forme (pas autant que le superbe duo U2-Sinatra de 1993), mais où son timbre particulier fait mouche et où son attaque sèche des syllabes, rappelle un peu celle si particulière de Frank Sinatra, qui le faisait souvent comparer à celle des cuivres d’un orchestre de Swing. Dee Snider (Twisted Sister) lui, revisitant façon Heavy Metal plombé It Was a Very Good Year, avec l’intégration très osée du riff mythique de Kashmir (Led Zeppelin), transformant cette chansonnette sur l’évolution du couple au travers des ans en constat de la torture du vivre à deux. C’est Robin Zander (Cheap Trick) que nous retrouvons sur mon titre préféré du grand Frank Sinatra Fly Me to the Moon dans une version speedée, festive et virevoltante, pétaradante comme la navette Challenger. Mais, les plus jeunes s’en dépatouillent aussi très bien. Bon, à mon goût, seul Devin Townsend et son New York New York semble un peu avoir du mal, sur-interprétant ce grand classique de la musique Américaine revisité Metal Prog, mais, en même temps, il y insuffle sa propre personnalité, après tout. Le Cover est loin d’être mauvais, mais il demande du temps avant d’être totalement accepté.

Il fallait oser en 2011 faire un album Metal avec le répertoire de Frank Sinatra, et c’est le principal atout de cet album, l’audace. Il en a fallu de l’audace pour reprendre à la Van Halen The Lady Is a Tramp (repris également magnifiquement sur son dernier album par un autre Crooner monument, Tony Bennett, en duo avec Lady Gaga) réinterprété avec fougue par un Eric Martin (Mr. Big) décoiffant. Dire que Frank Sinatra avait déclaré, après avoir entendu un p’tit gars de Memphis qui débutait, que le Rock and Roll était la pire chose qu’il avait eu le malheur d’entendre. Qu’aurait-il dit après son jugement définitif sur Elvis Presley (vu que c’est de lui qu’il s’agissait) et toute sa suite depuis plus de 50 ans, après avoir entendu son titre le plus connu au monde Stanger in the Night revu et corrigé par le chanteur d’Anthrax, Joey Belladonna et quelques Metalleux hirsutes. Joey Belladonna, que j’aurais d’ailleurs plutôt vu sur la reprise Thrashy de Love and Marriage, vu que Anthrax y avait fait une apparition dans la série du même nom (Marié 2 enfants) à leur début. C’est Elias Soriano de Nonpopint qui le fait et de très belle manière. Tout comme Geoff Tate (Queensrÿche) sur Summerwind, même le That’s Life bien que génialement repris par un David Lee Roth en pleine forme sur son 1er album Solo (Eat ‘Em and Smile 1986) et ne souffrant aucune comparaison, se révèle fort sympathique, magnifiquement interprété par un Jani Lane (Warrant), malgré tout, très influencé par le Big Dave, qui aurait eu toute sa place sur ce Tribute Album. Autre grand absent, qui avait été contacté et qui avait promis de participer, Ronnie James Dio, qui devait reprendre le My Way (du sautillant Claude François (Comme d’Habitude)) et qui a entre temps décidé de rejoindre Frank et Cloclo au firmament… où ils étaient déjà.

Un vraiment magnifique Tribute à l’une des plus grandes stars de la chanson internationale, superbement servi par un groupe éphémère de grande qualité, et des voix, qui ne rivalisent pas avec «The Voice» mais lui rendent hommage de la plus belle des manières…en chanson.

Merci les gars…merci Franky.

fabkiss

Mardi ~ octobre 10, 2011 by admin

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Alice Cooper : Welcome 2 My Nightmare

Alice Cooper : Welcome 2 My Nightmare Que se racontent deux fous quand ils se rencontrent…des histoires de fous.

Que se racontent deux vieux quand ils se rencontrent… des histoires de vieux.

Que se racontent deux Rockers quand ils se rencontrent… des histoires de Rockers.

Et quand deux vieux fous de Rockers se rencontrent… ils se parlent de leurs jeunes temps, leurs succès et leurs projets.

J’imagine assez bien la scène, deux sexagénaires confortablement installés sur un canapé moelleux, les pieds douillettement enfoncés dans une moquette épaisse, un verre du meilleur scotch à la main, papotant souvenirs, la discussion dérivant vers les projets de chacun, les deux en ayant un qui implique l’autre, mais pas le même. Alice, a bien envie de faire une suite avec Bob Erzin aux manettes à son dernier album “Along Came a Spider…” il manque toujours une patte à son «Spider». Mais Bob, lui, en cette année 2010, verrait bien pour fêter les 35ans du plus gros succès d’Alice Cooper, une suite à “Welcome to My Nightmare“, album qu’il avait lui-même produit, comme maints albums d’Alice. La discussion a dû être longue et animée, mais c’est Bob Erzin qui arrache le morceau.

Parlez en à Ace Frehley, c’est bien connu, Bob Erzin est l’un des producteurs les plus persuasifs et intrusifs qui existe. Mais, force est de constater que même si parfois, il peut faire mal à l’égo de certains membres des groupes avec lesquels il travaille, le résultat est souvent à la hauteur des quelques vexations endurées. Spider attendra bien encore un peu… mais surement pas 35ans.

Et pour l’occasion, pourquoi pas ne pas marquer un grand coup… la reformation du Alice Cooper Group de la grande époque (qui, entre parenthèses, venait de splitter juste avant l’enregistrement de “Welcome to My Nightmare“).

C’est donc avec allégresse que les deux vieux compères se sont attelés à la tache. Commencent par co écrire la majorité des titres (12 sur 14) aidé dans la tache par quelques requins de studio, anciens et nouveaux acolytes. Des titres à la façon Old School, variés et ouverts, flottant entre le Rock, le Hard et le Heavy à l’Américaine.

Y ajoutant un son et des influences actuelles.

Donnant un résultat, pas forcément dans l’attente des fans actuels.

Qui ne déroutera pas forcément les anciens.

Mais en tout cas, et à quelques égards, surprenant.

Dès les premières mesures de l’intro de “I Am Made of You”, nous retrouvons le thème de “Steven”, le héro de “Welcome to My Nightmare” (coécrit avec Desmond Child coauteur du mythique “Poison” et de… “I Was Made for Lovin’ You” de Kiss… Entre autres) petite ritournelle au piano, digne du rappel de l’épisode précédent en générique de début d’un film d’angoisse, qui nous prépare au découpage très cinématographique de cet album, chaque titre étant une atmosphère musicale pour chaque scène de ce nouveau cauchemar.

“I Am Made of You” poursuit sur un rythme lent et mélancolique, la voix vocoder d’Alice cooper accentuant cette atmosphère, un beau morceau profond orné d’un superbe solo de guitare lumineux et salvateur. Un des rares titres “sérieux” de “Welcome 2 My Nightmare” plutôt axé second degré, pour un cauchemar plus Scary Movie que Scream.

Comme le Rock and Rollant “Caffeine” ou le désopilant “Disco Bloodbath Boogie Fever” espèce de mix entre le “Genius of Love” de Tom Tom Club (pour la mélodie), le Eminem moqueur des débuts (pour la voix) et les Leningrad Cow Boy (pour les Chœurs style armée rouge avec 0.5 gramme de sang dans la Vodka), le metalleux proche de la crise d’apoplexie devra attendre l’accélération du dernier break pour reprendre des couleurs avec un solo de John 5 qui le remettra d’aplomb.

Pour la suite de cet album qui pourrait bien se révéler un véritable cauchemar auditif pour les plus réfractaires au style très varié de cet opus qui pour d’autres, dont je suis, est un régal.

Variété qui passe par le Rock Hillbilly et assez ébouriffant de “A Runaway Train”, le Jazz New Orléans de “Last Man on Earth“, le Hard Rock teinté de Prog de l’excellent “The Congregation”, ou le Punky façon Ramones de “Ghouls Gone Wild”, la berceuse schizophrène “The Nightmare Returns” ou la très Kisséenne balade “Something to Remember Me by” sur laquelle la voix d’Alice Cooper ressemble furieusement à celle de Peter Criss, ce n’est d’ailleurs pas la seule référence qui me rappelle Kiss, mais il n’y a là, rien de particulièrement étrange, Kiss et Alice Cooper étant de la même école, et Bob Ezrin étant un autre point commun entre les deux dinosaures du Heavy Rock made in USA.

En effet, le fan des 2 (dont je suis…) ne pourra que trouver une certaine ressemblance entre “All for the Glory” (Sonic Boom) au niveau du phrasé du refrain et “What Baby Wants”, le titre qui suscitera surement le plus de controverses, et finira d’achever le pauvre metalleux cité plus haut. Duo de chant et d’écriture surprenant entre Alice Cooper et une égérie de l’Electro Pop Dance moderne, Kesha qui pourrait entrainer des envies d’éradication du genre humain à n’importe quel Black Metalleux un peu fragile. Alice a eu le coup de cœur pour cette jolie blondinette sur la scène des Grammy Award où il lui a proposé la botte, et dont est né ce titre Electro Dance qui devrait faire un carton sur la bande FM US.

Un titre surprenant, que je trouve très bon et qui fait bien la synthèse de ce “Welcome 2 My Nightmare“, une production impeccable d’une qualité sonore irréprochable, et des titres pleins d’audace, quitte à déconcerter la frange dure de l’auditoire d’Alice Cooper, même si après plus de 40ans de carrière on peut s’attendre à tout (et même n’importe quoi) de la part du psychotique Vincent Furnier.

Autre réminiscence Kisséenne (à mes oreilles) les “Yeah Yeah” (“Say Yeah” “Sonic Boom”) et un petit air de “Radioactive” (“Gene Simmons” Solo Kiss) sur le très Rolling Stonien et magnifique “I Gotta Get Outta Here”.

L’album se finit sur un instrumental, “The Underture” faisant la part belle bien sur au Group, générique de fin, qui reprend comme souvent maintenant au cinéma, quelques extraits des meilleures scènes, un montage intelligent des nouveaux titres et du titre éponyme du premier épisode.

Un album qui, pour ma part, est une vraie surprise et un plaisir que je ne boude surtout pas.

Bien sûr, il est en rupture avec les dernières productions d’Alice Cooper. Il serait plutôt un hommage à l’époque lointaine de ses débuts et à la reformation provisoire du Alice Cooper Group. Un album classieux, drôle, ouvert et varié, à la production exemplaire.

Qui plaira surement plus aux vieux Hardos (dont je suis) qu’aux Metalleux friands de Headbanging.

Plus rare en musique qu’au cinéma, les suites, si elles ne sont que des suites non prévues au départ (comme les Star Wars) sont bien souvent décevantes. Ceux qui s’attendaient à une vraie suite au “Welcome to My Nightmare” de 1975 resterons surement sur leur faim.

“Welcome 2 My Nightmare” serait plutôt à prendre comme un album de retrouvailles et de souvenirs remémorés vu avec les yeux d’aujourd’hui ? Comme le souligne la pochette, qui n’a pas la classe de celle de 1975, mais reprend les mêmes codes mais réactualisés 2011, plus Trash, plus kitch, et plus second degré.

fabkiss

Dimanche ~ octobre 10, 2011 by admin

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Oliver Weers : Evil’s Back

Oliver Weers : Evil’s BackPresque deux ans après un premier album époustouflant, Oliver Weers revient, toujours chez Target Records, mais sur son tout nouveau label «MetalHeaven», avec un «Evil’s Back» qui a la lourde tâche de confirmer l’excellente impression qu’avait laissé le superbe «Get Ready» dans mon conduit auditif.

Le challenger déchu de la Star Ac’ danoise 2009 m’avait déjà fortement impressionné avec un 1er album d’une qualité rare, aussi bien par ses compositions fortes et variées, que par son chant, sobre et d’une grande puissance. Et, même si la brigade en cuisine a complètement changé (musiciens, compositeurs et producteur) et que la carte semble n’avoir que peu évolué, retrouvant à peu près les mêmes ingrédients, on peu d’ores et déjà dire qu’Oliver Weers, remet le couvert. Et pas pour nous servir du réchauffé, ni de la musique “fast food”. Bien qu’il soit vrai, aussi, que la musique d’Oliver Weers soit assez standardisée, ce qui fait la différence avec “McDo” c’est le tour de main, la qualité des ingrédients, le dosage des épices et surtout, l’âme du chef.

D’ailleurs, musicalement c’est surtout dans le dosage des épices que se révèlent les différences entres les deux albums. Des compos un peu moins Heavy, un peu plus Hard FM mâtiné de Prog’, mais toujours d’une très grande qualité sans ostentation et très variées, offrant à la voix d’Oliver toute la place pour s’exprimer. Une voix qui, elle aussi, à évolué, un timbre plus aigu, mais la tessiture si agréable avec son voile léger est toujours aussi envoutante, et par delà cette sensation de puissance retenue, Oliver semble doter d’un coffre énorme sans fond. Un chant qui, encore une fois, n’est pas là pour faire des prouesses techniques ou épater la galerie, mais qui est naturellement éblouissant. Et pour le dressage du plat, une prod’ un peu plus sèche et mate, non pas plus lourde, mais plus “light” sans être trop légère, tirant elle aussi plus sur les aigus, et donnant aux titres fouettés de positivité une texture aérienne d’une légèreté lumineuse.

Après « Get Ready», Oliver Weers persévère pour notre plus grand plaisir dans ce que David Lee Roth, jadis, avait qualifié de «Big Rock», une sorte de Heavy Rock chromé et chatoyant, à l’américaine, puissant, riche et festif ou au moins ouvertement positif. Un son… une vibe… un feeling qui n’a comme ambition que de vous faire passer un bon moment et même vous faire prendre votre pied. Oliver Weers confirme avec «Evil’s Back» qu’il a ce feeling, ce don, ce charisme qui captivent. Encore une fois très bien entouré, il confirme sa propre identité, au-delà du style et du timbre.

Oh ! bien sûr, tout cela ne reste que du Rock, et en matière de Rock, tout a déjà été écrit et fait, forcément, les références et les rappels fusent : Genesis, Peter Gabriel, Glenn Hugues, Ozzy ou Bowie, et à plusieurs reprise Paul Stanley (fait particulièrement troublant sur «Beautiful Rain», superbe ballade mélancolique et lumineuse). Mais alors que «Get Ready» affichait clairement les eighties au compteur, «Evil’s Back» sonne nettement plus actuel, grâce à cette prod’ hyper dynamique agissant comme un lubrifiant pour faire pénétrer sans brutalité ce gros calibre. Douze titres énormes qui s’enfilent sans faiblir et vous remplissent d’un panard intégral atteignant le nirvana à plusieurs reprises avec des monuments comme le vivifiant, le superbe, le magnifique… le génial !? «Need It Bad», avalanche de riffs frais et ravageurs d’une pêche à vous faire grimper aux rideaux, le non moins décapant «Much To Much» titre à tiroirs cavalcade épique flirtant avec le Death Melo, le Hard Rock et Ricky Martin, bourré de Riffs et de gimmicks varié…

Oui, il est temps de le dire, hormis le chant magnifique, la Prod‘ aux petits oignons, les compos chaleureuses, les musicos cassent aussi la baraque : la basse qui groove, qui claque et vous plaque, la batterie qui brille par sa pondération et son à-propos, et les guitares qui ont la délicatesse d’être superbes et ébouriffantes.

Et les quelques arrangements de piano et de violons de très bon aloi, évitent l’écueil facile du Metal Sympho’ pompeux de comédie musicale. «Hero» évite glorieusement ce même travers, dans lequel aurait pu tomber ce duo Hard Rock avec Rebecca Louise Armstrong, et contient toujours cette mélancolie positive qui vous élève vers la lumière. Rapide mais hélas, trop furtif.

Mais dès le départ (après une énigmatique intro), avec le titre éponyme à l’album, Oliver Weers était entré dans le vif du sujet, un Heavy Rock qui a du punch, percutant, direct, qui n’inspire qu’une chose : le respect.

Après un 1er album avec lequel Oliver avait revêtu l’étoffe des héros, il revient et confirme son art avec «Evil’s Back», imprimant sa trace dans l’empreinte des géants. Irai-je trop loin en disant qu’Oliver Weers a sorti, coup sur coup, deux chefs d’œuvre… ? Il correspond pour moi, à l’image que je me fais du Metal idéal, car même si j’aime aussi le plomb et l’acier, le chrome a ma préférence. Surtout quand il est comme ici, un acier supérieur inoxydable, d’un état de surface impeccable, d’une épaisseur conséquente mais sans gâter les fines ciselures, lui évitant un piquage à long terme, et d’une brillance aveuglante.

Je passerai sous silence la pochette, franchement pas à la hauteur. Même si elle confirme, elle aussi, l’émergence d’un logo à retenir.

fabkiss

Samedi ~ août 08, 2011 by admin

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Suckerstarz : Easy Romance

Suckerstarz : Easy RomanceComme notre cher président, Suckerstarz, est un groupe Franco-Hongrois, fondé en Hongrie, dans la back stage d’un festival, par Blondie , chanteur des Hongrois de The Joystix et Stuffy et Pamyz, du groupe Punk Rock Français Highschool Motherfuckers. Suckerstarz, qui a déjà sorti un EP ultra confidentiel au Japon (???) et un non moins confidentiel Slit avec Sonicdollz (on notera le Z final). Suckerstarz se voit offrir par Shotgun Generation Record, une diffusion plus large pour son 1er Album « Full Length».

Un 1er album d’un mélange détonnant de Rock and Roll plutôt Garage de Speed de Hard Rock de Street de Surf de Punk de Glam de Sleaze, d’énergie et de bonne humeur.

Depuis que le jeune est reconnu comme jeune, en gros depuis les années 60 et l’adolescence des Baby Boomers, 3 choses semblent l’intéresser. La vitesse, le bruit et le sexe.

Et le Rock and Roll, depuis lors, en est aussi bien sa synthèse que sa bande son.

Que vous aimiez Motörhead, Supersuckers, les Ramones, le Glam, la Pop ou le Surf sautillant, vous vous y retrouverez.

Ne cherchez surtout pas le recherché ou l’émouvant, Suckerstarz, ne pêche pas en ces eaux.

Suckerstarz, c’est de l’énergie pure, un trio de sales gosses qui montent sur la table pour nous montrer leurs culs boutonneux.

Même assis en écrivant cette chro, impossible de rester passifs, mes pieds dansent et je ne peux m’empêcher d’appuyer quelques Riffs bien acérés de la rythmique en l’Air. Les compos sont bien pêchus, ni très novatrices ni vraiment originales, mais fraiches et dynamiques. Dynamisme appuyé par une prod vrombissante mêlant punch Punky, Glam Glizzy et fraicheur acnéique.

Une production qui ici, heureusement, est complètement dépourvue de ce que pourrait entrainer la présence de 2 Français au sein de ce Trio bondissant, la fameuse «French Touch» qui handicape finalement tellement le «Rock Français» à l’international, ce côté mou du genou intello fatigué/fatigant. Mais une Production qui donne à cette formation positivement Européenne un son résolument étasunien. Des sonorités typiquement Garage («Hard»Rock US ancêtre du Punk UK), un groove qui vous met des fourmis dans les jambes et des guitares qui vous scarifient et vous enfièvrent. Un mix sonore du Rock radical des sixties à nos jours et qui vous colle la frite pour la journée.

Un album bref et rapide, qui s’écoute d’une traite et fini largement avant l’apparition du moindre signe de lassitude.

Huit titres courts, le plus long ne fait que 3′32” et le plus court, 1′42”, ce qui n’empêche pas à «Go To Trail», sans être abyssal, d’être le titre le plus profond de l’album.

Un album que l’on redécouvre à chaque écoute, tellement il passe vite, tout en étant d’une densité et d’une variété étonnante pour un sms de cette espèce.

Un 1er album prometteur, d’un groupe Européen, qui enfin, ne flotte plus entre «exception culturelle» et l’école Américaine de l’ «Entertainement», laissant avec classe et panache tomber la première option pour se vautrer avec délectation dans la seconde, à l’image de ce «The Lasttime» qui sent la gomina et le Coca, et qui aurait sa place dans le Juke Box du générique d’ «Happy Days»

fabkiss

Dimanche ~ avril 04, 2011 by admin

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Malison Rogue : Malison Rogue

Malison Rogue : Malison RogueDans le Prog, ces dernières années, les groupes qui m’ont simplement légèrement secoué la gauche, sans déranger une seconde la droite, il y en a de pleins tombereaux.

Des fumisteries du genre Dream Theater, incapables d’aligner plus de 2 bons titres par album, en ne cherchant surtout pas l’originalité…vu qu’il n’y en a aucune.

J’en ai soupé.

Tout en nourrissant un espoir de renouveau du genre.

Mais heureusement, en ce début 2011 débarque dans les bacs un groupe prometteur, Malison Rogue et son 1er album éponyme.

Qui a l’avantage, et c’est assez rare pour le souligner d’entrée, de sortir un album éblouissant de qualité qui ne comporte aucun mauvais titre.

Certains diront qu’avec seulement 8 titres le groupe s’est évité, au maximum, le faux pas.

Huit titres d’un Heavy Metal de grande qualité, principalement mid, voire low tempo, d’un esprit vintage fortement imprégné d’un prog 80s entre Toto, Styx et Alan Parson, et saupoudré de Hard FM type Foreigner.

Un Heavy Prog, sans prétention, servi honnêtement par un quatuor qui ne cherche pas à épater la galerie, mais arrive à émouvoir sans artifice de post production, sans sombrer dans le pathos.

Un Heavy Prog fortement inspiré, et ça en est forcement banal, par les années 80 qui nous rappelle forcement quelque chose, mais heureusement, de façon moins évident que chez certaines soit disantes pointures du genre (citées plus haut).

En vérité, un 1er album qui surprend par sa qualité ou plutôt ses qualités, qualités de composition, qualités d’interprétation, qualités de modestie, il est si facile surtout dans le Prog actuel de vouloir éblouir souvent pour masquer d’autres défauts, principalement celui de recycler voire imiter le passé.

Un 1er album étonnant de maitrise, une basse qui groove, une batterie considérée comme un vrai instrument et non seulement comme une base rythmique et une guitare qui sait être omniprésente sans être envahissante. Et surtout, ce que je retiens le plus, des chœurs, de toute beauté, qui me rappellent Queen…entre autres qui apparaissent ici comme une signature, une marque que j’espère retrouver sur le prochain Malison Rogue.

Qui en serait pour moi un signe distinctif ou un signe particulier de la personnalité de ce nouveau groupe plein de promesses.

A vrai dire seul le chant est un peu vert manquant encore d’expérience et malheureusement de coffre, mais la voix est bonne et capitalisera sans aucun doute sur son potentiel.

Un petit défaut que l’on pardonne bien vite, même s’il est quand même flagrant.

Surtout que l’accent Suédois à couper au couteau donne un charme supplémentaire au tout.

Sans réinventer la poudre, Malison Rogue taille une facette supplémentaire à ce diamant que sait être le prog ici avec un net penchant pour le Heavy mid tempo et les ciselures fines et ouvragées.

Un Heavy honnête mêlé à un prog sans prétention.

Étonnamment mûr pour un 1er opus, sans faute de goût ni esbroufe.

Euh !…sans faute de goût, si on fait abstraction de la pochette, sympathique au demeurant mais d’une banalité affligeante qui ne laisse rien deviner de la perle qu’elle renferme.

Malison Rogue…Un groupe à suivre.

fabkiss

Mercredi ~ mars 03, 2011 by admin

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