Amon Amarth : Surtur Rising

Amon Amarth : Surtur RisingMon dieu mon dieu. Mais comment font-ils ?

C’est vrai : comment fait cette bande de blondinets bedonnants pour, à chaque album, donner l’impression qu’ils repoussent sans cesse le concept de “maximum”. Où trouvent-ils cette énergie qui les propulse toujours plus haut, toujours plus fort, toujours plus puissants et hégémoniques ? Alors qu’il est courant chez les musiciens de dire que leur dernier album est leur meilleur sortie, et que souvent, seul le 1er avait de manière éphémère marqué son époque. Avec Amon Amarth, c’est vrai…

Pas forcément d’un point de vue musical, mais à chaque album, Amon Amarth passe un cap, que ce soit par la puissance, la rage, l’écriture, AA ne fait que monter, se bonifie, confirme et affirme sa position de dominance à la fois physique, morale et de communion, élargissant à chaque fois son auditoire d’adeptes conquis dans la fureur.

Alors que, depuis toujours, Amon Amarth suit une évolution constante en poids et en taille, devenant au fil du temps une colonne de blindés brutale et sonore de plus en plus imposante, écrasant tout sur son passage, avec «Surtur Rising», le son semble un peu réduire la voilure, avec une production plus compacte, une artillerie plus légère pour atteindre, par un tir plus ajusté, les poches de résistance mélodique.

En plus clair, Amon Amarth semble prendre, ou plutôt confirmer avec «Sutur Rising» une orientation vers des mélodies plus fines et travaillées et quelques incrustations «Sympho». Certains y verront l’appui d’un léger changement de cap commencé avec «With Oden on Our Side», d’autres, l’affirmation d’une grave dérive. Attention, je ne parle pas d’un changement radical : les fondamentaux sont là, et bien là. Disons qu’Amon Amarth élargit son champ d’action, ou ses sources d’inspiration.

Ou, du moins, voudrait le faire.

Après avoir atteint les sommets avec «With Oden on Our Side» et le Walhalla avec «Twilight of the Thunder God», confirmant la place du groupe au Panthéon du Metal, pour la première fois, Amon Amarth me déçoit.

Par exemple… «For The Victory Or Death» fait un peu… euh, carrément générique de série allemande. Le thème de guitare est franchement ridicule et le son pathétique… même Johan Hegg n’as pas l’air convaincu par la chose. D’ailleurs, il n’as pas l’air trop investi par l’enregistrement, c’est ce qui ressort des interviews et semble se confirmer à l’écoute. Il semble au-dessus de ça sur au moins la moitié des titres.

Mais plus que tout, c’est cette impression de déjà-vu, pour la plupart des titres, Amon Amarth semble se répéter. D’entrée, le Riff principal de «War Of The Gods» ressemble quand même bigrement à «Valhall Awaits Me» («With Oden on Our Side»). «Töck’s Taunt – Loke’s Treachery Part II» tente de retrouver l’énergie mélancolique et poignante de «Fate of Norns»(«Fate of Norns») sans le même succès. Deux bons titres au demeurant mais du déjà-vu… hélas.

Pour la première fois, à mes yeux, Amon Amarth n’atteint pas un nouveau niveau, comme avec chaque nouvel album, mais une sorte de palier. Comme si AA avait fait le tour de son sujet. Il y a, certes, la recherche d’un nouvel élan, mais au final, cela ressemble plus à des errements stylistiques qui ne semblent pas convaincre tout le groupe, si on veut être optimiste.

Pourtant, les intentions étaient louables au départ. Entre autres, donner plus de place à l’expression de chaque musicien, et pour ce faire, les compositions sont moins monolithiques, les ponts et breaks plus fréquents et aérés, mais les espaces ainsi libérés, semblent plutôt faire peur aux guitares qui ne se révèlent, bien souvent, pas à la hauteur, comme pour le lamentable solo de «A Beast Am I», dont, j’ai du mal à saisir la partie finale plus fine, mais dont (encore une fois) l’espace laissé aux guitare se retrouve gâché par le manque d’intérêt.

Tout comme je ne saisis pas pourquoi déplacer (et payer) le «Dark Passenger Orchestra» pour effectuer quelques nappes de cordes sur «Doom Over Dead Man», nappes que n’importe quel claviériste débutant aurait pu exécuter avec un Casio de base. Soit Amon Amarth a vraiment envie de Sympho’ mais n’en a pas la capacité d’écriture, soit il cherche à ménager la chèvre et le chou, en essayant de séduire un public plus large, en ménageant son public de base pour qui le violon est synonyme de triangle rose.

L’album en lui-même, musicalement, n’est pas mauvais, il est même bon et agréable à écouter et d’une efficacité malgré tout redoutable… Mais de la part des géants Nordiques et après une telle campagne de promotion, je reste vraiment sur ma faim. «Sutur Rising» est moins brillant que les productions précédentes d’Amon Amarth, surtout des dernières. Des redites, et un investissement moindre du leader qui, finalement, donne plus de liberté aux autres membres, mais qui se révèle un piège pour beaucoup, comme si l’espace offert les tétanisait, ou qu’ils n’avaient pas saisi l’opportunité de développer leurs jeux individuels. Seule la batterie y gagne vraiment en offrant un jeu plus ouvert et varié.

Cela ne m’étonnerait pas que, d’ici peu, quelques changements se fassent au sein d’Amon Amarth, principalement au niveau de la lead guitar et de la basse. L’une par manque d’inspiration, l’autre d’audace, ou d’à-propos. Pourtant, «Slaves Of Fear» démontre bien qu’Amon Amarth a toujours la capacité d’innover, de surprendre, de plaire aux plus grand nombre, sans perdre son âme.

Il ne reste plus à Amon Amarth qu’à se sortir les doigts du derrière, d’arrêter de s’endormir sur ses lauriers et de nous sortir la prochaine fois un album à la hauteur de sa réputation.

Ou de réussir à se mettre à celle de ses ambitions…

fabkiss

Samedi ~ septembre 09, 2011 by admin

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The Very End : Mercy & Misery

The Very End : Mercy & MiseryJe découvre The Very End avec son 2ème album «Mercy & Misery», et je ne serais surement pas le seul.

C’est en 2004 à Essen, en Allemagne, que se forme The Very End, espèce de petit super groupe qui, avec son second opus, frappe à grands coups sur la porte donnant sur la cours des grands.

Les grands du Thrash, du Death Melo ou du Heavy Metal…qu’importe, laissons ces batailles de clochers aux belligérants. Disons, simplement, du Metal…en général.

Du moins, le Metal qui ne se satisfait pas du… «Moins ont est audible et voyant, plus on est «Underground», mieux c’est»

Derrière cette pochette, un peu neuneu (un cercueil/enceinte acoustique ailé…), rappelant fortement celle du «Death Magnetic» de Metallica, The Very End incorpore à haute dose les genres sus-sité, les mélangeant avec vigueur, y ajoutant quelques bonnes pincées de MetalCore. Pour nous concocter surement un des meilleurs albums Metal de ce début d’année 2011.

Un album et un groupe étonnant, et à plus d’un titre. Etonnante, la batterie, véritable cœur battant du groupe, occupant quasiment la place de leader, menant et imprimant ses accents à la mélodie. Mêlant roulements old school et déferlantes de double sauvages, clairement, l’instrument le plus pointu et travaillé.

Etonnant, le chant polymorphe, varié. Souvent clair ou hurlé, façon Metalcore. Rageur et caverneux typé Thrash (rappelant Metallica) ou encore, avec le trémolo et le mélodieux du Heavy.

Etonnant, le choix des 2 reprises de cet album. «Immigrate Song» un des premiers tubes des chantres du Heavy hippies, Led Zeppelin (pour les télévores incultes, on retrouve le gimmick vocal de Robert Plant, en sample dans le générique de «52mn inside», une des nombreuses et insupportables émissions pipol de tf1), ici accaparé par The Very End, encore plus groovy qu’à l’origine et d’une modernité étonnante.

Encore plus étonnante, la reprise du tube international de Michael Sembello «…gné…mais qui c’est celui la»…personne…à part pour son seul fait d’arme, avoir composé «Maniac» le titre majeur de la petite bluette romantico-metallurgico-syndico-dance du cinéma des 80s, «Flashdance»…mais si, la chanson de la fameuse scène où l’héroïne (amoureuse de son patron) passe son audition devant un jury conservateur, mais finalement conquis. Et on aura à l’écoute du titre la même réaction, l’audition commençant avec un léger sourire narquois, pour finalement nous conquérir tant la reprise Metal semble évidente et naturelle.

Étonnamment, les 2 reprises semblent être également le lieu où se sont lâchés le plus les guitaristes ou même de cours de récréation pour le groupe.

Étonnant comme le Death Melo de The Very End réintègre les rangs du Heavy Metal traditionnel, ça fait déjà un moment que le Thrash n’est plus vraiment différent du Heavy, mais maintenant il est clair aussi que la spécificité «Death» l’est de moins en moins aussi.

A l’image de «Rat Nation», qui flotte entre les 3 genres auxquels s’ajoute le plus naturellement des effluves Metalcore Prog et quelque espagnolades du plus bel effet.

«Dead Is The New Alive», hésitant entre le Death Melo d’Arch Enemy et le Heavy plombé de Down.

Pour être plus clair, The Very End, nous sort un second album sans véritable déchet et contenant quelque perles étincelantes. Comme les titres sus cités, et quelques autres, comme le psychotique «A Hole In The Sun» déjanté et dépressif à souhait. «Blacklisted» d’une ambiance lourde et qui vous vrille les synapses angoisse et de plaisir.

Les Arch Enemy, Amon Amarth, In Flame, Atrocity et consorts, n’ont qu’à bien se tenir, un jeune loup sort du bois et réclame sa part d’agneaux chevelus, qui n’attendent que de se faire croquer.

Un groupe et un album, apparemment aptes à plaire au plus grand nombre des membres de la famille Metal.

Bien plus vaste et ouverte que semble le croire son insignifiante et à la marge, soit disant élite.

Qui confond souvent underground et simple manque de talent.

Qui ici, déborde.

fabkiss

Lundi ~ février 02, 2011 by admin

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