Falchion – Chronicles of the Dead (2008)

Ξ March 15th, 2009 | → 1 Comments | ∇ Death mélodique, Folk Metal |

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Hé bien ! Cette fin d’année 2008 aura été riche pour moi, Pas forcément en euros sonnants et trébuchants…mais plutôt musicalement. Provenant une fois de plus de Finlande (à croire que je fais une fixation sur ce pays…), j’ai eu l’occasion de découvrir le groupe il y a deux mois lors du Finnish Fire Tour. La performance des musiciens sur scène m’ayant époustouflée, j’ai décidé de rapidement me procurer l’album.

Etant ce que l’on peut presque appeler une vieille routarde, j’ai tout d’abord été assez surprise de ne pouvoir coller une étiquette sur le genre musical de l’album. Non pas qu’il soit disparate, il est au contraire très cohérent, mais le genre est vraiment indéfinissable. Du death-heavy-epic-mélodique? Bref toujours est-il que la première chose marquante est la production exceptionnelle. Falchion est là pour nous en mettre plein la vue, et la qualité du son va grandement l’aider.

Soyons clair, déjà : cet album, s’il n’a rien de révolutionnaire au niveau de l’originalité de ses compositions, compense largement cette faiblesse par une impeccable maitrise technique. Juho Kauppinen, délaissant pour un temps son poste d’accordéoniste au sein de Korpiklaani au profit d’une guitare, est véritablement ce que l’on pourrait nommer un virtuose. D’ailleurs, j’ai trouvé que les autres musiciens étaient là presque uniquement pour le mettre en valeur. Le groupe aurait pu se nommer Juho et son orchestre…

Difficile de débuter cette chronique sans immédiatement parler du morceau emblématique de l’album : Mayhem Machine. Il consiste en une brève et dense composition uniquement musicale, au magnétisme puissant assez incroyable. Généralement j’ai un peu de mal avec le genre « tripoteurs de cordes » mais je ne peux que m’incliner devant la qualité de ce morceau. Riffs accrocheurs, mélodie envoûtante, et les dons des musiciens qui ont vraiment eu l’inspiration géniale pour ce morceau. S’il ne devait en rester qu’un sur l’album, ce serait celui-ci.

En comparaison les autres morceaux paraissent presque « ternes ». Oh, non pas qu’ils soient inintéressants, mais ils ne sont que biens exécutés, là où l’on aurait souhaité perpétuer le génie de Mayhem Machine.

Voyons un peu, par exemple, Evolution in Reverse. Tout est présent pour que ce morceau soit une réussite : l’intro acoustique, la mélodie qui reste en tête, le petit solo entraînant. Difficile de réfréner le headbanger qui sommeille en soi. Mais on peut toutefois noter que le bon riff une foi trouvé, ils ont un peu tendance à l’user jusqu’à la corde…Même si l’ensemble a un bon rendu, je leur reproche personnellement un petit manque de créativité.

Cette impression de baisse d’inspiration s’accentue d’ailleurs à mesure que l’album défile. Je crois que les grunts du chanteur contribuent également à cette impression de répétitivité. Ils sont assez basiques, je ne sais pas, ils sont justes euh … gruntés ? Ils n’ont rien qui permettent de les différencier d’un autre grunter lambda.

Mais ne soyons pas injustes, non plus. Le plaisir d’écoute tout au long de cet album est véritablement présent.
Le titre éponyme Chronicle of the Dead est un excellent morceau. Le genre de mélodie que l’on se surprend à fredonner plus tard dans la journée, tant la composition a été bien sentie.

Même constat pour Dying Dreams, c’est un sacré bon morceau. Mais, à l’instar de l’album en général, il y a quelque chose qui manque.
Ce quelque chose, je crois l’avoir trouvé : un peu d’âme derrière les compositions. On a parfois l’impression que les musiciens de Falchion ne sont « que » d’excellents techniciens de la musique là où on aurait pu espérer des artistes vibrant de passion.

Il s’avère toutefois que voir le groupe sur scène change radicalement l’approche que j’ai eu de ce CD. Falchion est définitivement un groupe qui se révèle en live. Les murs du studio semblent étouffer leur talent, qui est vraiment explosif et renversant sur scène. Et si leur album ne m’a pas permis d’être entièrement conquise, leur prestation live est à ne pas manquer.

Un bon groupe donc, dont je privilégierai les concerts plutôt que les albums.

 

Kivimetsän Druidi – Shadowheart (2008) Chronique

Ξ December 21st, 2008 | → 0 Comments | ∇ Epic Metal, Folk Metal |

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Décidément la Finlande est bel est bien sur le point de détrôner la Norvège dans mon podium personnel ‘des pays qui font le meilleur metal’. Cet album s’ajoute à la liste des très bons groupes originaires de ce pays. Laissez-moi vous conter pourquoi cet album m’a enthousiasmé.

Cela fait quelques temps que je connais Kivimetsän Druidi, à l’époque de leurs EP, et de leurs anciennes chanteuses. J’ai toujours pensé que, bien qu’étant très prometteurs, ils avaient vraiment fait un mauvais choix au niveau des parties vocales féminines, parfois fausses et souvent désagréables. J’attendais donc avec empressement leur nouvelle chanteuse, espérant qu’elle s’harmoniserait avec le groupe.

Force est de constater que Leeni-Maria est assurément meilleure. Sa voix est atypique et plutôt bien maitrisée, et j’ai apprécié le fait qu’elle ne réserve pas ses chants uniquement aux parties mélodiques. Malheureusement, le choix, s’il est plutôt heureux, comporte encore quelques lacunes. Déjà, je ne suis pas certaine que son timbre soit le plus adapté à ce style de musique. Il manque peut-être un peu de dynamisme, pourrais-je dire. De plus, j’ai l’impression qu’elle est parfois un peu en difficulté sur certaines compositions, peut-être est-ce dû au fait qu’elle ait intégré récemment le groupe? Mais elle n’en demeure pas moins une bonne chanteuse, dont les capacités d’évolution devront être confirmées par la suite.

Il est à noter également une très bonne évolution de la production, qui offre un son de bonne qualité, à des lieues des précédents enregistrements. J’ai toutefois noté que la batterie avait parfois un peu tendance à écraser les autres instruments.

Quant au contenu de l’album, il se ressent clairement que le groupe est jeune. Toutefois, là où on pourrait leur reprocher un manque de maturité dans les compositions, je trouve qu’au contraire ils gagnent en fraicheur. Le genre épique est souvent emprunt d’une certaine lourdeur et d’une grande prétention, ce qui ne semble pas être tout à fait le cas ici. Cette relative légèreté rend selon moi l’écoute d’autant plus agréable.

J’ai toutefois été un peu dérangée par le brassage des styles. Si la dominante de l’album est résolument épique, j’ai été un peu étonnée par le choix d’une thématique plus folkorique, notamment dans le morceau Mustan valtikan aika, qui après une introduction assez classique épique vire complètement dans le folklorique, avant de retrouver des accent plus traditionnels pour le groupe au cours d’un solo, et de repartir vers le folklore. Je ne sais évidemment pas ce qui a justifié le choix d’un tel morceau, mais je l’ai trouvé assez étrange et en complet décalage avec le contenu de l’opus.

En revanche, si je ne suis pas entièrement séduite lors de leurs envolées folks, j’ai vraiment eu un coup de foudre pour le reste de leurs compositions.

Jäässä varttunut, qui contient un refrain superbe, où la voix de la chanteuse, mariée aux grunts du chanteur guitariste, à quelques coeurs et aux salves martiales du batteur, est parfaitement exploitée, et offre un rendu global splendide. Le clip d’ailleurs, illustre très bien l’ambiance qui se dégage de cette chanson grandiose.

Je trouve également que Blacksmith se démarque un peu par la qualité de sa composition. Elle est un heureux mélange de divers styles, mais là où le groupe aurait pu tomber dans l’écueil du manque du brouillon et du mélange un peu hasardeux (comme dans Mustan valtikan aika), la chanson offre au contraire une approche diversifiée et nuancée de leur musique. Un début black, mêlé ensuite à quelques accents folkloriques/symphoniques, puis des parties vocales épiques avec backgrounds féminins alternant avec d’autres parties blacks/fantasy. L’ensemble est cette fois-ci vraiment harmonieux et offre probablement le morceau que j’ai le plus apprécié de l’album.

Le morceau exploitant pour moi le mieux le côté fantasy voulu par le groupe, est probablement Halls of Shadowheart. J’ai vraiment eu l’impression de suivre l’évolution de l’histoire, non seulement car le texte est en anglais, ce qui, évidemment, facilite l’immersion, mais également et surtout par la qualité musicale, et le soin qui a été apporté à poser une ambiance fantastique.

Cet album est pour moi une excellente surprise, et certainement la découverte de l’année. Evoluant dans un genre assez vaste, cette diversité est à le fois une force et leur procure une identité originale et affirmée, mais parfois offre quelques moments un peu brouillons. Un groupe avec beaucoup de personnalité que je suivrai donc avec plaisir dans les années à venir.

Pour les avoir moi aussi vus en live, je peux dire qu’ils sont également très doués hors studio.

 

Moonsorrow – Voimasta Ja Kunniasta (2001) Chronique

Ξ December 18th, 2008 | → 1 Comments | ∇ Epic Metal, Folk Metal |

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Traversant depuis quelques mois une période où je n’aspire qu’à courir à demi vêtue dans des bois touffus peuplant nos chères contrées nordiques, une épée ondulant sur ma hanche au rythme de mes hurlements frénétiques effrayant les touristes imprudents, je me suis naturellement un peu plus tournée vers le vaste genre “viking/épique/folklorique” pour mieux préparer mon immersion.
Grand bien m’en a pris, car je dois avouer, à ma grande honte, que jusqu’il y a peu, j’ignorais tout de l’existence de Moonsorrow. Cette lacune impardonnable réparée, je dois reconnaître qu’en plus de me permettre de frimer parmi les hordes de païens en étalant mes connaissances “metallistiques”, j’ai découvert une perle rare.

Le contenu de cet album tout d’abord, est assez dense. Peu de morceaux, mais ils ont tous une durée importante, l’intro exceptée. Généralement ce genre de constat m’effraie un peu. Je crains toujours une démonstration de virtuosité avec des solos d’une implacable longueur donnant envie de casser son poste à coup de masse. Fort heureusement, ce n’est pas le cas ici.

Les compositions ont un tour résolument épique et grandiloquent. La modestie n’est vraisemblablement pas le point fort de Moonsorrow, mais leur prétention est à la hauteur de leur talent, alors ont leur pardonne volontiers cette suffisance.

Il est difficile de mettre des mots sur ce que l’on ressent en écoutant cet album de Moonsorrow. Je me suis personnellement immédiatement sentie prise au piège de leurs fresques. Dès les premières notes de leur somptueuse intro j’ai compris que je ne pourrais pas lâcher si facilement cet album.

Ne parlant pas plus d’un mot de finnois, l’immersion dans leur univers paraissait difficile. Et pourtant, la beauté de leur musique transcende la simple barrière du langage. Sans parvenir à les comprendre, on parvient aisément à “ressentir” leurs histoires, à frissonner, s’émouvoir, se ragaillardir. Assez étonnant dans le monde du metal pour être relevé.

Kylan Paassa, par exemple, malgré un certain nombre d’ajouts “folk” (et la légèreté inhérente au genre) , conserve cette même imposante maîtrise de la saga musicale qui nous laisse stupéfait une fois le morceau achevé. Et il s’agit du morceau que j’ai le moins apprécié…

Le très long Sankatarina, et ses chœurs et mélodies mélancoliques, est une grande réussite de l’album. Judicieusement scindé en son milieu par des cris et des applaudissements prend son envol et offre une deuxième partie plus “martiale”. L’imagination suit immédiatement et on se prend à rêvasser d’anciennes légendes et conquêtes..

Le meilleur morceau restera néanmoins pour moi Sakanrihauta. Peut-être est-ce parce que j’ai découvert Moonsorrow par celui-ci? Ou tout simplement car cette chanson, plus encore que ses consœurs, m’arrache des émotions vives et intenses, tant les qualités des musiciens et leur inénarrable talent sont évidents. D’une beauté à couper le souffle.

Bref, je ne vais pas faire étalage de tous les superlatifs de mon vocabulaire, pour vanter les qualités que, vous l’aurez compris, cet album excellent recèle.
J’ai assez peu parlé de l’aspect technique de leur musique tant cela m’a semblé secondaire, face à cet album d’une dimension un peu surnaturelle qui se vit et se ressent, bien plus qu’il ne se détaille.

Je ne vais pas m’en lasser de si tôt!

 

Kivimetsän Druidi – Live Report : Finnish Fire (Strasbourg 26/11/08)

Ξ December 17th, 2008 | → 0 Comments | ∇ Epic Metal, Folk Metal |

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 Se positionnant après l’excellent show de Falchion, Kivimetsän Druidi fait son entrée dans une salle bien remplie. L’ambiance dans le public est festive et décontractée, et l’impatience  que la foule manifeste à l’égard de ce groupe est palpable.

Première constatation alors que s’envolent les notes du premier morceau : Kivimetsän Druidi dégage sur scène une présence très forte. La chanteuse, Leeni-Maria Hovila, pieds-nus et vêtue d’une longue robe claire enrubannée dans un esprit « folklorique » focalise rapidement l’attention de part sa gestuelle et son jeu scénique. Sa voix atypique s’intègre très bien aux compositions, y compris lorsqu’elle la pose dans les parties de blast beat, un pari audacieux, mais réussi. Elle répond aux grunts puissants du chanteur guitariste, dans un pur style « belle et la bête ». Je regrette toutefois un mauvais réglage du son qui ne mettait pas assez la voix féminine en avant.

Ce désagrément a par ailleurs également été notable pour les claviers, pas assez audibles à mon avis. La partie symphonique est pourtant de qualité, et on sent qu’Antti Koskinen a déjà de l’expérience et une technique irréprochable.

J’ai par ailleurs constaté qu’étrangement l’ingé-son a donné un son plutôt trash à un groupe d’avantage orienté vers l’épique-symphonique.

Aucun reproche non plus à faire au sujet de la lead guitare et de la guitare rythmique. Les musiciens connaissent leur travail et nous offrent une prestation très carrée, soignée et rigoureuse. De même que le bassiste, motivé et motivant, vient intégrer parfaitement son instrument à l’harmonie des autres cordes.

Atte Marttinen, à la batterie, nous servira des salves impressionnantes, à la fois puissantes et structurées.

En un seul mot : impeccables.

Les différents membres du groupe communiqueront régulièrement avec le public, motivant les auditeurs et déclenchant les premiers headbangs et même des pogos. L’accueil sera très favorable d’ailleurs, et après avoir recueilli quelques impressions auprès du public, j’ai constaté que les amateurs du groupe ont été satisfaits de retrouver des morceaux qu’ils appréciaient, et ceux qui découvraient Kivimetsän Druidi n’espèrent qu’une seule chose : avoir l’occasion de les revoir en live.

Un groupe donc à l’identité forte et doté d’une véritable personnalité qui révèle toute son intensité sur scène. Une très bonne performance globale.

 

Burzum – Burzum (1992) Chronique

Ξ December 17th, 2008 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

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Ah Burzum…S’attaquer à ce groupe et à son mythique et controversé créateur n’est pas une mince affaire. Vikernes peut fasciner tout autant que rebuter, et la neutralité est bien difficile à atteindre.

Moi-même d’ailleurs j’ai connu Burzum “grâce” aux actions criminelles de son fondateur (vous savez tous ce qu’il a fait, inutile de le rappeler, non?).
Cet album, c’est avant tout une ambiance, comme seuls les groupes de Black Metal norvégiens des années 90 savaient le faire. Les imperfections de la production, la mauvaise qualité des instruments, le son précaire, tous ces défauts contribuent à poser cette aura malsaine et dérangeante qui traverse l’album de bout en bout.
C’est ensuite une voix, les hurlements de Varg, des cris horrifiants qui semblent être des cris d’agonie, de rancœur, de colère. Le premier qualificatif qui m’est venu à l’esprit lorsque je l’ai entendu a été “démoniaque”, même si cela manque cruellement d’originalité. En tout cas son timbre unique ne laisse pas indifférent, et sa voix fait frissonner.
C’est également une productivité et une créativité impressionnantes. L’auteur est inspiré, et réussi à composer de bons morceaux, malgré le peu de moyens dont il dispose.

Son “Stemmen fraa Taarnet” a tout pour devenir un classique du Black Metal, et est certainement l’un des morceaux les plus accessibles : un riff un peu heavy, une mélodie accrocheuse, des chants bien placés qui prennent aux tripes. On ne va pas crier au génie, mais tout de même, ce morceau est sacrément bon.
Il en va de même pour l’ovni “War” et son solo dans la droite lignée des groupes de trash.
Quant au “Chanelling the power of souls into a new God” et son son un peu cheap, je trouve qu’il est judicieusement placé afin d’accroître le malaise ressenti à mesure que défile l’album.

J’ai par contre un peu plus de mal à comprendre l’intérêt d’un “Dungeons of Darkness“, qui n’apporte pas grand chose ni musicalement, ni au niveau de l’ambiance.

Avec cet album inventif et presque légendaire, Vikernes nous offre une petite heure de son glauque et impose son style. Et pourtant, produire un album réussi dans des conditions si peu favorables n’était pas gagné.
Un classique du genre.

 

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