September 1st, 2008

Genre : Black Metal

18/20

Formé en 1995 , Celestia groupe d’Avignon, se compose de Noktu et de Malefic à l’heure actuelle. Après une discographie déjà relativement importante. Souvenez-vous, Evanescence leur première démo, datait de 1997. Aujourd’hui ils nous reviennent avec ce que je qualifie de “très bon travail”, après je ne me tiens pas en connaisseur absolue pour ne pas avoir pu encore tout écouter , donc je ne m’avancerai pas pour dire si cela reste leur meilleur opus ou non. C’est avant tout un cd qui me plait énormément, franchement je n’y trouve rien à redire, tout coule de source au plus grand bonheur éveillés de mes sens.

Celestia fait pour ma part partie immanquablement de ma discographie, il se révèle être un groupe de grand talent, une peur d’ailleurs qu’il en devienne hélas un jour commercial, on souhaite au groupe de garder sa part de misanthropisme, pour éviter un jour de disparaitre. Frigidiis Apotheosia – Absentinencia Geneniis fais pour moi fais parti des albums les plus matures que j’ai écouté de Celestia.  Il émane des musiques de Celestia une telle diversité qu’il nous met relativement en peine pour apporter avec exactitude ce qui nous est transmis et ce, tout en restant au plus proche d’impression qui nous sont communes.

Il est vrai que de toute évidence nous avons à faire à des musiciens talentueux capable de prouesses musicales, dans un style tout à fais black, sans pourtant de présence de Raw. Celestia nous offre un univers machiavélique, ponctué d’un romantisme exacerbé au relan funèbre plus poétique que jamais. Aborderions-nous une perfection musicale, je ne peux qu’adhérer biensur à ce sentiment. Celestia prend désormais depuis quelques années des racines profondes dans l’univers du black metal français.

Musicalement parlant pour rentrer vraiment dans le vif du sujet, prononçons le terme de dualité, pourquoi ?? et bien parce que dans ce groupe, elle est y est tellement omniprésente, capable de fusion entre les sentiments et différentes atmosphères. Macabre somnolence, peinte par des cris langoureux, d’une acoustique mélancolique, l’on entre dans une oppression ou le trop plein de ressentiment se met en état d’alerte et pour lequel ne nous voulons absolument aucun arrêt.  La Tristesse est là , bien là, mais elle est si belle sous son drap de soie, parfois si lente, si froide, si amère. Que lorsque l’on se porte à laisser vaquer un esprit, il ne peut y avoir qu’une gorge nouée en notre corps, un cerveau oppressé, une souffrance latente que l’on ne veut pour rien au monde délaissée. Poésie funèbre, Celestia nous apportes musicalement ce que nos mots et nos sentiments n’arrivent pas à retransmettre de manière autres que par nos ressentis personnels. Parfois les morceaux meurtrissent mais dans une telle beauté.

Le professionnalisme de Celestia est à mettre à l’honneur, capable de changer le rythmes et la mélodie au moment opportun, et de ressurgir dans une aggressivité maladive, ils nous signent ici un opus underground qu’il faut absolument sur le champ se procurrer.  Et ce pour exemple, les deux morceaux que je sacralise depuis le début. La quatrième piste, “A Regrettable Misinterpretation of Mournfulness” et la huitième piste que je trouve également de toute beauté ” Frigidiis Apotheosia (Dormant Rests of Raped Necrosia)”. La voix est justement crade, techinicité musicale au rendez-vous, batterie épousant des rythmes d’une grande variété, quand à la rythmique des grattes bien évidemment qu’elle est aussi au rendez-vous.  On notera que la batterie reste plutôt sage, le groupe abandonne un peu ce coté du blast permanant du black metal, il abandonne aussi dans cet opus ce coté répétitif de la mélodie. Je ne saurai si il est juste de le qualifier ainsi mais Celestia se pencherait-il vers un black Metal un peu plus post punk, comme le feut jadis amesoeurs, pencherait-il vers un black que l’on qualifierai de plus ambiant ? notabene Celestia reste avant tout un groupe unique en son genre, cependant son black diffère de ce qu’on peut écouter habituellement, à notre plus grand plaisir puisqu’il n’y a eu jusque là , pratiquement que de la critique positive constructive.

Peut-il y avoir un autre état de perfection au-dessus de celui déjà présent pour cet opus, difficile, tellement indissible face à cette carrière qui va crescendo.

August 29th, 2008

Genre : Black Metal Dépressif

18,5/20

C’est en 2005 sous la production de Total Holocaust que ce groupe Danois se fait enfin connaître, au plus grand bonheur des adeptes non écervelés de la scène black, qui hélas depuis de nombreuses années est largement polluée par des groupes merdiques.Dans une ambiance des plus malsaines, ou la poésie même du suicide, rivalise entièrement avec les plus grands groupes charniers de l’univers black métal, make a change…Kill yourself, réitère dans un style qui rend ce groupe tout à fais unique la pensée même d’une vie qui perd le goût pour tout. C’est dans une assiette vide que Ynleborgaz délit de ses cordes vocales une torture implacable qui pour les âmes tourmentées en devient magnifiquement insupportable … et on en redemande paradoxalement ENCORE!

Quand bien même le jeu de batterie ne soit pas à un niveau tel, pourtant l’univers peint par le groupe et cette magnifiscence même des mélodies apportées, nous emmènes bien plus loin que l’on ne l’aurai imaginé. Tout nous parle, ne serait-ce que le nom du groupe, évoquant dans des termes les plus explicites ce qui pourtant nous est au fur et à mesure dévoilé dans ce premier opus sans nom. Teinté de quatre pistes toutes énumérées en chapitre, telle une histoire qui nous dévoile ses paysages à chaque pages, Make a change… Kill Yourself, massacre avec toute sa grâce ce qu’aucun groupe pour ma part au Danemark dans le style même du dépressif n’a pu réaliser jusqu’alors.

Dans une  première piste totalement des plus glauque ou le choix de la mort elle-même fais l’apologie d’une guerre ou la vie n’a plus aucun pouvoir. Le début progressif d’une guitare envoutante, relais l’arrivée d’une voix stridente et profonde , rythmée par un batterie complètement cardiaque, ou l’on espère que cela ne soit pas nos derniers battement de cœur que nous sommes en train de compter. A la minute et la quarante septième seconde le blast se déchaine et nous porte dans l’écho de nos propres battements. Bien que la mélodie soit répétitive, rien d’aucun ennui ne vient interrompre une transe auquelle on se laisse tendrement mourir pour goûter à nouveau à l’amertume de tout ce qui nous a fais souffrir pour que dans la dernière note l’on y porte le coup fatal, mortelle lame qui détruis nos fléaux. La voix féminine [pour lequel j'ai vraiment beaucoup de mal à y prêter attentivement mon oreille en général] pour la peine ne me choque en aucun cas. La dernière partie se timbre d’une ambiance funéraire plutôt légère que lourde.

La seconde vient clamer la chute d’un empire chrétien, rappelant de très loin les églises chrétiennes incendiées en Norvège dont notre grand Varg Virkenes s’en faisait une joie même d’approuver. Et là pour moi c’est la transe infernale, le gouffre pour lequel je me damne dans sa toute puissance. Cette musique qui vous porte à la haine, qui vous porte vers cette falaise ou vous cherchez à ce que la foudre vous frappe de plein fouet ou chaque atome s’imprègnent en vous pour vous offrir ce pouvoir de destruction , celui d’anéantir par vengeance et besoin de suppression. Le commencement est macabrement tendre, la douceur même d’un automne naissant, vient raviver une flamme qui se teint alors de rouge quand la guitare et la batterie viennent frapper un grand coup. Tout simplement indubitable piste, simplement écouter et ressentir. Elle prend plus qu’aux entrailles, elle vous fais carrément pleurer de torture.

La Chaper Three quand elle a , reste dans une étude même de la maladie dépressive, plus à l’échelle humaine, voire prenant des sources carrément psychiatrique ou l’étude même du progrès médical n’a d’autre solution que de se résigner à une maladie ou seule la volonté de l’esprit pourra peut-être sauver la vie d’un corps et d’une âme totalement dépéris. Sur l’intégralité de l’opus, cette piste dénote complètement de part son rythme relativement brutal dès la première seconde, on entre dans un BM plus underground, plus militarisé. Chevauchant presque un étalon de cadence de haine sans appreuté. Parenthèse de violence justement prosée. On se verrai presque sur un champ de bataille, glorifiant un glaive marbré du sang de l’ennemi , pour porter jusqu’à l’étendard les pas du héros qui brandira au sommet de la montagne notre prochaine victoire. Terriblement paradoxale vu le contexte même des paroles, mais à toute chose sa maladie.

Et l’on en arrive à l’ultime la toute dernière de cette opus, qui selon moi avec la chapter two, sont les deux pistes incontournables  du premier album de ce groupe. Là on entre dans le vif même du sujet, on en aurait presque la notice du suicide que cela serait pareil. Tout au long de cette opus Ynleborgaz nous teint notre univers de macabre décharné, de sentiments écorchés de sa voix magnifiquement torturées sombrant dans des mélodies à vous porter le plaisir du vide comme une jouissance. Le début commence comme la seconde piste, une sorte de suite peut-être. Avec toujours cette voix torturée, une mélodie répétitive, cadencée par un rythme lent et lourd. Et à la minute et trente cinquième seconde , reprise de ce fameux blast accéléré et morbide comme dans la deuxième piste. Manque d’inspiration pourrait dire certains, trop de ressemblance, pour ma part je dis simplement ” c’est du génie ” , il n’y a rien de sauvagement vomis pour se débarrasser, c’est une piste toute à fais à part entière des autres, même si je reconnais volontiers avoir fais un rapprochement direct avec une autre piste de l’album. Et à nouveau cette voix féminine de Demonica, on me force le rapprochement ?? très bien j’avoue la ressemblance est flagrante, mais est-ce que cela vient pourrir l’album ?? moi je dis que non, cette piste est tout simplement une merveille également.

Cet album comme celui qui suivra quelques années plus tard est à déconseillé à ceux qui traverse une période charnière car cet album pourrait sans doute être le dernier que vous écoutez de votre courte existence. Make a change.. kill yourself pour moi , rentre dans la liste des incontournables du black métal tout genre confondu. Ce premier opus ne peut se soutenir que par des félicitations du jury, quand bien même l’avis des autres peut parfois être largement secondaire, la critique négative même de ce black métal hautement suicidaire, ne peut en porter le fardeau, se serait être mauvais connaisseur en la matière.

August 29th, 2008

Genre : Black Metal Dépressif

18/20

NEW ! Et voilà celui qu’on l’on attendait tous , le second opus de Make a change… Kill Yourself, sortit en 2007 sous la production de deux maisons, Total Holocaust et Black Hate.Le fameux groupe danois nous revient avec un nouvel opus, moins charger en nombre de piste mais carrément blindé question durée à notre plus grande satisfaction également, car comme on dit ce n’est pas la quantité qui prime mais la qualité. Bien que le premier opus eu été une merveille, le second n’en ai pas moins à un niveau pour ma part égale [au minimum d'une appréciation de base].

Deux pistes à son actif et beaucoup de chose à dire.

La première piste ” Life revisited ” nous plonge dans une atmosphère pseudo classique instrumentalement dès le début , avec l’arrivée d’un bambin musical, un instrument qui pour ma part se marie avec merveille au Black metal dépressif, le piano. Le groupe nous accorde un menuet au piano dès la première seconde pour nous faire vibrer quelques temps après avec un enchainement à la guitare et la batterie. Toujours ce rythme cardiaque et cette voix torturée. L’on revisite nos vies certes mais dans une ambiance tout à fait grandiose. Sur les deux morceaux , celui-ci fait figure de maître en matière de noirceur et de profondeur des sens. Il nous enchaine pratiquement à la Endless Solitude de Shining, dans les entrailles d’un gouffre abyssal ou la lumière y règnerait en blasphème.

L’on épouse pour 23 minutes 07 de souffrances continues, la faucille et la mort en capuche. Une sombre désolation qui ne finit pas de nous envahir ou la fin même de cette piste fait figure de salvatrice tellement l’on en voit pas la fin , l’imprégnation étant telle que rien ne pourrait arrêter notre chaine hifi, si ce n’est une ” putain ” de panne de courant.

Vers la fin, le groupe nous accorde quelques secondes de repos avec un solo et des violons , question de reprendre quelques peu notre souffle avant le prochain orage. Pour enfin repartir dans un mitraillement d’oppression intense.

La seconde et dernière piste intitulée “Fooling The Weak” n’a vraisemblablement rien avoir avec l’ambiance de la précédente à première vue et ce dès les premières secondes et pourtant si l’on attends un peu , le style n’est pas loin du précédent. L’on attaque directement avec un blast rapide, des effets de cymbales et de caisses bien frappées, des riffs rapides à la gratte, la voix stridente du chanteur. Rien à redire, si ce n’est que j’ai moins d’atomes crochus avec cette piste , car Lie revisited pour ma part est vraiment la meilleur des deux . On a du mal même à lui faire un rapprochement avec le premier album, enfin un serait possible , celui par exemple de rallier ce fameux changement de rythme que l’on a reconnu pour la piste 3 du premier opus par exemple.

Et voilà pour le second album de Make a change…Kill Yourself. Le groupe suédois nous ravit une fois de plus avec son nouvel opus avec un titre peu recherché je vous le concède, mais relativement succinct face au reste de l’œuvre. “Life revisited” reste la piste qui prime sur tout l’album pour mon avis personnel.  Cet opus fait déjà partie de la collection des originaux de la maison, quand au premier opus sont absence physique reste à combler le plus rapidement possible dès que l’occasion se présentera.

August 29th, 2008

Genre : Black Metal

18/20

De son véritable nom Kommando Peste Noire dans ses débuts, ce groupe de Black Metal Avignonnais est devenu l’incontournable groupe de black Metal UG à connaître. Certains se valent être connaisseurs en la matière et pourtant n’en connaissent même pas le quart. Beaucoup s’y sont cassés les dents à faire des chroniques sur ce groupe tant adulé , hélas devenu aujourd’hui trop commercial, ayant perdu ses valeurs d’antan. Les critiques vont bon train surtout chez les puristes NS environnant, qui valent à l’ancien bassiste Indria, d’être sifflé durant les concerts contre ces origines ethniques. Depuis Peste Noire se compose à présent de Famine, nouvellement leader d’un projet solo Valfunde, né aussi de sa collaboration avec Neige, membre de Alcest et de Amesoeurs ( récemment arrêté ), présent également dans la formation avignonnaise et de son batteur Winterhalter.
Que dire de cet opus et bien tout simplement qu’il est l’apogée même musicalement et spirituellement de ce groupe de black metal français. Il est l’opus maître en la matière. Peste Noire revendique son black métal comme un art, loin des conventions idolâtrement concédées au quotidien humain, Peste Noire aborde cette musique par la poésie des mots et un travaille propre de l’esprit , dans des univers totalement malsain. Un album beaucoup trop jeune ??, il est clair que ce sujet laisse à être profondément débattu . Cependant pour ma part, l’imagination aussi bien musicale que spirituelle, n’en fais pas moins d’un Famine et de sa Horde de musiciens des génies même de la scène, pour nous vomir un opus plus qu’original.
J’accorde que dans l’adoption de certaine des sonorités , on ressent parfaitement cette état de jeunesse post traumatique qui torturée par une adolescence bien marquée, signe ces pistes des accumulations de beuveries et concerts en tout genre, loin de l’autarcie qui se revendique d’être chez les blackeux parisiens la valeur maitresse du Black Métal. Il est clair que pour eux, il est plus facile de rester enfermé comme un gland à rien branler de sa vie que de se bouger l’oignon pour bâtir un empire du black métal à sa juste valeur, ce que leur égouts putrides ne revendiquent en aucun cas. [ méditation à bon entendeur ]
Que de poésie , que d’histoire, que de sources littéraires sérieuses et affirmées. Allégorie totalement passéiste pour notre plus grand bonheur. Leur talent et leurs connaissances nous impressionnent, le plat qu’ils confectionnent n’en est que plus délicieux à nos oreilles et à nos voix qui tentent désespérément de reproduire, ce qui nous torture au plus profond de nous même en écoutant ces morceaux. Peste Noire vomie par la voix pourrissante de Famine, l’archaïsme dans sa plus simple expression. Un art presque du Vaudeville, ou l’art sombre se mêle à celui d’un art du grotesque politiquement sérieux. Ce groupe en lui-même est totalement ésotérique, il en devient non blasphématoire que de les comparer à une assemblée d’ecclésiastique à la religion agnostiquement démembrée , qui évoluent dans un monastère bien loin de la vie de ce siècle. Aux historiens alors ce plaisir de le traduire comme un ordre régulier à part entière.

Peste Noire nous envoûtent , nous sublime par des pistes de cet opus incontournables comme : ” Spleen ” et ” Deuil Angoisseux ” tout simplement mes préférées bien que les autres soient également des merveilles de compositions. L’analyse même de chacune des pistes en serait totalement blasphématoire, au plaisir de chacun de découvrir mais aussi de retourner dans les livres d’histoire , car telle est la complexité des paroles de Famine.

A mon plus grand plaisir également, la politique même du groupe qui se veut anti-web. A cela un grand sentiment de compréhension , vu l’énergie dépensée à rester sélectif dans l’objectif d’écoute. Cependant de petits malins s’octroient encore le droit de créer des sites pseudo officialisés par le groupe alors que ce n’est pas le cas, également aussi pour des vidéos qu’ils n’ont absolument jamais produites. Voilà parfois le fruit récolter d’une autarcie semée et volontairement recherchée, dans un univers underground devenu bien moins true qu’il l’était auparavant.

Pour ceux qui n’auraient pas acheté encore cet opus de Peste Noire, je le conseille que très fortement, notamment par une interview publiée dans le livret même du cd, adeptes vous pourriez y découvrir encore beaucoup de chose.

August 28th, 2008

   

Genre : Black Metal Ambiant

18/20

Sombres Forêts nous vient tout droit du Canada, formé en 2005, Annatar alors seul membre, continu sans cesse de nous sublimer . Ambiance hivernale et poétiquement lugubre, l’ introduction nous met déjà de suite dans l’ univers magique d’ Annatar.

La première piste finis, l’ on attaque maintenant le vif du sujet et là c’est le désarrois total, on cherche dans les moindres recoins de la pièce, ironiquement dans les entrailles du pc , mais rien à faire pas une paroles manuscrites ne nous est soumise, rien ni personne hormis Annatar lui-même ne peut nous faire partager les paroles des pistes de cet opus magnifique.Et ce dans un objectif totalement voulu de la part du chanteur .Il ne nous reste plus qu’à nous déchirer les tympans et à amplifier tel un félin notre audition et notre concentration pour décoder les hurlements si déchirés du chanteur.

Merveilles de complexité mélodique, Annatar nous offre un black metal des plus transcendant. On pénètre dans le grand hiver canadien , bercé par des solos de guitare sèche, une rythmique variée et excessivement complexe, de l’électrique également très appréciable. L’ obscurantisme de Sombres Forêts, rivalise avec les maîtres de l’art dépressif européen. Annatar nous interprète ces morceaux avec une grande authenticité. Accompagné de choeurs je suppose entièrement synthétisé. Tout vient à nous remémorer la splendeur des natures nordiques, la majesté des rivages et ce déploiement de puissance d’une flore arborescente. C’est également dans une atmosphère que je qualifierai parfois de Folk Pagan que Sombres Forêts puise dans sa capacité à mélanger les genres et à nous en peindre ce que l’on peut qualifier de chef d’oeuvre. Elle est à présent bien loin cette structure standard du Black Metal à la mélodie répétitive, Annatar nous perds nous abandonne , pour nous reprendre sans cesse à chaque fois la main et nous emmener dans un endroit différent.

A la fois un black metal propre de sonorité, dans un autre temps une distorsion bien posée, et une saturation réévaluée. Annatar recherche sans cesse le renouvellement pour ne pas tomber dans un ennui d’ écoute, ce dans quoi il sublime à la perfection. On ne ressent en aucun cas la claustration , mais l’espace infini. L’on abandonne les quatre murs délabrés de nos tombes pour, un voyage au coeur de notre propre bête.

L’on pourrait jouer les chieurs jusqu’à l’ analyse des titres des pistes choisis par le Leader. Clichés me diront certains, pour ma part il suffit parfois d’un mot simple pour exprimer bien plus qu’une expression sortit tout droit des vieux grimoires latins à consonance de vieux narrois ou autre linguistique ancestral, qui au lieu de nous amener dans le vif du sujet, nous pousse à nous creuser les méninges ce qui n’est pas à dédaigner , mais qui parfois prend des allures de lourdeurs dont on se passerait largement. Ici tout nous évoque la nuit , l’hiver, la froideur, des adjectifs simples qui prennent très vite des chemins complètement sinueux lorsque l’on écoute les pistes et que l’on tente de comprendre ce qu’Annatar nous conte. Pour ma part l’opus est une merveille de A à Z, j’ai cependant une préférence très nette pour l’une des pistes, ” La Nuit ” qui pour moi est vraiment LA signature de Sombres Forêts, une sorte de point final pour clôturer en beauté l’oeuvre du canadien.

Opus qui nous transporte à la fois dans une souffrance charnière, à la fois dans la plénitude de nos rêves et dans la profondeur d’un acte de rétrospective quasiment ininterrompu. “Solstice” vient achever le tourment dans la douceur du solo acoustique . Triste adieu que l’on ressent de quitter les univers que l’on aura foulé durant ce voyage. Un peu comme la déchirure d’un coeur de quitter ses terres ancestrales retenus par les chaînes des remords, qui nous pousse à ré appuyer sur “play” et à repartir dans nos songes.