Lyr Drowning : Orchestral March

Lyr Drowning : Orchestral MarchLyr Drowning est un groupe parisien crée en 2002 par Goulven Jeffroy (chant et guitare) et Manu Rousseau, jouant une musique qui se veut non seulement agressive mais aussi mélodique, la rendant ainsi variée, émouvante, majestueuse, épique.

Sort ainsi ce maxi-cd Orchestral March en 2004, avec en plus des deux musiciens précités le bassiste Sébastien Vitry, et un autre guitariste prénommé Olivier. À noter sur la composition de cet EP l’absence de batteur, et que le groupe a eu recours à une boite à rythmes. C’est bluffant, car celle-ci est à peine perceptible.

Orchestral March to the dark way commence sous les meilleurs auspices ; après une introduction suave très progressive à la guitare électro-acoustique, la voix très coulée de Goulven le chanteur et le clavier de Manu viennent ajouter toute la tendresse à cette première partie. La deuxième partie, elle est déjà plus branchée sur le Black Metal, forcément plus agressive, avec une guitare rapide et plus obscure. La troisième partie est une reprise de la première avec toute la tendresse qu’on lui avait trouvé, sauf qu’elle se clôt avec une petite séquence de clavier et quelques arpèges supplémentaires de guitare, le tout pour rajouter un peu d’émotion plus qu’il n’y en avait déjà.

Dementia and distant horizons s’inscrit purement dans un Black Death très mélodique avec un son de guitare proche de celui de Anathema. Le clavier y est notamment très limpide avec un son quasi cristallin, féérique. La chanson est également marquée par des rythmes favorables à la voix plaintive du chanteur. On retrouve aussi quelques passages acoustiques au milieu de la chanson, dans les mêmes cordes que l’intro et la fin du Orchestral March précédent.

To Rain est incontestablement le tube de ce MCD, avec pour commencer une mélodie émouvante dans un style épique mémorisable dès le premier écoute. Un passage plus lent en acoustique, puis un retour de cette belle mélodie sortant des guitares saturées de Goulven et Olivier. Un pont très ambiant opère la transition au milieu de la chanson avec une séquence très sombre dans laquelle la basse de Sébastien et aussi le clavier se mettent un peu dans la lumière. Puis jusqu’à la fin, on se cale sur cette mélodie déjà culte, et des variations de chant et de clavier viennent se fixer dessus. Le plus beau titre. Maintenant quand il pleut il m’arrive même d’avoir cette chanson en tête tant elle convient pour décrire l’ambiance de la pluie, tantôt délicate, fine, tantôt agressive, orageuse.

Lycanthropia enchaine naturellement sur une mélodie du même modèle, dans la même gamme, jouissive elle aussi, toutefois encore plus rythmée. Ceci n’est pas un exemple de violence, mais il faut avouer que c’est une belle musique à l’instrumental mature et soigné. Encore une fois, on ressent des inspirations en provenance de groupes tels Anathema, Dimmu Borgir. Comme sur le précédent titre, de belles variations de rythmes sont à noter, ainsi qu’un timbre de voix du chanteur dont on ne se lasse pas. On pourrait qualifier le tout de Black-death-mélodique-progressif, tant cette musique recèle de richesses.

Signalons la présence d’un solo de clavier à la Vangelis au milieu de tout çà, avec des notes percutantes.

Sans transition, on est lancé sur le dernier morceau de cet EP prometteur, à savoir Ecstasy Through Hysteria qui cette fois fait dans un style plus incisif, plus agressif. Le son fait Thrash Metal, c’est logique quand on y pense, car le groupe a commencé avec des compos très Thrash. On devine dans cette mélodie des influences évidentes de Metallica, par le son de guitare et aussi le rythme très rebelle de la batterie. On devine aussi dans les parties qui suivent des influences de groupes progressifs comme DreamTheater, avec un clavier parfait qui joue en écho, une guitare très énergique. Mais la comparaison s’arrête là, car Goulven le chanteur n’a pas une voix exécrable à la James LaBrie. Cette comparaison douteuse à ce chanteur trop clair serait une insulte, car la voix de Goulven s’inscrit évidemment dans le Black Metal. Toutes ces variations sont là pour nous perdre, brouiller les pistes et nous rendre hystériques à chaque nouveau son, d’où peut-être un début d’explication du titre. Les thèmes d’hystérie et d’ecstasy ne pouvaient pas se percuter l’un et l’autre au cours d’une même chanson aussi simplement, d’où la composition d’une musique très progressive, avec plusieurs parties différentes dans la structure.

Bref, ce maxi-cd se termine aussi bien qu’il a commencé, avec un morceau où les quatre se font plaisir, et nous font plaisir, car il est inutile de tergiverser plus longtemps, le verdict sera sans appel : ce disque est une merveille pour les oreilles, il est difficile d’isoler un titre décevant. Ces cinq morceaux forment un glorieux ensemble, comme les cinq doigts d’une main. Ils sont tous indispensables pour comprendre toutes les subtilités, apprécier toutes les richesses de la musique de Lyr Drowning, avec toutefois une prépondérance sérieuse pour le « must » de ce disque qu’est To Rain.

17/20.

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