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Cradle Of Filth : Godspeed on the Devil’s Thunder

Wednesday, October 15th, 2008

Cradle Of Filth : Godspeed on the Devil's ThunderDepuis quelques années déjà, les anglais de Cradle of Filth ne faisaient plus rêver grand monde, et semblaient condamnés à ne recevoir que rouleaux de papier toilette, cannettes, insultes et autres quolibets lors de leurs passages sur scène. Pourtant, voici sans doute l’album surprise de cet automne 2008, peut-être le meilleur de Cradle depuis leur tout premier que fut The Principle of Evil Made Flesh (1994).

En effet, on retrouve les rythmiques et le style général qui ont fait les beaux jours du groupe, et les déceptions affichées sur les albums Nymphetamine et Thornography seront vite dissipées et les mauvaises langues coupées.

L’ambiance générale du disque est d’abord incarnée dans sa riche pochette, magnifique, où s’entrecroisent la religion, le bucher, le démon, puis un personnage aux personnalités multiples, des thèmes toutefois classiques dirons-nous. A noter que l’album nous conte l’histoire de Gilles de Rais, alias Barbe-Bleue, aristocrate francais déclaré et exécuté comme hérétique au cours du XVème siècle.

Conditionnés par une excellente introduction mélodique et dramatique dont le groupe s’est fait une spécialité, avec notamment ce son de clavier si inquiétant, on est heureux dès le second morceau Shall out Hell, de retrouver toute l’agressivité et l’énergie dégagées par le groupe à ces débuts, donc adieu Nymphetamine et comparses, ici il n’est point honteux de parler de Black Metal, épique, pur et dur, étiquette souvent refusée au groupe en raison des précédents albums jugés moyens, et du fait que par sa réussite commerciale, Cradle n’est pas un groupe underground.

Quasiment l’intégralité des morceaux seront d’une beauté absolue, tous soignés de A à Z. On notera beaucoup de monologues en guise d’introduction, comme un enchevêtrement de personnalités, apportant chacun le fragment d’une histoire. Dani Filth nous surprend par ce regain de violence dans sa voix, les autres nous servent un instrumental irréprochable, et ce glorieux ensemble est servi par une production ahurissante.

On avait rarement connu cradle aussi convaincant dans ses compositions, les mélodies de clavier et de guitare étant d’une réelle fraicheur.

Parmi les très grands moments on notera les déjà cultes The death of love, le titre éponyme Godspeed on the Devil’s thunder, Tragic Kingdom, Ten Leagues beneath contempt, ou encore les très bons morceaux instrumentaux que sont Tiffauges et Corpseflower. Les excellentes guitares, un jeu de batterie soutenu, la voix métamorphosable de Dani Filth, tantôt basse tantôt aigue et torturée, et le célèbre clavier sont ainsi les grandes composantes habituelles.

Il demeure difficile d’isoler dans cet album le moins bon, car chaque morceau semble ici indispensable. Cradle of filth aura attendu quatorze longues années pour mettre au monde un digne descendant de The Principle of Evil Made Flesh. L’ensemble reste un album de Cradle, avec tous ses éléments habituels au rendez-vous, mais il est probable cette fois que même les plus réticents au Black Metal symphonique soient agréablement surpris, voire séduits.

Bluffant.

18/20